Jay, U armée de Bretagne, p
3T0 HISTOIEE DE FIU5CE DE 1870 A 1873.
insufVisaat. II arait promis dans ses prodamatîons et ses discours de Bretagne des fusils à tir rapide, des canons perfectionnés, mais il ne reçut que des fusils vieux modèles ; les armes nooTelles manquaient, ou Fadministration de la guerre n'en possédait plus qu'un petit nombre, qu'elle réservait pour les besoins extrêmes. L'organisation de l'armée de Bretagne ne fit dans ces condilions aucun progrès. M. de Kératrj, dont les espérances s'évanouissaient et qui ne pouvait tenir ses promesses, donna sa démission. L'inaction, les souffrances d*un campement d'hiver, la vue de tout ce qui leur manquait avaient d'ailleurs éteint chez la plupart l'ardeur du premier moment et, sauf quelques bataillons choisis remis au général Gougeard, les mobilisés de Bretagne ne rendirent aucun service *.
L'effort militaire utile était épuisé. Le recrutement s'adressait de chute en chute à des hommes impropres à la guerre. Les armées impériales, après avoir absorbé les vieux soldats et les troupes d'Afrique, avaient reçu l'élément déjà inférieur des réservistes ; ce qui restait des réservistes était au contraire devenu le meilleur noyau des armées de la République, formées de mobiles et de conscrits; maintenant qu'en dessous encore de ceux-ci, on voulait constituer, avec la garde nationale mobilisée, de nouvelles armées, on tentait l'impossible. Et c'est à cette impuissance que devait conduire le système militaire depuis longtemps pratiqué en France. En ne demandant chaque année à la conscription qu'une partie des classes, en diminuant encore par le remplacement le nombre des hommes appelés à servir, on avait laissé la population sans connaissance du métier des armes et sans moyen de s'encadrer; aussi, dans le plus grand nombre des périls, se trouvaitelle incapable de résister à l'ennemi.
La France demeurait, il est vrai, maîtresse de la mer; mais la configuration des côtes de l'Allemagne et les