CHAPITRE IL
Règne des premiers rois capétiens, HoguesCapet, Robert, Henri I", Philippe r. '
HVGUBS CAPET.
La France proprement dite ne s'étendait à Tavénement umites de la troisième race que sur une partie du territoire com- France, pris entre la Somme et la Loire; elle était bornée par les comtés de Flandre et de Vermandois au nord, par la Normandie et la Bretagne à Touest, par la Champagne à l'est, et enfki au sud par le duché d'Aquitaine. Le territoire resserré aitpe ces limites était le dwehé de France, et constituait le domaine royal. Les grands iieDs de la couronne, outre le duché de France , étaient le duché de Normandie, le duché de Boiurgogne^ la Flandre presque tout matière, érigée en comté, le comté de Champagne^ le duché
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(T Aquitaine et le comté de Toulouse \ Nous avons déjà vu que les souverains de ces divers États étaient les grands vassaux de la couronne et pairs de France*. La Lorraine et une partie de la Flandre relevaient de la couronne germanique; la Bretagne était un fief relevant du duché de Normandie.
Gnerres Les cfforts quc fit Hugucs pour atteindre au trône , ob- Hugues jet de tous ses vœux , semblent avoir épuisé ses forces , et il apparaît dans Tbistoire moins redoutable comme roi qu'il ne Tavaitétécomme vassal. lient d*abord à vaincre Charles de Lorraine, son compétiteur, et il triompha de lui par la ruse beaucoup plus que par les armes. Ce malheureux prince s*écriait, en s'adressant aux siens, le visage baigné de pleurs : « Mon âge s'avance, et je me vois, avec les an- «< nées, dépouillé de mon patrimoine ; je ne puis sans verser « des larmes regarder mes jeunes enfants, rejetons d'un « père infortuné. 0 mes amis, venez à mon secours,^ venez « en aide à mes enfants ! » Il eut un moment l'espoir de res* saisir sa couronne héréditaire ; il se rendit mattre de la ville de Laon, par la trahison de l'archevêque de Reims Arnoul ; mais bientôt une autre trahison la lui enleva, et il tomba dans les mains de son rival , qui le jeta en prison avec sa femme et ses enfants. Ainsi s'éteignit dans la Gaule, pour l'histoire, la race illustre de Charleroagne.
Hugues Capet trouva fort difficile de maintenir dans l'obéissance les seigneurs qui l'avaient élevé au trône. Il combattit longtemps le comte dePérigord, Adalbert, l'un de ses adversaires les plus opiniâtres. « Qui vous a fait comte? » lui demanda Hugues irrité, en lui reprochant sa
' Ponr les subdivisions et les contenances de ces grands fiefs, voyez ma Géographie historique, p. 32-34, carte n® 7. * Pag. 146.
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rébellion. « Et qui vous a fait roi ? » répondit fièrement Adalbert. Cette réponse résumait pour Hugues tous ies inconvénients et tous les périis de sa situation. Il soutint ensuite une guerre sanglante contre son \assal Eudes , comte de Qiartres; il lui enleva la ville de Melun, et pour achever de le soumettre il fallut qu'il unît ses forces à celles de Foulques , comte d'Anjou , ennemi mortel du comte de Chartres ^
L'une des plus importantes occupations de ce roi fut la ^i^odes/ convocation de synodes ou conciles. Les évéques avaient ^^°J^^ alors la plus grande part dans le gouvernement des cités; ^'^^^ Tun d'eux, le célèbre Arnoul, de Reims, coupable de trahison envers le roi Hugues, pour avoir livré la ville de Laon à son compétiteur, fut cité et déposé dans un concile. Le pape Jean XV cassa cette sentence, et le clergé signala son opposition en soumettant la décision du pape à un nouveau concile.
