‹ Histoire de France de 1870 à 1873Chapitre 97 sur 178 · Baguenault de Puchesse, L'armée de la Lotre, p · texte numérisé non relu

Baguenault de Puchesse, L'armée de la Lotre, p

s'occupa donc irétablir un camp retranché. En même temps, la Délégation se hâta d'accroître l'effectir. Dès le 19 novembre, trois nouveaux corps étaient ajoutés à l'armée, qui, désormais, compta environ 200000 homnnes répartis en cinq corps : 15', général Martin des Pallières; 16% générai Chanzy; 17*, général de Sonis; IS*, général Billot; 20*, général Crouzat; le général d'Anrelle de Paladines, commandant en chef.

L'armée de la Loire ainsi grossie, on discuta de nouveau le plan d'opération. Le général d'Aurelle voulait recevoir l'attaque dans le camp retranché d'Orléans. Il était, avant tout, frappé de l'infériorité de son armée à l'égard des armées éprouvées de l'ennemi, surtout pour l'offensive qui exige des mouvements compliqués. MM. Gambetta et de Freycinet étaient au contraire d'avis de s'avancer, sans pins de retard, pour faire lever le siège de Paris. Les résultats devaient être tellement décisifs, en cas de succès, qu'il fallait à leurs yeux tout sacrifier à' cette entreprise. La chute de Metz, en rendant disponible l'armée du prince Frédéric-Charles, commandait du reste d'agir promptement. Si Ton différait jusqu'à ce que les renforts envoyés de Metz fussent arrivés, ils assureraient à l'ennemi une supériorité écrasante.

L'attaque immédiate était d'autant plus recommandée, que les avantages de la défensive étaient en somme très restreints, par suite de la nature des lieux. Les environs d'Orléans n'offrent aucun mouvement de terrain favorable à une défense ; les travaux d'un camp retranché ne pouvaient remédier à cette faiblesse originelle; on était, après comme avant, obligé de combattre en plaine, avec ses ailes découvertes et un grand fleuve à dos. Dans ces conditions, les avantages que devait procurer la défensive ne pouvaient en rien compenser la supériorité qu'assureraient à l'ennemi les délais qui lui permettraient de faire arriver le prince Frédéric-Charles. En bivouaquant immobile autour d'Orléans, au froid et dans la boue, on laissait du reste s'éteindre l'ardeur acquise par la victoire de Coul-

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mîcrs, et le moral des hommes se trouverait afTaibli avant tout combat*. MM. Gambetta et de Freycinet, le chef d'état-major de Tarmée, général Bore!', voulaient donc que Ton prît résolument l'offensive ou tout au moins qu'on se portât à la rencontre des corps ennemis maintenus entre Orléans et l'armée d'investissement de Paris. Le général Chanzy proposait en particulier au général d'Aurelle d'attaquer avec son corps le grand-duc de Mecklembourg du côté de Chartres ^

Toutes les instances demeuraient vaines. MM. Gambetta et de Freycinet écrivaient à diverses reprises au général en chef, pour le presser d'agir*. Il exposait les raisons de détail qui s'offraient à lui de ne rien entreprendre et restait inaclif. Le vrai mobile de sa conduite était la détermination dans laquelle il persistait plus que jamais d'attendre l'ennemi près d'Orléans'^. N'ayant pu décider le général d'Aurelle à se mouvoir, le ministre de la guerre, à Tours, arrête lui-même un projet d'offensive et donne les ordres d'exécution aux chefs de corps. Le général d'Aurelle garde la direction des 15" et 16" corps; M. de Freycinet prend celle des 17% 18" et 20^ Le 17" demeura sur la gauche, les 18" et 20* furent dirigés sur Pithiviers. M. de Freycinet avait conçu une manœuvre pour atteindre Paris, qui faisait passer l'armée par Pithiviers et la forêt de Fontainebleau. Le mouvement des 18^ et 20" corps avait donc un double but: il les mettrait sur la route vers Paris que toute l'armée de la Loire devait prendre et, en inquiétant l'ennemi, il lui ferait rappeler le duc de Mecklembourg, qui menaçait Tours et ïa gauche de l'armée de la Loire.

Les 48" et 20" corps avaient été primitivement placés devant Gien et Briare. En marchant sur Pithiviers, le

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