Cherbuliez, V Espagne politique y p
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., rf.«* ' h'Wtmi'- fu^>ill><|nK. mais le public l'avait ignorée, .... in* -^V rD'iu^ixit lui était inconnu • aussi l'annonce 1. , *tti m m [VO\)uisil-e)le une émotion générale. \i ..> 'iA .'i.hinç^tnruls amenés en Allemagne par la .1,..- ; .*. Sn;u«Ji, les relations de la France et de 14 i>A(* .«uwic Mtrémement tendues. Les deux pa^s res- >, . « i><)uitH8 vl pltitis d'appréhension. La Prusse, obligée .> ^v ituitm' A fra^e, n'avait pu étendre son hégémonie j. . Aiif iMi)g<i« itu Sud, mais elle voudrait sûrement «.'.liuilru uu jour ou l'autre son travail d'expansion, et . v.i iu^poiàii que ce ne serait point sans une guerre avec b Kraiiuo. Aolérieurement, elle n'avait pu s'allier à l'Italie, |)our Jltattuer l'Autriche, qu'avec la connivence de l'empervur Nupoléo» III. Celui-ci s'était trompé dans ses calculs; lu U'iuuiphi» imprévu delà Prusseavait permis à son ministre, M. dt) Uisiuarck, de créer la Confédération de l'Allemagne du Noi'd, sans accorder aucune des compensations promises ou suggérées. L'agrandissement d'un rivai heureux, réalisé de la sorte, ne pouvait manrjuer d'être ressenti connue uu dommage et une humiliation, dont on présumait ijue l'omperenr FJapoléoD voudrait, à son heure, obtenir Vk'ngeance. Dans une situation aussi périlleuse, on s'alarmait au moindre incident et la candidature Hohenzollern émut d'autant plus que tout le monde se demanda si elle n'iillail pas servir de prétexte au conflit redouté, en permauunce.
Le 5 Juillet, M. Coctiery déposait au Corps législatif une demande d'interpellation sur la candidature. Dès le lendutnain, le duc de Gramont, ministre des alTaires étrangères, lisait la notit suivante préparée en Conseil : « Il est vrai que le maréchal Prira a oJTert au prince de Hohenzollern la couronne d'Espagne et que ce dernier l'a acceptée. Mais le peuple espagnol ne s'est point encore prononcé, et nous ne connaissons point encore les détails vrais d'une négociation qui nous a été cachée. Aussi une discussion ne saurait-elle aboutir maintenant à un résultat pratique. Nous vous prions, messieurs, de l'ajouruer.
< Nous n'avons cessé de témoigner nos sympathies à la nation espagnole et d'éviter tout ce qui aurait pu avoir les apparences d'une immixtion quelconque dans les afTaires intérieures d'une noble et grande nation, en plein exercice de sa souverainetéi nous ne sommes pas sortis, à l'égard des divers prétendants au tràne, de la plus stricte neutralité, et nous n'avons jamais témoigné pour aucun d'eux ni préférence ni éloignement.
« Nous persisterons dans cette conduite, mais nous ne croyons pas que le respect des droits d'un peuple voisin nous oblige à souffrir qu'une puissance étrangère, en plaçant un de ses princes sur le trône de Charles-Quint, puisse déranger à notre détriment l'équilibre des forces en Europe et mettre en péril les intérêts et l'honneur de la France.
f Cette éventualité, nous en avons le ferme espoir, ne se réalisera pas. Pour l'empêcher, nous comptons à la fois sur la sagesse du peuple allemand et sur l'amitié du peuple espagnol.
