Jules F»vre, Le gowerwment de la Défeni p
!. Jules SimoD, Souvtnirs dn i Septembre, p. i
Favre y parvient par les quais de la rive droite à quatre heures, une épaisse colonne y arrive par ceux de la rive gauche, en franchissant le pont d'Arcole. Un bataillon de troupes de ligne, rangé devant la façade, a mis la crosse en l'air. Au milieu du peuple déjà maître de THôtel de Ville, M. Jules Favre pénètre dans la grande salle, et, monté sur une banquette, fait entendre qiielques paroles pour saluer Tavènement de la République. Coup sur coup ses collègues de la gauche arrivent se joindre à lui: MM. Gambetta, Jules Simon, Pelletan, Emmanuel Arago, Crémieux.
Une partie du peuple qui se dirige vers l'Hôtel de Ville cherche d'abord à entrer aux Tuileries. Les grilles du palais sont assiégées. L'Impératrice, outre les personnes de sa maison, a auprès d'elle le préfet de police M. Piétri, les ministres Jérôme David, Chevreau, Busson-Billault, venus du Corps législatif, les ambassadeurs d'Autriche et d'Italie, MM. de Metternich et Nigra. Le Corps législatif a été dispersé, son gouvernement est anéanti et l'avis unanime des personnes présentes est qu'elle doit quitter le palais. Elle sort par le Louvre sur la place Saint-Germainl'Auxerrois, accompagnée de MM. de Metternich et Nigra. Elle monte en fiacre avec sa dame d'honneur, M"* Lebreton, et se réfugie chez le docteur Evans, dentiste américaine Il l'emmènera le lendemain à Deauville, d'où elle gagnera Hastings sur un yacht anglais. C'est là qu'elle retrouvera le prince impérial, que l'Empereur a renvoyé de l'armée la veille de Sedan*. L'Impératrice partie, les gardiens et un piquet de voltigeurs qui avaient défendu les approches des Tuileries se retirent, quelques gardes nationaux se placent en sentinelles improvisées, aux portes du palais, on écrit sur les murs : Propriété nationale, et la foule, sans pénétrer dans les appartements, s'écoule du jardin dans la cour du Carrousel, par le pavillon de