Guerre franco-allemande y supplément, p
16 000 hommes de chaque côté. Les Prussiens n'avaient point réussi à entamer les positions françaises, mais ils restaient maîtres de Hars-Ia-Tours et Yionville, occupés par eux le matin, et ainsi placés ils Interceptaient la route dirpcte de Metz à Verdun. Aussi, le lendemain matin, découvrirent-ils combien les résultats qu'ils avaient pu se promettre de leur marche tournante étaient obtenus : Tarmée du Rhin, renonçant à opérer sa retraite sur Verdun et Châlons, abandonnait le champ de bataille et rétrogradait vers Metz.
On a cru voir dans ce recul l'indice d'une résolution antérieurement prise par le maréchal Bazaine de ne point quitter Metz. Ce qui est certain, c'est que dans les positions des deux armées, le 16 août au soir, la marche sur Verdun était devenue extrêmement périlleuse. Les Prussiens tenaient la route directe de Metz à Verdun. Par conséquent, ils pouvaient prévenir sur Verdun et la Meuse l'armée du Rhin, obligée maintenant de se rejeter sur les routes détournées de Briey et de Conflans. Le terrain sur lequel il eût fallu se mouvoir et manœuvrer était une sorte de^boyau, borné par la frontière belge. Dès le jour même, après être reparti, on eût été rejoint; les corps ennemis, ayant marché sans pouvoir s'engager le 16, étaient assez près pour prendre part à une bataille le 17. Oblige de faire face à des troupes constamment renouvelées, qui auraient fini par comprendre la totalité des forces très supérieures de la P* et de la IP armée, il est vraisemblable que, s'il eût persévéré après la bataille de Rezonville à marcher sur Verdun, le maréchal Bazaine eût eu son armée détruite ou jetée en Belgique.
Quoi qu'il en soit. Tannée a rétrogradé vers Metz le 17 au matin. L'immense convoi qu'elle traîne après elle est ramené dans la plus grande confusion^; malgré le nombre des voitures, on ne peut évacuer assez vite une partie des approvisionnements qu'on livre aux flammes, pour les