‹ Histoire de France de 1870 à 1873Chapitre 26 sur 178 · I. Uénûral de Kalllj, Opéralîont du 5* eorpt, p. 11 et M · texte numérisé non relu

I. Uénûral de Kalllj, Opéralîont du 5* eorpt, p. 11 et M

Wœrth le centre français, s'engage maintenant à fond et tout entier. Contre la droite française se porte leXI' cor|is. Ijienidt renforcé par la division wiirteinbergeoise. Sur l;i gauche, du cblé de Langensulzbach, où les Bavarois ih> II' corps ont été repoussés en désordre le matin, surviem . comme renfort, le I" corps bavarois. Le XI' corps s'empare d'abord du village de Morsbronn et de l'Âlbretlitbauserhof, sur lesquels s'appuie la droite française. Pour contenir l'ennemi qui s'avance de Morsbronn et dégagée son infanterie, le général de Lartigue, vers une heure, fait charger sa grosse cavalerie. Les deux régiments de cuirassiers de la brigade Michel et une fraction du 6' lanciers se précipitent sur Morsbronn. Le terrain, bâti ii semé d'obstacles, leur est impropre ; lorsque, déjà en désordre, ils cherchent à joindre l'ennemi, ils sont écrasi's pardesdéchargcs d'infanterie, ils essayent de se reformei, tombent sous de nouveaux feux et son! anéantis. Presque toute la 111' armée est en ligne, avec plus de deux cetil." canons. La supériorité de l'artillerie allemande comnu' nombre de pièces, calibre et justesse de tir, se révéli' tout à coup, dans cette journée.

Les Allemands ne cessent de gagner du terrain, ils sont parvenus jusqu'à Eisasshausen et vont se porter de la droit sur Frœschwiller. Le maréchal de Mac-Mahon, pour les arrêter, fait charger les cuirassiers de la brigade Bunnemain. Le terrain est encore moins favorable à la cavalerie que du cAté de Morsbronn ; les cuirassiers soiu détruits avant d'avoir pu aborder ou même entrevoir l'ennemi. Les Français, pressés sur leurs deux ailes, sont maintenant refoulés sur leur centre à Frœschwiller, el tous les corps de l'armée allemande dirigés concentriquement se jettent sur celte position. Il est cinq heures. Toul ce que le courage peut faire, chefs et soldats l'ont fnil, mais ils sont à bout et succombent sous le nombre : kgénéral Raoul a été blessé à mort, le maréchal de Mui- Hahon a eu son chef d'état-major et un de ses aides di' camp, le capitaine de Vogué, tués à câtéde lui. SousTeiTort

de la grande attaque des Allemands qui, en même temps qu'elle se produit de front, s'étend sur la droite pour couper la retraite , la ligne de bataille cède en déroute. Les Français avaient environ 6000 hommes hors de combat, ils laissaient 9000 prisonniers, vingt-huit canons, cinq mitrailleuses, un drapeau aux mains de l'ennemi. Les Prussiens avaient 8800 hommes hors de combat, les Bavarois et Wurlembergeois 1800.

L'armée débandée se précipite pour gagner les Vosges. Généraux, officiers, soldats de toutes armes, voitures et canons vont péle-méle et confondus ^ La cavalerie allemande, à la poursuite, enlève ReichshoiTen, et se jette sur Niederbronn, lorsque la division Guyot de Lespart, du 5' corps, atteint Niederbronn venant de Bitche d'où elle est partie le matin. Elle arrête la cavalerie ennemie, et le torrent des fuyards peut s'échapper.

Le général de Failly est resté toute la journée à Bitche, sans ordres ou nouvelles du maréchal de Mac-Mahon, incertain sur le parti à prendre, entendant le canon dans des directions opposées, du côté de Frœschwiller et de Spickeren. Il n'a près de lui que trois brigades, une division de son corps est en marche sur ReichshofiTen et une brigade a été détachée à Sarreguemines. A cinq heures du soir il connaît la défaite du 1*^ corps. Il réunit le conseil de guerre. Décision prise de se retirer sur Saverne, les trois brigades du 5^ corps se hâtent, laissant leurs bagages dans le fort de Bitche^ et abandonnant dans la ville même une partie des convois de l'artillerie. La division Liébert du V corps, venue de Belfort, apprend à Mulhouse la défaite de Frœschwiller. En même temps le bruit court que les Allemands ont traversé le Rhin à Huningue et menacent les derrières. Le lendemain matin, sans prendre ces renseignemenis qui eussent dissipé l'alarme, sans seulement donner aux hommes le temps de manger, on

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