LIVRE II. CHAPITRE II
ea partie la firent nommer la guerre des amoureux. Henri III avait écrit au roi de Navarre, dans i*intention de le brouiller avec sa femme Marguerite : il ne réussit pas, et le Navarrais loi répondit par la prise héroïque de Cahors. Gondé se montra aussitôt en armes dans le Languedoc, prêt à le secourir. Une paix avantageuse aux ré- ^i\l^^^ formés fut signée. Tannée suivante , à Fleix, par rentre- "^'' mise du duc d'Anjou , à qui Henri III promit de seconder ses vues sur la Belgique. Philippe II venait de s'emparer Affrandu Portugal, et toutes ses forces étaient alors employées '^"wq-^ à soumettre les Pays-Bas, et à lutter contre le célèbre ^,Sîî*^ prince d'Orange, Guillaume le Taciturne, qui avait arraché les provinces septentrionales à la tyrannie espagnole. Le grand capitaine Alexandre Farnèse succédait, en qualité de gouverneur de cette contrée, au vainqueur de Lépante, don Juan d'Autriche : les Flamands étaient réduits à l'extrémité, et imploraient le secours des protestants français. Le duc d'Anjou , à qui la reine Elisabeth avait fait espérer sa main , pouvait leur assurer par ce mariage l'appui de l'Angleterre : ils le proclamèrent comte de Flandre et duc de Brabant. Profitant de la paix de Fleix , et muni du consentement de Henri III, ce duc recruta une armée parmi les réformés de France. Avec elle il délivra Cambrai^ et s'empara de TÉcluse ; puis il exerça en Flandre un pouvoir despotique, châtia les villes qui combattirent ses prétentions, et se couvrit de sang dans le massacre des bourgeois d'Anvers, exécuté par ses ordres. Chassé par ceux qui l'avaient appelé, il se retira dans ses domaines, et y mourut. Un mois plus tard, l'illustre Guillaume d'Orange périt à Delft , assassiné de la main deBalthazar Gérard, fanatique émissaire de Philippe II, qui applaudit hautement à ce meurtre après l'avoir acheté.
44t TmtfnWÊÊM SBOORB.
Levoide Bit^arM d^vanit , far lanmtàaéÊCê^Aah JoQ, le flis pr«ehe héiitier ^ trône ^ ; iM»MaL jeux 4b pevple sa veligton le modaift inhabile à raocKper. Getts eiresiMytaBee raoloM l*aoAao6«k Jcs etiorto ée la Ligne. fleuri IH, qoeiqoeâaDf la vigueor ai 1^, était r«futé lDeapd[>le d*a^alr ées «sftinls , et te calboif^es aéléi teinmèrent leurs r^arcte Ters 4e mmsi cwfàiiuA Ckeàks es Boorlnm, onfie du rei 4e Nawrre : Us 8*appii5rèi«[)t de aon aem jusqu'à ee qu'Hs pmseiit jettf le naa^ue, et«e déclarer ouvertement pour le due êe Girîse. €eluM)i ae flrit de nouveau hardiment à la tète ilss ligueurs; etfen* ^nt II hësnait à éelater : PhiMppe II Y y dédda. €e ma* narque savaft que les Flamands réf oHés oUraieiit de ae reeonnattre sujets de Henri Ifi , et que le meWeur moftA de leur enlever Tappui de la France était de fomenter des troubles intérieurs dans ee royaume : H eseita donc Benri de Guise par des promesses et des menaees. Favte deviol le f6yer de la Ligue, et de œ eentre les Hgneurs élBOdirent des ramifications sur toute la ÏIttnee. fis ârent tonner les prédicateurs en chaire centre Thérésie de Henri de Navarre et contre la molicsse de Benri HI; Ils affichèrent dans toutes les rues des représentaHans d*alft«ttx supplices auxqnete les catholiques , disaient-âs, serakoC livrés si le prince hérétique devenait Jameiis roi. Le peuplé, rendu fdrieux, demanda la guerre «t f'extermlnaâMi des catvhsistes. La Ligue s'adressa au pape l^xte Y, q«i f^ilmina une bulle d'excommunication contre le roi dt Navarfe, et le déels»*a inhabile à succéder au tr6ne. Bpeavanté de reffervescenee populaire, Henri Itl, après de
*, Henri de Navarre descendait en ligne directe de Robert de Clermont, cinquième fHs de saint Louis.
