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vers la frontière suisse, au sud, tenait déjà les Planches le 29 au soir^ Et comme Foncine-le-Bas, où la route de Mouthe pouvait être interceptée, se trouvait plus rapprochée des Planches que de Pontarlier, les Allemands, s'avançant des Planches, devaient à coup sûr fermer le passage aux Français parlant de Pontarlier. Aussi toute la conduite du général Clinchant indique-t-elle qu'il jugeait impraticable de se maintenir en France. Les positions prises autour de Pontarlier, sur lesquelles, arrivé le 28, il reste immobile le 29*, révèlent avant tout le soin d'assurer ses communications avec la Suisse, son seul refuge, et déjà des groupes de soldats traversaient la frontière^. Mais, si l'armée de l'Est n'eût pu utiliser la route de Mouthe, pendant que les Allemands continuaient à s'avancer, une suspension d'armes lui eût permis d'y défiler à loisir et, par là, de demeurer en France. Aussi le général Clinchant, dès qu'il eut reçu la nouvelle de l'armistice, s'empressa-t-ii de la communiquer aux généraux ennemis, avec injonction de s'arrêter. Ils lui répondirent que la région de l'Est était exceptée et bientôt cet avis lui fut confirmé de Bordeaux même. Puisque l'armistice ne vtînait pas le sauver, il n'avait plus qu'à passer en Suisse.
D'accord avec le général Herzog, commandant l'armée suisse, l'armée de l'Est, en touchant le territoire neutre, dut remettre ses armes et son matériel, qui seraient plus tard rendus^à la France ; soldats et officiers resteraient internés jusqu'à la paix. L'armée partit de Pontarlier dans la nuit du 31 janvier; sa marche fut protégée par le général Billot, qui livra un vigoureux combat d'arrièregarde à la Cluze, près du fort de Joux. 15000 hommes environ, partis en avant sur la route de Mouthe et les sentiers de montagne, se maintinrent seuls en France et furent