Ibid.yp
survenu. M. Gambetta, en se retirant, invita les préfets, par une circulaire, à se conformer aux ordres de son successeur. M. Arago fit tout de suite savoir que la souveraineté du suffrage universel ne subirait aucune atteinte, et l'élection des députés à TAsseniblée nationale put avoir lieu au jour fixé, le 8 février.
Les déclarations belliqueuses de H. Gambetta, en inquiétant l'état-major prussien, à Versailles, avaient empêché de régler certains détails de Tarmistice. M. de Bismarck, rendu très exigeant, avançait un moment des prétentions inacceptables, telles que de ne pas reconnaître au général Garibaldi et à son armée la qualité de belligérants. Aussitôt que M. Gambetta se fut retiré, il devint facile, et accorda h M. Jules Favre, qui réclamait une durée plus grande de l'armistice, une légère prolongation, avec promesse d'une nouvelle, l'Assemblée réunie.
11 restait toujours à suspendre les hQ3tilités dans l'Est et à v tracer une démarcation aux armées. M. Gambetta, tenu dans fignorance de l'exception qui atteignait les départements du Doubs, du Jura et de la Côte-d'Or, avait représenté l'armistice comme applicable à l'armée de l'Est et aux armées en face d'elle. L'annonce d'une suspension d'armes arrivait le 29*, dans l'après-midi, au général Clinchant, comme une faveur inespérée du sort. Son armée était à ce moment concentrée à Pontarlier, sans vivres^; elle venait, à Chaffois et à Sombacourt, de subir de graves échecs et de perdre 4000 hommes, 2 généraux et 12 canons. Elle ne conservait de trait d'union avec la France que la route de Mouthe, sur l'extrême frontière, entre les montagnes. Elle n'eût certes pu s'échapper par cette unique voie, dans la neige, en tenant tête à la fois aux ennemis qui, au nord de Pontarlier, la serraient de près, et à ceux qui, au sud, arrivaient lui couper la retraite. L'avant-garde du général de ManteufTel, en marche