BiniliKX ÉPOQUE
plusieurs siècles par les Saxons, obéissait alors au roi Harold, successeur d'Edouard, sofoommé le Confesseur. ^df Ha- Uûe tempête avait jeté Harold, avant qu'il fût roi , sur les Ifrad^ côtes de Normandie, et il fut lirré a« dac Guillaume. duc^iï- C'était la cMtume dass ce» temps de regarder le naufragés comme abandonnés par la jvgement de Dieu «n seignear de la o6te oà les jetait la tempête : celui-d pouvait les tenir captife et les torturer pour en obtenir rançon. Guillaume, maître de la personne d'Harold , lui ât jurer qu'il Taideraft après la mort d'Edouard à obtenir le royaume d'Angleterre. Libreà cei^rli, Haroldne secrutpas engagé par un serment que la violence avait arracbé ; mais, lorsque le tiône d'Angleterre devint vacant et qu'Harold lui-même eut été eouronné, Guillaume invoqua un testament vrai ou sipposé d'Edouard le Cknfesseur, et rappelaan nouveau roi sa promesse, déclarant d'ailleurs s'en rapporter à la décision de l'Église. Uo consistoire réuni à Latran se prononça pour lui; et, à l'instigation du moine Hildebrand, il lui adjugea l'Angleterre, en lui envoyant, avec un étendard bénit, le dipl^e de souverain de cette T?Ân-^ contrée. Une grande bataille , livrée , en 1066 , près d'Has- %ftllt tingSy entre les deux rivaux, décida de la guerre. Harold mandi. y perdit la vie, et l'Angleterre, après une lutte acbarnée, devint la conquête des Normands* Guillaume en distribua toutes lei terres en fiefs à ses barons et à ses chevaliers : dès lors la féodalité acheva d'étendre sur ce pays le réseau dont elle couvrait déjà la France, FAllemagne et l'Italie. Ce grand éraiement enflamma les esprits, et dispesa les peuples aux expéditions aventureuses dans des contrées loîirîiines ; il fut le précurseur des croisades, ou des guerres entreprises pour la délivrance de la terre sainte. tton daw ^^ révolution , dont le principal auteur était le célèlM^
LIfAB I* CUAPITBB II. 1G3
Hikldmnid, s'accoiBpKssalt alors dans rÉglise. Le dixième ^^^ sièele surtout avait été pmir elte fine époque de désolation ; ^iem^ le siège de saint Pierre était devenu la proie de fintrigue et de la violence ; et ces désordres n'étaient pas les seuls WÊuax qui afâigeasseat fÉgiîse. Depuis que le clergé , pour dâToMlre ses domaines, s'était empressé d'entrer dans la idérarclile féodale , il fléchissait sous l'autorité des princes et de leurs grands vassaux : les évéques de France tenaient presque tous des fiefs de la couronne, et dans le cours du onzième siècle H se fit un trafic honteux des domaines ^ des dign^és ecdésiastiques, décernés, non comme autrel0is, au plus digne, mais au plus offrant. Telle était la situation de l'Eglifle pendant le règne de Henri III, empereur d'Allemagne, et lors de l'avènement de Philippe I*^ M trtee de France. Nicolas II occupait à cette époque le sfége pontifical II avait pour conseiller un moine qu'indigoafent les vices des ecclésiastiques , l'abaissement de l'Église durétlenne, ainsi que les empiétements du pouvoir temporel mt Tautorité spirituelle : ce moine, cet homme si célèbre dans Thîstofre religieuse , était Hildebrand. Il résolut d'ôter aux princes et aux seigneurs toute espèce d'infiuence sur le clergé , de fortifier la hiérarchie ecclésiastique, et d'élever le pape au-dessus des rois de la terre, espérant amsi faire recouvrer à l'Église sa vertu , sa splendeur et toute sa puissance. Un semblable projet de supré- Metie «niverselle fut au temps d'Hildebrand une conception de géaie. Ce grand homme avait consulté l'esprit de sou sièele. Les droits de l'humanité n'étaient respectés nulle part; les peuples, opprimés par mitle tyrans, n'av»eiit alors d'autres représentants, d'autres défenseurs Bfttnrels, que le dergé : la plupart des membres de cet ctdre sortaient des classes inférieures ; les dignités eccié-