( S'il en était autrement, forts de votre appui, messieurs, et de celui de la nation, nous saurions remplir notre devoir sans hésitation et sans faililes^e, »
Les menaces, à la fin de celte note, iipjilauilies par les députés bonapartistes, soulevaient les miinuures de ceux de la gauche républicaine. L'un d'eux, M. Crémieux, exprimait la cratute que le gouvernement ne recherchât un conflit avec la Prusse. Mais M. Emile OUÎvier s'en défendait absolument : « Demain, disait-il, l'honorable M. Crémieux et les membres de cette assemblée reliront la déclaration qui a été lue à celle tribune, après avoir été délibérée en Conseil. Ils se convaincront qu'elle ne contient de provocation contre personne, qu'elle ne porte aucune atteinte aux droits légitimes du peuple espagnol, surtout qu'elle ne révèle aucune incertitude dans la pensée du gouvernement sur la question de savoir s'il veut la paix ou la guerre. Le gouvernement désire la paix avec passion, mais avec honneur. Nous disons notre pensée entière,
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nous, ue poursuivons pas la guerre, nous ne sommes préoccupés que de notre dignité. Soyez convaincus de l*abi>.olue sincérité de mon langage; je l'affirme sur TJionueur, il n'y a aucune arrière-pensée dans l'esprit d'aucun de nous, quand uous disons que nous désirons la paix. ^ Quoi que pût dire H. Emile Ollivier, la noie lue par M. de Gramont formait un préambule peu diplomatique aux explications à demander. La manière dont la négociation allait élre restreinte au seul roi de Prusse, comme chef de la famille Hohenzollern, devait encore augmenter les difficultés d'un arrangement pacifique. Pour faire échouer la candidature à l'amiable, un gouvernement qui n'eût point eu de griefs antérieurs contre la Prusse se fût adressé aux deux puissances en cause. Lorsque M. de Gramont venait déclarer que la France n'était jamais intervenue dans le choix que l'Espagne voulait faire d'un roi et lorsqu'il affirmait qu'elle persisterait dans cette abstention, par respect pour l'indépendance du peuple espagnol, on savait très bien que les divers liens qui rattachent les deux pays ne sauraient permettre une indifférence aussi absolue. Du côté du prétendant, peut-être même qu'on eût pu exercer une action d'un certain ordre. Le prince Léopold de Hohenzollern n'était pas, comme autrefois le duc d'Anjou, un fils de roi absolument inséparable du chef de la dynastie. Ses alliances de famille lui créaient une sorte de personnalité. Frère d'un souverain, le prince Charles de Roumanie, marié avec une sœur du roi de Portugal, il avait pour père le prince Antoine, un personnage riche et important. La branche des Hohenzollern -Sigmaringen, dont ce dernier était le chef, avant d'abandonner ses droits de souveraineté à celle de Prusse, avait existé longtemps à l'élat séparé. Les Hohenzollern-Sigmaringen étaient catholiques et le prince Léopold se trouvait le petit-fils de Mural par sa mère. Celte descendance devait même faire dire au roi de Prusse qu'il n'avait pas cru que l'empereur Napoléon s'opposerait à l'élévation d'un prince parent des Bonapartes. Mais le gouvernement français, se sentant
LA CANDIDATURE DU PRINGK DE flOHENZOLLERN. 49
depuis Sadowa humilié par la Prusse, ne veut voir dans la candidature que sa main et son jeu. Il écarte donc l'Espagne et le prince, les ignore absolument; à la Prusse seule il s'adresse.
M. de Gramont avait sur Theure réclamé des explications. Dès le 3 juillet, il télégraphiait à M. Le Sourd, chargé d'affaires de France à Berlin, en l'absence de l'ambassadeur, M. Benedetti, en congé, d'interroger le gouvernement prussien. Le 4, M. Le Sourd voyait M. de Thile, sous-secrétaire d'État au^ affaires étrangères, remplaçant le ministre, M. de Bismarck, en villégiature à Yarzin. M. de Thile ne savait rien, déclarait-il, de la candidature HohenzoUern et il s'appliquait, avec soin, à mettre son gouvernement hors de cause. Le lendemain, M. Le Sourd rendait compte à H. de Gramont d'un entretien avec M. de Rascon, l'ambassadeur d'Espagne à Berlin. Celui-ci afGrmait n'avoir été chargé d'aucune négociation auprès du gouvernement pï'ussien ou du prince de HohenzoUern; au maréchal Prim revenait toute la responsabilité de l'intrigue.
M. de Gramont, laissé sans lumière par le cabinet de Berlin, va s'adresser au roi de Prusse en personne. Le roi Guillaume prenait alors les eaux à Ems. M. de Gramont, le 7 juillet, donne à son ambassadeur à la cour dePrusse, le comte Benedetti, l'ordre de s'y rendre. M. Benedetti part de Wildbad, où il séjournait, et à son arrivée à Ems, le 8 au soir, trouve les instructions de son ministre. Dans une première dépèche officielle du 7 juillet, M. de Gramont résume en ces termes la demande à présenter au roi : « Efforcez-vous d'obtenir que Sa Majesté conseille au prince de HohenzoUern de revenir sur son acceptation. » Dans une lettre particulière écrite en même temps, libre des ménagements qu'il croit devoir garder dans un papier officiel, il pose ainsi la question : « Si vous obtenez du roi qu'il révoque racceptation du prince de HohenzoUern, ce sera un immense succès, et un grand service. Le roi aura, de son côté, assuré la paix de l'Europe.
