LIYBS II. CHAPITRE II
gnons, et de femmes dissolues, tantôt il faisait porter devant lui les châsses des saints, qu'il suivait habillé en pénitent, mêlant d'obscènes bouffonneries aux litanies de l'Église; tantôt il courait les lieux de débauche, récitant, aux lueurs de l'orgie , son chapelet de tètes de morts ; souvent il parcourait les rues en outrageant les passants, ou quêtait de porte en porte , avec la reine sa femme , de petits chiens y des singes et des perroquets, dont tous deux faisaient leurs délices. Des historiens ont dit que Henri III poursuivait un plan profondément combiné au milieu de ces honteux désordres; le livre de Machiavel était son évangile ; et suivant eux il voulait dompter les grands par toutes les séductions du vice. Quoi qu'il en soit, sa mère à cet égard lui donnait le précepte et l'exemple, en s'entourant de filles d'honneur habiles à séduire ceux dont elle voulait endormir l'ambition ou les ressentiments ; sans foi religieuse, elle croyait aux maléfices et aux sortilèges : les astrologues , et l'un d'eux surtout, Cosme de Ruggieri, étaient en haute faveur à la cour. On attribuait à ces imposteurs le pouvoir de donner la mort , en piquant au coeur des figures de cire sur lesquelles ils prononçaient des paroles mystérieuses. Les pratiques d'une dévotion superstitieuse se mêlaient aux empoisonnements et aux dissolutions dans cette cour infâme : les voluptés étaient le prix du crime; et Marguerite de Valois, digne de son frère et de sa'mère, acheta ainsi la mort de Dugast , son ennemi et l'un des favoris du roi, qui le vit poignarder à ses pieds, et oublia de punir l'assassin.
Catherine de Médicis montrait seule quelque résolution dans le parti du roi. Elle se rendit à la tête de ses femmes, qu'elle appelait son escadron volant, dans le camp des confédérés, et séduisit d'abord son fils , le duc d'Alençon ,
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^d«ot elle trfj^ l'apanage. Xi prit dès lors «le HXm de éoe
qmëme ^'"^"M^) ^^ ^ttittft le parti des féferBiés. La mine donna
Sê\on- ^^ espérances aux autres «d^s ; Us se «épapèrent en se
''l^l' jomaftonnant, le roi de Navarre en Guyenne, Condé «nx
entrons de la Roekelle , Dam^ille en Languedoe , à la tète
des polHkfues, et le prlnee Casimir sur la Arootière de
Champagne.
La honteuse conduite du roi le rendait on objet de mépris , même aux ye«x des siens , ^ faisait oublier aux pWs ^de?r zélés ses exploits de la Saint-SiFtiiélemi. Bepuis 'longtemps ugue. Il s'était formé dans les ppovinees des ligues partie»liéres pour la défense de ia veUglon eatholiqne^ b&snCM elles se réunirent, et n'en forisèrent qu'une seule ^«« nom ^e la sainte Trinité. Cette ligne «vait pour but apparoflC 4e maintien du catholicisme, le salut du roi et la destruotion des protestants ; mais ses aioleurs se imposaient en secret de faire Juger et condamner le doed'Awfoo, pow èe pnnir de l'appui qall avait prêté aux refermés ; de dé* poser l'iodigne Henri III , descendant de l'nsiirpateiir H«« guesCapeft, et de l'enfermer dans andcHre; enfin, de transmettre la couronne à Henri de 0uise, «urnommé ^e Balafré , iils du grand f'rançois de Guise, et qu'on 6Ê* sait descendu de GharlemAgne. Quelques mots de la formule du serment des ligueurs étaient ceux-ci : « Nous « nous obligeons à employer nos biens et nos vies pour te « succès de la sainte Union, et à poursuivre jusqu'à la « mort quiconque voudrait y mettre obstacle. On élira au « plus tôt un chef, à qui tous les confédérés seront tenus « d'obéir. Ceux qui ne se joindront pas à la sainte Union « seront traités [comme ennemis , et poursuivis les armée « à la main. Le chef seul décidera dans les contestation « qui pourraient survenir entre les confédérés, et ils ae