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10991e» »béttMîmw, «rot 4eydir« xa(#roobcr au due de <jAl9e;il eut Iftlftibltsse^fw k Imté 4b Nemours , ^'adiBcUve toute» mm ^tékesItÈou^ y 11 intérêt, sens^peiBe de moÊi dêm \t sojmwiie, Teiwrjeîee étoile feli^^ autre 4ae la ranMine, livra de» places de «oreté av due, ^ solda aes troopes étrattgères. Pres«pie anssUÀt les calvipi^eB «éprirent les arsoes, et cette imitième guei^ffe fat ueouaiée la §imerre des trms Eenris^ Les prinoes de Coudé ^ de CoQti , la BochefoucaiiJd^, Huitième
^ ^7 fguerre
Kohan f les quatre frères L^val y riotrépide la Noue, la f^^l^- XfémoiiftUe, Rofuetonre, Biioa , tirère&t Tépée peur Henri de Nttfaiie ; le^èle Rosb;^ y^eaitààt ses bois, et en apporta k prix y à tra^rt mille périls, aux pieds de BoiwboD. Ce priaoe, après .avoir^ pow épavgaer le saug du peuple, vaimmeat proposé à ses e«»enis l'assemJ^lée des états, um coBcile ou le duel, les étoana par d'hs^iks manoeuvres, et fit reoenoâltre mw autorité daus plusieurs provinces du midi. Mais Coudé fut iiiol»s habile et moins heureux ; il BMreba téméraifMseat; au^deYaat des catholiques, qui le prévinrent sur la Loirc ; il ne put Iranehir ce £ku¥e, et son armée se disporsa sans avoir eombattu. Le brillant duc de Joyeuse, favori de Heiuri III , commaaâait rarmée oathoUqne; il feneeotra les troupes calvinistes de Henri de Bevrbon près de Contras, en Périgord. Une multitude fiataiu« déjeunes courtisans avaient voulu suivre Jo-yense; Tor et coûtas, kft picanses préeiettses'étincelaient aw leui» armes : Henri n'avait que du for à leur exposer. Araut Tactiim un mi^ nisliede rÉ^ogilsrseet des rangs^ et itepnsente au jiSUDe roi de Navavrc qjn'il a porté le ti!ouble dans ime honnête iHnlUe par une liaison eiûmineUe ; qu'il doit ia réparation puUiqpedeoe scaadakà soA.ar^mée^ «t Thumble aveu de sa faute à Dieu, devant lequel, daus un instant peut-ê^
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il comparaîtra. Henri se confesse au ministre Chan^en, et dit aux seigneurs de sa cour, qui l'en veulent détoamer : <c On ne peut trop s'humilier devant Dieu ni trop braver <t les hotnmes. » Il tombe ensuite à genoux avec ses soldats protestants ; \b pasteur prononce la prière. Joyeuse, à la tête de l'armée catholique , les voit, et s'écrie : « Le roi de « Nava rre a peur ! — Ne le prenez pas ainsi , répond La- <c vardin ; ils ne prient jamais sans qu'ils soient résolus de « vaincre ou de mourir. » Henri se relève; il anime ses troupes du geste et de la voix, et s'adressant à Coudé, à Gontiet au comte de Soissons, ses cousins : « Pour vous, « je ne vous dis autre chose, sinon que vous êtes du sang « de Bourbon ; et, vive Dieu * je vous ferai voir que je suis <t votre aîné. » La bataille s'engage, et toute Farmée de Joyeuse est détruite; lui-même périt en combattant. Henri , après la victoire , se montra aussi humain et gé< néreux qu'il s'était montré brave pendant Faction ; mais il ne sut point profiter de son triomphe , et s'oublia dans la mollesse : une armée allemande qu'il cherchait à rejoindre fàt repoussée par le duc de Guise , et la sienne se dispersa faute de solde. Le prince de Gondé survécut peu à celte victoire : il périt empoisonné.
