CHARLES IX
Charles IX n'avait que dix ans lorsqu'il succéda-à Fran^ Arène-
^ ment de
çois IIi son frère. Les états généraux étalent alors rassem* cb^^ies Mes à Orléans, et ne prirent qufune faible part aux affaires *'^' politiques. Catherine de Médieis s'empara de la régenee par le conseil du chancelier de l'Hospital , et reconnut le roi de Navarre en qualité de lieutensmt général du royaume. Condé ftct délivré, et Montmorency rappelé à la cour, où cependant les Guises restèrent puissants et redoutables.
La reine mère louvoyait entre les partis, tantftts'ap^ puyant sur les Guises et ks catholiques, et tantôt s'attadiant aux protestants et aux Bootbons contre les Guises. Ceux-ci recherchèrent l'appui du sombre et cruel Phi* Hppe II, roi d'Espagne, le plus ferme champion du catholieiMne dans toute l'Europe, et qui déjà sous le règne précédent s'était déclaré protecteur du royaume de France. Les Guises se&iirent également le besoin de rattacher le connétable'à leor cause : ils savaient qu'aux yeux du
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Vieux goeriier tout intérêt disparaissait defaot celui de la religion catholique ; ils la lui montrèrent en péril , et il entra dans lenrs vues. Le maréchal de Saint- André fut aussi gagné au parti des princes lorrains, et forma avec le conûétable et François de Guise une ligue qui reçut iat m le nom de triumvirat Alors parut un édit daté du mois
Juillet.
mt. de Juillet , qui accordait aux protestants amnistie pour le passé 9 et leur prescrivait de vivre catholiquement) sous peine de prison et d'exil : la mort ne devait plus être prononcée contre eux. Cet édit ne fit que des mécontents, et ne fut point observé. La reine tenta de rapprocher François de Guise et Condé ; ils s'embrassèrent, et demeurèrent ennemis mortels.
Kuti de Les états généraux se réunirent dans le cours de Tannée
Pontobe.
iMi. à Pontoise. Les électeurs s'étaient assemblés par province et non par bailliage, et chacune des treize provinces n'ayant nommé qu'un député de chaque ordre , trente oeuf membres seulement siégèrent aux états. Ils votèrent l'élection des prélats par les chapitres et l'abolition des annales, et firent tomber la plupart des charges publiques sur le clergé : cet ordre, redoutant des mesures plus rigoureuses à l'égard de ses biens immenses, s'imposa pour quinze millions, qu'il offrit à titre de don gratuit. Dans le même temps se tenait une autre assemblée, célèbre sous coiioqae le uom dc colloQue de Poissy. Jaloux de faire briller son
>Mi. éloquence et son érudition, le cardinal de Lorraine avait convié les ministres protestants, et Calvin lui-même, à ouvrir avec lui et les évéques catholiques des conférences où les principaux points des deux religions seraient débattus. Poissy fut désigné pour le lieu de cette lutte théo* logique. Plusieurs cardinaux français, quarante évéques et un grand nombre de docteurs y parurent ; on n'y compta
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que douze ministres protestants. Calvin ne se présenta pas; il envoya pour le remplacer Théodore de Bèze» le plus distingué de ses disciples. La discussion finit comme toutes les querelles théologiques : chacun demeura plus affermi qu'auparavant dans sa propre opinion.
L'édit de juillet n'était observé nulle part ; les protestants le bravaient ouvertement, et se réunissaient en un grand nombre de lieux. Catherine de Médicis fit alors or> donner à tous les parlements de désigner des députés qui l'aidassent à rédiger un édit plus convenable aux circonstances. Cette assemblée nouvelle fut présidée par l'Hospital 9 qui proféra ces belles paroles : «< Recherchez , dit-il , si « l'on ne peut estre bon sujet du roi sans estre catholique , <i et si enfin il est impossible que des hommes qui n'ont <c pas la même croyance vivent en paix les uns avec les « autres. N'allez donc pas vous fatiguer à chercher la- » quelle des deux religions est la meilleure : nous sommes « ici non pour establir la foi, mais pour régler l'Ëstat. »
Le sage édit de janvier fut le résultat des efforts du Ém ëe chancelier. On y statua que les calvinistes rendraient les *i»n'' églises usurpées, les croix, les images, les reliques, et se soumettraient à la levée des dîmes ; il leur fut ordonné de garder les jours de fête, et de respecter les actes extérieurs du culte catholique. On leur permit néanmoins de s'assembler, pour l'exercice de leur religion, hors des villes et sans armes ; et l'on enjoignit aux magistrats de veiller à ce qu'ils ne fussent ni troublés ni injuriés. Les parlements de Rouen , de Toulouse , de Bordeaux et de Grenoble firent peu de difficultés pour enregistrer l'édit; celui de Bourgogne le rejeta ; ceux de Languedoc et de Dauphiné opposèrent une longue résistance. Cet édit célèbre fut accueilli par les calvinistes avec un enthousiasme qui doubla leur
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eoBfiftace, taiidis qoeles-cathoi^œs le reçarent éM6 n» siieoee morne et fftfoucbe^ La poix qii^l sioiAttet entie eox fot de courte dtifée : chMpie parti se fortifiait et se préparaît à la guerre. Les Guises avaient attiré dams le leur le roi de Navarre, qtie flattait PbiHppe II en lut promettant la Sardaigtte ; tandis queCbndé , son frère , se dé< clarait ostensiblement chef des protestants, vers lesc^iiels la reine mère paraissait alors incliner. Les catholiques, alarmés des faveurs de Gondé, appelèrent Guise à Paris. MaMjcrc II accourut de Joinville , et traversa la petite ville de Vassy ''^ en Champagne dans le temps où les protestants étaient assemblés au prêche. Sa troupe fanatique tomba sur eux répée à la main ; le duc de Guise fut blessé à la joue dans le tumulte, et soixante protestants périrent égorgés : ce massacre devint le signal de la guerre.
