De Taihouët, Enquête parlementaire, t. I, p
niquées, comment ont-ils manqué de s'assurer que la première en date du 7 juillet, et les suivanles jusqu'au 12, ne contiennent nulle mention de garantie pour l'avenir ? C'est qu'ils n'en ont pas pris connaissance par eux-mêmes. Ils ne les ont ni lues, ni compulsées, M. de Gramont les a sorties de son portefeuille, les a tendues aux membres delà Commission, mais sans se dessaisir complètement et en lisant lui-même certains passages de son choix. La Commission se hâte de conclure. MM. de Talhouêt, Dréolle et de Kératry rédigent le rapport. M. de Talhouêt le lit à la tribune. Les passages qui assurent qu'on est préparé à la guerre et qu'on a présenté la demande de garantie pour l'avenir dès le début, sont particulièrement applaudis par la majorité. Lorsque M. de Talhouêt fait sa lecture, M. de Gramont est absent ^, mais M. Emile Ollivier et ses collègues sont à leur banc. Ils entendent un rapport erroné sur des faits qu'ils connaissent et gardent le silence.
La gauche républicaine insiste de nouveau, après lecture du rapport, pour obtenir communication publique des dépêches. M. Gambetta présente la demande. C'était lui à cette époque, de tous les orateurs de l'opposition, qui avait le mieux Toreille de la majorité. Il prend soin, du reste, de se faire bien venir. Il laisse voir le penchant personnel qu'il aurait à mettre obstacle aux agrandissements de la Prusse, si les circonstances le permettaient. Il ne réclame même pas toutes les pièces, comme le matin il se borne à en exiger cette seule dépêche par laquelle M. de Bismarck a communiqué aux cabinets européens le refus du roi de recevoir l'ambassadeur :
« Ce qu'il nous faut, dit-il, ce n'est pas la dépêche de M. Benedetli, ce n'est pas la dépèche d'un de vos agents ni à Berne, ni à Carlsrhue, ni à Stuttgart, ni à Munich, ce qu'il nous faut, c'est le texte même de la dépêche injurieuse par laquelle M. de Bismarck. .. » — « C'est cela, c'est