‹ Histoire de France de 1870 à 1873Chapitre 62 sur 178 · Dréolle, La journée du 4 Septembre, p · texte numérisé non relu

Dréolle, La journée du 4 Septembre, p

boulevards avait cessé, ir^ais les bandes qui sf'élaient livrées à des manifestations sur divers points de la ville, se dirigeaient vers le Corps législatif, menaçant de Tenvahir. Le général de Palikao donne Tordre d'appeler des forces militaires pour contenir Témeute, puis, rentré en délibération avec ses collègues, d'un commun accord, ils persévèrent à renvoyer à la journée l'examen des mesures à prendre.

La séance improvisée du Corps législatif s'ouvre le 4 septembre, aune heure du matin. Le général de Palikao confirme à la tribune la perte de l'armée de Châlons et la captivité de l'Empereur, et ajoute : « En présence de ces événements graves, il ne nous serait pas possible à nous ministres d'entamer une discussion relative aux conséquences qu'ils doivent entraîner et nous demandons le renvoi à demain. Vous comprendrez que nous n'ayons pas pu nous entendre, car on est venu m'arrâcher de mon lit, pour m'annoncer qu'il y avait une séance de nuit. » M. Jules Favre se lève, après le ministre, et lit la proposition suivante, signée de vingt-sept députés de la gauche :

« Art. 4•^ — Louis-Napoléon Bonaparte et sa dynastie sont déclarés déchus des pouvoirs que leur a conférés la Constitution.

€ Art. 2. — Il sera nommé par le Corps législatif une Commission de gouvernement, qui sera investie de tous les pouvoirs du gouvernement et qui aura pour mission expresse de résister à outrance à l'invasion et de chasser l'ennemi hors du territoire.

« Art. 3. — M. le général Trochu est maintenu dans ses fonctions de gouverneur général de la ville de Paris. 3

M. Jules Favre : « Je n'ajoute pas un mot. Je livre, messieurs, cette proposition à vos sages méditations. Aujourd'hui, à midi, nous dirons les raisons qui nous paraissent commander à tout patriote 3on adoption.» M. Jules Favre a été écouté en silence; seul M. Pinard a dit que la Chambre n'a pas le droit de prononcer la déchéance ;

aucun ministre n'a eu souci de répondre ou de protester et Ton se sépare laissant, sans plus^ Paris en face de Tannonce officielle de la capitulation de Sedan et de la demande de déchéance introduite par les députés de la gauche républicaine.

Cependant personne ne pensait que l'Empire dût survivre à la catastrophe de Sedan. Le Corps législatif, comme le mandataire direct du pays, pouvait seul essayer de se maintenir. Il lui fallait prendre d'office le gouvernement, s'il voulait faire en sorte que la chute de l'Empire ne fût simultanée à une révolution. Aussi la Chambre presque entière admet-elle maintenant ce que soutenaient depuis un mois les députés de la gauche, qu'elle doit confier le pouvoir à ses propres délégués. Il est vrai que les députés de la majorité sont encore retenus par leurs attaches; le gouvernement qu'il leur faut renier dans le malheur est le même dont ils ont, dans la prospérité, approuvé tous les actes; candidats officiels, ils ont dû leur élection à l'appui de l'Empereur et de ses ministres qui les ont ensuite, députés, comblés de faveurs de toute nature. M. Buffet, pour les affranchir, se propose d'obtenir de l'Impératrice une déclaration par laquelle elle remettrait elle-même le pouvoir au Corps législatif, en l'invitant à créer une Commission de gouvernement; la question d'avenir, réservée, serait tranchée par le pays en temps opportune Les députés les plus fidèles à la dynastie se verraient par là déliés de leur serment et de leurs obligations, et rendus libres de prendre toutes mesures de salut. M. Buffet, à l'issue de la séance de nuit, fait part de son projet au président Schneider et à deux des ministres, MM. Rigault de Genouilly et Brame, les priant de le soumettre à l'Impératrice, dans le Conseil qui doit se tenir le matin à neuf heures. M. Schneider consentit d'autant mieux à ce que M. Buffet lui demandait, que déjà, le soir, dans le précé-

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