Guise entra dans Paris en vainqueur et aux acclamations du peuple ; Catherine , jalouse et alarmée de son influence , se rapprocha ^s protestants, sans se donner ouvertement à eux : les deux partis s'observèrent plusieurs jours en armes dans Paris; et la reine, pour prévenir l'effusion du sang, engagea leurs chefs, Guise etCondé, à quitter la capitale : ils obéirent , mais ce fut pour réunir leurs partisans et se préparer à la guerre.
Les pro- Cependant, le grand capitaine qui fut en France le plus neMi£ ^^^^^ soutien de la réforme, Famiral de Coligni, hésitait ^J*- à prendre les armes : ses frères , le cardinal de Châtillon et d'Andelot , le pressaient de monter à cheval ; mais lui, cai^ culait tous les maux de la guerre civile; il songeait avee effroi au nombre de ses adversaires , à la faiblesse de son parti , à la grandeur du péril. Depuis deux Jours il résistait, lorsqu'il ftit réveillé la nuit par les sanglots de sa femme. Ce n'était point sur elle-même qu'elle pleurait, mais sur
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l'iibaaâotiiià«<m mtri vwridt laisser ses frères^ea J«6U8- GMst , qu'elki savait ooiMlaaiiiés d'afvatce à périr âtds les i^ipi^iees : « Éfrè'tafilYage pour left liommes» lai dil-eile , 0» D>st pas être mgef pmif Bleo, cpii vous a d^ttoé la soiMice au capitiktee powr le service desed eafanis^ » Ce^ ligai loi rappela les justes motife de ses craintes , ^ ^|ottta : « Mettes la main sor iro4^ sein, scmclez bien votre cons-- « deoee , et voyez si elle pourra digérer les déroutes géné- « raies , les outrages de vos ennemis , les tn^ôson^des vô- <( très, la faite, Fesii, votre félin, ce qui est plus dur, « celle de vos enfants, peut-être encore votre mort par un « bourreau , après avoir vu votre mari traîné et exposé à « rignontinie du vulgaire... Je vous donne trois semaines « pour vous éprouver. — Ces trois semaines sont achevées, « repiqua cette femme hér(^que : vous ne serez jamais « vaincu par la vertu de vos ennemis; usez de la vôtre , et « ne mettez point sur \Gbre tête les morts de trds se- <« maines '. » GoligQfi partit le lendemain avec ses frères, et rejoignit Condé.
Le prince méditait de s'emparer de la personne de Charles IX ; les triumvirs le prévinrent : ils enlevèrent le jeune roi à Fontainebleau , et le conduisirent à Paris ^ où Catherine elle-même raccompagna. Le connétable ne contint plus son zèie fanatique; il s'avança dans les faubourgs à la tête de ses troupes , attaqua les prêches des prêtes* tattfe, et mit de sa main le feu à leurs temples , qui furent consumés aux cris joyeux et barbares de la populace : c'est ainsi que la première guerre fut déclarée. Condé , Tanaral Première de Coligni, et son frère d'Andelot, s'emparèrent aussitôt cjjje. d'Orléans, et y rassemblèrent leurs forces. Des deux côtés
« D' Auhigaét Notice sur Coligny,
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OD recourut à TétraDger : les Guites étaient secourus pai" le roi d'Espagne , et aclietèrent, au prix de la ville de Tarin , Tappui du duc de Savoie ; les calvinistes négocièrent avec Elisabeth; ils lui vendirent Dieppe et le Havre, et appelèrent en France un corps de cavaliers allemands, connus sous le nom de retires. Un grand nombre de seigneurs, outre les ChâtillimSy embrassèrent leur parti; on distinguait dans leurs rangs Antoine de Groî , la Roche* faucauld, Bohan , Montgommery, Grammont : les uns, attirés par un zèle véritable pour la réforme; les autres « par leur haine contre les Guises et par les chances qu'une guerre civile offre toujours aux ambitieux. L'armée des huguenots ^ ou protestants se faisait remarquer par sa belle et sévère discipline : on n'y voyait ni jeux de hasard, ni femmes de mauvaise vie, ni maraudeurs; les jurements étaient sévèrement défendus ; les ministres parcouraient les compagnies, et y entretenaient l'enthousiasme religieux ; mais sous cet extérieur austère fermentait un fanatisme aussi sombre et aussi cruel que celui de l'armée catholique : malheur aux vaincus! malheur aux villes prises par l'une ou par l'autre armée! les plus effroyables atrocités y étaient commises de sang-froid : Beaugency, enlevé d'assaut par les protestants ; Blois , Tours , Poitiers et Rouen, emportés par les catholiques, éprouvèrent d'abord toutes les fureurs de cette guerre atroce. La ville de Rouen , défendue par Montgommery, meurtrier involontaire de Henri II, avait été assiégée par le roi de Navarre, Antoine de Bourbon , qui fut tué sous ses mu>s : l'uni •
* On commençait alors à donner aux réformés de France le nom de huguenots, sous lequel ils se désignaient eux-mêmes. Ce mot vient du nom allemand eidgenossen, qui signifie confédérés, et que les Suisses se donnaient entre eux.
