‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 44 sur 90 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Règne de François I*', jusqu'à la signature du traité de Madrid. 1515—1526.

Sous François P' tout fait silence autour du trône; les Avéne. états généraux ne sont plus convoqués, les parlements dfpîan. proclament les doctrines du pouvoir absolu ; le clergé sou- ^«iî'* mis se couvre de la protection du sceptre, et le génie expi-

rant de la vieille féodalité armée est réduit à Timpuissance par la réu^i^a irréwcable de la BrelagpeÀ h coucoB^e.

Ce prince, âgé de vingt ans à son avènement, était fils de Louise de Savoie et de Charles d'Angouléme, cousin germain de Louis XIL Élevé par sa mère, femme frivole, avare et de mœurs peu chastes, il fut dès son enfance nattai abfioki de toutes ses aotkm. Les ro»UMi de chevalerie firent son unique étude, et il voulut, eooune Charles YIII, marcher sur les traces des Roland et des Amadis. Il puisa dans les mèa»es livres ses notions sur les préroga* tives de la couronne : il prétendait que tout ordre émané de sa bouche fût un décret de la destinée , et ne concevait pas que des parlements, des princes, une noblesse, des états généraux, eussent le droit de restreindre son autorité. Cependant, malgré son caractère absolu, il s'abandonna sans réserve k Louise de Savoie, sa mère^ et au chancelier Antoine Duprat , ânie vâialeet corrompue : tous deux gouvernèrent longtemps la France en son nom.

A peine Françws V^ at-U saisi le sceptre, qu'à l'exemple de Louis XII il tourne ses yeux vers l'Italie ; il veut conquérir Milan, et lève une armée redoutable, où brille l'élite des guerriers français. On distingue dans ses rangs le connétable Charles de Montpensier, duc de Bourbon, le maréchal de Chabannes, J. J. Trivulzio, la Trémouille et son fils Talmont; Imbercourt, Téligny , Lautrec, Bussy d'Amboise ^ Bayard , le chevalier sans peur et sans reproche.

François P*^, sur le point de partir, nomme sa mère régente de France; puis il prend le commandement de son arBttée , composée de deux mille cinq cents hommes d'armes, de dix mille Gascons et de vingt-deux mille iansqne QSti âUenands, EOe passe les Alpes avec des fatigues

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inouïes, par vsà cbemiB qu'ancune émut armée n'avait ^^^^^^^

' * campa-

franchi avant elle; à la descente des mouls, Cbabanaes «^^^ et Beyard, pour premier exploit, sarprennent à table et en- ^^iuef" lèvent Prosper Golonna, général de Maximillen Sforza, doc de Milan. Celle eaptnre importante jette le désordre et le déconragement parnrî les envemis ; mais vingt mille Saisses accourent de lenrs montagnes, et engagent contre le roi la terrible bataille de Marignan. Ils n'ont ponr toute ^JjJJfe arme que des piques de dix-huit pieds de long et de pe- coKte santés épées à deux mains : ils se prédpHe&t en colonnes Miianez. serrées sur l'artillerie, malgré les ravages qu'elle Mi dans *^*^' leurs rangs, et soutiennent, sans être rompus, plusieurs charges consécutives de la gendarmerie française. Ils fsolent des siens François P'', qui a combattu en héros, et séparent les différents corps de son armée. Ceux-ci se rallient pendant It^uit , et le combat recommence avec fureur. Les Suisses entendent alors le cri de guerre des Vénitiens, Marco/ Marco! Ils croient que ces alliés des Français arrivent à leur secours, et ils se retirent en bon ordre. Cette sanglante journée ooâta la vie à six mille Français et à douze mille Suisses : les débris de l'armée vaincue abandonnèrent l'Italie. François P'' voulut , le lendemain de la bataille, recevoir l'ordre de chevalerie de la main de Bayard, qui s'était le plus distingué à Marignan entre ses vaillants capitaines. La rapide conquête du duché de Miian fut le résultat de cette victoire décisive. Pour s'en assurer la posses^n , le roi conclut avec les Suisses une alliance qui mit longtemps à couvert la frontière la Aiuance plus faible du royaume; il traita également avec le pape saLs<^f Léon X, s'engageant envers lui à maintenir à Florence l'autorité de Laurent et de Julien de Médicis, prodies parents du pontife, et^à abolir la pragmatique sanction^ qui

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fondait les libertés de l'ÉgUie galHeane sur les décrets du concile de Bâie.

