‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 5 sur 90 · la Gaule · texte numérisé non relu

la Gaule

plusieurs colomes mihtaires, et Lyon devint le siège de ^JS l'adoiinistration romaine. Par degrés, et après plusieurs révoltes, les vaincus adoptèrent la langue, la civilisation et même la religion des Romains : le druidisme résista, les empereurs tentèrent de l'exterminer; et Tile de la Bretagne, aujourd'hui rAngieterre, fut son dernier refuge. Les Gaulois s'adonnèrent à l'agriculture, au commerce, aux arts et à l'éloquence. Plusieurs de leurs cités , entre autres Arles, Lyon, Marseille, Nîmes, Autun devinrent florissantes. On trouve encore daus ces vjlles, ainsi que sur plusieurs points du territoire gaulois , de magnifiques débris d'aqueducs, de théâtres, et d'autres monuments de l'architecture romaine.

Les quatre grandes divisions de la Gaule subsistèrent d'abord sous les Bomains : l"" la Belgique^ au nord et à l'est, entre le Bhin, la Seine et les Alpes; 2® la Celtique ou Lyonnaise, au centre et à l'ouest, entre l'Océan, la Seine, la Loire et la Saône ^ 3^ V Aquitaine, au sud et à

Toveslr, iËHtrc YOeém^ la Ldre, les maoks Pyrénées et la €liafiied€»Cév6iHie»; k"" la 2Viark>»iurtM, an sud et à Test, entre les Géventies, les Alpes et la Méditerraaée. Ce^ quatre grandies parties de la Gairle iwm% au 4faatrièaie siède, sous Tempereur Gratien, siibdltisées ea dix-sepC proTîaees, goHVemées eliaeaoe par im officier de Fempire. €!lia<|né proTînee se partagée^ en un ceftain nembre de districts, qui obéissaâcBt à un sénat , dont les meoibrea étaient choisis parmi les pHviefpal^ famHles ; enfin les villes gauloises, qui reçurent des RomsÂns ce qui eoBStitue la cité, savoir, l'administration intérieure et Torganisatkm civile, étaient régies par des assemMées municipales wm* ïùées curies, où les propriétaires du f^k furent seuls, ap^ peies »•

Les Gaulois sous les Romains demeurèrent partagés ea liommes libres et en serfs ou esclaves : les pessessevra to^ terres et les hommes qui exerçaient un art ou un métier étalent libres; Timmense majorité de la m^ion, attachée à la cultare du sol, vivait dans une sorte d*esciavagew ^Srïf* ^ régime municipal et les développements donnéa à Gaule, l'agrîcnlturc produisirent d'abord d'hetireux fruits, et les Gaules prospérèrent quelque temps sous la domination ro« maine. Mais Tempire approchait de sa décadence; aucune M ne déterminait les formes de Favénement au trône Im* périal; les armées, dispersées dans les provinces, 8*are»geaient sourvent chacune le droit d'élire le souverain ^ et la victoire décidait entre elles. Les Gaulois pHrent parti dans ces querelles sanglantes : c^est ainsi qu*à la mort de Néron, excités par Yindex, ils sooliorent Galba, ptàâ yttelllus : après la mort de ce dernier, il»soi^re]it à cob-

' Pour les divisions de la Gaule sous les Romains, voyez ma Géo* graphie historique , pag. f 5-18, carte A* 3.

fuérir leur inèépeaéRiieft Ci? iite , Meoaâi pat tai ptophé* ^es de la célèbre dr^âeneVeifeda, rallia was tes âraféaux kt Baâaves, ses compatriotes, et les Beiga. iM émïâa sortireidâe lears forêts, et asaooeèreat foe l*empire gantois i^taitsaaoéâer à Fempire romain : rinsnrrectioB s'étendit ; aialtv redoutable dBBs ta Batavfe , elie fut promptemeol étouffée sar le sot de la Gaidi par les^ Gantois eu-ttémea.

Pettdaat )es trois proaierB siècles de l'ère chrétienne , G^«rre ce nnte pays servit de champ de bataille aux généranx '^^^^^ qni se dispntaienl Templre. Éerasées d'impôts par ehaeon d'enz, épwsées d*honines et d'argent, les cités gauloises tombèrent enfin dans Tétat le plus misérable; les terres ^kmenrèrent stériles, faate de bras pour les cultiver; le cooMoeroe pèit^ et telle ftrt ki désolation de ces contrées^ ^'nn grand nombre d^iiommet Hbres se firent serfs on esclaves, poar se sonslmlfe à Toldlgattoa de contribnep aux char^ pnbliî({Qea. La misèbrey toajpars croissante, de la population poussa les serfs à la révolte vers la fin du troisième siècle : ils prirent les armes sous le nom de Bagaudes; ils incendièrent plusieurs villes, et dévastèrent les campagnes. Maximien les écrasa; mais la victoire ne rendit point la prospérité à la nation gaulc^e : Tempire, en décadence, accablait de sa détresse tous les peuples qu*il avait soumis.