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que gloire de ce prince est d'avoir donné le Jour à notre Benri IV.
De toutes les grandes viliesde France dont il s*était emparé, Condé ne possédait plus que Lyon et Orléans, lorsque les deux armées, commandées Tune par ce prince, l'autre par le connétable, se rencontrèrent près de Dreux. Bataïue La bataille s'engagea , et fut sanglante. Le connétable ^i^t. chargea impétueusement le premier ; ses escadrons furent rompus par Coligni; Montmorency, enveloppé de toutes parts, demeura prisonnier; le maréchal de Saint- André fut tué en acourant à son secours. Une partie de l'armée catholique prit la fuite, et les protestants se dispersèrent à la poursuite des vaincus. Alors François de Guise, jusque-là immobile avec sa cavalerie, parcourt rapidement des yeux le champ de bataille : « Ils sont à nous ! » s'écriet-il; et il fond au galop sur les protestants étonnés : cette charge imprévue décida la victoire : Condé lui-même est fait prisonnier. Ce nouveau triomphe , la captivité du connétable, celle de Condé, la mort d'Antoine de Bourbon et du maréchal de Saint- André, rendirent François de Guise l'homme le plus puissant du royaume. Nommé lieutenant général , il se hâta de marcher sur Orléans, dont il pressa le siège. Là fut le terme de ses succès et de sa vie : un protestant, nommé Jean Poltrot de Méré, l'assassina d'un Mort de coup de pistolet : sa mort fut le salut d*Orléans. Guise ter- <i{j^&^s«mina son illustre carrière en pardonnant à son meurtrier, et en cherchant à se Justifier du massacre deVassy. L'assassin désigna, au milieu des tortures, Coligni pour son complice ; mais il varia dans ses aveux, et le grand carac^ tère de Coligni suffirait pour le mettre à l'abri d'un soupçon d'assassinat'. Henri, fils de François de Guise, accueil-
' M. Cliarles Lacretelle a parfaitement apprécié la valeur de la dé*
IMS.
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Ut eepencUuQtoômneiiiiefreitvece témoigiMge aeomateur^ et voua une haioe implacable à Famira).
La désolation pesait sur les villes et les campagnes de la Franee; des bandes d'assassins on de soldais féroces couvraient son sol ; les ôsanees^ étaient au pillage et le commerce anéanti. Cescalamilés, et surtout Taseendant que lit mort de Franec^s de Guise donnait' à Gondé, enga* gèrent Catherine à proposer la paix. Le prince, à Tinsu de Goligni , et sans obtenir de garanties suffisantes, signa un traité qui accordait aux seigneurs et aux nobles prêtes* ^&Bts Hexerdce de leur cuHe dans leurs seigneuries et mai^ sens. Les bourgeois obtenaient la liberté de conscience^ mais ils^ ne pouvaient exercer le culte pubHe q«e dans une ville de chaque bailliage, et dans les lieux dont les protestants étaient en possession. La mort du duc de Guise avait mis le parti de Gondé en état de dieter la paix, d'obtenir des conditions meilleures; et ce traité, oçven- nommé convention dAmboisey fut reçu avec indignation bMs™.' P^** Coligni, par Calvin et les <*efs protestants. « Vœlà, dit *^^' « Tamiral , un trait de plimie qui renverse plus d'églises « que les forces ennemies n'en auraient pu détn^re en « dix ans. »
L'armée protestante f^t d&ssoute, et les reltres retournèrent en Allemagne : Catherine leur donna uo savf-conduit, et tenta de les faire égorger en chemin. Cette époque ne présente qu'une suite de perfidies^tde vengences cruelles. Montluc entre les chefs catholiques, le baron des Adrets parmi les protestants , se distinguaient par leur férocité. On pomvoît cognoistre , dit le premier dans ses Mémoires ,
nonciation de Poltrot dans son Histoire de France durant les guerres de religion ( livre V ) ; l'opinion qu'il émet et les motifs sur lesquels il Tâppuie ne parsiasent j^ susceptiUefrde réAitation.