Charles Vllavait érigé en loi de TÉtat ces décrets, abandonnés depuis par Louis XT , mais toujours reconnus par le parlement et par l'université de Paris. La cour de Borne avait constamment protesté contre eux ; et ils furent déficonrar- nitivement supprimés par le concordat que signèrent, en *^*^ 1516, Léon X et François l^. Ce traité célèbre admettait la supériorité des papes sur les conciles, et rendait à la cour pontificale Fimmense revenu des anruUes ^ Il enlevait aux chapitres la nomination aux prélatures et la donnait au roi, réservant le tiers des bénéfices vacants aux gradués des universités françaises; il mettait enfin des bornes aux excommunications, et interdisait les appels en cour de Rome. Ce concordat, pour lier également TËglise et la France, devait être accepté par le cinquième concile de Latran, siégeant alors à Rome, et par le parlement de Paris. Le concile l'accepta sans délibération ; mais le parlement et l'université résistèrent aux ordres du roi , invoquant la pragmatique de Charles VU. Offensé de toute opposition à ses volontés comme d'un outrage à la majesté royale, François V^ commanda l'obéissance absolue. Une députation de magistrats vint lui adresser des remontrances : furieux, il menaça de les faire jeter dans un cul de Abaisse- basse-fosse. Le parlement se soumit, et enregistra le connentMos ^^^^^9 ^^ protestant toutefois contre la violence qui lui ^foyS^!^ était faite. Il fut contraint, l'année suivante, de sanctionner une loi barbare qui punissait les délits de chasse par les verges, la confiscation ou la mort « Obéissez, » avait dit

* On appelait annotes la première année da revenu des bénéfices qai venaient à vaquer.

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le chancelier Daprat aox magistrats ; « oa le roi ne verra « en vous que des rebelles, et vous châtiera comme les dern niers de ses sujets. » Dès ce moment tout fléchit en silence, et le monarque se glorifia d*avoir mis les rois hors de page.

Le jeune rival de François P', celui qui devait pendant tant d'années lui disputer le premier rang dans la chré* tienté, commençait alors à se produire sur la scène du monde. Ferdinand le Catholique était mort en 1516, laissant le trône à sa fllle Jeanne la Folle, et en nommant pour régent de Gastille le cardinal Ximenès, qui, malgré son grand âge, saisit avec vigueur les rêues de l'État, et courba le peuple et la noblesse rebelle sous sa volonté de fer* Charles d'Autriche, âgé de seize ans, fils de Jeanne la Folle, Héritage lui fut associé au trône par les cortès du royaume. Ce jeune »««^'au. prince, connu plus tard sous le nom de Charles-Quint, était, par son père Philippe le Beau, héritier des Pays-Bas» et, en 1516, l'empereur Maximilien lui laissa ses États héréditaires. Avant vingt ans Charles se vit maître de l'Espagne , des Pays-Bas, de l'Autriche , du royaume de Naples, et des possessions espagnoles d'Amérique; il était déjà le monarque le plus puissant de l'Europe. Dominé à cette époque par le seigneur de Chièvres, son gouverneur, rien n'annonçait encore les grandes facultés de son âme ; mais bientôt sa prudence, son ambition, la profondeur et la persévérance de sa politique, donnèrent à son nom autant d'éclat que ses nombreuses couronnes. Le roi de France, par la situation géographique de ses États, par leur masse compacte et par leurs ressources, plus que par leur étendue, poavait seul balancer sa puissance; et il le fit souvent avec plus d'audace que de prudence et de bonheur. Sa longue et sanglante rivalité avec Charles d'Au-

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tridie eeciipa mie grande partie da leiziènie siède. Les relations entre ees deux souverains eommencèrent cependant

Tnité^e par nn traité d'idliance offensive etdéfensive, signé à Noyon *'**^' en 1516, an moment où Charles héritait de la couronne d*Éspagne. Ce prince promettait à François P' d'épouser sa fille, alors au berceau; le mariage devait s'accomplir lorsqu'elle aurait douze ans ; et François lui donnait pour dot tous ses droits sur le royaume de Naples.