Elisabeth, reine protestante d'Angleterre, flétrissait; alors sa gloire en ordonnant le supplice de Marie Stuart, veuve de François II et reine catholique d'Ecosse, qui, fu3'ant ses sujets révoltés , avait cherché un asile dans les États de sa rivale. Elisabeth ne lui pardonna ni la supériorité de ses charmes ni le titre de reine d'Angleterre, qu'elle s'était donné : elle la retint dix-neuf ans captive , et finit par l'envoyer à Féchafaud. La mort tragique de cette reine, belle-sœur du roi de France, contribua > aulai^ que la défaite de Coutras , à accroître le zèfe farouche
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des ligueurs et leur mépris pour Henri III. Ce prince avait donné à son favori d'Ëpernon , détesté du peuple , les dépouilles de Joyeuse , et s'abandonnait de nouveau à ses occupations frivoles , étudiant la grammaire, et apprenant à décliner au milieu de ses petits diiens , de ses perroquets et de ses mignons. Henri de Guise cependant, aussi prudent que brave et ambitieux , toujours babile à profiter de ses avantages , grandissait dans la faveur publique, et la Ligue redoublait d'audace. La faction des Seize surtout commençait à se rendre redoutable. Parte était alors gouverné par un régime municipal ; les bour* geois avaient la garde des murs et des principaux postes ; les écbevius conservaient les clefs des portes. Dans chacun des seize quartiers de la ville il s'était établi une espèce de conseil, où L'on traitait des intérêts de la sainte Union : conaeii
des
le chef de l'assemblée allait ensuite adresser son rapport seize. au conseil général de la Dgue. Chacun de ces chefs était agité des mêmes passions, et, ayant les mêmes intérêts à soutenir, ils s'accoutumèrent à se réunir entre eux ; ainsi se forma le fameux conseil des Seize, dont Bassy le Cleh;, ancien maître d'armes, fut un des membres les plus violents. Ils ourdirent un grand nombre de complots contre la liberté de Henri III; mais, constamment trahis par un des conspirateurs, nommé Nicolas Poulain, ils échouèrent dans tous leurs projets. Le roi, parfaitement instruit de leurs intentions et de leur puissance, et secrètement pressé par Henri de Navarre de se Joindre à lui , eut la pensée de chercherutt refagedansson armée; puis^prenanttoutàcoup une résolution hardie, il fit défendre à Guise d'approcher de Paris. Mais telle était la pénurie du trésor, qu'il y manquait vingt-cinq écus pour envoyer au duc un courrier : la lettre du roi lui fut remise par la poste, et il nia qu'il l'eût reçue.