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par où il mMtfcuté; car par les arbres sur les chemins on en (rtmvoitles enseignes. Le second obl^eaitses prisonnfers à S6 précifHter eux-mêmes du haut des tours sur les piques de ses soldats.
La paix fut mise à profit contre l'étranger. Le comptable, à la tête des restes de Farmée protestante, chassa les Anglais du Havre, et lecler^ paya les frais de Texpédition : ses biens, par le conseil de THospital, furent aliénés jusqu'à la valeur de cent mille écus de rente : c'était la première fois qu'un tel moyen était employé pour subvenir aux ressources de l'État. Les dépenses de cette année étaient évalué€3 à dix- huit millions , les recettes n'en promettaient pas plus de huit, et il y avait un déficit de quarante-trois millions aa trésor. Charles IX entrait dans sa quteièmeannée, et futdéelaré majeur. Catherine conserva le pouvoir. Condé s'oubliait à la cour dans les plaisirs , tandis que le connétable, peu recherché par la reine, s'efforçait de rompre la paix , en excitant de nouveau le peuple au massacre des protestants. Trois cents arrêts de mort étaient, dit-on , signés de sa main : la reine déjoua cet af* freux complot. Banville, fils du connétable, gouverneur du Languedoc, Ta vannes, gouverneur de la Bourgogne , et plusieurs autres commandants des provinces, secondèrent les projets de Montmorency. Les foudres du Vatican, les anathèmes du concile de Trente, les sollicitations des princes étrangers , tout excitait les passions des catholi^ ques, et tout présageait que la paix serait de courte durée. Le pape Pie lY cita devant lui plusieurs évéques français, accusés d'à voir embrassé la réforme : de ce nombre étaient le cardinal de Châtillon, saint Romain, archevêque d'AIx, et Montluc, évêque de Valence, frère du redoutable capitaine de ce nom. A la même époque, Jeanne d'Albret ,
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reine de Navarre et veuve d'Antoioe de Bourbon , ayant été atteinte et convaincue d'hérésie, une bulle la déclara déchue de la dignité royale , et livra ses États au premier occupant.
Le concile de Trente touchait à sa fin , après vingt et un ans écoulés depuis sa première session. Avant de se dissoudre, il décida de graves questions. Les évéques rédigé* rent des canons clairs et précis, qui ont défini d'une ma* nière invariable les articles de foi des catholiques, et
coïïiîde ^^^wsèrent toute concession àTesprit du temps. Le concile
^ÏSi^' fut dissous en décembre 1563.
La reine lit l'année suivante un voyage dans les provinces de l'est et du midi, et conduisit avec elle le roi et toute sa cour. Les affaires furent oubliées pendant ce voyage , et l'on traversa les villes ruinées et les campagnes dévastées , au milieu des réjouissances , des festins et des spectacles. Le duc d' Albe alla visiter le roi à Bayonne, et, ^ dans un entretien qu'il eut avec la reine sur le moyen d'anéantir les calvinistes, il lui dit ce mot, qui depuis devint fameux : « Dix mille grenouilles ne valent pas la tête d'un « saumon. » C'était désigner à ses coups les principaux chefs du parti protestant.
Charles IX, à son retour, convoque à Moulins une assemblée de notables, et, par le conseil de l'Hospital, il rend l'édit de Moulins , propre par sa modération à concilier les partis. Il cherche à rapprocher les Guises et les Châtlllons ; ceux-ci n'avaient que trop sujet de s'alarmer : partout la convention d'Amboise était violée par les catholiques, et les infractions demeuraient impunies : Catherine négociait la perte des chefs protestants avec Philippe II, et redoublait à leur égard des défiances injurieuses. La création des gardes françaises remonte à cette époque ; elles étaient
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composées de dix compagnies de doquante hommes t Ie9 gardes suisses, créées par Louis XI, furent en même temps fort augmentées : ces précautions firent ombrage aux protestants; ils eurent avis des projets de leurs ennemis, et songèrent à les prévenir. Médicis soupçonnait leur dessein, et chargea quelques-uns de ses afÛdés du soin d'épier Tamirai. Ih le trouvèrent, le 26 septembre, en habit de ménager, faisant ses vendanges; et, le 28, cinquante places seconde étaient en son pouvoir. Le roi, presque surprisse Monceaux ^"fj^par Condé, gagna Meaux m toute hâte, puis Paris , sous la protection de six mille Suisses : la cavalerie de G>ndé voltigea constamment autour de son escorte, et la seconde guerre civile fut déclarée.
La bataille de Saint-Denis suivit de près ces premières ^BataAe
f '^ ^ de Saint-
hostilités. L'avantage resta aux catholiques, mais il leur ^•
coûta cher; le vieux connétable y perdit la vie. Il avait été fameux sous quatre règnes : aucun guerrier illustre de cette époque n'avait montré plus de dévouement à ses rois ; mais son zèle intolérant et fougueux pour la religion le rendit coupable de grandes violences. La bataille de Saint-Denis n'eut aucun résultat décisif.
