Edmond Texier, le Siècle, 11 août
iU UISTOIRE D£ FRANCE DE 1870 A 1873.
arrive le 6 août, à onze heures et demie du matin, à Sarrebruck*. II trouve les ponts sur la Sarre, ceux de la ville et celui du chemin de fer intacts, les traverse, marche sur Spickeren et l'attaque. Le général Frossard tient les hauteurs dominantes, deux de ses divisions sont sur le front et la troisième en réserve à portée. La XIY" division prussienne, montant à l'attaque de Spickeren, reste plus de trois heures isolée, sans qu'il fasse aucune combinaison pour profiter des avantages qu'il possède, de la position et du nombre. Il demeure de sa personne, en arrière du champ de bataille qui est étendu, persuadé qu'il sera ainsi mieux à même d'en surveiller les diverses parties' et il laisse ses divisionnaires diriger, chacun à part soi, les détails du combat. Cependant, comme l'eni^agement se prolonge, les généraux français mettent en ligne de plus en plus d'hommes, la XIY" division s'épuise, ses pertes sont grandes ; dans une attaque repoussée, le général de François, commandant une des brigades, a été tué; le général de Kamecke est donc menacé d'une défaite. Mais on entend le canon, et sur les Allemands ce bruit produit un effet magnétique. Les troupes du VHP corps de la I""** armée, celles du IIP corps de la IP armée, les plus rapprochées, accourent par la grande route, par le chemin de fer, par fractions de divisions, de brigades, selon qu'elles ont pu marcher le plus vite, l'artillerie et la cavalerie devançant l'infanterie; les hommes qui vont successivement s'engager auront fait ainsi 24, 34 et jusqu'à 45 kilomètres. Le général de Gœben, chef du VHP corps, est arrivé et a pris le commandement. Il a fait donner les dernières réserves, engagé au fur et à mesure les troupes de soutien survenues. A partir de quatre heures les renforts affluent aux Prussiens, qui finissent par avoir sur le terrain deux divi-