164 DEUXlÈBfB ÉPOQUE.
siastiques , la tiare même, étaient souvent décernées aux hommes de la naissance la plus obscure, et la voix de l'Église, combattant la puissance temporelle , pouvait être regardée, à quelques égards, comme Ténerglque protestation des peuples contre leurs oppresseurs. Il y avait du mérite et de la grandeur, sous le despotisme féodal , à vouloir régénérer le monde sur une base chrétienne, en lui donnant pour chef et pour guide celui qui était universellement reconnu pour le chef visible de la chrétienté. L'honneur d*Hildebrand est d'avoir voulu affranchir l'autorité spirituelle de rÉglise de toute servitude temporelle ; son erreur est d'avoir trop écouté sa propre ambition , en essayant de rendre le gouvernement politique des princes esclave de l'autorité ecclésiastique.
Plusieurs évéques et prêtres contractaient, en se mariant, des liens qui les plaçaient dans la dépendance des princes : Nicolas II rompit ces liens ; il défendit le mariage des prêtres , et poursuivit à outrance les moines concubinaires. L'empereur Henri III le seconda dans ses réformes, et contribua ainsi à donner au pouvoir spirituel une force qui devint terrible à ses successeurs, poniificat Hildcbrand est choisi, en 1073, par le peuple et le clergé goirevii.de Rome, pour successeur du pape Alexandre IL II demande d'abord avec déférence sa confirmation à l'empereur Henri IV, et lorsqu'il l'a obtenue il déploie, sous le nom de Grégoire VU, son génie hautain et son caractère inflexible. Il soustrait la nomination des papes à l'influence des empereurs, en établissant le collège des cardinaux, spécialement chargé de l'élection des pontifes; il renouvelle la bulle qui condamne le mariage des prêtres ; il défend Établisse- aux empcreurs, aux rois, aux grands vassaux, de donner
ment du , . *^ . ., . . / * .. , ,. ^
collège des mvestitures ecclésiastiques aux evêques ; il publie enfin
LIVBE I. CHiPITBE U. 165
les fameuses sentences connues sous le nom de Dictatus de«carpapœ, dans lesquelles il énumère ses droits de déposer les empereurs , de faire baiser ses pieds aux monarques , déjuger sans appel , et d'être sanctifié par son ordination même.
Pliilippe P% roi de France, et Henri IV, empereur d'Allemagne , menaient alors l'un et l'autre une vie pleine de scandales et de violences. Pour subvenir à leurs besoins effrénés ils faisaient, au mépris des défenses de Grégoire, le plus bonteux trafic des bénéfices du clergé. Le pontife, indigné, menace Philippe d'excommunication , et il en frappe l'empereur : une guerre acharnée commence entre Guerre* ces deux rivaux. Elle est connue dans l'histoire sous le SuJs.*" Bom de guerre des investitures^ parce que le pape main- ^^^ <»« tenait par elle sa défense aux princes de donner l'inves- Heiruv. titure aux évoques, et ne réservait ce droit qu'à lui-même. ***"' Dans cette guerre célèbre, les principaux auxiliaires du pontife furent les Normands de la Pouille et de la Sicile, et la comtesse Matbilde , souveraine de la Toscane. Grégoire VII délie les sujets de Henri du serment d'obéissance : l'empereur est abandonné par eux, et se voit réduit à implorer le pardon de son vainqueur superbe : il se présente en suppliant , au mois de janvier 1077, au château de Canosse, résidence de Grégoire. Celui-ci insulte à son infortune, et, avant de lui accorder l'absolution, il oblige l'empereur à rester dans une cour du palais trois jours et trois nuits exposé à un froid rigoureux, et les pieds nus dans la neige. Enfin il daigne l'absoudre ; mais tant d'outrages avaient révolté les têtes couronnées et indigné les partisans de l'empire : Henri IV se vengea, et Gr^oire VII mourut dans l'exil. L'édifice colossal élevé par ce pontife ne périt point avec lui ; ses successeurs le consolidè-
