‹ Histoire de France de 1870 à 1873Chapitre 164 sur 178 · Amiral La Roncière, La marine au siège de Paris, p · texte numérisé non relu

Amiral La Roncière, La marine au siège de Paris, p

discussion de l'armistice se prolongeait, on en était venu à craindre sérieusement le manque de vivres. M. Jules Favre, aussitôt l'armistice signé, révéla ses inquiétudes. M. de Bismarck offrit tout de suite les farines dont l'armée allemande pouvait disposer, ce qui fournit à la ville un jour et demi de vivres, et devint ainsi un secours important. Il permit en outre que le ravitaillement s'effectuât sans délai, en modifiant la clause de l'armistice qui le renvoyait après le désarmement de l'enceinte et de la g;arnison. Les Compagnies de chemins de fer se hâtèrent de réparer leurs lignes; des denrées avaient été accumulées au dehors par le commerce, en prévision des* immenses besoins que Paris éprouverait sûrement à la fin du siège. Le ravitaillement put donc commencer plus tôt qu'on ne l'avait supposé. Dès le 3 février, un train de vivres arrivait par la ligne d'Orléans. Le 4, la ligne du Nord amenait des provisions, que la ville de Londres offrait aux habitants de Paris. A partir de ce jour, la famine cessa et l'alimentation reprit peu à peu son cours régulier.

La nouvelle de l'armistice fut transmise à Bordeaux, le 29 janvier au matin, par un télégramme de M. Jules Favre à la Délégation^ : € Nous signons aujourd'hui un traité avec M. le comte de Bismarck. Un armistice de vingt et un jours est convenu. Une assemblée est convoquée à Bordeaux pour le 15. février. Faites connaître cette nouvelle dans toute la France. Faites exécuter l'armistice et convoquez les électeurs pour le 8 février. Un membre du gouvernement va partir pour Bordeaux. » Le 30 janvier, à deux heures de l'après-midi, la Délégation n'avait reçu à Bordeaux aucun nouvel avis et l'envoyé annoncé n'apparaissait point; aussi M. Gambetta télégraphiait- il à M. Jules Favre, pour obtenir des renseignements complémentaires indispensables. Sa dépêche, transmise par Versailles, fut donnée à M. de Bismarck, qui répondit lui-

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