Georges Jeannerod, le Temps, 9 septembre
blessés à ses côtés '. Ses infirmités se joignaient aux tortures morales pour l'accabler'; les forces lui manquaient, il ne pouvait se tenir longtemps à cheval. A onze heures et demie, il est rentré en ville et s'est retiré à la sous-préfecture; c'est là qu'il apprend la déroute de l'armée. Tout à coup, vers deux heures^, il sort de son abstention et, à Tinsu des généraux, prend l'initiative de faire cesser l'effusion du sang, en mettant fin au combat. Il veut demander un armistice ; mais, dans sa hâte, au lieu d'envoyer un parlementaire, comme il convient en pareil cas, il se sert du moyen usité aux capitulations, il fait arborer un drapeau blanc sur la citadelle. Le chef d'étatmajor de l'armée, le général Faure, commande de l'abattre. A mesure que les corps s'effondrent, les chefs rentrés en ville vont trouver l'Empereur. Le général Ducrot arrive alors que des obus éclatent auprès de la sous-préfecture, l'Empereur lui dit : « J'ai fait arborer le drapeau parlementaire, mettez-vous là et écrivez ; » puis il lui dicte un billet où il est dit que les pourparlers vont commencer, qu'il faut cesser le feu, et, comme lui-même n'exerce plus de commandement militaire, il le requiert de signer. Le général s'y refuse, ce n'est pas à lui, mais au chef d'étatmajor de l'armée à signer un pareil ordre. Le général envoie son propre chef d'état-major, le colonel Robert, porter le billet au général Faure, qui se refuse également à signer; il a quelques instants auparavant abattu le drapeau blanc el il ne le fera pas relever. Le général Lebrun, venu à son tour, trouve l'Empereur seul, qui lui demande comment il se fait que la lutte continue, il y a déjà trop de sang versé. Le général Lebrun ayant de nouveau expliqué que, pour obtenir un armistice, on doit envoyer un parlementaire, l'Empereur lui dicte une de-
1. Général Pajol, Lettre, etc., p. 13. — Général de Wimpflfen, Sedan, p. 299.