tmX : il avait fondé la monarehie universel des papes mt une tase durable, sur l'esprit régnant de scm siècle, «I cette domiaation atteignit cent ans après loi scm pis» hjfflt période. Les crdsades oontribttère&t puissamment à raffermir; il en conçut le plan, mais il ne lui fu* pas donné de Texécuter : le premier de ees mémorabèes éténements eut lieu du temps de Philippe P'' et sous le postiâcat d'Urbain IL
La Palestineou la Terre Sainte, possédée depn^ plusieurs sièeles par les musulmans, avait été Tune des premières conquêtes des disciples de Mahomet, et dès lors Fesdavi^ de c^te contrée était pour les chrétiens un sujet d'indigpation et de douleur. On pensait qu'une vertu particulière s'attachait aux lieux où le Christ était né, où il avait subi la mort pour le salut des hommes , et où l'on voyait encore scm tombeau. Le pèlerinage à Jérusalem fut r^ardé comme l'acte le plus efficace pour l'expiatioià des péchés et un grand nombre de pèlerins se rendirent isolément on par bandes en Palestine, pour prier sur la tombe du Sauveur. Déjà d'aventureux chevaliers, cherchant hors de l'Europe de nouveaux champs à leurs exploits, étaient ailés défier les musulmans ; mais le plus grand nombre avait péri : il en revint très-peu en Europe, où le récit de leurs dangers et de leurs glorieux faits d'armes remplissait les âmes d'une ar4ente et pieuse émulation. Telle était la disposition des esprits, quand un enthousiaste, connu sous le nam de Pierre l'Ermite, quitta la ville d'Amiens, sa patrte^ pour accomplir un pèlerinage à Jérusalem. La vue des saints lienx exalte au plus haut degré sa pieuse ferveur : il revient en Europe , et se rend en Italie : là il exhorte le pape Urbain II à se mettre à la tête des nations earopéennes pour concourir à la délivrance du saint sépulcre, pour
LIYBB I. GHAPITBS II. 167
arracher les saints Heax aux mosulmans. Il persuade le pontife, et reçoit des lettres pour tons les prinees dirétiens, avec la mission de les exciter à cette noble entreprise. Pierre parcourt rOccident; il échauffe Timagination des rois, des grands et des peuples; il leur parle du salut, il leur promet le ciel s'ils marchent en Palestine; et deux ans plus tard, en 1095, un concile convoqué par Urbain s'assemy e à GlernMNDt en Auvergne. Un nombre prodigieux condie de princes , de seigneurs , de nobles de toutes classes, s'y mont,%ù rendent, et trois cent dix évéques y assistent sous la pré- ^^*^^^ ssidence du pape. Après avoir réglé les affaires de l'Église , ^\^|; Urbain fait un tableau pathétique de la désolation des **^ saints lieux ; il s'attendrit sur les maux que souffrent les chrétiens de la Palestine, et l'assemblée qui l'écoute éclate en larmes et en sanglots : le pimtife retrace alors Taudaee et l'insolence des ennemis du Christ : il s'indigne de tant d'outrages, et d'un ton inspiré il s'écrie : « Enrôlez- vous <c sous les enseignes de Dieu; passez, Tépée à la main, ( comme vrais enfants d'Israël , dans la terre de promis- « sion; chargez hardiment, et, vous ouvrant un chemin (i à travers les bataillons des infidèles et les monceaux de <c leurs corps, ne doutez point que la croix ne dememre a victorieuse du croissant; rendez*vous maîtres de ces <t belles provinces qu'ils ont usurpées, extirpez-en Terreur A et l'impiété ; faites, en un mot , que leur pays ne pro- « duise plus de palmes que pour vous; et de leurs dé- <c pouilles élevez de magnifiques trophées à la gloire de a la religion et de la nation française. » A ees paroles, l'entraînement est général; on frémit d'in^gnaEtk>n et d'impatience, on veut s'armer^ on veut partir : « Marchons, s'éerient tous les assistants ; Dieu le veutl Die« le Yeutl » « Allez donc, reprend le p<Matife, alkz, Inraves
