CHAPITRE VI
La France, à l'entrée en campagne, forme, sous le commandement de l'empereur Napoléon III et du maréchal Lebœuf, comme major général, une armée unique, Tarmée du Rhin, qui comprend sept corps et la garde impériale. La garde, sous les ordres du général Bourbaki, s'établit à Metz, quartier général de l'Empereur; le 1" corps, maréchal de Mac-Mahon, se place en avant de Strasbourg, entre le Rhin et les Vosges; le 5" corps, général de Failly, à Bitche et àSarreguemines; le 2" corps, général Frossard, à Forbach et Spickeren; le 3* corps, maréchal Bazaine, à Saint-Avold ; le 4* corps, général de Ladmirault, entre Sierk et Boulay. Ces corps, les plus tôt prêts, se trouvent en première ligne. Par derrière, en formation moins avancée, sont le 6° corps, maréchal Canrobert, au camp de Châlons, el le 7" ,corps, général Félix Douay, entre Belfort et Strasbourg. On avait d'abord voulu, comme diversion, débarquer une armée dans la Baltique, mais ni les troupes, ni la flotte ne sont prêts et ce projet est abandonné. Dans les premiers jours d'août, l'effectif de l'armée du Rhin s'élève à environ 270 000 hommes, avec de 800 à 900 pièces de canon.
L'Allemagne, sous le commandement supérieur du roi Guillaume et du général de Moltke, comme chef d'étatmajor, met sur pied trois armées distinctes. La I" armée, général Steinmetz, comprend deux corps prussiens, le VIP
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i«t 1(> Vlli*, elle se rassemble en avant de Trêves; la ÏP MTnw, prince Frédéric-Charles, se réunit en avant «• Vnvr-nrn. elle comprend la garde prussienne, l'armée -«ONnRi! iormant le XII' corps, et les III', IV*, IX', X «trns pmssiens. La III* armée, prince royal Frédéric- MHTtxnnio. aîec le général de Blumenthal pourcherd'étalw*itr~ .ji^itnée à opérer d'abord entre le Rhin et les V«^^>K s> runne dans le Patattnat; elle comprend, outre 4MIV ov>rp» prussiens, les V' et XI', les armées de :'\Jlrm.i):it^ du Sud, I"' et II' corps bavarois, division •Mt^wWrji'oise et division badoise. Soit, du côté des VlIt^HtoKtl». 380000 hommes et 1200 canons â l'ouverture
>llto.(l»»lillli's.
1^1» ttit}i'< d'août est arrivé et la formation de l'armée du 1^1 lÉ «ti toujours incomplète. Onchercheâ t sedébrouiller >, ;\wiuvr du désordre, à remédier aux oublis. On ne peut tivHo invtiilre l'olTensive. Les corps restent disséminés sur liv hniMi. :> , it deirop grands intervalles pour se soutenir L>ii M . M. .'iiirer. Le pays devant sol est couvert de bois, itii 1 > !-■■■ ii:ie reconnaissance, le 2 août, livré un petit t;vuilMi < IL ,ivant de Forbach et occupé un instant Sarrelù'uvk. luuis sans recueillir d'éclaircissements sur les posiXivu* ini li's projets de l'ennemi. Chez les Allemands, tout Vv^l r^Hlisé selon les prévisions; les corps complètement Oi^iiiiiM"i mil atteint, pour former tes armées, les lieux tLu'i il:iii^ \vs délais voulus. La mobilisation a commencé ko ll'i jihIIi'I, et dès les premiers jours d'août, les trois ariiH'i'^ >4'.Lii|irochenl,en grandes masses, de la ligne mince ol ilfiii'i'Hi'ti qu'étend l'armée française.
I.ii III' aimée touche la première la frontière de Fi'iiiico. I.i! S août, le prince de Prusse a pour frapper iiii l'ii-Miicr coup, à quelques kilomètres de Wissembourg, lii ilivisiiiii do Buthmer du II* corps bavarois, et un peu en iiriii'ir, l.'s V et XI* corps prussiens. La 2' division du I" eurpH IVaiiçais, général Abel Douay, occupe Wissemliourtii ixiilée, â l'extrême fi-onttère. Elle a fait des détacboniunlM v\ ne compte que 5000 hommes. Le i, à huit
heures du matin, la division bavaroise de Bothmer arrive sur Wissembourg. Le général Douay, qui a Tordre du maréchal de Mac-Mahon de ne se replier que devant des forces supérieures, et qui ne voit d'abord apparaître qu'un petit nombre d'ennemis*, accepte le combat. Jusqu'à dix heures, toutes les attaques des Bavarois sont repoussées; alors arrivent successivement les V" et XP corps prussiens, la disproportion des forces devient énorme. Le général Douay a été tué. En vain ses troupes continuent à résister : débordées sur leur droite, elles sont contraintes de battre en retraite et se retirent par le col du Pigeonnier, sur Lembach, où elles rallieront la division Oucrot. Elles abandonnaient le corps de leur général, un canon, un bataillon entier cerné dans Wissembourg, deux cents prisonniers perdus par ailleurs, tous leurs blessés, car elles élaientdépourvùes de voitures d'ambulance. Les Allemands avaient 1550 hommes hors de comi)at.
La IIl'' armée allemande de Wissembourg s'avance en Alsace. Le grand état-major français a enfm reconnu l'extrême fractionnement de Tarmée du Rhin. Pour y remédier, il répartit les divers corps entre deux maréchaux: le maréchal Bazaine commandera, en avarft de Metz, les 2% 3^ et 4% et le maréchal de Mac-Mahon, en Alsace, les 1*% 5* et 7''. Ce dernier, des deux partis à prendre, soit de refuser la bataille, en se repliant dans les Vosges, soit d'attendre l'ennemi, s'arrête au second et se place en arrière de Wœrth, à Frœschwiller. Il ne paraît pas avoir reconnu la force de l'armée qui marche sur lui, car, eût-il concentré ses trois corps, leur effectif serait encore inférieur à celui de l'ennemi, et cependant des deux divisions que comprend en ce moment le ?• corps, il n'en appelle à lui qu'une seule et laisse l'autre dans le Haut-Rhin. Il ne s'est pas non plus rendu compte de l'imminence de l'attaque*, car, d'après les dépêches échangées avec le général