Rapport de M. Ghaper (notes Dréo), p
nemi. Le général Trochu choisit le général de Beaufort d'Hautpoul, pour avoir autrefois participé à des missions diplomatiques. Il n'obéit qu'en pleurant, et la surexcitation du patriotisme lui fit tenir à Versailles un langage tellement cassant que M. Jules Favre dut, le soir même, demander un autre auxiliaire. Le 28, il emmena le général de Valdan, chef d'état-major du général Vinoy, qui arrêta les clauses militaires de l'armistice : l'armée de Paris conserverait ses drapeaux, mais remettrait ses armes; les Allemands occuperaient les forts; les canons des remparts, démontés de leurs affûts, seraient renversés sur le chemin de ronde.
Lorsqu'il fallut tracer la ligne de partage aux armées que l'armistice immobiliserait en province, M. Jules Favre et le général de Valdan, sans nouvelles du dehors, se trouvèrent à la merci du vainqueur. La règle, en pareil cas, est de laisser aux belligérants leurs positions respectives, mais cette fois les Allemands s'octroyèrent des territoires qu'ils n'occupaient point. Au nord, ils acquirent ainsi la place d'Abbeville*; en Normandie, ils s'étendirent dans la Seine-Inférieure et le Calvados; au sud de la Loire, ils gagnèrent une partie des départements d'Indre-et-Loire et du Loiret, et les lignes du Cher et de la Vienne*. Cette dernière perte allait devenir d'autant plus sensible qu'au moment même, le général Pourcet, à la tête du 25® corps, s'avançant de ce côté, avait repris le faubourg de Blois. Dans l'Est, M. de Bismarck demandait la place de Belfort, qui, disait-il, ne pouvait résister plus de dix jours. M. Jules Favre, privé de renseignements, se refusait à la livrer. On avait fondé à Paris de si grandes espérances sur le succès de Villersexel, que M. Jules Favre inclinait encore à croire l'armée de l'Est victorieuse. M, de Bismarck la représentait, au contraire, comme battue et entourée, sur le point de se réfugier en Suisse; il décla-