Des guerres cruelles entre les grands vassaux et d'af- ^^^'^ freuses calamités marquèrent le cours de ce règne , et ^^ confirmèrent le peuple dans la pensée que la fin du monde a|!Jt était proche. Une peste horrible ravagea l'Aquitaine et une grande partie du royaume, et telle fut la souffrance de ces temps, que l'attente d'une destruction universelle Inspirait à beaucoup de cœurs plus d'espoir que de crainte. Les riches et les grands, partageant cette attente générale, prodiguèrent au clergé dimmenses donations; des che£s nombreux et vaillants quittèrent l'épée pour le froc et le cilice, et Hugues Capet lui-même régna sans porter le diadème, soit qu'il doutât de la validité de son titre royal, •
* Voy. Richer, liv. IV, lxxix. Selon M. Gnérard , Richer peut être considéré comme le seul historien qui nous ait fait connaître cette guerre.
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soft qa*il vouI4t donner an peuple un exemple â*humftîté et de respect pour les choses saintes. It continua toute sa Tîe de porter la chape d'abbé de Saint-Martin de Tours , dont il avait le titre. Il mit sa couronne sous la sauvegarde de rÉgIf se, et fit sacrer de son vivant son fils Robert, auquel il recommanda, sur toutes choses, la garde du trésor des abbayes et la soumission au pape.
Hugues Capet mourut de maladie, après neuf ans de règne ; il n'est illustre que comme fondateur d^une dynastie nouvelle, et ce grand événement doit être beaucoup plus attribué aux circonstances qu'à son génie. Apanages La coutumc dcs oponages ou dons territoriaux plus ou moins considérables accordés aux fils putnés des rois remonte à Tavénement de la troisième race* Les apanages, peu étendus dans le principe, finirent par embrasser des provinces entières, et cette coutume devint avec le temps le principal obstacle à l'unité territoriale du royaume '.
BOBEBT.
ATéne- Bobert ftit fidèle aux pieuses instructions de son père :
ment de . ^ ^ *^
Robert, ce roi sembfe, par sa rare douceur et son indulgente bienveillance , appartenir à un autre âge : profondément ému des souffrances de son peuple, il parut avoir pris à tâche de soulager les malheureux par une charité sans bornes, et de désarmer la rigueur du ciel par une patience angéHque et &i cha- par les pratiques de la plus fer^^ente dévotion. On cite de piéié. I ni une foule de traits d'une bonté simple et touchante. Un ^ pauvre, qu'il nourrissait de sa propre main sous sa table,
> (Mur FerigiBe et l'histoire ées apanages , voyez na €iéog, hist, de la France,^. 35-37.
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àk€bt une frange d'or à son vêtement royal ; la reine CoDstaftce , fe«nne de Robert , s'aperçoit du vol , et entre Cû fiweur : « Cehii qtil m'a dérobé cette frange , M dit le bon monanfne, en avait sans doute plus besoin que moi. » Un autre jour, pendant qu'il priait un voleur coupe, la moitié 4e son manteau : « Laisse le reste pour un autre, y> dit Boberf avec douceur. Ce prince , dont le «èle pieux ^lait la charfté, composait des hymnes sacrées, chantait au lutrfn, et dirigeait le chœur à Saint-Denis les jours ^lête; c'est de son règne que date la construction de qoelques-unes des églises gothiques et des convents de fa France.