Leduc d'Anjou, frère du roi, fut proclamé lieutenant général du royaume, quoiqu'il n'eût que seize ans ; et le prince Casimir, de la maison Palatine, à la tête d^un corps nombreux de rettres, rejoignit les protestants. Ceux-ci, animés par l'exemple de leurs chefs , se dépouillèrent de leurs bijoux et de leur aident pour payer ces utiles auxiliaires. Catherine, les voyant en force, fit encore des avances pour la paix , offrant de permettre l'exercice de la religion réformée en remettant la convention d'Amboise en vigueur, et de solder les Allemands si les places prises étaient rendues. Ces conditions furent acceptées contre
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lUivis des prittoipMa dielè, el les dei» partis sigaèrent iiae:8toonâe paix à Loogjlinitail. Le peuple, qui en pressentait les motifs et les résuitats, lui dooiui le nom de
Paix mAip^ix mal assise: elle saspenditàpeineleshostililài^ct ^^ QttiMpfetlesassassiDatSi
I**HospitaA proféra encore «d6 fois de sages paroles, et tentade latïer ooulre les passons farieases; il fut di$graaie* IieslMiimes>madérés«QixHne lai reçurent par dérision le nom dBpoHtiqueK, et foreoft mépriséa-de tous les partis. lAédids sembla elle-ménie a^wir rentucé à la tetnporisa*tian et à la prodenee : eHa essaya , mais en vain, de a«r« ptendre les che£i protestants. Alerâ parurent des édita foudroyants contre les calvinistes, et Itnr culte fut interjiM-* dit dans le royaume, lis ptireat les armes de toutes parts ; StuT ^^^ '^^^ furear, ils profanèrent les autels, dévastèrent, '^' brôlèreot les églises et las couvents , et commirent mille alrocftés. Briquemont^ Tua de leurs obefis, les excitait aa meurtre, portant kiitméme, snspenda à son cou , un c^«* Uer d'oreflles' de prêtres ; mais Louis de Bourbon, duc de Montpensler, général catholique, remportait sur tous en barbarie : Thistoire se refose à rapporter les affreux sûp* plîeesâont il se glorifiait d-ètrerinventeor. L'armée catholique » sons les ordres* du duc d'Anjou et du maréchal de Ti^aones, rencontra Tarmée protestante, commandée par
^Siîïic. C^^^ï sur les bords de la Charente, près de Jarnae. Là ''^ se livra nu combat sanglant et inégal, soutenu par la cavalerie du prinee seulement, contre toutes les forces des ealholiqnes. Gondé, blessé la veille, portait le bras en éeharpe; au moment de l'acUon, un cheval fougueux lui eassa une jambe : t Allons, noblesse française, dit le « prince aux gentilshommes qui l'entouraient , v<Nci le « combat que nous avons tant désiré : souveneo-vous en
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« qnd éM' Jjms ée BearlMfi y entra ptor Gfarist «C ja « pfttdei » Beaiwréé de cheiMil^ CoDdé ae défendit tneote en héros ; parmi ceux qui lui faisaient un rempart de kurs corps ^ on vk uBTieUlàrd, Bonnié la Vergim, cfuftaviec ifiagt-^iiiq jeunes* gens^ ses fUs, ses pellt8<^fite et ses ne* iFfiiix^.oMBbâttitTaUtanHnent jusqu'à ce qu'il lût tué avec qttiaaa des sien» ; l^autres funut faits^^naanalers. Coadé se rendu alèrs; mais aassitôd aocaurut Moatesqûisci'., ca^ékàliie des gardes- da ^c d'Anjou , qm a^assina lâelie^' mi^ de i»eat ce prince d^un eoup de pistolets Ainsi mourut Louis coo^de Coudé, Àpeineâgé de trenle-neaf atts.
Les {MTotestants étaient abattus, et la cour s'atmndoa*: nuit à toute Tivresse do triomphe , lorsque la ref ne de Na*varre, Jeansed^Albret % femme d'une grande piété el^d'na neble courage, rtmime les espérances de son partie Stleserend à Cognac, en Angoumots, où s'étaient rassemblés les' déiiris de l'armée calvini^, et conduit avec eHeHenri^ ts<m fils, prince de Béarn, et Henri , fils du priiwe Louis de Condé, toos^denx âgés de sdze ans. Jeanne se présente aux sotôats, tenant psnr la main ces deux jeunes gens . « Je « TOUS off^e, dtt-eite, mon âls, et je vous confie Henri, fila « du prince qui excite nos regrets. Fasse le ciel qn'its^se «( montrent l'un et> Tantre dignes de leurs aneétres! » Le pfinee de Béarn s'avance aussitôt, et dit : « Je jure de « défendre la religion, et de persévérer dans la cause com«> « mune jusqu'à ce que la mort ou la victotre noas ait « rendu à tous la lilœrté pour laquelle nous combattons. » Condé annonce par son geste qu'une même résolution
' Roy ne n'ayant de femme que le sexe ; Tâme entière aux choses viriles, Tesprit puisvsant aux grandes affaires, le cœur invincible aux adversités.
