‹ Histoire de France de 1870 à 1873Chapitre 77 sur 178 · Général Ducrot, La défense de Paris^ 1. 1, p · texte numérisé non relu

Général Ducrot, La défense de Paris^ 1. 1, p

eessive. La douleur causée par les catastrophes subies persistait, et chaque coup nouveau amenait un tressaillement convulsif. On vivait malade et enfiévré. Dans les réunions publiques, les veillées du corps de garde, on mettait ses espérances, ses illusions et ses craintes en commun. On découvrait la trahison partout. On se persuadait subitement que des signaux étaient faits à l'ennemi et, pendant plusieurs soirs, la foule envahissait le haut des . maisons où se voyaient des lumières allumées. On imaginait les moyens les plus singuliers de repousser l'armée assiégeante ^ Il n'y avait inventeur, faiseur de plan qui n'apparût à beaucoup de gens le sauveur méconnu. A l'annonce d'un combat, au bruit du canon, on s'attroupait dans la rue et aux mairies. Des nouvelles contradictoires instantanées faisaient passer par d'affreux soubresauts.

Les hommes qui, le 4 septembre, avaient saisi le pouvoir, étaient comme sur un radeau de fortune, en péril d'être submergé. Ils tenaient le juste milieu et, à ce titre, s'étaient imposés dans une angoisse suprême, mais ils restaient en grande partie isolés. Du côté de la Commune on les combattait comme s'ils eussent été des monarchistes, tandis que les monarchistes les détestaient, au fond, à l'égal des pires révolutionnaires. Ils se trouvaient au début sans aucune force sérieuse, n'ayant hérité que d'une queue d'armée dissoute par la révolution et la défaite. Ils devaient se passer de police, obligés d'enrégimenter et de tenir au rempart les sergents de ville de l'Empire, pour les soustraire à la vengeance de la population. Ils avaient en vain créé des conseils de guerre chargés de juger les actes de rébellion, comme sous l'état de siège ^. Les officiers appelés à les composer, frappés de l'instabilité de toutes choses, s'abstenaient de condamner les agitateurs qu'on leur déférait, qu'ils auraient

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