On rapporte, entre autres traits bizarres de sa naïve l^^^^*^ «aperstition, qu'il ne croyait nn serment obligatoire qu'au- tieuses. tant qu'il était prêté sur des reliques de saint ou de mar- *jr, auxquelles il rendait nn culte spécial. Pour éviter te péché 'd'une violation de foi, il faisait jurer à leur insu «ur une châsse sans reliques ceux en la parole desquels il n'avait point confiance ; et lorsque kii-même prêtait servent sur cette châsse vide, il se parjurait sans scrupule. Sa fervente piété ne mît point Robert à Tabri des cen-sures ecclésiastiques et des plus violentes persécutions de la eour de Bome. Les lois de fÉgtise composaient alors ^\^ towte la législation civile^ les papes se faisaient recon- ^^^^'JJS-' naître pour arbitres souverains des cas où le mariage était "l\on.^^ permis : ils montrèrent un courage louaWe à lutter eoatfe ^^^'^^"' les passions effrénées des rds, et leur fermeté contribua puissamment à préserver la chrétienté d'affligeants désordres, et peut-être de la polygamie; mais ,libusant de • leur autorité, ils étendirent trop loin les prohibitions du mariage , et se inontrèrent terribles à ceux qui osaient violer leurs défenses, souvent arbitraires et injustes. L'ex-
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communication, la mise eo interdit d'un territoife, étaient les moyens les plus fréquemment employés par les pontifes pour soumettre les souverains; nul chrétien ne pouvait boire, ni manger, ni prier avec un excommunié , sons peine d*être excommunié lui-même : lorsque le pape mettait un pays en interdit, il était défendu d'y célébrer i'of* fice divin , d'administrer les sacrements aux adultes , et d'enterrer les morts en terre sainte ; le son des cloches cessait, on couvrait les tableaux , on descendait les statues des saints, et on les couchait sur un lit de cendres et d'épines. La cour de Rome frappa ses ennemis de ces châtiments redoutés, et n'épargna pas plus dans ses rigueurs les souverains que les sujets ; le roi Robert en fit Mariage Tépreuvc. Hugucs, son père, inquiété par les Normands muDica- établis à Rlois, qui refusaient de le reconnaître, les avait
tion de ' ^ '
Robert, gagnés en faisant épouser à son fils la célèbre Rerthe , veuve d'Eudes P'^ de Riois. Cette princesse possédait des droits sur le royaume de Rourgogne, légué par son frère Rodolphe à l'empire, et pouvait les transmettre à la maison de France. L'empereur Othon III s'en alarma, et le pape Grégoire V, alléguant contre ce mariage un degré de parenté, prescrivit à Robert de quitter sa femme; sur son refus, il l'excommunia. On rapporte que le roi se vit aussitôt abandonné de tous ses serviteurs, et ce fut une croyance popu^ " laire entretenue par les moines, que la reine Rerthe était accouchée d'un monstre. Robert, contraint de la répudier, épousa l'impérieuse Constance, fille du comte de Toulouse. Elle régna sous son nom en bravant son autorité, et fit , impunément égorger aux yeux du roi son favori Hugues de.Reauvais.
pcnécQ- Robert, malgré sa douceur habituelle, fut complice des g*!!m«. rigueurs cruelles de Constance à l'égard des hérétiques;
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douze d'entre eux, traduits devant un condle tenu à Orléans sous sa présidence, furent condamnés à être brûlés vifs : parmi eux^se trouvait un homme vénérable, ancien confesseur de la reine; le roi crut faire un acte de piété en assistant à leur supplice , et Constance , qui se tenait sur le chemin du bâcher, creva dun coup de baguette un des yeux de son confesseur. Ce fanatisme barbare, l'un des traits caractéristiques de cette époque, dura encore six siècles en Europe; et les juifs furent pendant la plus grande partie de ce temps l'objet d'une exécration telle « qu'un acte de cruauté envers eux passait pour une œuvre méritoire. Presque partout ils étaient impunément outragés et pillés : c'est ainsi qu'on pensait honorer Dieu, et le peuple se vengeait cruellement sur ces malheureux de ses propres souffrances. Victime des discordes perpétuelles des grands, il voyait lui-même ses moissons détruites, ses chaumières incendiées ; il n'y avait pour lui ni repos ni sécurité. Déjà cependant les habitants des villes supportaient en frémissant les vexations et les tyrannies de leurs seigneurs, et s'Irritaient d'une situation si précaire et si misérable. Les villes qui avaient conservé des institutions municipales invoquaient des droits anciens et méconnus ; dans les autres, des corporations se formaient, les ouvriers s'organisaient en milice , fortifiaient leurs murailles et en gardaient les portes. De grandes injustices firent éclater des ressentiments trop longtemps comprimés, et des commotions sourdes furent le présage de révolutions qui amenèrent dans le siècle suivant l'affranchissement des communes. L'inépuisable charité de Robert n'apporta qu'un soulagement presque insensible aux maux de son peuple ; trop peu riche pour adoucir sa misère , trop faible pour Mon de réprimer les oppresseurs, il mourut en 1031 , pleuré des «wif *
iS9 DioxiÈMB ipoi^im.