^pelé çàf les ]igi»iH« , Guise mtea dais P§«sa«& ae* clitfsations de la multUude ; sa £aibte escorte se gnoasU d'une foule idoiàtre^ avide de le "vmi et de toitchffl' sa persoDoe ou ses habits : le feuple le siomiiiay; le noii¥€«ii GédéoD, le nouveau Maehahée : «^ La FraBee,>dit \m 1ms- « toôsadu temps, étoît Me deeetlioixiaie^à. » Udeaœndit chez Médiois, qui le aoudiûsit jsa» gasde» «u Louvise, près de sqb fils. Le roi dékJi>érait s'il œ le ferait poiut jpoigiiarder sur Theuve. Le eokNifll ^Alphonse oGtfraitsoD braa, et Benri hésitait « Piaorquei étes-vous veau m£^é mes <t offdjies? » dit*il au due ea l'^^Fcevaut. Guise i&eignk de les avaîr igaorés, et népoodit ^u'il veaait se jositiûer des oalamfiies dont it était t'olst^; pais , «burmé des iaroaebea vegfoàs des assistants^ il salua et d»parul>. Le leaéemaia il revifit au Laavre, mm% hteo accompagné ^ et^kis disposé à doBBOF la lui qa'à J» raeeiroir* U damanda qu'une gaerre^à outranœ iùtfaîle awK bugu^Aots., et qm les fa» vofis d'BperaMk^ la Yalolte , «t laas ks gens suspecta^ flosa^t ehassés de ik eauc Le laihk aoiiarqueKeéda^ aooa caadiliaa que le dflc taMeraift à purger Paris des élrai>* gars ai des geaa saiw avaii. Guise kpramit, etk peuple mnnttUKEL hautement. Le roi manda autour ée kû ea lu^ bksse «s arme», «I appola (|oatiie rnUk Solssss à Paris. UaamivèfBnt pai^tavt P^tuna haute et enseigacs d^^ées. Leur mneireMltt k peopkfoiieiis, et eseita «asimlève» joarnée weiiit général : ka mes furent aussitôt dépavées, et les léric^des. aètsfts garnies de pierres; cm teadifileadu^Ks, etdeirièDe elks^k muUâtade iospro^isa milkhaiHeades; les troupes loyakBM vifint iunesties et attaifuées à» toutes parts, saM espmride retraite a» dé aalat. Le roi, eaasiené, Mt wvfplier krdue ê» Guise d'arrêter le désordre clFeCinskHi du sa^g. d'Ut sent des tmrean échappés^ répond froidanerit
« te dtic; je Be piô» les retralr. » Enfin, toraqo'tl jnge^^R esttemps d^gir,il qifîtte son faètet,«tse «i^Mlreaa peuple me baguette à la maki. A son aspect la ibole ae Kvre à des «transports frénéticpies, et devant lui tomfeent tes barfteades. Oulse i>énètre aînsl jtrsqo^twix postes des malheureux Suisses; 11 fefteesser te combat , tewr ouwe ua chemin , et leur sauve la vte. MééMds accourt; en la porte au-dessus des barricades jusque auprès ^e Guise; elle négode avec lui : il demande la déchéance des Bourbons , te iteutenance générale du royaume, des places de sûreté, dé Fargent et la guerre. Médteis prolonge Tentretien, au milieu duquel le duc apprend que le roi s'est enfai de Paris. A cette nouvelte imprévue : « Je suis mort, madame, «c dit-Il , le roi s'en va pour me perdre. » Henri III , à la faveur du tumulte, avait quitté Paris au galop, et ne se crut en sûreté qu'à Chartres, oà il M refohit par ses troupes et par sa cour. Cette journée fiimeuse , ou te peuple livra Paris au duc de Ouise, est nommée dans Phistoire la fournée des Barricades.
Guise mit à profit «a vietohre en exerçant les fonctions de roi avant d'en prendre le titre. 11 assembla le peupte , fit créer de nouveaux officiers de ville et d'autres capitaines ; puis il pria te premier président, Achille de Harlay, d'assen^ler le parlement, pour prendre avec lui tes mesures convenables à la circonstance. Mais ce magistrat ne répondit à ses demandes que par ces paroles hardies et sévères : « C'est grantfpîtié, dit-il, quand te valet chasse «««Jf^ « te maistre : au reste, mon âme est à Dieu, mon cœur est ^fe^^SSr « au roi, et mon corps aux meschans. » Guise insistait, « Quand la mafesté du prince est viotee, reprit intrépide- « ment Hartey, le magistrat n'a phis d'autorité. » Le présidât Brissonse montra plus flexfbte, d se prêta aux
