‹ Histoire de France de 1870 à 1873Chapitre 34 sur 178 · Guerre franco-allemande^ p · texte numérisé non relu

Guerre franco-allemande^ p

en retraite, a d'abord cédé du terrain et pris son poste de combat en arrière de ses positions de campement ; mais, lorsqu'elle a fait ferme, elle a repoussé l'ennemi; l'avantage principal qu'il se promettait de son attaque n'en était pas moins obtenu, il avait retardé le passage des corps français de la rive droite sur la rive gauche et gagné du temps pour le mouvement tournant de sa IP armée. Les Prussiens avaient 4906 hommes hors de combat, les Français 3608, dans le nombre le général Decaen, qui avait succédé, dans le commandement du 3"* corps, au maréchal Bazaine et sera lui-même remplacé par le maréchal Lebœuf.

Le passage de la Moselle, interrompu par la bataille de Borny, a été repris la nuit du 14 au 15 et définitivement accompli dans la matinée du 15. Lorsque l'armée veut sortir du vallon de la Moselle, un effroyable encombrement se produit. Les divers corps, pour gagner Verdun, eussent pu se partager tout de suite entre quatre voies distinctes^, mais les ordres du maréchal Bazaine portent pour tous de prendre les seules routes de Verdun, par Étain et Marsla-Tour. Or ces deux routes ont, au sortir de Metz, un tronc commun de plusieurs kilomètres bordé par des maisons, et l'armée entière, entassée dans cette sorte de défilé, y perd de longues heures. Aux masses d'hommes se sont ajoutés, pour obstruer la chaussée et ses abords, les immenses convois de charrettes, dont le défilé est interminable.

Dans la nuit du 15 au 16, les ^^ et 6* corps ont enfin campé sur les plateaux de la rive gauche, qui couronnent la Moselle à Rezonville et Vionville. Le maréchal Bazaine avait prescrit de reprendre la marche sur Verdun dès l'aube le 16; mais les 3" et 4*' corps, retardés par la bataille de Borny et l'encombrement, sont restés en arrière, et, sur la demande des chefs de corps, il fait

1. Procès Baiaine. Rapport du général de Rivière, p. 24. — MeU, Campagnes et négociationSf par un officier supérieur, p. 137.

différer le départ jusqu'à Taprès-midi *. On sait au quartier général français qu'on est précédé par des partis de cavalerie sur la rive gauche de la Moselle, et les rapports d'espions signalent des forces à la gauche, vers Gorze^ D'ailleurs on ignore la position exacte des armées allemandes. Elles marchent couvertes par une nombreuse cavalerie qui, en même temps qu'elle les éclaire', dérobe leurs mouvements. L'Empereur, devançant l'armée sur Verdun et Châlons, a quitté Gravelotte le 16 à six heures du matin, escorté par une brigade de cavalerie. Be la route de Conflans qu'il suit, il a entrevu au loin la cavalerie prussienne. Peu après son passage, elle engageait une bataille.

La division de grosse cavalerie de Forton, à la tête de l'armée du Rhin, a campé entre Rezonville et Mars-la- Tour, dans la nuit du 15 au 46. Vers neuf heures du matin, la cavalerie prussienne surgit avec du canon. Les obus prussiens toïnbent à l'improviste sur le campement, au moment où les cavaliers français prennent leur repas ou font boire leurs chevaux. Une panique s'empare d'abord des conducteurs de voitures et de transports, puisi se communique à la division entière ^, qui se rejette de toute la vitesse des chevaux sur l'infanterie des corps placés en arrière d'elle.

Les retards continuels apportés à la retraite sur Verdun et Châlons avaient donc permis à l'avant-garde de la H* armée d'intercepter la route. Quelques heures de moins perdues par l'armée du Rhin, on peut supposer que les Allemands n'eussent point réussi dans leur tentative. En effet, malgré leur diligence, bien que pour passer la Moselle ils se soient servis des ponts existants laissés intacts, le 16 au matin ils n'ont encore que très

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