Prince Napoléon, La vérité à met calomniateurs
3. Maréchal de Mac-Mahon, Enquête parlementaire , t. I, p. 30.
résultat: couvrir Paris et rallier le maréchal Bazaine attendu de Metz; entre temps, la situation de l'armée du Rhin s'était transformée; les batailles de Rezonville et de Saint-Privat lui avaient enlevé sa ligne de retraite. Le maréchal de Mac-Mahon, à Reims, couvrait donc bien Paris, mais il ne ralliait plus le maréchal Bazaine qui ne venait pas. Il était tout aussi impossible de séjourner à Reims qu'à Châlons et alors se pose la question d'un choix à faire : ou ramener l'armée de Châlons à Paris en abandonnant le maréchal Bazaine, ou essayer de le secourir en livrant le chemin de Paris. Le gouvernement de l'Impératrice et le général de Palikao, dès qu'ils avaient vu que l'armée du Rhin ne pouvait se dégager, s'étaient tout de suite résolus de porter l'armée de Châlons vers l'Est, à son secours. Dans cet esprit, le général de Palikao, non seulement approuvait le mouvement préliminaire de Châlons sur Reims, mais encore, dans une dépêche du 19, indiquait Metz comme objectif au maréchal de Mac-Mahon^ Celui-ci devait maintenant faire un choix douloureux : ^andonner le maréchal Bazaine ou livrer le chemin de Paris. Entre les deux partis examinés en eux-mêmes, on pouvait peut-être hésiter; au point de vue exclusivement militaire, une raison décisive commandait le retour à Paris; c'est que c'était là un mouvement que l'ennemi ne pouvait inquiéter, tandis que la marche sur Metz présentait de terribles hasards. Il n'y avait aucune chance de donner la main au maréchal Bazaine et l'on risquait de perdre l'armée de Châlons en l'essayant; aussi le maréchal de Mac-Mahon, contrairement à l'avis du ministre de la guerre, arrêtait-il dans sa pensée la retraite de ses troupes sous Paris *.
Le 21 août au soir, il fut appelé au château de Courcelles, chez l'Empereur; il y trouva M. Rouher, le président du Sénat. Celui-ci, renseigné dans le Conseil de l'Impératrice à Paris sur les affaires militaires, avait pris le parti de se
1. Maréchal de Mac-Mahon, Enquête parlementaire y t. I, p. 30.