De Freycinet, La guerre en province, p
rait, du reste, que, les lignes télégraphiques étant coupées dans TEst, il ne pouvait renseigner sur la position des armées. Dans cette incertitude, on convint d'exclure provisoirement de l'armistice Belfort et les trois départements du Doubs, du Jura et de la Côte-d'Or. MM. de Bismarck et Jules Favre, enfin d'accord, signèrent la convention d'armistice le samedi 28 janvier, à dix heures du soir*,
M. de Bismarck avait, dès le26, jug^ la négociation assez avancée pour proposer d'interrompre les hostilités autour de Paris. A minuit, le 26 janvier, la ville assiégée tirait le dernier coup de canon. Au moment où Paris cessait sa résistance, toutes ses défenses étaient encore debout. Les forts d'Issy, de Yanves et de Montrouge, qui avaient supporté au sud la canonnade de l'ennemi, quoiqu'ils eussent beaucoup souffert, n'en continuaient pas moins à riposter. Ils étaient soutenus en arrière par les batteries de l'enceinte, leurs garnisons réparaient la nuit les dégâts subis et rien ne faisait encore prévoir qu'ils dussent succomber'. Les forts de la Briche et de la Double-Couronne, à Saint-Denis, exigus et soumis au feu plongeant des hauteurs voisines, étaient, de tous les ouvrages, les plus menacés. Ils subissaient, depuis quelques jours, un bombardement violent^ auquel leur artillerie répondait mal ; l'ennemi avait commencé contre eux des travaux d'approche ; cependant leur chute eût pu être longtemps retardée.
Le 29 janvier, les Allemands occupèrent les forts et les ouvrages extérieurs, sauf le château de Vincennes. Les garnisons des forts et toutes les troupes rentrèrent dans la ville.
M. Jules Favre, pendant la négociation, avait eu grand soin de taire que Paris subit la famine. On avait si bien différé l'ouverture des pourparlers, qu'à mesure que la
1. Jules Favre, Gouvernement de la Défense nationale, t. I, p. 408.