LIVRE III. CHAPITBE II
La question de la guerre ou de la paix était la première à résoudre. Sully voulait persister dans la voie ouverte par Henri IV , et poursuivre à outrance la guerre contre la maison d'Autriche ; son avis ne prévalut qu'à demi : un secours illusoire fut donné au duc de Savoie, qui s'était compromis pour la France : ce prince fut obligé d'implorer le pardon de Philippe III et de se soumettre. On poussa Hostmles hostilités avec plus de vigueur en Allemagne. Le fait «««<>• le plus important de cette guerre fut la prise de la ville de Juliers par le maréchal de la Châtre et par Maurice, prince d'Orange. Un grand nombre de souverains se la disputaient : la France la remit aux deux principaux compétiteurs^ le marquis de Brandebourg et le duc de Neubourg, qui la gardèrent en commun. Cette campagne n'eut pas d'autre suite. Condé rentra en France, et son arrivée provoqua de nouvelles intrigues et le retour des troubles civils*
Marie de Médicis avait porté Concini au faîte des bon- Élévation neurs et de la fortune; il était maréchal de France, sans ^^^i^^'}^avoir jamais porté les armes ; premier gentil-homme de la ^«sSSï!^' chambre, gouverneur d'Amiens, de Péronne et de plu- nté'*dfra sieurs autres places ; il avait acheté le marquisat d'Ancre, '^*'*** dont il portait le titre, et dirigeait les volontés de la reine. Tous les courtisans , à son exemple, voulurent de l'or et des dignités; et Médicis crut qu'il suffisait d'enrichir ses amis et ses ennemis pour assurer la paix de son règne. Dominée par cette idée funeste, elle convertit en dons et en pensions le trésor du feu roi; et lorsqu'il fut épuisé, elle se vit dépourvue de force contre tous ceux dont elle avait excité l'ambition et la cupidité sans pouvoir les satisfaire. Jamais la haute noblesse ne se montra dévorée plus qu'alors par une honteuse soif de gain : la France
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parut être lirrée mi pillage , et 4e graird nombre des déprédaftears 'assurait leur impunité. Les seigneurs é^iMissaient des péages sur des passages libres, et des octrois dans des bittes franches ; Ils créaient des tifliees, 'des ietta^s'le noblesse, des privilèges, dont Ils reeevaieût *e prix, et augmentaient sourdemient les impôts et ies gabelles. "Stiliy ^cfitta un conseil complice de ces acttes criotinels ; il fat forcé de se démettre de la surintendance'des finances et è gouvernement de la Bastille, conservant la charge è grand voyer de France et lagrandetna^trise de i'aî^fllerie, tivec les gouvernements 'du Poitou et de la 1BroiehéUe;ii ne vint plus que rarement 'à la cour, et se réth'a dims ses terres, où il vécut respecté jusqu'à Fâge de quatre-vingtdeux ans '.
Étatdes • La prodigieuse faveur du parvenu 6oncini 'soutevait m 1615.' profonde indignation dans Téme des princes' et des se gneurs : Condé surtout et le prince de Soissons-^'ea <»ffeoseîrt. Ils s'opposent au mariage projeté de Louls^X il l et à l'infante fille de Phîlippe HI, et se *r«ireot,»le premti 'dans'son i^uvemeiiweiit>de Guyeoike,'le'9eeo&d dans eehii de'Nwmaodle.'Tout à ooup un ^aouvel advereaire est *iiftW" dtfit^à la cour : c'est le jeune ehevaUer ieGvHse , H)o«é «le > qualités brillantes/lies prim^^da^ang nedoofleni^voii ^véàl '"Sur la'i^ineet l'mmbttiôn tde k^aisotttdetLorraiBe ;^fe 'TappKiefaent éu-ttarqitis id'Âi)ore^^6tj|acoKir«e'fllfTji6e«
* Ayant rm jour été appelé awprès^u Toi «Louis Xfi1'poBr<qiie^iKs aiMres, iLft'aipevfut<iue*'Soiï«<i8tiine aatiiiue exoiiait tibilMNké es Jeunes^osurtiaMis. « ^e , dit4l au rm^ je£ui& tro^ Yi«ax pour cbaoeer « d'habitude sur rien. Quand le feu roi votre père , de ^orieiise me- (c moire» me faisait Thonneur de m'appeler auprès de sa personne poor « s'entretenir avec moi sur les «tffiiires de PÉtat , au préalable il feisaà « sortir les booffeas etlestMailiis. »
