‹ Histoire de France de 1870 à 1873Chapitre 153 sur 178 · Crémieux, Actes de la Délégation, 2* partie, p · texte numérisé non relu

Crémieux, Actes de la Délégation, 2* partie, p

tions dernières de MM. Créraieux et Gambetta de frapper d'indignité les anciens membres des Commissions mixtes. M. Crémieux, désireux de s'appuyer sur le gouvernement de la Défense nationale tout entier, demandait à M. Jules Favre à Paris de rendre un décret contre eux. Celui-ci, tout en admettant la justice de la mesure, renvoyait la décision à un moment plus opportun. La Délégation à Bordeaux, lasse d'attendre, agit elle-même; le 20 janvier, après avoir flétri les magistrats autrefois entrés dans les Commissions mixtes, elle les déclarait déchus de leurs sièges et exclus de leurs magistratures. Cet acte, approuvé par les républicains, comme œuvre trop longtemps différée de justice et de réparation, indigna au contraire les conservateurs, qui ne virent que l'atteinte portée à l'inamovibilité de la magistrature. Les juges frappés devinrent, pour beaucoup de personnes, de simples victimes des vengeances républicaines. Se sentant soutenus, ils résistèrent. Le président du tribunal de la Rochelle, M. Chaudreau, ne tint pour sa part aucun compte du décret, il persista à exercer ses fonctions. La Délégation ordonna de suspendre les audiences. Le commissaire général des déparlements de l'Ouest, M. Ricard, ferma le tribunal et le cours de la justice se trouva interrompu*.

Cependant les yeux en France, dans le mois de janvier, se fixaient sur la frontière de l'Est, où s'accomplissait une expédition, dont on attendait les plus grands résultats. Alors que la 2'' armée de la Loire s'était repliée d'Orléans sur Vendôme et le Mans, la V" armée, sous les ordres du général Bourbaki, était demeurée entre Vierzon et Bourges. La Délégation l'avait rétablie, en y versant 20000 hommes de renfort et en y ramenant les fuyards. L'ennemi la négligeait; sous peine de ne point l'utiliser, il fallait donc lui faire prendre l'offensive. M. Gambetta, venu auprès du général Bourbaki, lui suggérait de passer sur la rive droite de la Loire. Le général dans cette vue infléchissait

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