Une grande révolution sociale approchait : le christia- ^^^^^ iiisnie, que les empereurs vonlnrent étouffer à son ber- ^ ceau, avait grandi sous lenrs persécutions; les autels des fana di«ix s'étaientf écroulés devant liri, et nulle part il ne jeta des racines plus profondes et ne compta plus d'il* lustres HHir^rFS cpie dm» la? 6aole : ce culte s'appuyait sur la morale la plus pmre; la régénération du monde lui

8 llITKODUCTIOlf.

était promise. ConstaiitiD et ses socca»eiirs llaTaient fait asseoir avec eux sur le trôoe impérial ; mais la cormptim) da monde romain était telle, qae Tordre social ne pouvait s'y établir sur des bases cbrétiennes de manière à donner à rbnmanité une impulsion féconde au progrès : 11 fallait , pour que ce résultat fût produit, que le vieux monde, en s'écroulant , fit place à une société plus jeune. Dieu suscita des peuples nouveaux, afin d'achever Tœuvre de destruction commencée par les discordes civiles, par le défiiut de toute industrie, par l'indolence, la misère, la lAdieté de la multitude, et la corruption des classes élevées : tout ee^qui était condamné à périr fut renversé par les barba* res ; mais ils s'arrêtèrent devant TÉglise chréti«ine , qu'ils trouvèrent debout et constituée, et qui un jour devait le» dompter eux-mêmes. Lorsque dans les Gaules la magis* trature romaine aura disparu, le titre de défenseurs de la cité passera aux évêques , et les diocèses impériaux seront partout remplacés par les diocèses ecclésiastiques.

Invasioos des barbares; destruction de l'empire d^Ooeident. 406 — 476.

Prtoctpft- Les nations qm détruisirent l'empire romain bornaient ^bl^^J" ^^ frontières septentrionales. Elles étaient au nombre de trois : la nation teutonique ou germanique, la nation gO" thique et la nation iariare : elles tiraient toutes leur origine de l'Asie, et on les a confondues sous le nom commun de Scythes, qui dans Fidiome oriental signifie nomades. La nation germanique comprenait une multitude de

INTBOUTCnOlf. ft

tribus et de peuples eonfédérés, et oceupait trois sièdes déjà avant Jésus-Christ le vaste espace compris eutre le BhiQ, Je Daoabe» TOder et la mer du Nord. La natioa gothique^ chassée de la Scandioavie , avait été forcée de se retirer devant riDvasion d*uD peuple asiatique conduit par Odiu daos les contrées septentrionales de TEurope à une époque rapprochée de Tere chrétienne : elle bouleversa l'Europe centrale , en conquit une partie, et dans les derniers temps de Tempire romain d'Occident elle s'était établie sur la rive gauche du Danube. Les Goths se partageaient en deux peuples, nommés, d'après les situations qu'ils occupèrent, Ostrogoths^ ou Goths orientaux, et Visigoths^ ou Goths de TOccldent. La nation tartare^ enfin, se composait de nombreuses tribus nomades, qui occupaient de vastes contrées voisines du Pont-Euxln : le peuple le plus célèbre de cette nation était les Huns y qui chassèrent devant eux les Alains , lorsqu'ils s'établirent dans ces parages.

Parmi ces nations, celle qui soutint durant des siècles oer-

tout l'effort de l'empire romain d'Occident, avant de s'é- ÎJJJ^; tablir sur son territoire , était la nation des Teutons, sur- *|JsS,!" nommés Germains, Werh-men, mot qui dans leur ^sSèîUf langue signifie hommes de guerre. Par suite , la dénomi* nation générale de Germanie fut appliquée à toutes les régions qulls occupaient. Ce peuple néanmoins était déjà partagé longtemps avant l'ère chrétienne en deux grandes fractions que séparait la forêt Herc^^nienne, située au eeutre de la Germanie. Les Germains qui habitaient au nord de cette forêt s'appelèrent Saxons, mot qui semble avoir indiqué un peuple sédentaire; les tribus répandues au sud et à l'est reçurent le nom de Suèves, dérivé d'un verbe qui dans la langue germanique a la même si*

10 innoMwtiasf.

gnificatjim que le tnet Scythes dims FiâiMaie târtare,. et: veut dire pe«pl«s poiHmts oa nomckks^. Les premiers ^ ea. effet, paraissent s^étre renfermés, dorant trois sièdcs» entre les limites du Bliin et de F£^ ; les seeimd» s'agitè*^ rent sans cesse, et firent des effort» perpétœl» pour enva* Mr les pays yoisîns.