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deax fat*ttoQS, eëlle dcGuteet celte de Goneini. Le 'baron de Lqz, employé naguère'ilaBS'i^sBégocisttionseocrpa- 'bles du 'raaréefaal de Birooi ,iaf ait qaitté^e parti daebera- ' lier de'l&uise 'pmtr fie Jotddre èses enneiiiis : le chevalier le reDcotftre un Jour.en earreese à^Fails , le fait descendre, i'obfllge à tirer I'épée,«et ietoe; levais du bvrim veut venger-fion'père, 'et pédt comme iuidedawâoie imalD. Ce âotPide*l»nvidde'80ttiè¥é de nottvoanx orages à la 'Conr; la comtesse de Soâssons , dont le mari venaiMemouf^) et la'dQclieBse de News , ^lle ^du fomeux Ma) enme , ^trerment des complots; detoutes parts éclatent 'des reBsenliments. Gonctnt excite ime lialne géoénde; les gvands^preanetft les rigue des armes : Goitdé est à ia tête du movrem^t, et>|)ii43iKe>UD ^^^^ manifeste qui flétrit l'anarchique adminisMftkm de la "^'«• reme, appelle la pHié sur le sort du peuple, et attaqae ouvertement lesËspagnols'et les4&soieotS'étrangers,'>dont i^aftience domine dans le rovamme. Geitte ligue âorrml- Tronwes
^ civils.
dable des seigneurs fut-bientôtma^tresse d-voe pan^ 4e ««i^. fa France ; l'indignation était nucomble ; Suiiy lui^inéme, son fils, «on gendre, le éucdeilolian, ^atoaien t -secrètement'partie 'de ta «oonfédénulion. Tin grand 'nonil}re^*ffii- ^trestprotestatitsvotiluteKt s'yjolacfere : Dvpiessis^opnay ies^ •maintint ctoms IHnaetion. Y4lleroit)0«eiliaiit à iaveine -d'ttttaquer snr^e^amp les eonâédérés, et ^6on avis étiit fe «meilleur; mais GonciuicppÉféntîtinégoeter : sontopinlon fenmorta : *le Ivahé de^Salate^MoBckookl , ^meoïmémdx Paix
t . i. . ^^., ^ , . Malotrue.
malotrue, fut conclu en 1614. Par ce traite la reine aug- «««<• metHa 'les lAigtfités 'et 'tes ^pensions -d«s' sdgDetfrsmécontents, fet promit une prompte convocation destHiarts gônéfiaux.
Lenis ^S^itUriétait dans téa quato»ièine année , et venait d'être reconnu mpjcur ; mais longtemps eccore il4ie:ftït
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roi que de nom , et Médicis garda le pouvoir. Elle eonyo- Étata gé. qua les états généraux pour le 26 octobre de cette année; iti4. ' ces états furent les derniers qui s'assemblèrent avant cem de 1789. La reine et ses ministres s'étudièrent à paralysa leur influence en les divisant. Ils y réussirent ; cbaqiK ordre réclama dans son intérêt particulier : le clergé àt manda qu'on admit en France , sans restriction, les décrets du concile de Trente; la noblesse, que le droit è paulette > fût aboli ; et le tiers état, que les pensions qui obéraient le trésor fussent supprimées ou diminuées. Cet ordre se vit cruellement humilié par les deux autres : c*f tait peu que , suivant l'usage , le prévôt des marchands, Miron, qui le présidait, ne fût admis à haranguer le roi qu'à genoux ; on lui ût an reproche d'avoir comparé fô trois ordres de l'assemblée à une grande famille , dentier membres de la noblesse et du clergé étaient les aînés ^ ceux du tiers état les cadets. La reine elle-même traita lei députés de cet ordre avec rudesse et arrogance ; et cèpes dant ce furent eux qui se montrèrent les plus ardents défenseurs de la prérogative royale. Ils demandèrent qu'on établit en principe qu'il n'était pas permis de déposer te rois pour cause d'hérésie, et exprimèrent le vœu que la couronne fût reconnue, par une loi expresse, indépendante du pouvoir spirituel. Le clergé, par l'organe du cardinal Duperron, ancien ministre de Henri IV, combattit formel lement ces propositions, et les états évitèrent de se proDOS-
' Ce droit rendait héréditaires les offices de flnance et de judicatore, moyennant une taxe annuelle du dixième du prix auquel on les avait achetés. La noblesse était jalouse de Fhérédité de ces charges ou offices, qui étaient possédés par des membres du tiers état. La pauktt(\ avait reçu son nom de Charles Paulet, qui fut Tinventeur de celte contribution.