La mort de l'empereur Maximilien fit éclater entre les deux monarques les premiers symptômes de la lutte qui ne devait finir qu'avec leur vie : tous deux prétendirent à l'Empire. François prodigua l'or aux électeurs; mais l'Allemagne, menacée par les Turcs, avait besoin d*un empereur dont les États servissent de barrière à l'invasion musulmane; et l'électeur de Saxe, Frédéric le Sage, ayant refusé la couronne impériale, la fit donner à Charles , si célèbre dès lors sous le nom de Charles-Quint. Francois I^, blessé au cœur dans son ambition, oublia le traité de Noyon, redemanda Naples, enlevé par Ferdinand le Catholique à Louis XIT, et somma le nouvel empereur de lui rendre hommage pour le comté de Flandre , tandis que Charles-Qaint réclamait Milan comme fief impérial masculhi et le duché de Bourgogne comme héritage de son aïeule Marie, fille de Charles le Téméraire. Les deux rivaux cherchèrent l'un et l'autre à s'assurer l'appui du roi d'Angleterre, Henri VIIL L'entrevue de François P*" et du monarque anglais eut lieu à Guines , près de Calais. La magnificence excessive qui des deux parts y fut déployée

2?p"ï'or ^^ donner au lieu des conférences le nom de Champ du

"*®' drap d'or. Après trois semaines de réjouissances et de

fêtes splendides, les deux rois lignèrent un traité d'alliance,

qui devint illusoire ; car Charles-Quint ayant visité lui-

même auparavasl; Heari VIU , avak tédoit par ses lar^ gesses 0. par Tes^dr de la papauté le cardinal Wolsey, ministre et fa^ifori de ee prince. Tant d'empresscMent de la part des deux plus puissants monarques de l'Europe poor gagner Henri à leur cause lui fit adopter cette devise superbe : Qtdje d^ends est maître.

Gependmt, malgré tant de motifs de discorde et de jalousie, ni Tun ni l'autre des deux rivaux ne s'enopressait de commencer la guerre : François s'occupait de ses plaisirs, et Charles du soin de dompter ses peuples. L'Espagne le regardait comme un étranger, et se soulevait pour la défense de ses droits politiques, tandis que l'Allemagne, indignée du honteux trafic des indulgences, commençait à s'agiter à la voix de Luther. Ce moine fameux venait de brûler en public , à Wittemberg, en 1517, la bulle d'ex« conununication lancée contre lui par le pape. tJn acte aussi commeaaudacieux saisit l'Europe d'étonnement, et Charles-Quint deLather.

' ^ Diète de

convoqua une diète à Worms , afin disait-il , de réprimer ^,^* les progrès des opinions nouvelles et dangereuses pour la paix de l'Allemagne. Luther parut a cette diète avec un sauf' conduit de l'empereur, et sous la protection plus effieace de l'électeur de Saxe» Frédéric le Sage, et de cent chevaliers armés. It défendit avec énergie ses doctrines, dans lesquelles il attaquait surtout la confession auriculaire, l'intercession des saints, le dogme du purgatoire , celui de la transsubstantiation, le célibat des prêtres, e Tautorité de TÉglise^ La diète lui permit de se retirer, et aussitôt après elle le mit hors la loi. L'électeur de Saxe le fit enlever par des gens masqués , et conduire dans la forteresse de Wartburg, où il demeura enfermé neuf mois , ignoré de ses amis et de ses ennemis : c'est là qu'il commença sa traduoUon de la Bib le , et qu'il composa une muL

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titade d'écrits empreints de son génie logique, fongueux, irascible , parfaitement propre , par sa trivialité même , à gouverner les esprits encore grossiers de son siècle. premiè- Pendant que ces graves intérêts partagent TEurope , ^£trê Léon X, toujours frivole et inconsidéré, excite les Fran- %n-^ çais à la conquête de Naples, en leur promettant ses se- ^itti!'* ^u^s ' P^^s ^^ ^'^^^^ presque aussitôt avec Charles-Quint« Enfin les hostilités commencent i une armée française, commandée par TEspare, venait de perdre la Navarre, après l'avoir envahie, et les capitaines de l'empereur, Nassau et Sickingen, avaient violé le territoire de la France pour attaquer Robert de la Mark, allié de ce royaume. La guerre éclate au nord et au midi : les Impériaux prennent Mguzon et Tournai, et assiègent Mézières, sauvée par Anne de Montmorency et par le chevalier Bayard. Le Milanez est perdu; le brave Lautrec s'en est fait chasser, faute d'argent. Quatre cent mille écus lui étaient promis par François P*"; mais Louise de Savoie avait contraint l'intendant général Semblançay à lui livrer cette somme à l'insu du roi son fils. Henri YIII s'unissait alors .à Charles contre François , et tous deux lui déclarèrent la guerre, tandis qu'Adrien YI , ancien précepteur de Charles-Quint, montait sur le trône pontifical. Son prédécesseur Léon X avait légué en Italie son nom à son siècle : il fut grand par sa magnificence et par la protection éclairée qu'il accordait aux arts et aux lettres : nul souverain ne vit s^élever autour de lui plus d'artistes célèbres, et ne sut mieux en^ fiammer leur génie; mais peu d'hommes étaient moins propres que lui à soutenir le combat contre Luther et à représenter un successeur des apôtres.