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vœux du duc de Guise. Gelui-d cepeadaut, ayant éehoué dans son projet de s'emparer du roi , s'efforça de repousser tout soupçou de violence : il ne voulait pas qu'on lui reprochât d'avoir chassé son maître avant qu'il lui fut pos* siblede l'écraser. Il songea donc, secrètement conseillé par Médicis , à fléchir la colère de Henri, et il inspira le même déi^ au peuple. Les Parisiens , instruits du goût du roi pour les processions , imaginèrent d'en conduire une jusqu'à Chartres; et les chefs de la Ligue se prêtèrent à cette fantaisie. Leurs fougueux amis , les moines de tout ordre, les femmes les plus dissolues, chacun vêtu en pénitent, voulut être de cette procession extravagante. Procès- Henri de Joyeuse, courtisan qui s'était fait moine, mar-
slon dite w y i. r
bÏSw ^l^^^t®^ ^^^1 SOUS le nom de frère Ange, Deux capucins im. étaient à ses cêtés, représentant, l'un, la Vierge , l'autre , la Madeleine. Frère Ange portait avec peine une énorme croix de carton , et quatre vigoureux satellites le flagellaient lorsqu'il donnait des signes de faiblesse, fies trompettes et des chaudrons annonçaient la marche du cortège. Le frivole monarque, contre l'attente générale, ne témoigna que du dégoût et ne vit dans ces prétendus pénitents que des rebelles. Néanmoins les négociations continuèrent : Henri consentit à traiter avec le due de Guise ; le fameux ^Édit èdit d'union parut, et le roi sembla s'être livré à son IM8. * ennemi. Il s'engageait par cet édit à détruire les hérétiques jusqu'au dernier, il déshéritait Henri de Bourbon de la couronne, nommait Guise généralissime avec un pouvoir absolu , et lui abandonnait des places de sûreté pour plusieurs années.
Ces concessions cachaient les desseins du roi. Il avait d^à pris une résolution extrême , et pour l'accomplir les états généraux furent de nouveau convoqués à Blois.
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Henri de Ouise et le cardinal son frère s'y présentèrent seconds hardiment. La plupart des députés appartenaient à la ^oi». Ligne ; et dans la séance d'ouvertnre, pendant le discours du monarque , tous les yeux se portèrent sur le duc de Guise comme sur le Téritable roi. Son projet, qu'il déguisait peu^ malgré son habileté extrême, était de déposer le faible Henri, et de se faire proclamer à sa place. Son orgueil Jouissait en écoutant ses imprudents amis, qui le comparaient à Pépin, tandis qu'ils flétrissaient le monarque du nom de roi fainéant. Sa soeur, l'ardente duchesse de Montpensîer, transportée de rage contre HenrillI, portait à sa ceinture des ciseaux d'or, destinés, disait-elle, à faire la couronne monacale au nouveau Chilpéric. Ces ' discours téméraires étaient rapportés au roi, qui, sans consulter sa mère, prit un parti violent et décisif* lï com* munie avec son ennemi, et en partageant l'hostie à la sainte table il lui jure en public amitié pour l'avenir et oubli du passé : 11 avait secrètement résolu sa mort. Il faut à Henri un meurtrier; il Jette les yeux sur les quarantecinq gentilshommes de sa garde , et sonde le brave Grilfon, leur chef : celui-ci se récuse noblement ; il offre d'appeler le duc de Guise en duel: il frappera au péril de sa vie, mais non en assassin* Henri lui commande le secret. Loignac s'est proposé ; le roi compte sur son bras. L'heure et le lieu sont fixés ; mais de sourdes rumeurs circulent, les partisans de Guise sont alarmés , des avis menaçants lui arrivent de toutes parts. Un Jour 11 trouve sous sa serviette un billet qui Tinstruit des desseins du roi : sans se troubler, il écrit au-dessous : // n'oserait ^ et rejette le billet sous la table. Le lendemain 23 décembre il se présente au conseil; la porte se ferme, la garde prend les armes, et un officier l'avertit qu'il est mandé chez le roi. Il se dirige
4&0 XMQffiBIBJIS BVOt&A.