Les Suèves eurent longtemps une svpérierité marquée

sur les antres peuples de la race ieuioniqne on iwdesquê.

Ilâ se montrèrent surtout redoutables à leurs voisins dans

le siècle qui précéda Tère chréttenne. €ent ans plus tard

les rôles changèrent : les Suèves furent refoulés dans knrs

anciennes limites; au lieu de combattre les Romains, ils se

mirent à leur solde ' , et la lutte s'engagea entre les armées

impériales et les Germains du Nord.

cônféd?- Lorsque les Goths, dans le second siècle de Fère chré-

dS^eï- tienne, eurent bouleversé l'Europe, et conquis au sud-est

miniquS wû vaste territoire , une partie des Suèves , cernés et cbas-

denxième sés par cux, sc portèrent vers les sources du haut Da-

vkteSm- nube, entre la forêt Hercynienne et le Rhin : la contrée

reçut d'eux le nom de Suévie ou Souabe; ils y formèrent

une confédération des débris de plusieurs peuples de races

COTrfédé- différentes , et celle-ci adopta la dénomination générale de

^mandl?' à^Allemanique , ou rassemblement d'hommes de toute eS'

^ M. de Pétigny fait dériver le nom de Saxons de sitzen, au prétérit sasz, être assis, être en repos, et le nom des Suèves du mol iûkweben, flotter, être en mouvement. Depuis le troisième siède d» yère ehrétieniie , dit-H , tocs les Germains du Nôffd forent appelés SaxomSf à Teiceeption des Francs, auxquels on donna aussi le vieux nom de Sicambres,

( Études sur Vépoque mérovingienne ^ tome I» page 46. )

' Vis et potentia regibus eorum ex autoritate, raro armis nostris, ssepiospeeuiria {ufaolar, Xleieit, DeMm Qerm., 42.

pèce ( Memcmmer). Se teri(Mf« de eetto emtééértnn i^âeiidntiiite leRfalii et^te ftrêfrBsreynieme) ctopvls i« MeîQ jusqu'aux. AI|«s-lie!>Kélk|«i!6 : se» prinetpaux p>eaple0 cÉBîaiil» MàrcomoMy les Vandales et les Jutkonpes.

Im peoptes dé k Irennfsmie septesCrfoiiaier) 4«i baM- ^^^"Ij^^ Méat an nord delà fofèt ^reynieDae, les Saxom m ^^"^^ SûambreSf furent ébranla aossi par Pémigratfon gothique^ fooique leuv tenitoire fM demeuré lotael. Une partie cte ces peuples les pltis rapprodiés des Seandf nates, soumis aœs fils d*Oâio, adap^rent eux-mêmes le culte odinique ; ifs se rénairent e» corp» seus la- dénominatiou générale ^ Saxons y et dsfits cette agrégation entrèrent les Angles, àahitasitSrd^nBe eouMe nommée Anglie, an sud de la Ghersonèae CiEfibrlque. Telle ftit l'origine des AngtO" Saœfms, Mar» conquérants de la Grande-Bretagne. Ils s-'étabSrent sw les bords de TElbe, de la ^^Itlque et de la mep du Novd. Pirates redoutables , Ils promenèrent , dès le trdisi^e siède , la dévastation sur les cétesde la> Gaule, de la Grande Bretagne et de fEspagne.

Pressés entre les armées impériales et plusieurs confé- f;;^^^^**^^ dérations redoutables des nations de leur race , les^ Ger- ^an««mains répandu» entre le Weser et le Bhin reconnurent aussi' la néces$fté de s'unir pour la défense commune, et Tera le ralfiea da troisième siède Ton vit se ibrmer, dansr tes" contrées cfue séparent ees flfeaves, une noorelle confiéaération, sou9 le nom àe Promis (Franken), mot germsh nlqoe, dont le sens se rapproche dn mot Feroâc, et sfgniie fier et bellf^eux^ 'Ces- pe«Fp9ès, >^gnes de leur nom, ^ire«t ^f» effet les pi as céM^es entre les bflirbares poar leur bra** ▼eure, el o^est d>nx qne les Fvanfais ont tiré leur nomi Séparés de la mer du Nord parles Frisons, qui maintinrent leur indépeudducei ils comprenaiiciit dans leur confédéra*

t3 IllTmO0IIGTIOH«

tion touf les peapks ÀabUt €Btre le Bhin el le Weaer» el de ce nombre étalent les Bruciires, les Tenetères, te» Chamaves ^ les Cottes et les Àngrivarient.