(D'Aubigné, iN*f. Fuit;., t. II , liv. l«^ ch. n.)
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rftDime, et aussitôt le prince de Béarn est procluné gêné* rai en ehef, aux applaudissmnents de l'armée, sous la direction de Goligni.
Le duc de Deux - Ponts , à la tête d'un corps considérable d'Allemands, vint joindre les calvinistes, dont les forces s'élevaient à plus de vingt- cinq mille hommes. Le combat de la Roche-Abeille, le premier où se distingua litati, de Béarn, fut à leur avantage. Bientôt les deux Bitsuie armées se trouvèrent en présence près de Moneantour, coQUNir' dans le Poitou : un simple défilé les séparait. Les calvinistes étaient les plus nombreux; mais ils occupaient une position mauvaise. Coiigni désirait en changer; ses soldats voulurent combattre ; l'action s'engagea ; le carnage des proteirîants fut affreux, et en une demi-heure de vingt* cinq mille hommes cinq ou six cents seulement se rallièrent autour de Goligni. Ce guerrier, grièvement blessé , se montra dans cette journée si fatale à son parti au-dessus de lui-même : il avait perdu récemment son frère d'Ande** lot, et sauva presque seul les débris de son armée. Il les ramena, ainsi que les jeunes princes, en Languedoc, où Montgommery les rejoignit avec ses troupes. Les caivi* nistes reparurent encore une fois dans une attitude imposante , et Coligoi les conduisit sur Paris à marches forcées. Paix de Des deux côtés le besoin de repos était extrême, et la paix GerniaiD. fiit sîguée à Saint- Gcrmaîu , où se trouvait la cour.
Les calvinistes, outre les avantages accordés par tes traités précédents , obtinrent à leur choix quatre places de sûreté. Ils choisirent la Rochelle, Montauban , Cognac et la Charité , qu'ils s*engagèrent à rendre au bout de deux ans. Charles IX épousa presque aussitôt Elisabeth d'Autriche , fiile de Maximilien II; et dès lors il dissimula profondément sa haine pour les réformés. Le sombre Philippe
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exerçait à la même époque d'atroces cruautés sur ses su* jets. Les Maures , qui composaient la population la plus industrieuse de l'Espagne , avaient été , à cause de leur culte Y réduits à la condition la plus misérable; ils furent sous Philippe II décimés par le fer et le feu. Le monarque espagnol , rassuré contre les attaques des musulmans par la victoire de Lépante , voulut extirper l'hérésie dans ses États , et le duc d'Albe fut en Belgique le digne ministre de ses fureurs. Philippe, glorieux des épouvantables triomphes de son général, ne cessait d'exciter Charles IX à l'imiter; mais Charles n'avait pas besoin de ses conseils pour devenir son émule. La paix ramenait en France l'ordre et la sécurité : le p«rfideA
' préve-
peuple espérait toucher à la fin de tant de maux. Les pré- ^^^^^ venances et les procédés bienveillants de la cour envers *"îoJS?* les protestants, au lieu de les rendre plus circonspects, *^"** leur semblaient être autant de garanties d'un heureux avenir. Jeanne d'Albret, les jeunes princes, Coligni, et les principaux chefs, furent invités à la cour, et s'y rendirent. Le roi leur prodigua les paroles les plus flatteuses. « Je vous tiens , dit-il gracieusement à l'amiral , et vous « ne nous quitterez pas quand vous voudrez. » Le mariage du prince de Béarn avec Marguerite de Valois , sœur de Charles, fut projeté : la différence de religion y apportait obstacle, mais le roi aplanit lui-même toutes les difficultés. Jeanne d'Albret mourut au milieu de ces négociations. Quelques-uns affirmèrent qu'elle avait été empoisonnée ; l'on donna peu d'attention à cet événement, dans un temps où la mort par le poison ou le poignard semblait presque une manière naturelle de mourir. Le mariage projeté fut conclu entre Marguerite et le jeune Henri, qui aussitôt après la mort de sa mère avait pris le titre de roi de Navarre.
4t9 TmeMMai Em)9CB.
Do^tfovpes etIiioUqiies éttient cq maedh» svr ptesimir» pdimtM da rejjraiiflie. La jcaor ipmsM àm orapruslg av«c ITétiaQgec, et rtdoiMoit ^é^rds pour les calvkirtetes : wmB^ci iemoiirèFaiit mèÊmmoim dons noe jémrité pr9« tede. CMtgfii, €ODB«lté pnr Charles IK, loi eonseilbét d^arptor les progrès de la potosiffioe cspagaote , eo soniBMaiit contre J^Mippe ta Flandre intviigée. Le-roi'sem* btelk approuver ce projet , études trowpes prkeat le ehenia de la Belgique. Alors Médfcis et le duc d'Aisîou , soit qu'ils eussent surpris de l'àésitatioa dans Tesprit de Gbades et Touiu le comBMtttre luins retour arec les calvmistes, soit qu'ils désirassent avant tout se défaire deColigoi, apos* ÀMMt. tôrent un assassin nommé Maurevei . qui leèlessa daece*
nat4le€o-
^amS i^^*^*^^^ ^'^"^ ^^P d'arquebuse. On rapporta cbez M ' ramiral tout sanglant. Charles jouait à la puime lorsifull apprit cette nouvelle : « Yerrai-Je donc toujours des tion- A blés nouveaux? » s'écrla*t-ll en jetant sa raquette avec ftnreur. Il accompagna isa mère chez Tamiral , et le coesbla de caresses perfides et de facK témoignages de r^^ et d'Ind^ation.