YATS ie cabinet. du moBiMMpie,; U y entrait d^à, lorsqoe vffî de ^^^^^y 1 ^'^"^ ^^ qnar^nte-ieinq , lui ploBgeafâ; le pejn ^^^^rll i^oard daas le seîa , ê'iécrie : « Xraltne , tu en menrcas ! » "rtre" B'&ttfcres se jettoat «ttr kii» et le frafpeot : Loignae M eiH '^' fonce répée dans le» eeina. Se fientant h\es$é par derrière, ie ducs'éerie ; Misérioorék /et bien ipi'il eût, dit i'bistariepL du ten^ , son éfiée engagée dans le manteau et les jambes saisies , M ne laisse pourtant d*enlralner ies assassins d'un bout de la cbambreà Fautre. Il marchait las bras tcttdus, les yeux éteints, k bouche ouarerte, comme dqà mort. Il tomba sur le lit du rw. Le cardinal de finiise» assis au conseil av«c rardievéque de Lyon , entendit son frère ^i «rndt merd à Bieu : « Âà ! dit-<îl, on 'tue mot « frère I » Et comme il se levait, le maréchal d'Aumofit, lamaia sur smï épée,'lai dit : t Ne bougez pas, raonsleor; le roi a affaire à vous. » Le cardinal et farehevèiue sont tsansféfés à la tour des Moulijis.
Après révénem^iit, Henri sortit de son cabiaet pour voir leicorps de la victime. Il le ioula aux ^ineès, eomn» (jttiBe lui-même avait foulé aux siens le cadavre de Goligm. IMe contempla «n moment ^et dit : « Mon Dieu, (jit'il « est grand ! il parait encore plus grand mort ^ue vivant ! » L'Ëstoik rapporte ^u'il le poussa du pied une seconde fois, et dit à Loignac : « Semble-t-il qu'il soit mort, Loignacl > GeluiMsi ^jprenant le corps par la tête, «épondlt à Henri de Valets : « Je crois que oui , «ire. » « £t^ poursuit le (Ahtonicpieur, je pense que si M. de Gcdse eust seulemoit respiré lo^u'U le poussa du pied, le roi f«st tombé de frayeur auprès de lui » Tous les |>aiieats et les amisdeCruise dont on put se saisir luteat arrêtés, et le tondemain le cardinal son frère périt assassiné dans la tour des Diloulins. Voyant entrer les menrteleni, il se «^t à genoux, se ciMivrit la
LIYIB 'U» CBÂ9USat ai. 4âl
lète^ «tdit : « Faites voire eomraisskm. » fi fut nxtmé à om^ de liallebarde.
Telle fat la sangtante catMtro]^e des états de Bloîs. Médieis ne survécut aux princes lorrains que peu de jours. Fidèle à son habitude de ohercher la force où elle croyait k >r«ominattre, janais elle n'avait oompléteiiient romj^ a^ree>ettx., et peut-être trahit-elle plus d'ime fois son ûhy peur se ménager Thommage et l'appui des Gnlses. Leur mort jjeta le trouble dans son esprit : en l'apprenant^ elle dit'aa>roi : « C'est bien >eâiipé, naon fils ; Biais il faut con- « «dre. » Henri profita mal de son conseil ; il demeura indécis, nemardia point sur Paris, eu se formait Forage, et jura de nouveau, dans les états , l'édit d'union avant do^les dissoudre. Il avait kissé échapper pksieurs prison* niers d'une haute importance. Ses deux ennemis ks plus redoutables, les ducs de Mayenne ^ d'Aumale, frères des Gakes assassinés , étaient restés lt)res , quoiqu'ils fassenH poursuivis de près , et ils se hâtèr^t de soukver le peuple et l'armée.
La rage des Parviens -n'avait pas besoin d'être exei- ^^p|^ tée : la nonvetk du sinistre événement de Blois provoqua Parisiens. l'explosion de leur haine et de lair fureur. Des prédiea* leurs fanatiques , à la tête desquels se distingua le euré Lincestre, tonnaient en chaire contre l'assassin , et prononçaient anathème sur sa tête; des enfants, des femmes, des hommes demi-nus, parcoururent en procession , et un ciei^ à la main , k cimetière des Innocents : là , ét^*gnant leurs flambeaux, on les entendit s'écrier : « Ainsi « s'éteigne la détestable race des Yakis I » On proetoma le duc de Mayenne lieutenant général du royaume ; les pou« voirs des Seize furent confirmés , Fénergumène Bussy le Okrc, gouverneur de la Bastille,, y enferma la plupart