Mnei , an troisième siède de notre ère, des bords de b Baltique anx sources du Rbin et du Danube , trois eonlédérations redoutables fermaient la Germanie aux armées et aux flottes impériales, les Sùicons au nord, les Francs à l'ouest, et les Allemands au sud, tandis que les Goth& étaient campés sur la rive gaucbe du Danube. Tous ces peuples , entre lesquels l'empire romain d'Ocei* ^rtemiè- dent finit par être partagé , ne l'attaquèrent point dans l'o- ^SbnS ^8^^ &^^ l'intention de le détruire : poussés par des ^d^oST causes violentes et irrésistibles à franchir ses frontières , ils aa troi- s'omprcssèreut tous de faire légitimer leurs conquêtes par ^SL des concessions impériales, par des traités qui les incorporaient à l'empire, dont la puissante organisation et la civilisation supérieure les remplissaient d'étonnement et çonces. d'admiration. Leurs rois briguaient avec] ardeur les titres

sions im-

perlâtes, romains àepairices^, de consuls, de chefs des milices,

dignités dont plusieurs furent revêtus par les empereurs

comme alliés de l'empire, et leur suprême ambition était

de s'unir par des mariages à la famille impériale.

A\mi furent fondées , sur toutes les frontières , de nom-

coionies breuses colonies militaires , dont les colons étaient des barbarbares. '

i^Ss. ^^ engagés sous le nom de Lètes, au service du gouvernement impérial , qui tes attachait à sa défense par la concession de terres, nommées terres létiques. « Les empe» leurs, dit Procope', ne pouvaient pas empêcher les barbares d'entrer dans les provinces; mais les barbares^ de leur cAté , ne croyaient pc^nt posséder en sûreté les terres

' Dignité créée par Consluititt.

qu'Us oecopaient, tant que le &it de leur posMMion fi*aTait pas été changé en droit par l'autorité impériale '• »

Les Francs forent au nombre des barbares qui reçurent mnsi de grandes concessions de territoire dans les Gaules, ]0Qgtemps avant l'époque assignée par une foule d'historiens à leur première invasion.

Bepoussës des bords du Weser par les Saxons , deux des principaux peuples de la confédération franque, les An- ,2^/*: grivariens d'abord, et plus tard les Cattes^ émigrèrent J^i^ au troisième siècle, etse rapprochèrent des bords de l'Yssel, éSSÂeM d'où ils tentèrent de pénétrer au delà du Rhin dans la '^èdê?^ Batavie. Les Romains donnèrent à ces Francs le nom de Saliques ou Saliens , selon toute apparence du nom de Fm^ ÏYssel (Isala), sur les bords duquel ils avaient été fort longtemps campés '• Ces peuples , à la faveur des guerres

' Procope, Bell. Goth.y lib. III, c. 33.

' Les savants ont donné différentes étymologies au mot Salien, J'ai adopté celle qui m'a paru la plus probable. M. Guérard a déonontré , dit M. de Pétigny, que la terre salique n'était autre chose que le champ attaché au manoir , à la maison , dont le nom est sal dans (ous les dialectes tudesques, et qui, ne pouvant en être séparé » ne devait pas entrer dans le partage des filles. Cependant M. de Pétigny ne croit pas» et je partage son opinion, qu'on puisse en conclure que les Francs Saliens aient tiré leur nom de cet usage, qui leur était commim avec d'autres peuples de la Germanie. « N'oublions pas, dit-il , que ce nom de Saliens leur avait été donné par les Romains ; or, les Romains étaient fort ignorants des coutumes germaniques : ils n'auraient pas^ été chercher la désignation d*nne colonie de Germams expatriés dans un usage qui ne leur était pas même spécial. N'est-il pas plus naturel de penser qu'on désigna les Francs de la Belgique du nom de la contrée d'où ils étaient partis pour s'établir sur le territoire romain ? Cette contrée était la rive droite de TYssel , qu'ils habitèrent pendant près d*uB siècle avant d'entrer dans la Batavie. Le nom latin de l'Yssd était Jsala, » — jiiudes sur Vépeque mérovingienne. — Éclair^ cissements.