« chevaliers de Jésus-Christ , vengez sa querelle ; et puis- (c que tous ensemble vous vous êtes écriés, Dieu le veut ! « que ce mot soit le cri de votre sainte entreprise. »
Le signe distinctif commun à tous ces guerriers fut une croix d'étoffe rouge, qu'on portait sur Tépaule droite , et c'est de là qu*est venu le nom de croisade. Les princes et les seigneurs reçurent de semblables croix des mains du pape; le peuple se présenta en foule, les cardinaux et les évéques en distribuèrent à tous, et en prirent eux-mêmes : prendre la croix, c'était se vouer à faire le pieux voyage. Première Lcs croisés se séparent pour se disposer au départ, et ^'^îojKL^* pour communiquer à tous leur pieuse ardeur. Le rendez- TOUB général est fixé au printemps de Tannée suivante. L'enthousiasme gagne les dernières classes : chacun veut mériter le salut en se dérobant à un sort misérable , pour essayer une vie aventureuse en des contrées inconnues. Un nombre Immense de serfs, de cultivateurs, de vagabonds, de femmes et d'enfants, se rassemblent, et leur impatience ne veut plus d'd)stacles et de retard ; ils partent en deux bandes, conduits, les uns, par Pierre TErmite, les autres, par un chevalier nommé Gauthier sans avoir. Leur zèle furieux se signale en chemin par le massacre des juifs ; ils dévastent pour subsister les pays qu'ils traversent, soulèvent contre eux les populations indignées , et périssent presque tous de faim, de fatigue et de misère, avant d'arriver en Terre Sainte.
Cependant la fleur de la chevalerie européenne a pris les armes avec la croix , les seigneurs ont engagé leurs biens pour subvenir aux dépenses de l'entreprise ; Ils se partagent en trois formidables armées : la première est commandée par Robert Courte- Heuse, fils de Guillaume le Conquérant ; la seconde, par Godefroy de Bouillon, le
LIYBB I. CHAPITRE II. 169
héros de son siècle; la troisième enfin marche sous la bannière du comte Raymond de Saint- Gilles. Godefroy est proclamé général en chef; dix mille chevaliers le suivent avec soixante dix mille hommes de pied, Français, Lorrains et Allemands : le rendez- vous général est à Gonstantinople, où règne Alexis Comnène. Cet empereur les reçoit avec ombrage, et se hâte de leur donner des vaisseaux pour traverser le Bosphore, après avoir habilement obtenu d'eux le serment d'hommage pour leurs futures conquêtes. Les croisés s'emparent d'abord de Nicée, puis d'Antioche, par de sanglants triomphes, et font enfin la conquête de Jérusalem. En 1099 un royaume chrétien est fondé en Pa- Fonda-
tlon du
lestine : Godefroy de Bouillon en est reconnu roi , et se 'jy^""'® contente du titre de baron du Saint-Sépulcre. La féodalité 'Jjjj^s'organisa dans l'Orient ; on créa trois grands fîefs de la couronne de Jérusalem : ce furent les principautés d'Antioche, d'Édesse et le comté de Tripoli ; il y eut un marquis de Jaffa, un prince de Galilée , un baron de Sidon; et le nom de Francs devint en Asie le nom commun aux chrétiens occidentaux. Tels furent les principaux faits de cette première et célèbre croisade. Il ne revint en Europe qu'un dixième de ceux qui l'avaient quittée ; la plupart des fantassios avaient perdu la vie.