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cer. L'assemblée fut dissoute Tannée suivante, sans avoir produit aucun résultat important. Richelieu , évêque de Luçon , orateur du clergé , parut alors pour la première fois sur la scène politique : il exhorta le roi , dans sa harangue, à continuer de suivre les conseils de sa mère. Celleci , en congédiant les trois ordres , leur promit d'examiner leurs demandes, et d'y satisfaire lorsque le parlement lui aurait adressé des remontrances à ce sujet. C'était confondre tous les pouvoirs, et reconnaître la supériorité d'un corps judiciaire sur les états généraux. Le parlement, dont plusieurs membres étaient députés du tiers état, saisit avec empressement l'occasion de venger cet ordre de ses humiliations et de grandir lui-même en importance : il invita donc, par un arrêt, à venir délibérer avec lui sur les affaires publiques , les princes , les ducs et pairs , tous ceux enfin qui avaient droit de séance, et parmi lesquels un grand nombre étaient ennemis personnels de Médicis. La reine vit dans cette démarche une attaque di~ recte contre elle et une atteinte à son autorité ; elle défendit d'exécuter l'arrêt du parlement. Ce corps adressa célèbre»
* * remon-
aussitot au roi d'énergiques remontrances, qui furent lues dïp"aHldevant lui , en présence de sa mère et de ses ministres. ^^1"^; Elles condamnaient la déplorable administration de la reine, demandaient que tous les abus fussent redressés, qu'on n'exécutât aucun édit sans vérification des cours souveraines et enregistrement préalable; et qu'il fût permis au parlement de convoquer les pairs et les princes chaque fois qu'il le jugerait convenable. Cette compagnie demandait encore l'autorisation de nommer au roi les auteurs de tous les désordres, et de signaler leurs honteuses malversations. Ces célèbres remontrances, prononcées de ravis du duc de Bouillon , excitèrent la colère et l'indi-
498 TSOnnMB SFftQUE.
gnertioD de la reioe, des eouittoans et des mitiistiies : dès le iendeinain parut an arrêt éa eonseil qoi les mippriniait Le parlement résista; pois, ayant recti du rei ^es itGm de jossioo, il «éda, et nedoonaaueane suite -à son arrêt deoanvoeation sans néanmeiBS le réiFoqaer.
Les mécontents, et surtout Oonàé, s'opfiosèreiit yiyement au mariage 'de Louis XIII avec rinfante. lis aUëgualent les maux dont VËspagne avait accablé la France, et la nécessité d^écraserla maison d'Autriche, au lieu d^a- Jouter à sa force. -La rehie méprisa ces i^eprésentatioos , «t le marii^e ftit résolu; Oondé se retira «nssHèt à Cherma^ enBeauv(^is, Bouillon dans sa prineipauté de Sedan, Mayenne à Soissons, Longueville en Pieardie : ils n'espéraient plus réussir que par lesarmes, et se'préparaieQt i combattre. Les prot«stanrts , excités par le duc de Bohan, 'ne joignirent à eux, et levèrent des troupes. Les prineipaux ministres du roi étaient alors le Tieux ViUem , le frrésident ii$(mnm et le chancelier éeSilhry. Ils dirent sans inquiétude ces dispositions hostiles, et hâtèrent la conclutiondu mariage. Louis XIII alla au-devant de sa fianeée jusque Boilieaux, et sa marche eut à la fcAs un airde lâte fît de guerre. Le maréchal de Laval, fiois-DRupfain,lA protégeaient avec une armée , que «suivait eélle des mécootents et'des calvinistes , dirigée par Btmitkm, 'SOUs leso^ dres de Condé. Le peuple ne pift ancune fsat à «ctte guerre, et les «rmées n'en vlnentpas^ux prises. Le*ic iïe Oulse conduisit en Espagne la prhKXSBe iâll0ri)cifa, serar du'roi, destinée^ l'infant, ramena avec hii la future Mariage énouBC et Louls'XlII, célé^e «ans ie^nom •d*ABneâ'ÂiH
de Looh *^ ' ^ , , -
xii{^jj«« triche. €e mariage ne fàt point heureux, 'et les deux uàhi. époux, bientétaigrisTun «contre l'autre, véouredt^presqae "*^ toujours séparés. !*édlcis, aussftét après te mariage de
LivKE m. CHÀFrrB^ ii. 499
«on 'fils, négocra avec les «raetnis do jeirne roi , tt signa le tfUtté de 'Louéun, tmxt t leur avafBtage. te prince et ^es Traité de
^ —or Loudun.