civifes et des réreltei qfii agilèreffe le mrd de la Gaaie , à lafindutroîsième^ède,s'étaWîreBtdaiis laBalaTîe. L'emperear Maximien , après avoir essayé de les exposer de Tempire, comprit qxk'ii serait plus ayantagetix de les at^ soder à sa défense, et, vers Tannée 287, il permit aux Francs Saliens de se fixer comme colons ndtUtripes entre la Moselle et fEs^eant [Scaldis ), depais TrèTes( An^iMia Treverotnm) Jusqu'à Toumay ( Tumacvm).

rliSSîts. Quelques années plus tard , d'autres peuples francs , les Bructères et les Chamaves , franchirent le Rhin pour soutenir les prétentions au trône impérial de l'usurpateur Carausius. Constance Chlore , père du grand Constantin , leè combattît, les vainquit, et finit par leur permettre de fonder une colonie militaire entre le Rhin et la Meuse. Ces Francs furent nommés Ripewares ouRipuaires, duBiot latin ripa, parce qu'ils s'établirent le long des rives du Rhin, Fan des deux grands fleuves qui servaient de barrière à l'empire romarin eontre les barbares ^

Les Francs Saliens et les Francs Ripuaires oecopatent encore à peu près les mêmes positions respectives au cinquième siècle. A cette époque l'empire d^Ocddent.fléchis* sait de toutes parts sous la faible main d'fionorius , fils du grand Théodose; une multitude de causes avaient hâté sa dissolution : l'anarchie était au combledansTÉtat ; les barbares, mal payés pour le, défendre, s'avancèrent pour le piller; en' vain Rome s'humilia jBsqu'à devenir leur tri-» butaire, et voulut arrêter par des présents ees homme» farouches , contre qui elle ne pouvait plus rien par ses ar-

» Riptiarioa a ripa Rhenî sic vocaloê, çt primvm a Romanis ad delmsloticm limHis adferwis Germaaw coastitotM foisae, mUÔs doMal. ( Prœf. Ëccardi ad Legem Rip. }

iimMmtioii. rs

flieB ou par fa majesté ds son nom : Vcsavn de ^cstnie* Iton commença, et, malgré quelques jcfsraées faenreiMes pour les armes romaioes, le flot eûvaàisseiir m s'arrêta qu'appèsaroir englontî Rome eHe-mème et Fendre.

les Suèves et les Vandafey firent îrruptioiidanf la Garnie J^^j^ en 406, et depuis lors jusqu'en 476, épeque c* m roi bar- ^^^ l»re déposa le dernier empereur, ntaîîe et te; Gairie ne fo- *^rent qu'un vaste théâtre de carnage et de désolation, où ^P' peuples se précipitèrent lesnns sur les antres, et s'entre-choquèrent avec furie.

Les Vandales, chassés des Gaules, fondent sur l'Espagne, pénètrent en Afrique, et s'emparent du nord de cette «entrée sous Genserlc. Les Visigoths les imitent: ils obéissent au terrible Aïaric, marchent sur Rome, la preanent et la saccagent, puis , en vertu d'un traité qu'ils font avec Tempéreur Honorius, enfermé dans Ravenne, ils quittent ri taHe, et s'établissent dans la Gaule, à l'occident du Rhène^ après avoir juré de défendre l'empire qu'ils ontdévasté*

La Grande-Bretagne s'affranchit alors du joug des Ro- inva^n mains; les provinces armoriques s'insurgèrent également «ondes. à rouest de la Gaule. Vers le même temps les Bourgonde* on Bourguignons, peupie d'origine vandale, franchirent leRfain, et fondèrent, en 4i3, sur le territoire de la Gaule un premier royaume bourguignon, entre Mayencc et Slras«' bourg ^ Les chroniqueurs du huitième siècle, copiés par \»mm les éerividn»pQfltéri^r», ont a^gné eetteépoqjne (418) à «ne nouvelle invasion des Francs SaUens, sous ubefaef qu'ils ont nommé Pharamond, et dont l'existence est fort

■ Questions Bourguignonnes, par Roget de Bellognet. —Cet ou- ▼nge , que FAcàdémie des Inscriptions et bdtes-lettres Tient êe cou- ■oaaer , présente des aperçus aussi profonds qnHngénîettx sur IVIg^ et rexistence des JEkratiguigQoio daas^ler Oeiounle^^bBS la Gaule. \

15 ihtkoducxioii.

incertaine. Les [écrivains contemporains n*en ont point parlé, et nous avons va les Francs établis au nord de la Gaule dès le troisième siècle '.