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« r^oottiroBt auxfiDiBpstEats ofdinakes fueipar sa permi»- « ^QQ. » Ai»» k^ ll^uevurs transféraient lotite larpuissance coyaleÀ leur «bef futur, ^qui devait êtne le duc de Guise. Le pape 'Grégme XUI eneouragea oelte ligue.) et Philippe II promit de la. soutenir par des«eaours d'hommes etd'as^feot. Elle était di^jà. formidable lorsque Heuri III eu eut eouuaksauee , et comprit le bot de rass^ooiatiou : ce fut au œHieu des complots des ligueurs €A>des menaces dfis ooufédéffés qu'il rçuuit ks étafes généraux à Blots, eu Premiein
^ • ^ ' états de
i5^7j6. Il eu fit reu?erture noar uu diâcours rempli de di- b^o^'*guité. Les états, oè les protestants .n'étaieut pas Fepréseutés^ d^noasdèreot qu'une seule Teligiou fut tolérée en Franee; ils Youlaient la gueire., et ils refusèrent au roi Tairgent néoessaii'e pour la continuer. La piqpart des députés étaient ottaahés.à la Lifue. Le rai ^ par le conseil de sa mère ^ déjoua leurs complots et trompa Tespoir de Henp de Guise «n se déclarant lui-même le chef de la sainte Union. On dressa un'iormulaiFe : te monarque le jura, 4e fit accepter aux états, et ordonna qu'il fût signé à Paris et dans toute la France. A cette nouvelle le duc de Guise, absent, se hAta d'accourir et de presser la guerre. Faute d'argent, on négocia d'abord; puis deux armées sixième catholiques entrèrent en campagne» Tune sous le duc ^/J/j^* d'Anjou, l'autre sous le due de Mayenne, frère de Heurl de Guise. Plusieurs places lurent enlevées aux confédérés, et Pintrigue détacha d'eux Bamvilie et ses partisans les politiques. Ces sueoès et cette défection furent suivis d'une mmvelle paix , qu'avait préparée le célèbre édit de Poitiers Édtt de et de Bergerac. Henri lll accordait aux protestants, par mr^' cet édit, l'exercice public de leur culte daus chaque cheflieu debaillia^ et dans chaque juridiction royale, hormis à Paris; il les cétaUlssait dans teucs privilèges de ci-
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toyens, avec droit aux charges et aux dignités; lear donnaît des juges particuliers dans chaque parlement, et leur accordait neuf places de sûreté. Le roi permettait en outre, à certaines conditions, le mariage des prêtres ; il flétrissait la Saint-Barthélemi , et proscrivait la Ligue.
Tgit«^de L'édit de Poitiers, bientôt confirmé par le traité de Né- 1^77. |.^^ ^ aurait pu pacifier le royaume ^ si le roi eût veillé à son exécution ; mais, délivré des soins de la guerre, il se replongea dans ses honteux plaisirs. Toutes les largesses, toutes les dignités , furent prodiguées à ses mignons , dont il exigeait d'infâmes complaisances et des actes d'une bravoure féroce. Un vertige furieux s'empara de toute la cour, où le temps semblait partagé entre la prostitution , le duel et le meurtre. Le roi rendit des honneurs extravagants à la mémoire de deux de ses favoris , Quélus et Mangiron , tués en duel par le duc de Guise : tin autre , nommé Saint-Mesgrin, fut assassiné par le duc de Mayenne, tandis que Bussy d'Amboiâe, homme audacieux et sanguinaire , favori du duc d'Anjou , et mortel ennemi des mignons du roi, était attiré dans un piège et massacré. Tous ces meurtres demeuraient impunis : le roi vendait sa clémence ; Téchafaud n'était dressé que pour le peuple ou pour les huguenots, et c'était unç maladresse ou un ridicule d'être condamné pour crime d'assassinat. Le duc de Villequier poignarda sa femme, qui avait repoussé les vœux coupables du roi : il fut nommé gouverneur de Paris. La licence n'avait plus de frein, et la débauche présidait aux festins de la reine mère, où Henri III lui-même se déguisait en femme, affectant d'imiter le langage et les
Guerre ^ïollcs habltudcs du scxc dout il revêtait le costume.
*Amou- Bientôt sur de frivoles prétextes la guerre éclata de
Taeô.* toutes parts. Les intrigues galantes qui l'occasionnèrent