Jay^ L'armée de Bretagne, p
événements réduisaient fort cet avantage. Au début des hostilités elle avait envoyé deux escadres, Tune dans la Baltique, sous les ordres de l'amiral Bouet-Willaumez, l'autre dans la mer du Nord, successivement commandée par les amiraux Fourichon et de Gueydon.Les côtes de la Baltique étant très basses et parsemées de hauts-fonds, les cuirassés, d'un grand tirant d'eau, ne pouvaient atteindre le rivage. Ils se bornèrent donc au blocus, jusqu'au moment où les glaces interrompirent la navigation. Les Allemands tenaient leur propre flotte de cuirassés dans la mer du Nord, à Wilhelmshafen, à l'embouchure de la Jahde. Le port creusé dans les terres, entouré d'une enceinte et protégé par des forts, était inattaquable, sans une armée de débarquement. L'escadre française dut donc se restreindre au blocus de la Jahde, de l'Elbe et du Weser. La corvette Augusta osa seule prendre la mer; elle traversa la Manche à la fin de décembre, enleva un navire de commerce français devant Brest, fit deux autres prises à l'embouchure de la Giron.de, puis se réfugia à Vigo où elle resta bloquée. Le commerce allemand perdit bien un assez grand nombre de bâtiments capturés. Mais, lorsque les Allemands eurent conquis une partie du territoire français, les pertes qu'ils subissaient par les prises leur devenaient indifférentes, puisqu'ils pourraient toujours, à la fin de la guerre, s'indemniser des dommages subis. Ils se hâtaient du reste d'arrêter à Dijon et dans les villes voisines, pour les envoyer à Brème comme otages *, un nombre de notables égal à celui des capitaines de navires marchands enlevés en mer, que la France retenait prisonniers. Dans ces circonstances, le nombre des cuirassés français fut réduit au minimum nécessaire pour retenir la flotte allemande dans la Jahde, et toutes les ressources de la marine, en hommes et en matériel, furent employées aux armées.
La Délégation, sans négliger le soin de la défense,