Philippe P'^ ne s'était point associé à cette expédition : il ne prit part à aucune des grandes entreprises qui signalèrent le temps où il vécut , et son règne n'offre aucun fait digne de mémoire. En 1072 la veuve de son tuteur Baudouin, comte de Flandre, ayant été dépouillée par son £rère Robert le Frison, eut recours à Philippe; le roi arma pour elle, marcha contre Robert, et essuya devant Cassel Défaite de une défaite honteuse. Il soutint aussi une guerre de douze à casset. ans contre Guillaume le Conquérant : cette guerre ne fut
170 DEUXIEMS EPOQUE.
marquée par aucun événement mémorable. Guillaume débauchait les conseillers et tes partisans de Philippe, en leur offrant Tappât de grands domaines en Angleterre ; Philippe, de son côté, promettait protection à tous les mécontents normands , et prit le parti de Robert , fils aîné de Guillaume, révolté contre son père. Après une trêve, et pendant une maladie du duc , le roi se moqua de son extrême embonpoint, en demandant à quelle époque il comptait accoucher : Guillaume l'apprend , et , furieux , il jure de lui porter les cierges des relevailles : il rassemble une armée formidable, et se dispose à incendier les États de Phi- Mort de lippe , lorsqu'il tombe malade à Rouen , où il meurt en 10S7.
Guillau- r«^ ' ^ ^ , n ^ .
mêle A peine mort, les seigneurs qui 1 entouraient partent en rant " ij^tc pour Icurs châtcaux ; ses domestiques pillent ses effets , enlèvent jusqu*au lit funéraire , et laissent nu sur le carreau le corps du Conquérant. Un pauvre chevalier le trouve en cet état : ému de pitié , il le couvre à ses frais de quelques habits de deuil , et se dispose à l'ensevelir. Il prononçait l'oraison funèbre , et déjà le corps était dans la fosse, lorsqu'un Normand nommé Asselin s'avance, et dit : « Cette terre m'appartient; cet homme dont vous pro- « noncez l'éloge me l'a dérobée. Ici même était ma mai- « son paternelle ; cet homme s'en est emparé contre toute « justice , et sans en payer le prix. Au nom de Dieu , je « vous défends de couvrir le corps d« ravisseur avec une <( terre qui est à moi. » Exemple mémorable de la vanité d'une existence pleine de grandeurs et d'iniquités ; signe éclatant et précurseur de la justice dont était menacé à l'entrée de l'autre vie celui qui avait assis sa puissance sur les rapines , sur Texterminatiot] et sur le deuil des peuples. Ce Guillaume, conquérant d'un grand royaume et ravisseur d'immenses domaines en pays étranger, n'obtint
LIYBB I. CHAPITBE II. 171
que par pitié une tombe sur son sol natal : il fallut que ceux qui assistaient à ses funérailles en déposassent le prix sur son cercueil. Aucun de ses trois fils ne lui rendit les derniers devoirs ; mais ils se firent une guerre acharnée pour son héritage. Guillaume le Roux lui succéda en An* gleterre, et finit par s'emparer de la Normandie, pendant que Robert combattait en Palestine.
La mort du redoutable Guillaume fut un grand sujet de joie pour Philippe , et lui permit de continuer sa carrière indolente et scandaleuse. Il avait épousé Berthe, fille du comte Florent de Hollande ; il se lasse d'elle, et l'enferme ; puis il enlève Bertrade , femme de Foulque le Ré- '^in chîn, comte d'Anjou, et l'épouse. Le pape Urbain ordonne " la dissolution de ce mariage, et, sur le refus de Philippe, un concile, rassemblé à Autun en 1094, le frappe d*ex- Excomcommunication. Philippe se soumet à ne plus porter les ^'i,?*^ marques extérieures de la royauté; il est affligé de dou- "îJSi.'' loureuses infirmités , dans lesquelles il reconnaît le châtiment de Dieu; et dès lors, en 1100, il associe son fils Louis à la couronne, et ne règne plus que de%)om. Une frayeur horrible de l'enfer s'empare de lui; il renonce par humilité à être enterré dans le sépulcre des rois, à Saint- Denis, et meurt en 1108, sous l'habit de moine bénédictin.
172 DEUXIÀMB ÉPOQUB.