Épuisé par ses prodigalités plus encore que par ses premières guerres, François V vendit les offices de judica-

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ture > malgré la résistance da parlement, et créa les rentes de rhôtel de ville an denier douze. Deux partis divisaient alors sa, cour : l'un était celui de Louise de Savoie , son* tenu par le chancelier Duprat et l'amiral Bonnivet, tous deux très-avant dans la faveur du roi ; à la tète de l'autre parti étaient la duchesse de Chateaubriand, maftresse de François P';LescunS; frère de la duchesse; Lantrec, et le connétable duc de Bourbon , le plus riche et le plus puissant seigneur du royaume. Louise de Savoie, âgée de quarante-sept ans , fit proposer au duc de l'épouser. Bourbon rejeta ces offres , en joignant l'insulte au refus. La princesse, furieuse, jura de se venger, et son ressentiment fut fatal à la France. Elle suscita an duc un injuste procès : le Procésdu parlement n'osa point prononcer; mais François, excité ^lede' par sa mère, saisit et réunit à la couronne les Immenses >»»• ' possessions du connétable, qui comprenaient, entre autres seigneuries, le Bourbonnais, le Dauphiné, l'Auvergne» le Forez, la Marche et le Beaujolais. Celui-ci traita aussitôt secrètement avec Henri VIII et Charles-Quint, et les invita l'un et l'autre au partage du royaume. Instruit de ces négociations , le roi tenta de s'emparer de sa personne ; Bourbon lui échappa, se sauva en Allemagne, et reparut bientôt à la tète des armées de l'empereur.

La guerre recommençait alors avec avantage pour la France sur toutes les frontières. Les Allemands attaquèrent sans succès la Champagne et la Franche-Comté ; les Espagnols furent repoussés au midi , tandis que la Trémouille défendait heureusement la Picardie contre une armée anglaise. seconde

Malgré tant de périls , François P*^ rêvait encore la <^- ^^^é^ quête de l'Italie; il y envoya une brillante armée, sous le pa^^en commandement de l'amiral Bonnivet. Ce guerrier n'était u»*-«m.

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yeifit im habile capitaine , et chacan de ses pas fut marqué par une faute et par des revers, Fraoçois ColooDa le força de lever le bloeus de Milan et de se replier i^ur le Tésia. L'armée française se vit eu peu de mois dans une grande détresse , privée de vivres dt décimée par la peste : Bou* livet erdottua la retnâte^ et s'éloigna, vivemept poursuivi par les troupes impériales. Bayard commandait l'arrimegarde ; un coup de feu lui brisa les reins , et il se fit porter au pied d'un arbre, la face tournée vers l'ennemi. Bourbon accourut, et lai exprima sa compassimi profonde. « Ce « n'est pas moi , répondit Bayard , mais c'est vous qu'il faut « plaindre, vous qui combattez contre votre roi, votre Bayu^! « patrie et votre serment. » Ainsi périt le chevalier qui ftit *^*' le plus cher à la France et le plus accompli entre tous ceux dont rhist<^re ait gardé le souvenir.

Bourbon et le marquis de Pescaire envahir^t la ^rovei^e : uo grand nombre de villes se soumirent; Marseille soutint héroïquement un long siège ; elle était défendue par ^ Benzo de Ceri, chef d'une légion de patriotes italiens, vieux débris du parti de la liberté écrasé à Flor^ce et à Fisc. Après quarante jours d'inutiles attaques, les Impénaux s'éloignèrent, instruits de l'approche de François I*^ et des succès d'André Dorîa, célèbre amiral génois au service de ce monarque. Fraoçcns marchait en Italie à la tête d'une troisième armée , et fit lever le si^e de Pavie. Il ^ait depuis tnris mois devant cette place, lorsque les Impériaux s'en approchèrent, commandés par Lann<^, Pescaire et Bourbon. François P' les attendit dans ses lignes, et les armées restèrent longtemps en présence avant d'en venir d^pSlite. ^*^ ^^^* E^fln 9 le 2$ février 1525, labataille s'engagea, in», et la fougue imprudente du roi le perdit. Son artillerie fai- »9àt de grands ravages dans les troupes impériales : obU*

