Gabriel Monod, Souvenin de campagney p
en arrière de Beaumont, lorsque la nuit venait à propos arrêter l'ennemi. Le général Douay renonce alors à franchir la Meuse avec le 7' corps, à Mouzon et Yillers, où il entend le canon et dont les ponts sont interceptés, il se décide à la passer à fiémilly. On manque d'équipages de pont% on n'a pu établir à Rémilly, avec de mauvais bateaux, qu'un pont très étroit, qui s'est effondré sous le poids du l"" corps qui l'a traversé^. Le passage est extrêmement lent dans ces conditions. A deux heures du matin, deux régiments et trois batteries du V corps seulement ont pu franchir la rivière. L'inquiétude est poignante. Le général Douay s'attend, avec le jour, à voir arriver l'ennemi et à tomber en ses mains, lorsqu'il apprend que le maréchal de Mac-Mahon porte l'armée en retraite sur Sedan ; il s'y dirige alors avec ses troupes partagées entre les deux rives.
Le maréchal de Mac-Mahon ne pouvait, après la déroute de Beaumont, persévérer à marcher sur Metz, aussi se rejetait-il en arrière. Dans la nuit du 30 et la matinée du 31, les troupes des 5% !•' et 12" corps, parvenues sur la rive droite de la Meuse, se sont dirigées vers Sedan. Leur marche s'opéra dans le plus grand désordre ^, toutes les armes allaient confondues sur les routes encombrées ^, des partis de cavalerie entrés dans les bois, pour éviter la presse, se trouvèrent à leur insu conduits en Belgique ou reportés au delà de Sedan. Cette ville était le dernier lieu où l'on put vouloir séjourner ; aussi le maréchal de Mac- Mahon, en s'y rendant, ne se proposait-il que d'y rallier l'armée^. Cependant, arrivé le 31 au matin, bien que rejoint par les divers corps dans la journée, il y demeure irrésolu
1. Maréchal de Hac-yLahon, Enquête parlementaire y t. I, p. 33.