adhérents forent d^larés innocents et bous seïVîtem'S du leie. roi; on leur attona des'sommes considérables , et quelque satîBfeïction fut accordée aux calvinistes 'Ct aux parleinents : l*afticie de ce traâté le phis douloureux pour la Tetne mère fat rengagement pris par le toi de ne donner aux étrangers ni charges ni dignHés dans le royaume.
Les anciens minisires, (que la cour «omsnait les Imrbwhs , forent immédiatement renvoyés. L'évéqucde Luçon entra dans le nomneau conseil, dirigé par le prince de Gondé , 'qui bientôt devint ^rat-t^nissant , et 'fit sentir son ^uvoir à Médicis, â ws favwis, et surtout au maréchal d^Anere. Les partisans du prince crurent désormais que •tout 'leur était tperanis ; et te duc 4e Longirav^e pousm rinsulte'Jttsqu^à s^enqparer ^mahi armée de Fkonne, dont Oonoini était gouverneur. La reine envoya des troupen fmirreprendre cette place, et LonguevUle la défenditoon* Isre'èMe. Médicis comprit alors que Gondé se proposait ù& loi enlever toute influenceâans le gouvemem^t et sur Tesprit eu roi. Me fésolut de vaincre. son adversaire, ettim â^ld>ordCbarlestie Valois, oomled^AuvergnCide^la Bastille, .^11 ét£dt enfermé depwsdeuze ans. Cet acte «était hostile au prince, qui v^oyatt^en Valois 4e plus grand ennemi de la imifiChe r^aole. €en^, ainsi que les ^incipaux cbefe de sa faction, Vendôme, Bouillon et Mayenne , prtasentatent leur péHl,' et convinrent de ne plusse présenter en- Beml^e au Louvre , où le prinee fut arrêté au nom du roi le I®' septembre, en entrant au conseil : Tordreavait ^ ^^^; donné de saisir seSipartisans , mais ils échaj^èrent, et cou- cjmdé. rurent-aux armes.. Le roi tint «un tlit de justice au parlement, où il motiva Farrestation de son cousin, alléguant
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ses espéraaces coupables , incompatibles avec les devoirs d*UD sujet; les préteotious de ses partisans, subversives de l'autorité royale , et leur audacieux mot de ralliemeot, Barre à bas > , qui désignait le trône comme le but de l'ambition du prince. Le parlement ne fit aucune observation; Gondé fut enfermé à la Bastille, et la reine mit en campagne trois armées contre les mécontents , réfugiés à Soissons. Ck)ncini reparut à la cour plus puissant que jamais ; son orgueil ne connut plus de frein ; et telle était sa richesse , qu'il entretint à ses frais une armée de cinq à six mille hommes. Cependant le jeune roi , dont il contrariait les volontés , supportait avec autant d'impatience le despotisme du maréchal que celui du prince, et résolut enfin de sortir de tutelle. Il aurait pu suivre les voies légales : son âme sombre et vindicative préféra l'assassinat Le lundi 26 avril le maréchal entrait au Louvre pour le Cimseil; Yitry, capitaine des gardes, l'arrêta, et lui demanda son épée ; Concini fit un mouvement , et tomba aus- Meortre sitôt pcrcé de trois balles; il expira sur la place. La foule coj^ de ses flatteurs disparut, et Louis XTII se montra aussitôt à une fenêtre de son palais , comme pour accepter la responsabilité du meurtre. Les courtisans firent éclater leur Joie, et accoururent en foule pour le féliciter : de ce moment 11 se crut roi : liât désarmer les gardes de sa mère et murer la porte qui communiquait de l'appartement de Médicis dans le sien.
