‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 45 sur 90 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Suite et fm du règne de François ^^

François V alléguait les droits et les vœux du royaume pour se dispenser de tenir ses engagements ; il n'avait pourtant nulle intention de consulter la France : il aurait cru se placer sous la tutelle des états généraux en les convoquant. Désirant toutefois opposer à l'empereur une volonté qui parût nationale, il réunit les princes , les grands et les évêques, qui faisaient alors partie de sa cour, à Cognac : cette assemblée le dégagea de sa parole. Le roi convoqua aussi des grands de Bourgogne et des députés aux états de cette province, qui déclarèrent ne vouloir point se séparer de la France. Instruit par Lannoé de ces Rupture déclarations , Charles-Quint répondit : « Que François P*" ^^^^^ a ne rejette point son manque de foi sur ses sujets ; il lui *<^- « suffit, pour tenir sa parole, de mourir en Espagne : qu'il « le fasse. »

Effrayés de la puissance colossale de l'empereur, les

8SS TBOISlitn ÉPOQUE.

Vénitiens et François Sforza, duc de lifilan, conclurent à

Cognac un traité avec François V^ : leur ligue prit le nom

ugue de sainte , et, après quelques hostilités , un affreux événe-

ittsr!' ment consterna l'Italie. Une année impériale, composée

d^pagnols et d'Allemands, met, en 1527 , le siège devant

Prise et Rome ; elle était commandée par Bourbon et par George

disait-il , à étrangler le pape. Bourbon fut tué en posant une échelle au pied des remparts : Rome fut prise , et les Impériaux vengèrent leur général par le sac dô la ville et par un effroyable massacre : huit mille Romains périrent le premier jour, et le pape eut un long siège à soutenir dans le château Saint- Ange.

Henri VIII et François P^ résolurent de délivrer le pon- * tife et l'Italie. François devait fournir des troupes, et Henri un subside : cette somme était loin de suffire ; le roi convoque en lit de justice une assemblée de notables au parlement ; il leur expose sa conduite , et leur demande de l'argent et leur approbation. Il obtient l'un et l'autre, et lève une nouvelle armée, qu'il confie à Lautrec. Les deux rois déclarent la guerre à l'empereur, qui accable François P"* de reproches , et reçoit un cartel pour réponse. Quatriè- Lautrec entre en Lombardie, commence la guerre avec ^a|n? M succès , ct pénètre dans le royaume de Naples. Là il de- \^t meure sans argent t une épidémie moissonne son armée, déjà épuisée par les fatigues et les privations ; lui-même tombe malade et meurt Une autre armée française, commandée par Saint-Pol , a le même sort : à peine entrée dans le Mîtanez, elle est défaite et dispersée à Landriano; Saint- Pol est fait prisonnier. La France perdit encore , vers le même temps , l'assistance du célèbre amiral génois André Doria, le premier marin de son siècle. Mécontent

Page 1