‹ Histoire de France de 1870 à 1873Chapitre 80 sur 178 · Maurice Joly, Son passé, son programme, p. %i · texte numérisé non relu

Maurice Joly, Son passé, son programme, p. %i

leur secours le commandant de la garde nationale, général Tamisier, à la tête de plusieurs bataillons; à peine sont-ils en contact avec la foule, sur la place, qu'ils se révoltent et lèvent la crosse en Tair. Le général Tamisier, entré à l'Hôtel de Ville, déclare que la garde nationale est hostile ou se refuse à marcher.

Jusqu'alors la foule s'était agitée sans direction ; mais à ce moment les chefs de la Commune sont survenus *. Ils assaillent l'Hôtel de Ville. La grande porte cède, battue à coups de hache. Les gardes mobiles, au dedans, en trop petit nombre et auxquels le général Trochu a défendu d'employer leurs armes ^, sont repoussés à travers les cours. Ils se replient derrière le palais, dans la caserne de la place Lobau, et ceux de la Commune se voient maîtres de l'Hôtel de Ville. Il était près de quatre heures^.

Les envahisseurs, à Tintérieur du palais, se partagent. Une colonne, précédée de Delescluze, Félix Pyat, Tibaldi, traverse la cour d'honneur et gravit l'escalier en fer à cheval, sur lequel ouvrait la salle des séances de l'ancien Conseil municipal. Les maires venaient d'y délibérer; la plupart s'y trouvaient encore, attendant qu'on leur communiquât les résolutions du gouvernement. La porte cède sous la pression de la foule, qui monte sur les bureaux et les pupitres et empêche toute délibération. Les maires, après avoir en vain essayé de se faire respecter, se retirent et rentrent dans leurs mairies, qui sont elles-mêmes pour la plupart menacées d'envahissement.

Pendant ce temps, les tirailleurs de Flourens en armes s'étaient dirigés vers la salle occupée parle gouvernement, à l'angle du palais, du côté du quai. Ils entrent en vociférant, remplissent tout l'espace et pressent les membres du gouvernement contre la table autour de laquelle ils délibé-

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