Déjà Médicis avait fixé le jour du plus grand dts^attentats. Seeondée par le ckic d'Âijen y eile ooovainqait le roi que le naornent de frapper était veau. Charles entra loat à<eoup dans un sombre aeeès de colère : « Périssent donc K les huguenots I dit*!! ; mais qu'il n'en reste pas un pour <t ine le reprocher^ »
Toutiict mis en oeuvre pour attirer le plue graïKl nombre possible de protestants à Paris. Chnrles, dans ce bat, leur b»pifa quelque inquiétude à dessein, et leur fit entendre qu'il fallait qu'ils fossenten force pour être à l'abri de toute surprise et de tout péril. Us accoururent en foule, et l'ouprit aussltèt les dispositions aéeessaires pour l'œu^
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we de sang. UaeonaeilHse'tii^aM: TaileriB»«itre la rérn^ le due d'Anjou, le due de Mevers, Henri d'AngoiilèflM, grand prieur de France» René de Birague , lenisffédial de Tavaunes, AlbertdeGondiétle baron de Itet2&. Les r6t«s fovent distribués, et il fut dit que l'exécution commence* rait avec Faurare du lendemain , joorde la Saintfiaarthélemi. Tavasiies donne Tordre, en présence du roi, au prévôt des marchands, Jean Clarron, de faire anner tos compagnies bourgeoises , de les réunir à minuit à fhôtel de ville , et de lés lancer sur les calvinistes au preniier coup de tocsin. Les meurtriers, pour se rcoonnaitre , devaient porter une écharpe au bras gaudie , et une croix blanche au chapeau. Au point du jour, Médicis, impa- Massacre tiente . fait donner le signal par l'horloge de Sajnt-Crermaln sainte
. 1 . , . , . . ; .... Barthé-
TAuxerrois : au bruit-de la cloche lugubre , la ville se rem- lemi.
•^ ' 24 août
plit d'assassins, et d'abord wm bande de soldats, dirigée '^'■ par Henri de Guise , cerne ia miôson de Coligni : les portes soat ouvertes au nom du roi , des meurtriers montent, ^ trouvent l'amiral en prière : « Ëst<» tcû qui es Gol^ni ? » lui demanda leur dief , nommé Béme , en le menaçant de son épée. « Oui, c'est moi, >» répondit celui^d; « jeune « homme, tu devrais respecter mes cheveux blancs ! » Pour toute réponse , Béme le frappe à coups redoublés , le mu*^ tile y et précipite son cadavre dans la rue , où Henri de Guise l'attendait et le foule aux pieds. Déjà la mort étatt * partout dans Paris ; les huguenots sortaimit demi-nus de leurs mafeons au bruit du tocsin , aux cris de leurs frères égorgés, et périssaient par milliers. Tavannes, les ducs d'Ai^ooléme et d'Anjou, Henri de Guise et Montpensler, animaient les bourreaux au carnage : « Stagnez, stignerl c eriait Tavannes ; les médecins disent que la saignée est « aussi bonne au mds d'aoAt comme en mai. » Les bour*
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gtri» rivaHtèrant de férodté avec les plas grands seigneurs : l'orfèvre Crocé se yanta d avoir seul égorgé plus de quatre eents huguenots en un jour. Celui qui avait ordonné le crime voulut une part dans son exécution : « On vit le roi , dit Brantôme , tirer d'une fenêtre du Lou- « \re sur les protestants fugitifs. » Il se rendit ensuite en brillant cortège aux fourches patibulaires de Montfaucon , où étident suspendus les restes de l'amiral à demi consumés. Il parut jouir de ce spectacle, et répéta , dit-on , ce mot affreux de Yitellius : « Le corps d'un ennemi tué sent « toujours bon. » Le massacre dura trois jours dans Paris, où cinq mille personnes perdirent la vie. Le troisième jour, Charles IX se rendit au parlement; il osa justifier sa conduite y et le président Christophe de Thou eut l'indigne faiblesse de l'approuver. Des ordres royaux furent expédiés dans toutes les provinces pour commander de semblables nmssacres : Meaux, Angers, Bourges, Orléans, Lyon, Toulouse, Rouen, devinrent le théâtre de scènes horribles : plusieurs gouverneurs cependant refusèrent d'obéir. Le vicomte d*Orthez , commandant de Rayonne; écrivit au roi : « Sire, je n'ai trouvé dans la ville que bons citoyens « et braves soldats , mais pas un bourreau. » Le comte de Tendes, en Provence , fit une réponse semblable : la mort de tous deux fut subite et prématurée. Le jeune roi de Navarre et Henri de Condé coururent risque de la vie pendant le massacre : Charles les fit venir en sa présence , et leur dit d'une voix terrible : « La messe ou la mort! « Cédant à la nécessité, les deux princes abjurèrent en apparence , et demeurèrent prisonniers. Telles furent les principales scènes de 4*ette effroyable journée, dans laquelle la cour romaine crut voir un triomphe , mais dont l'Hospital disait , en faisant ouvrir ses portes aux asaas*