maibeorenx et regretté da clergé. Pendant soû règne un wge et «avant Français succéda sur le trône pontifical à Gré^re V, et renoua ratUance du salnt-siége avec i* poniiflcat maison des Càpets : ce fut rillustre Gcrbcrt , qui puisa ^« " chez ks Maures , aux florissantes écoles de Cbrdoue, tous les secrets des sciences alors connues ; il étudia les beliet* lettres et l'algèbre, apprit Tart de construire une Isorloge, et passa aux yeux de ses conteinporaios éfflerreillés pour un magnésien. Précepteur des enfants de Teiiipereur Othon, archevêque de Reims , puis de Ra venue, il ftit enfin pape sous le nom de Silvestre II , et exerça ta triple autorité du pontifieat, delà science et du génie.
HENBI l*^
Avénoment de Henri 1.
Henri P'^, fils et success^r de Robert, eut d*abord à soutenir une guerre de famille contre sa mère Gons-* tance, qui portait au trône son jeune frère Robert : ¥É^ gHse se déclara pour Henri : le oéldjrc Reb^t le Magnifique, duc des Normands, lui prêta F appui cte soa épée, et affermît la couronne sur sa tête. Henri vainquit san frère, lui pardonna, et lui accorda le duché de BourgofiSfa; S*^' ^^* Robert fonda la première maison. Une famioe chepAeii ^* *®"s cc fègnc d*épouvantables ravj^sdans les Gaules; mlSîfn*' on vit en plusieurs lieux les hommes se dévorer les uns les d^Bou^ autres; à la suite de ce fléau, des troupes de loups dévas- *®^®* tèrent les campagnes , et les seigneurs, plus terribles que les bétes féroces, continuèrent leurs guerres barbares an milieu de la désolation universelle ; le clergé pouvait à peine suspendre leurs fureurs en faisant parler le ciel et en affirmant une multitude de miracles; enfin des conciles ordonnèrent à tous de déposer les armes; ils publièrent.
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en 1636, ht paix ée Dieu y et menacèrent d'excomran- ^jpmx^ nieatlofi ceux cprî violeraient une loi si sainte. Lorsque «o»». Ains efaaqne province un concile avait étabti cette paix , un diacre en donnait connaissance au peuple assemblé dans les églises* Après avoir lu TÉvangile, il montait en chaire , et dénonçait contre les infracteurs de la paix la malédiction suivante : « Qu'ils soient maudits, eux et ceux qui tes aident à faire le mal I que leurs armes et leurs chevaux soient maudits ! qu'ils soient relégués avec Gain le fratricide y avec le traître Judas , avec Dathan et Abiron , qui entrèrent tout vivants dans Tenfer ; et que leur joie s'éteigne à Taspect des sahits anges, de même que ces flambeaux s'éteignent à vos yeux I » A ces mots, tous les prêtres qui tenaient en main des cierges allumés les tournaient contre terre et les éteignaient; tandis que le peuple, saisi de crainte , répétait tout d'une voix : « Que Dieu éteigne ainsi la joie de ceux qui ne veulent pas accepter la paix et la justice! »
Mais les pasi^ons étaient trop fougueuses, les ambitions trop Indomptables , pour que le mal pût être ainsi totalement déraciné. La paix de Dieu rauHipYia les parjures sans diminuer le nombre des assasshiats. Cinq ans plus tard, «ne autre l(rf, connue sons le nom de trêve de Dieu, xréve loi Alt substituée. Les conciles qui la proclamèrent n*es- i««o* sayèrent plus d'arrêter l'essor de toutes les passions humaines ; ils tentèrent de le régulariser, de soumettre la guerre aux lois de l'honneur et de l'humanité ; l'appel à la force ne fut plus interdit à ceux qui ne pouvaient invoquer un autre drmt; mais l'emploi de cette force demeura soumis à de sages restrictions. Toute attaque militaire , toute effusion de sang fut interdite depuis le coucher du soleil le mercredi soir jusqu'à son lever le lundi matin,
Mort de Henri I.
