Général Frossard, Rapport, p
audace et la supériorité de leur artillerie *. A partir de midi et demi les deux partis engagent leur cavalerie. Le maréchal Bazaine, accouru pour maintenir sa ligne de bataille à un moment où une partie du i'' corps pliait, enveloppé par la cavalerie ennemie, n'a été délivré que par les hommes de son escorte qui chargent sabre en main.
Vers trois heures, les 3** et 4* corps, demeurés en arrière, arrivent sur le terrain, se déploient à droite des troupes déjà engagées et prolongent la ligne de bataille française dans la direction de Rezonville à Mars-la-Tour. Mais en face les Prussiens se renforcent eux-mêmes de leur X*" corps, qui a passé la Moselle la veille à Pont-à- Mousson et qui, dirigé, pour couper la route de Metz à Verdun, vers Saint-Hilaire, au bruit du canon, s'est rabattu sur Mars-la-Tour. Ce qui s'était passé à Rezonville se répète ici. Bien qu'inférieurs en nombre, ce sont les Allemands qui attaquent. Le maréchal Bazaine ne se préoccupe que de sa gauche; il y stationne de sa personne et y masse le gros de ses forces; sur sa droite, à ses 3* et 4* corps qui avaient d'abord dessiné une offensive vigoureuse, il donne Tordre de simplement se maintenir. A quatre heures et demie, le prince Frédéric-Charles, arrivé sur le champ de bataille, prend le commandement. Peu après, pour renforcer les IIP et X" corps, surviennent des fractions des IX' et VHP corps accourues de la rive droite de la Moselle, par Nouvéant et Gorze. Ces renforts diminuent rinfériorité numérique des Allemands, sans toutefois la faire disparaître complètement, la totalité des forces engagées par eux dans cette journée ne devant pas dépasser 80000 hommes*. La bataille poursuivie jusqu'à neuf heures du soir parle prince Frédéric-Charles demeurait indécise ; les pertes se balançaient, environ
1. Général Frossard,' Rapport, p. 86 et 87. — Du Pin Ohambly, L'armée de MeU, p. 17.