Rapport de M. de Bismarck au roi
in HISTOIRE DE FRANGE DE 1870 A 1873.
aucun sujet politique ^ Le lendemain, TEmpereur partit, en traversant la Belgique, pour le château de Wilhelmshôe près de Cassel, que le roi lui avait assigné comme résidence, pendant sa captivité. Les soldats prisonniers furent conduits dans la presqu'île d'Yges à côté de Sedan, où ils étaient faciles à garder, entourés par la boucle de la Meuse et un canal. Ils durent camper dans là boue, sans abri, soumis à d'affreuses privations. Les vivres manquaient à rénorme masse d'hommes accumulée à Sedan. Dans la presqu'île, les prisonniers éprouvaient même les tortures de la soif; la Meuse charriait autour d'eux des cadavres d'hommes et de chevaux qui empoisonnaient les eaux*. Puis, ils furent acheminés, par étapes, vers l'Allemagne.
Le maréchal de Mac-Mahon, en se portant sur Metz, avait cherché à prévenir le maréchal Bazaine. Metz était déjà entouré par l'ennemi ; les communications que pouvaient échanger les armées du Rhin et de Châlons par des émissaires, étaient donc irrégulières et d'un succès incertain. Une dépêche chiffrée, expédiée le 22 par le maréchal de Mac-Mahon, n'arrivait à Metz que le 30, et le premier renseignement authentique que le maréchal Bazaine devait recevoir sur la marche de l'armée de Châlons ne paraît, malgré toutes les accusations contraires, lui être parvenu que le 29, par une dépêche du général Ducrot envoyée d'Attigny ^.
L'armée du Rhin, repliée dans le camp retranché de Metz, avait repris haleine après la bataille de Saint-Privat. Elle demeurait investie. La ville de Metz est traversée par la Moselle, et il fallait avant tout décider sur quelle rive on chercherait à percer le cercle ennemi. Quoique dans sa dépêche du 19 août à l'Empereur, qui devait une première
1. Moritz Busch, Graf Bismarck und seine Leute, 1. 1, p. 247.