‹ Histoire de France de 1870 à 1873Chapitre 58 sur 178 · Procès Ba*aine. Plaidoirie de M' Lachaud, p. 48 et suiv · texte numérisé non relu

Procès Ba*aine. Plaidoirie de M' Lachaud, p. 48 et suiv

fois amener la marche de Tarmée de Châlons sur Metz, le maréchal Bazaine eût parlé de reprendre sa retraite vers Châlons par les places de la frontière du Nord et Montmédy, ce qui l'obligeait à forcer les lignes ennemies sur la rive gauche de la Moselle, il ne semble pas qu'à ce moment, ni lui ni aucun chef de corps ait considéré pareille opération comme réalisable et ait eu sérieusement la pensée de l'entreprendre. Les Prussiens, pour couper à l'armée du Rhin la route de Paris, ont en effet massé leurs forces sur la rive gauche ; en outre, des hauteurs boisées, qu'ils ont commencé à fortifier, y rendent très difficile l'abord de leurs positions. Il restait la rive droite, ayant Tinconvénient d'éloigner de Paris et de larmée de secours, mais moins bien gardée et d'une configuration plus favorable. C'est donc de ce côté que le maréchal Bazaine se décidait à sortir : le 26 août, il concentrait son armée en avant du fort de Saint- Julien, pour essayer une percée vers Thionville. Mais ce jour-là, de grandes pluies surviennent*, il y voit un empêchement, arrête les troupes et appelle les chefs de corps à une conférence au château de Grimont.

On délibère sur la conduite à tenir. Le général Soleille, commandant de l'artillerie, dit qu'on ne possède de munitions que pour une seule bataille, chercher à gagner Paris serait courir le risque de les user et de se voir à la merci des armées prussiennes ; il fallait donc rester à Metz, en frappant des coups sur le périmètre occupé par Tennemi. Le général Frossard se déclare du même avis; selon lui, il régnait dans l'armée une sorte de fatigue, pour ne pas dire de découragement, on ne pourrait compter sur elle après un premier combat, fût-il heureux, et, s'il était malheureux, elle se dissoudrait. Le maréchal Canrobert expose que sortir, pour s'allonger dans l'intérieur du pays, avec des colonnes immenses de bagages, d'ambulances, d'artillerie, était impraticable; il conclut donc à rester sous Metz, non point inertes, mais en attaquant partout

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