iO«0.
ainsi que les Jours de fête ou de jeûne ; une sauvegarde perpétuelle était accordée aux églises, aux clercs non armés et aux moines ; la protection de la trêve s*étendit aux paysans, aux troupeaux, aux instruments du labourage. Promulguée d'abord en Aquitaine, cette loi sage et bienfaisante fut adoptée dans presque toute la Gaule, où les seigneurs en jurèrent l'observation : quoiqu'elle fût souvent violée et tombât trop tôt en désuétude, elle ût un grand bien à la nation, dont elle adoucit les mœurs, et fut la plus belle œuvre du clergé au moyen âge. Le bruit courut qu'une maladie borrible, nommée le feu sacrée punissait les infracteurs de la trêve de Dieu. Le faible roi Henri, par un orgueil insensé, refusa presque seul de la recoa-* naître dans ses États, sous prétexte qu^en voulant l'établir le clergé empiétait sur son autorité.
Ce roi n'a laissé aucun souvenir honorable dans l'histoire. On dit que, dans la crainte d'épouser à son insu une femme qui lui serait alliée par le sang , il en chercha une à l'extrémité de l'Europe , et que ce motif lui lit épouser en troisièmes noces la princesse Anne, fille de Jaroslas, grandduc de la nation russe'. Il eut trois fils de ce mariage, et fit sacrer de son vivant Philippe, leur aîné. Il soutint une guerre malheureuse contre son vassal Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, et mourut en 1060, après un règne de vingt-neuf ans.
> La nation russe était chrétienue depuis un siècle seulement; elle se composait de peuplades presque sauvages, disséminées sur son immense territoire. Cependant ses deux capitales, Kief etNovogorodf renfermaient déjà les germes d'une civilisation assez avancée.
LIVBE I. CHAPITBB !!• 161
PHILIPPE l®',
Philippe, âgé de huit ans , succéda à son père sous la ^^"^ tutelle de Baudouia V, comte de Flandre. Le plus grand j^^^-^ événement qui eut lieu pendant sa minorité, et auquel il *^* resta complètement étranger, fut la conquête de l'Angleterre. Les chevaliers normands se distinguaient entre tous par leur désir immodéré d'aventures guerrières et par leurs brillants exploits. Quelques-uns, débarqués soixante ans auparavant, comme pèlerins, sur la côte méridionale de l'Italie , avaient aidé les habitants de Salerne assi^ée à repousser une armée sarrasine. Animés par les succès de Fonda-
tlon du
leurs compatriotes , les fils d'un simple gentilhomme , jjjjjjjj, Tancrède d'Hauteville , suivis d'une troupe d'aventuriers, ^^^^^ conquirent la Fouille sur les Grecs, les Lombards et les "|^f* Arabes , et soutinrent avec succès une lutte inégale contre les empereurs d'Allemagne et de Byzance, ligués pour les exterminer. Ils firent prisonnier le pape allemand Léon IX, dévouée la famille de l'empereur Henri III; puis, s'bumiliant devant leur captif, ils obtinrent de conserver leurs conquêtes comme un fief de l'Église : Robert Guiscard acheva de soumettre la Fouille et la Calabre , et son frère Roger conquit la Sicile : c'est ainsi qu*en 1052 fut fondé par les Normands le royaume des Deu)(-Siciles , et que le pape en obtint la suzeraineté.
Il n'était bruit en Europe que de la valeur normande ; et lorsque Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, fils de Robert le Magnifique, rassembla une armée pour conquérir l'Angleterre, de toutes parts des guerriers accoururent sous ses drapeaux, pleins de confiance dans sa fortune. La Grande- Bretagne ou l'Angleterre, soumise depuis