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gées de passer sous son feu, celles-ci s'éparpUlèreikt, et tentèrent de gagner au pas 4e course un valh» ou cllea fieraient à l'abri de coups si meurtriers. François coBH^rit mai ce mouvement : « Les voilà qui fuient, dit-il ; char- « geonsy chargeons I » Et aussitôt il se précipite , à la tête de ses gentilshommes , entre ses canons et Tenneoii. L*«rtillerie, masquée, cesse son fea ; renneml se rallie, et l'attend de 1^ ferme. £n cet instant les Suisses de l'armée française, attaqués en flanc, lâchent pied, et le duc d'Alençon prend la faite avec Tarrière^garde : l'armée impériale tout entière enveloppe le roi. £n vain François P*^ et ses chevaliers font des expldts héroïques : Bonuivet, la Palisse. Lescuns, le vieux la Trémouille, Bussy d'Amboise, sont tués sous ses yeux ; lui-même , renversé de cheval , couvert de sang et blessé deux feus , est reconnu par Pomperw, gentilhomme du duc de Bourbon, et sommé de se rendre. François refuse de se soumettre à un transfuge; îi fait appeler le vice-roi Lannoy, et lui remet son épée* Ce £at à l'occasiou de cette sanglante bataille de Pavie ^le le r(^ écrivit à sa mère une lettre où l'on remarque cette phrase devenue célèbre : « Madame tout est perdu , fors « rhonnfflir. » Le jeune Henri II d'Albret , roi de Navarre, avait été fait prisonnier avec le roi de France. On l'enferma captivité

de Fraû-

dans la citadelle de Pavie , d'où il réussit à s'échapper, ç^j^*"'* François V^ fut gardé à vue dans celle de Plzzighettone, et de là transféré à Madrid par l'ordre <te Charles^Quint. I>es intérêts du royaume étaient alors confondus avec ceux et là persimne des rois. La France n'avait appris, ni par les malheurs du roi Jean, ni par la démence de Charles YI , combien il importe qu'une monardiie se mette à couvert des calamités qui peuvent tomber sur le monarque. L'État semblait détirer quand le roi était fou , il pa-

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raissaitétreaax mains des ennemis quand le roi était captif. François V^ avait, il est vrai , déféré avant son départ Ja régence du royaume à sa mère Louise de Savoie , en sorte qu'une autorité légitime était reconnue en France malgré sa captivité; mais la souveraineté était demeurée tout entière dans sa personne ; loi seul pouvait accepter ou rejeter les conditions imposées à sa délivrance; lui seul, enfin, représentait les volontés de la France, lorsque le danger y la crainte ou Fennoi ne lui laissaient plus à luimême le libre usage de sa volonté propre. L'empereur vit dans la captivité de François P*^ l'humiliation et la ruine de la France, et résolut de profiter de sa| victoire à la rigneur. Le roi tomba malade dans sa prison ; Charles, qui jusque alors avait refusé de le voir, se rendit auprès de lui, et le consola par des paroles affectueuses; mais, aussitôt après son rétablissement, il mit à sa liberté des conditions funestes et déshonorantes pour la France. Accablé de douleur, le roi songeait à abdiquer, et n'eut point la force de persister dans une si noble résolution : il protesta contre le traité qui lui était imposé, et le signa, secrètement ré- Traité de solu à uc polnt l'observer. Par ce traité de Madrid il ce-

Madrid. *

ime. dait tous ses droits sur Tltalie , renonçait à la suzeraineté des comtés de Flandre et d'Artois ; il abandonnait à l'empereur le duché de Bourgogne , le comté de GharoUais , et plusieurs seigneuries; s'engageait à épouser Eléonore, reine douairière de Portugal, sœur de l'empereur; pardonnait au duc de Bourbon, et le rétablissait dans ses biens ; enfin, il contractait une ligue offensive et défensive avec l'empereur, promettant de l'accompagner en personne lors* qu'il se croiserait contre les Turcs ou contre les hérétiques. Charles-Quint, de son côté^ renonçait aux villes de la Somme qui avaient appartenu à Charles le Téméraire.

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Après la signature de ce traité , le roi fut échangé à la néiiontière contre ses deux fils, et gagna le même jour ^f'JS; ayonne où il trouva sa mère et toute sa cour. Il croyait, ***** «a échappant à ses ennemis , s'être également soustrait aux ohligations qu'il venait de contracter envers eux, et répondit aux envoyés de l'empereur qu'il ne pouvait ratifier le traité de Madrid sans l'aveu des états du royaume et du duché de Bourgogne.

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