Valentinien lll avait succédé à Honorius en 425, et ré* gnait dans Finsouciance et dans la mollesse, à Eavenne , où le siège de Fempire avait été transféré. Aétius, élevé comme otage près d'Âlaric, commandait les armées romaines. Cet dis uuQ? ^^^^^^ général, le dernier qu'ait possédé Rome, avait combattu avec succès et soumis divers peuples barbares établis dans la Gaule , les Francs, les Yisigoths , les Bourguignons^ lorsque d'autres l)arbares fondirent sur cette contrée. Les Huns 9 peuple scythe, le plus cruel et le plus sauvage de tous, ont quitté les bords du Pont-Ëuxin, et suivent Attila. Leur multitude est innombrable; conduits par l'Instinct de la destruction, ils disent eux-mêmes qu^ils vont là où la colère de Dieu les appelle. Us entrent dans la Gaule, incendient et dévastent tout devant eux jusqu'à Orléans; ils menacent Paris, et les Parisiens attribuent le salut de leur ville aux prières de sainte" Geneviève. Cependant la réunion des Romains et des Yisigoths sous Défaite Aétius et sous Théodoric ^ , oblige les Huns à rétrograder :

"^mt ^^^^Ai^c^'^Jus^u'^Q^^Ai^PAgûe; 6^ là, près de Chàlona-

^1* sur-Marne , dans les plaines Gatalauniques, se livre, en

l'année 451, une affreuse bataille, gagnée par Aétius, et

' Voyez , touchant rexisteoce vrtie ou sappoeée de Pharamond «1 Fautheaticitédu passage de la Chronique de Prasper, seul monument du cinquième siècle où Pharamond soit mentionné, la savante et judicieuse dissertation de M. de Pétigny, dans Touvrage déjà cité, tome I»pag. 362-376.

' Une iaut pas confondre ce Théodoric ^ roi des Yisigoths et soc* cesseur de VaUia , avec le grand Théodoric , roi des OstrogothSt qui» qu^ques années plus tard, devait conquérir Tltalie.

llITaûSOGTlO]». 17

suivie da plus époavantabte camage : on dit qal) y périt trois ceDtmille hommes. Méroyée, chef des Francs, s'miit dans cette sanglante Joomée aux Romains et anx Visigoths, et contribue I)eaucoap à lear victoire par ses ex* pMts.

Attila 9 vainca, rassemble des forces nouvelles, et pénètre en Italie jusqu'aux portes de Rome : là, le pape saint Léon intercède pour les Romains, et traite, au nom de l'empereur, en menaçant le roi barbare de la vengeance du ciel, s'il passe outre. Attila s'arrête, soit que le traité proposé par Léon ait satisfait sa cupidité, soit que la orainte d'un Dlen qu'il ne connaissait pas ait agi sur son âme. Il s'éloigna, et bientôt après il mourut

Aétius pouvait seul défendre l'empire par son génie et par l'autorité de son nom et de ses victoires : il fut victime ^, moh

* d Aétius.

d'une intrigue de cour. Yalentinien, envieux de sa gloire, le poignarda de sa main, et Id-méme, plus tard, périt assassiné.

La Gaule demeura le tiiéâtre de luttes sanglantes entre les différents peuples qui se la partageaient, et pour elle chaque moment de repos était suivi d'une nouvelle et effroyable crise. Majorien, proclamé empereur en 457, avait choisi pour son Ueutenant dans la Gaule, et pour maître des milices , Syagrius iEgidius, qui appartenait à une des Puksance grandes familles de la contrée , et que distinguaient les d?afâ!iDs qualités les plus éminentes. La hante dignité de mattre des milices était tov^ours l'objet de l'ardente ambition des cbeCs barbares établis dans Tempire à titre de cohns, de lèies ou de fédérés, et ceux-ci respectaient le personnage qui en était revêtu comme le délégué de l'empereur, dont ils reconnaissaient la suprématie. On en vit un exemple au temps d'JSgidius, dans un fidt digne d'att^ticm, et qui a

18 iKnomicnm.

