Général Truchu, Pour la vérUèttpotir ta jiMfice.p. ISI
fia OISTOIRK bE PR4NCE DE tSTO 1 1873.
mêmes d« sauraient rien entreprendre et que leur conduite serait réglée par les décisions de l'Angleterre et de la liii>:-ie. M. Jnles Favre demanda à H. Thiers d'aller iiiten -ij^er ces deux puissances. M. Thiers, désigné comme ilépulc de Paris, pour entrer dans le nouveau gouvernenieal. aïail préféré se tenir à l'écarl. On le chargeait maiiLtenanl d'une mission délicate, que lui seul était apte a remplir; après un jour de réflexion, il acceptait et, le ii. partait pour Londres.
Ce[jendanl la Prusse se taisait, ses soldats s'étaient avancés SDUS les murs de Paris, sans qu'aucune déclaration eût révélé ses projets. H. Jules Favre forme le dessein de se rendit auprès de H. de Bismarck, qui accompagnait le roi lii: Prusse et les armées, pour s'enquérir des conditiojis de paix. Sorti de Paris, le 18 septembre, par ta porte (le Charcnton, il fut conduit â Villcneuve-Sainl- GeorifCS. au général qui commandait de ce côté les forces allemandes. Il écrivit à M. de Bismarck à Meaux, lui annnuçant qu'il s'offrait à conférer d'un projet de paix. La réponse, qui lui parvint le lendemain, le priait de venir à Meau)i. Il se mit tout de suite en route et se croisa à trois iieurfs ut demie, prés du village de Montry, précisément avec M. de Bismarck, qui se rendait au château de Ferriéres, où le roi venait de transporter son quartier général. Ils entrèrent en causant dans une ferme dévastée, puis, à la recherciie d'un lieu plus convenable, dans le cbùteau de la Haute-Maison. M. Jules Favre exprima son désir d'une paix honorable et M. de Bismarck laissa voir les conditions préliminaires : t Je ne demande que la paix. Ce n'est pas l'Allemagne qui l'a troublée; depuis Louis XIV, vous n'avez cessé de vous agrandir à nos dépens. Nous savons que vous ne renoncerez pas à cette palilii|ue, que vous ne reprendrez de forces que pour nous faire une guerre nouvelle. Kolre sécurité ne peut être garanti)' que par une cession de territoire. Strasbourg est la clef de notre maison, et nous la voulons. * — M. Jules Favre : «Alors c'est l'Alsaceet la Lorraine?» — M. de Bis-
marck: «Je n'ai pas parlé de la Lorraine; quant à l'Alsace, je suis très net, nous la regardons comme indispensable k notre défense. > Cependant, après avoir élé tout d^abord aussi explicite à l'égard de l'Alsace, amené incidemment à parler de la Lorraine, il dit i|u'il entrait dans les projets de la Prusse de s'annexer les circonscriptions de Sarrebourg, Château-Salins, Sarreguemines, Metz et Thionville, dans le département de la Moselle ^
M. Jules Fayre se senrit de toutes les raisons valables pour combattre de pareilles prétentions; il montra les périls que l'exigence d'une cession de teritoire créerait k la Prusse, les sentiments de haine et de vengeance entre^» tenus et tous les jours prêts à ramener la guerre, la charge de maintenir des populations qui voulaient rester Françaises; il parla de la défense prolongée de Paris et de la province, du temps que les armées allemandes devraient passer en France, des sacrifices qu'imposerait l'entière conquête du pays. M. de Bismarck lui assura qu'on avait prévu, en Allemagne, toutes ces difficultés, mais qu'on aimait mieux les vaincre que de les réserver aux généra* tiens futures. M. Jules Favre dit alors qu'il ne pouvait promettre, comme compensation, qu'une indemnité de guerre, puis il demanda à faire nommer une Assemblée qui aurait le droit de traiter. M. de Bismarck répondit que, pour cela, il faudrait accorder un armistice et qu'il n'en voulait point. La journée s'avançant, ils convinrent de reprendre l'entretien à Ferrières, ou ils devaient coucher,
H. Jules Favre, le soir, arrivé à Ferrières, se rendit au château de M. de Rothschild, où M. de Bismarck était logé. Après une conversation générale, pendant laquelle H. de Bismarck observa que, né d'une sédition, le nouveau gouvernement ne lui inspirait aucune confiance, pouvant être à chaque instant renversé par la populace de Paris, M. Jules Favre précisa ses vues : le gouvernement de la
1. Rapport de X. de Bismarck do ^ «^ptembre. — Rapport de M. Jules FaYre du 21 septeiDl>re 1S70.
Défense nationale n'avait pas qualité pour engager la nation^ par conséquent il fallait convoquer une Assemblée, et, si la Prusse voulait la paix, elle devait accorder un armistice, sans lequel on ne saurait la faire nommer et la réunir. M. de Bismarck, à la Haute-Maison, avait absolument repoussé Tidée d'un armistice ; mais, comme on ne pouvait en effet traiter sans une Assemblée et sans un armistice pour l'élire, il finit par admettre les deux. « En ce cas, dit-il, nous serions en droit de demander des gages; ce serait l'occupation des forteresses des Vosges et de Strasbourg.-Metz serait excepté, les hostilités s'y poursuivraient.» Puis il s'enquit des mesures nécessitées par l'élection d'une Assemblée, pour les communiquer au roi. M. Jules Favre répondit que Paris serait neutralisé, qu'on donnerait des sauf-conduits aux candidats, puis aux députés nommés. On accorderait à Paris et à Metz le ravitaillement pendant la durée de l'armistice. M. de Bismarck mit fin à l'entretien, en déclarant qu'une entente ne lui paraissait pas impossible sur ces bases, que cependant il réclamerait un gage contre Paris, et, comme, avant déterminer, il fallait l'agrément du roi, la décision fut remise au lendemain.
Le 20 septembre, à onze heures et demie du matin, ils se retrouvèrent au château de Ferrières. M. Jules Favre, en s'abouchant avec M. de Bismarck, était très désireux de connaître ses dispositions à l'égard de la famille Bonaparte. La veille, cette question avait été effleurée. M. de Bismarck, aux craintes manifestées par son interlocuteur qu'il ne voulût ramener l'Empire et traiter de préférence avec lui, avait déclaré qu'il n'en était rien, qu'il s'accommoderait indifféremment avec celui des partis ou des gouvernements qui lui offrirait, en France, les plus grands avantages. Il se trouvait prêt, en effet, à négocier avec tous venants. Au début de ce nouvel entretien, il montra une photographie de la plage ^ d'Hastings, sur