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« Si»aa. c'est la goerre. Ainsi donc, pas d'ambages et )Ms de imiran. Jamais mission ne fut pins importante, puissùz-Toas ; réussir.
* ^.S. — Tenez-vons en garde contre une réponse qui iiiunaûterait à dire que le roi abandonne le prince de Hoh««ollern ii son sort et se désintéresse de tout ce qui ;trn^n~ Xons ne pourrions accepter cette réponse comme s^ii:^^iiiante,car le gouvernement du roi ne peut te désinhns^er aujourd'hui, par de simples paroles, d'une situaliiiii :ii'il a contribué à créer. Il faut qu'il la modifie, qu'il lu i'i<ir«sse, pour que nous acceptions l'assurance de son ilfsiniéressemenl. >
M Benedetti est une première fois reca en audience par le roi Guillaume à Ems, le 9, à trois heures de l'jpf>-?-midi. 11 lui dit que son gouvernement attend qu'il vL-uiUe bien amener le prince de Hohenzollem à renoncer â >"ii entreprise. Le roi, en réponse, expose quelle a été s^i «.'Midnite et voici comment H. Benedetti rapporte ses i.'\|>lli'alions : c Les négociations ouvertes au sojel de la candidature ont été poursuivies entre le gouvernement esi>a^nul et le prince de Hohenzollem; le gouvernement pni-sjtn n'y est pas seulement resté élranger, il les a i«inu['tiL-B; le roi lui-même a évité de s'y associer, il a rplu>i; <le recevoir un envoyé du cabinet espagnol, porteur il'iiiii; lettre du maréchal Prim, en faisant part cependant n Miri premier ministre, le comte de Bismarck, de ces ilivi-rs incidents, il n'a consenti à s'expliquer que quand \v jii iiiie Léopold, ayant décidé d'acquiescer aux propositions rjiii lui étaient faites, a sollicité son consentement, II? i|iii u eu lieu à l'arrivée du roi à Ëms, et à ce moment Sii Majitsté s'est bornée à. lui déclarer qu'elle ne croyait ji.'ix iionvoir mettre obstacle à son dessein. C'est donc roiiiiiit; chef de famille, et nullement en sa qualité souveruini' lie roi de Prusse, qu'il a été instruit de la détermiluiliiin du prince et qu'il est intervenu; aussi n'a-t-il ni n'iiiii ni consulté le Conseil des ministres, et le gouvernement prussien ne saurait être interpellé sur une affaire
qu'il n'a pas connue, et dont i] n'est pas plus solidaire qu'un autre cabinet européen*. ^
Dans ces circonstances, le roi ne croyait pas, après avoir accordé son consentement, qu'il pût s'entremettre auprès du prince pour lui faire retirer sa candidature. Sur le point précis de son intervention, objet de la demande du gouvernement français, il ne donnait donc aucune satisfaction. Cependant il observait que l'honneur de la France ne saurait être en jeu, car le cabinet de Madrid avait poursuivi la candidature sans qu'aucun gouvernement étranger se fût immiscé ; il n'y avait donc point lieu à un conflit, une rupture ne pouvait naître d'un pareil incident. Il ajoutait qu'il avait écrit au prince Antoine de Hobenzollern à Sigmaringen, afin de faire connaître ses intentions et celles de son fils; il lui fallait leur réponse avant de reprendre l'entretien; il manquait d'un chiffre pour se servir du télégraphe et demandait qu'on attendît. L'ambassadeur, déférant à ce désir, laissait tomber la conversation.
M. Benedetti, retenu à dîner par le roi, n'avait pu envoyer que le 9 au soir, d'abord un résumé télégraphique de l'entretien, puis un rapport circonstancié, mis à la poste, qui n'arriverait à Paris que le H. La journée du 10 àEms se passait dans l'attente. M. Benedetti rencontrait cependant le roi dans la soirée et ils convenaient de se voir le lendemain matin.
Quelques heures avant d'être reçu par le roi, le 9, H. Benedetti avait eu une conversation avec M. de Werther, l'ambassadeur de Prusse à la cour de France, alors à Ems. Par un premier télégramme, il en avait instruit M. de Gramont et avait pu ainsi lui donner un aperçu préliminaire de ce que M. de Werther avait laissé entrevoir des vues du roi. A peine, le 10, à dix heures du matin, M. de Gramont a-t-il reçu ce premier télégramme, d'une teneur naturellement vague, qu'il écrit à M. Bene-