Général de Wimpflen, Sedan, p
5. Maréchal de Mac-Mahon, Enquête parlementaire, 1. 1, p. 37.
et incertain'. Il néglige ainsi de battre dérmilivement ei retraite vers Méziëres, où se réunit un nouveau corps, le 1 3% avec des vivres et qui est le seul point par où il puisse échapper à l'ennemi.
Entre Sedan et Méziëres la Meuse, qui a coulé jusque-là vers le nord-ouest, fait brusquement une pointe au nonl, puis retourne sur elle-même plein sud et décrit une boucle, dont le sommet n'est qu'à 7 kilomètres de la frontière belge. D'épaisses forêts, entre la frontière et la boucle de la Meuse, diminuent encore l'espace libre, ne laissant de praticable sur Mézières qu'un étroit défilé près de Saint- Menges. De ce point étranglé à Mézières, il y a quatre lieues; la rivière, alors inlléchie au sud, ouvre un passade plus large par Vrigne-au-Bois et Vivier-au-Coiirt, mais ce n'est toujours qu'une sorte de couloir, La clef des positions qui entourent Sedan est au calvaire d'Illy, sur les hauteurs, au nord de la ville. Là seulement, on commande l'entrée du défile et du couloir qui conduisent à Mézières, et, au cas où la ligne de retraite sur la France viendrait à manquer, on peut se retirer en Belgique; mais le maréchal de Mac- Mahou a négligé de tenir fortement le calvaire d'Illy. Il a pelotonné les corps de son armée plus près de Sedan où. rangés sur deux fronts, ils forment un angle ; le 12' corps à Bazeilles, le 1" sur le plateau de Givonne font face à l'e^t du côté de Cartgnan; le 7* corps, sur les coteaux de Floiiig, fait face au nord-ouest. Le 5° corps au milieu demeure en réserve. L'armée ainsi placée ne possède aucune ligne de retraile, la Meuse coule sur ses derrières et sur ses flancs, l'immobilise et lui barre la route de Mézières.
Les Allemands sont arrivés devant Sedan le 31 au soir. Ils tiennent les hauteurs de Frénois et de Wadelincourl au sud de la ville. Des deux c6tès de ce point fixe leurs ailes qui débordent, portées au delà de la Meuse vers le nord, vont se plier, comme deux grands bras, pour enserrer
i Sedan. Journal d'un offitier du i" cerp.',,
l'armée de Châlons dans une formidable étreinte. A gauche, le V' et le XI* corps, la division wurtembergeoise, entrés dans le couloir qui conduit à Mézières, déboucheront du défilé de Saint-Menges, contourneront la boucle de la ^ Meuse et se porteront sur Illy. A droite, le P' et le II* corps bavarois,, le IV* corps prussien, le XII* (saxon) et la garde engageront la bataille en avant de Bazeilles et du plateau de Givonne et se porteront à leur tour sur le point décisif d'Illy. Pour ce double mouvement tournant, les Allemands doivent traverser à leur gauche, la Meuse, à leur droite, la Meuse et son affluent le Chiers; ils se servent partout des ponts existants, qu'ils trouvent intacts ^
La bataille de Sedan s'engage le 1*' septembre à quatre heures du matin par l'attaque, sur Bazeilles, des Bavarois qui viennent de passer la Meuse. Le maréchal de- Mac- Mahon, quoiqu'il n'eût point encore arrêté de plan de bataille définitif^, ne pensait pas cependant demeurer sur les positions qu'il occupait, mais il s'y était attardé et l'ennemi l'obligeait à y combattre. Il inspectait sa ligne, lorsque en face du village de la Moncelle, à six heures du matin, il est atteint au-dessous de la hanche gauche parmi éclat d'obus. Sa blessure l'oblige à se démettre et il désigne pour successeur le général Ducrot, qui, à sept heures moins le quart, prend le commandement^.
Le général Ducrot, à l'arrivée à Sedan, encore sans instructions, avait eu la pensée d'occuper Illy avec son corps pour s'assurer le chemin de Mézières; ce n'est qu'après, au reçu d'ordres précis, qu'il s'était établi sur le plateau de Givonne. Lorsque le commandement en chef lui est remis, il cherche à éviter une bataille, sur le lieu de perdition où le maréchal de Mac-Mahon s'est placé, il va donc opérer avec toute l'armée la marche vers Illy, qu'il a déjà voulu entreprendre avec son seul corps, pour ga-