été longtemps mal eompvlBet imiappréeié. Mérovée^ rrt de» Frase» Saliett», étant moil en 467, «TMi ea poar soe* cesBear aon fils Gbtlâéric^frodamé roi malgré sa grande jeaaesstf, et bientôt après détrôné et expulsé par k même peuple qui Favait élevé sur le pavois. Les Francs akirs, Soumis- n'ayant plm de prince de la raee royale^ se soumirent vo- Franifa fontairemest an Gciio^'Boma&i ^gidios, mattre des mil^

Romain . , * ^ , .

2(%'ex- ^^' ^^ ^ reeonnorent po«r tetnr dief» Dans la suite, eep^-

l^^]Z âant, ^gtdlns ayant ^ déclaré ennemi de l'emf^ par le

^àéiii^}' sénat de Rome et par un nouvel empereur, les Frsnes rap-

*'"' pelèrent CUldérie, le mir^t de nouveau à leur téta, et con-

tribnèrent avec lui au renversement éfiEgidiaSk GiJidéric

fut plus tard revêtu lui-même de la dignité de maître des

Ragp^e milkes,^ et combattit avec gloûre pour Tempire contre les

' barbares qui le dédiiiaîenk

Cet empire subsista quelques années eaeore, en proie à^ bte^tS^- d'B^^^^^^ convuMons. On voyait,. d'une part, se succéder rempie »« t^*»® des princcs efféminés, indifférents aux calamités.

d'Occident.

publiques ; on voyait de» chefe qui s'élevaient rapidement, et tombaient de même par l'assassinat ou par la révolte; une armée composée d'une foule d'hommes de toutes ka nations , qui ne reconnaissait point de patrie, que k cupidité seule attadiait à TÉtat, et qui le dévorMt lorsqu'il y avait plus à gagner par le pillage que par un service mercenaire; un peuple enfin ignorant et o^sérable, qui ne savait à quelles lois obéir, épuisé par les empereurs, pillé par les armées et par les hordes barbares, et qui dès Itnig* tempa aurait cessé d'être romain s'il avait su à qui se sonxMttseavte sécurité. D'autre pan, on apercevait des peuples nouveaux et fturouches, dont rbEumeur indépendante et fière eoBftrastaSt avec le caractère abfttardi des Romains^ Cet peuples, différentade nHeurB,de langue et de ei^,

rinsf que éPorîghiey sembfaienÉ fl^ètre entêodas podr TenAr des extrémités du inonde fondre ensemble sur Fém^ire ^^oowBe sur leur proie. Entre cette société vieillie et ces races nouvelles, l'Église chrétienne s'élevait, prenait des forées, gagnait à elle une multitude d'hommes, à qui le monde ne promettait plus que des souffrances, et qui embrassaient avec ardeur l'espérance d'une existence plus heureuse dans un monde meilleur. L'Église les recueillait touis dans son sein, sans avoir égard au rang ni à la fortune, mais en élevant aux dignités les plus instruits et les plus habiles. Seule alors elle conservait dans l'Occident le dépôt de quelques connaissances, et travaillait à faire sortir une civilisation nouvelle du chaos où l'Europe était menacée de tomber.

L'empire termina sa douloureuse agonie entre les années f^iJe 475 et 480. Le dernier prince élu parle sénat de Rome et *ï^' par rempereur de Constantinople, et qui à ce double ti- *'^'*^' tre avait été légalement reconnu pour empereur d'Occident, fut Népos, proclamé Auguste à Rome, en 474. Un officier d'origine barbare, Oreste, ancien secrétaire d'Attila, placé par Népos à la tête des milices impériales, le chassa du trône, le contraignit de fuir, et mît à sa place'un fils qu'il avait eu de son mariage avec une Romaine de race illustre. Ce fils, nommé Romulus , fut reconnu empereur par le sénat de Rome; mais son élection ne fut point confirmée par la cour de Constantinople : il n'eut que Tombre du pouvoir, et reçut par mépris le surnom d'Angustule. 11 fut renversé une année après son élection, par UD autre officier barbare, nommé Odoacre, jadis chef d'un corps d'flérules, et qui, élevé au commandement des milices barbares auxiliaires de l'empire, conquit à leur tête SJrlSfuc une partie de Tltalie, et se rendit ooudtre de Ravenne et de odSacre.

20 INTlODUCTlOIf.

Borne. Odoaere affermit sa imissanee en partageant à sea soldats le tiers des biens-fonds de l'Italie.