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sins : « Périsse la mémoire de ce jour exécrable ' ! »
Médicis et Charles IX avaient espéré uû règne paisible Qaapour résultat de leurs crimes : ils se trompaient ; la guerre |^«^ civile se réveilla plus terrible , et un grand nombre de ca- *^''* tholiques embrassèrent la réforme, par Tborreur que leur inspira la Saint-Barthélemi. Le parti des politiques se leva contre la cour, et bientôt l'on compta dans leurs rangs plusieurs des plus illustres seigneurs de France , auxquels s'adjoignirent Damville et Thoré, fils du connétable de Montmorency. La soif de la vengeance, poussée jusqu'à la rage , doublait les forces des protestants. Les plus faibles places résistaient aux troupes royales, que les insurgés insultaient du haut des murs : « Approchez , as- « sassins, leur criaient-ils ; venez, massacreurs ; vous ne « nous trouverez pas endormis comme l'amiral. » La Rochelle était la principale place des protestants ; Charles sentit la nécessité de s'en emparer. Le duc d'Anjou partit pour cette expédition à la tête d'une armée nombreuse , et traîna les deux princes captifs à ce siège. La défense fut héroïque ; elle dura six mois , et coûta des sommes immenses et vingt mille hommes aux catholiques. Sancerre
' Ce jour le frappa d'une tdle horreur, qu'il ne fit plus qu'appeler la mort. Dès qu'il eut connaissance de tant d'atrocités : « Je recon- « nais, s*écrîa4 il , les conseils qu'on donnait au roi depuis longtemps; « il faut mourir quand on n'a pu prévenir de tels malheurs. Les assas* « sins de Tamiral de Coligni s'approchent bien tard de la demeure du « chancelier de l'Hospital. » Ses domestiques vinrent lui apprendre qu'une troupe armée se dirigeait d'Étampes vers son cliâteau : « Qu'on « leur ouvre, s'écria-t-il, qu'on ne leur oppose aucune résistance, « qu'on les conduise à mon appartement. Si la petite porte n'est has- « tante, ouvrez la grande, j'ai assez vu le jour. >»
(C. Lacretelle, Histoire de France pendant les guerres de reli' gion,\\v,y\\.)
484 THOISlteB iSpOQVB.
soutint aussi on sfége roémoralite : Méntmibaii, Nfnra»
et «Taotres Tilles étaient an pouvoir des protestants. Une
QtiMft. qnatr^èflie paix ftit signée : elle aeoorâait dans ees places
i'*^ anx réformés la plupart des mntages garantis par le»
traités précédents.
Le due d'A^joa venait d'être éia roi de Pologne; bientèt il partit pour son royaume. Une entreprise dit» des Entre- jowTs ffTus, paroe qu'on la fit en temps de earoaYal , lut j^uragi^ tentée, Tannée suivante, pour délivrer tes éca% pHness» Elle éehoua en partie , et coûta la vie à sesanteurs, la Mêle et Coconnas : ils furent décapités. La reine de ISavarre^t la duchesse de Nevers, dont ils avaioit été les amants, se firent apporter leurs têtes sanglantes, et à leur vue s'abandonnèrent à de faroudies transports. €ondé seul était parvenu à s'échapper : Henri de Navarre fat surveillé plus étroitement jusqu'à la mort du roi.
Charles IX languisssit depuis la SaintBarthélemi. Souvent il semblait en proie à un délire furieux ; Il voyait alevs se dresser devant lui les spectres de ses victimes. Dans la Mort de dernière nuit de sa vie, dit l'Ëstoile, comme il ne restait ^'?x.^ plus dans sa chambre que deux personnes et sa nourrice, qu'il aimait beaucoup, sur le point de sommeiller, elle entendit le roi se plaindre, pleurer et soupirer. Elle s'approcha doucement du Ht, et, ayant tiré le rideau, le roi hii dit en jetant un grand soupir, et en pleurant si fort que les sanglots interrompaient ses paroles : « Ah 1 ma nourrice, « ma nourrice que de sang I que de meurtres! Arhl cpie « j*ai suivi un méchant eonseîl ! O mon Bieu ! pardonne- « moi ! » Son propre sang sortait de sa peau , et inondait^ son lit : il expira le 30 mai 1571 , âgé seulement de vingtquatre ansé :
LiYM ir. cAÉPTtim n. 4Ba