Général Ducrot, La journée de Sedan^ p
2. Maréchal de Mac-Mahon, Enquête parlementaire ^ t. I, p. 37.
sur trente-quatre présents, reconnurent Timpossibilité de se soustraire aux exigences du vainqueur, quelque dures qu'elles fussent. Â l'issue de ce Conseil, le général de SVimpffèn allait signer la capitulation au château de BelleTue. Il obtenait comme faveur que les officiers s'engageant par écrit à ne pas reprendre les armes pourraient librement se retirer en France. Il violait, du reste, par cette clause, les règlements militaires, qui prescrivent aux chefs d'armée de ne pas séparer, dans leurs conventions, le sort des officiers de celui des soldats ^ La capitulation livrait à l'ennemi 83 000 hommes et 550 canons, y compris ceux de la forteresse. Déjà, pendant la bataille, les Français avaient perdu à peu près 17000 hommes mis hors de combat et une vingtaine de mille faits prisonniers. Environ 3000 hommes se réfugièrent en Belgique, où ils furent internés. De toute l'armée de Châlons, une douzaine de mille hommes, dispersés de tous côtés, parvinrent seuls à retrouver la France. Les Allemands avaient 8950 hommes hors de combat.
Pendant que les généraux délibéraient sur la capitulation, l'Empereur sortait de Sedan. Il allait à Donchery demander au roi de Prusse des adoucissements aux conditions imposées par le général de Moltke. Le général Reille, envoyé en avant, ne trouva à Donchery que M. de Bismarck qui, prévenu, monta tout de suite achevai. L'Empereur et M. de Bismarck, s'étanl rencontrés, entrèrent dans la maison d'un tisserand, située près de la route au milieu d'un petit jardin^, puis, ressortis de la maison, s'assirent dans le jardin. L'Empereur témoigna le désir de voir le roi, il s'était rendu sans condition et il venait faire appel à sa générosité en faveur de l'armée ^ ; il se prit ensuite à déplorer la guerre et voulut se disculper d'en être l'auteur: elle lui avait été imposée, dit-il, par le sen-
1. Rapport du Conseil d'enquête sur la capitulation de Sedan.