Le trône d'Occident était vide , et les faibles restes de l'aatorité impériale paraissaient concentrés alors dans les mains de Fempereur qui régnait à Constantinople, et qui^ ea qualité de seul béritier et successeur des Césars , exerçait dans rOccident même sur le monde romain une certaine suprématie : les cbefs barbares s'adressaient à lui pour obtenir des bonneurs et des titres de possession. Lorsque Odoaere renversa le faible Augustule, le légitime empereur, Népos, était réfugié cbez les Dalmates, et i'Isauriea Zenon occupait le trône de Constantînople : c'est à celui-ci qu'Odoacre demanda la dignité de patrice, avec l'autorité suprême sur les peuples de l'Italie. Zenon réserva les droits de Népos; néanmoins il accorda la demande d'Odoacre, > qui, durant dix-sept années, gouverna Tltalie avec un pou-

voir presque absolu.

Division La Gaule, à la cbute de l'empire, était divisée entre les ÛSe ^^^^S^^S) sous Euric, au sud ] les peuples de l'Armorique^ 'îïîfpS? ^ l'ouest ; les Allemands et les Bourguignons, à Test ; et au ?iachSê ^orày les Francs. Ceux-ci, toujours partagés en deux napKeîuî'r tîons, les Francs Saliens et les Francs Ripuaires, occusituation. pj^|gQ|. encQre ^ pg^ p,.èg iq même territoire qu'ils avaient conquis, et dont la possession leur avait été confirmée dans les deux siècles précédents. Les Francs Ripuaires, qui occupaient les deux rives du Rbin, s'étendaient en deçà de ce fleuve jusqu'à l'Escaut (ScaWes); les Francs Saliens occupaient le territoire borné par l'Escaut, la mer du Nord et la Somme ( Samara). Ils étaient partagés en trois tribus ou petits royaumes, dont les villes principales étaient Tournay ( Turnacum ), Cambray { Camaracum ) et Thérouanne (TAen^^nna). Les chefsou roisde ces tribus appar-

lifTBODUCTIOlf. St

tenaient tons à la race royale de Cloâion ou'^ Mérovée. La trttra de Tonmay a?ait acqais le premier rang et rioâueiiee dominante sous le roi Childéric.

Une partie de la Gaule, entre la Somme et la Loire, était restée romaine, et se maintint quelque temps eneore après fa chute de fempire indépendante des barbares. Cette contrée assez étendue était alors gouvernée parle général romain Syagrius, fils du célèbre iEgidius, l'ancien mattre des milices impériales.

Les Anglo-Saxons , à cette époque, avaient envahi la Orande-Bretagne et s'établissaient dans cette lie ; un grand nombre des anciens habitants émigrèrent, et se fixèrent à l'extrémité de la pointe occidentale des Armoriques^ où ils forent bien accueillis par les indigènes, qui avaient avec eux communauté de langue et d'origine. Notre Bretagne a reçu le nom de ces Bretons expatriés.

Vers le même temps une colonie des Saxons chassés de la Crermanie s'établissait en basse Normandie, aux environs de Bayeuxy tandis qu'une autre colooie de ce même peuple, ennemi des Bretons, occupait une partie du Maine et de l'Anjou.

Tel était l'état de la Gaule, lorsqu'en 481, Glotwig, plus connu sous le nom de Clovis % fils de Childéric et petit-

' Chez It plupart des peuples barbares les noms propres dMiommes et de femmes iDdiqueiit presque toujours quelque qualité distinctive. Merowéff ou Menvig est formé de deux mots , mer, grand , et wig, «oerrier; Clothild ou Lothild vient de lot célèbre, et de Mld, jeme garçon ou jeune fille. Les noms barbares sont en général durs CD difficiles à prononcer, et ils ont été transformés par Tusage en noms phtt doux. Ainsi, par exemple, de Merowig nous avons foit Mérovée, de Clotwig ou Chlodowig, CloTis; de Brunehild, Brunehaut; de Theodorik, Thierry; de Gundbald, Gondebaud; de Karle, Charles; de Uodgher^ Léger; de RoduHf, Raoul ; ^'Allrïk^ Alaric.j

ili de MérowtgVn Mérovée, qii donna son oom à sadj^ Baatie, fat ^éia roi «m chef des Francs Âallens éUèUs è Toarnay ^

• Pour les dÎTisioiis de la Gaule à Tépoque de raTénement de Gkwis» voyez ma Géographie historique de la France^ pages IS et 19> et la carte n^ 4.

PREMIERE ÉPOQUE

BÈGNB DBS DYNÀSTIBS

MÉROVINGIENNE ET CARLOVINOIENNE.

481 — 986 (5 siècles).

PREMIERE EPOQUE

BÈGNE DBS DYNASTIES

BfÉROVINGIENNE ET CARLOVINGIENNE.

Page 1