Le peuple détestait dans Concini un étranger, un parvenu insolent, et l'accusait de tous ses maux; sa fureur fut atroce : il déchira les restes du maréchal ; on mit leurs
' Une barre dans les armes de Condé les distinguait seule des armes royales; demander que celte barre disparût, c^était demander qu*il fût roi.
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lambeaux sanglants à Tenchère , et la populace en mangea. Concini fut poursuivi dans les siens : Galigaï, sa veuve, favorite de Médicis, se vit traduite devant le parlement, où, à défaut d'autre' grand crime , elle fut accusée de magie et condamnée comme sorcière. L'arrêt portait qu'elle aurait la tête tranchée , et que ses restes seraient consumés par le feu. Elle subit son supplice avec courage : la maison du maréchal fut rasée , ses biens immenses confisqués, fit la sentence du parlement déclara son fils dégradé de noblesse , et inhabile à posséder aucune charge ou dignité dans le royaume.
Instruits de cette grande catastrophe, les mécontents de Soissons déposèrent les armes, et se rendirent auprès du roi, sans demander ni caution ni sûreté. Les anciens ministres, Villeroi, Sillery, Jeannin, et du Vair, revinrent avec eux. La reine mère fut exilée de la cour, et choisit exii de Bfois pour sa résidence. L'habile Richelieu , ministre sous mè^re^
'^ à Blois.
Concini, demanda la permission de la suivre, dévoué ser- »«"• viteur en apparence de sa protectrice, dont il devint l'implacable ennemi.
Celui qui eut la plus grande part à cette révolution de pavpnrde palais, et à qui elle profita le plus, fut le jeune Charles de* d'Albert de Luynes : compagnon des plaisirs du roi , il s'éleva rapidement dans la faveur royale. Il fut créé duc, comblé d'honneurs et de richesses , et devint Théritier des biens confisqués et de toute la puissance du maréchal.
Condé , du fond de sa prison , et la reine , du lieu de son exil , continuaient à ourdir des intrigues et à soulever leurs partisans. Le duc de Luynes neutralisait leur influence, en les opposant l'un à l'autre : tantôt il menaçait Condé de rappeler la reine à la cour, et tantôt il faisait craindre à Médicis la délivrance de Condé. Un complot,
5A2 TBÛIftIÂatB SPOQUB*
habilaiiMia tcamé^ changea. bimyiAt la ritoolioB^ des
solttt de servie ia< reine el de l'enlever daohâlMifcde Mm^ où elletétait priseiiDiàre. Le duc d'£p0aMo, pMwsveor d!uDe foituae immense^ goweiBeocdeJd£ts.et da ptamm pnovinces.) colooal génénd de l'infaBleHe^ et teajoes méeooteDt^ peavait mieux que tout a«tce sflcooâer qb seooblaUe pcc^t^ et mettce Médids en état<da réaiater à ses enaeinls. Il haïssait RaecéL^^ qui le g^igoa ea ie flat* taat, etil résolut.de tenter l'entreprise. IL sortit de Util un matin, à la tète de cent cavaliers biea oaoDtéa, apièi avoir demandé au r«i la.permis^n de se rendre- dawses gouvernements de Saîntonge- et di'Angaulémt. Sa masebe rapide et seorètetne^ fut point !ni|uîétée; etlorsqae la r«iiie Érasioa eut avis qnc d'Épernon était proebe^ eUe^soetit du chitein i^j^« par une fenétcei à l'aide d'une échelle de oorde , monta ea <***• voiture, escortée de Rueeelai et de quinze gnatils-hominos, et rencontra à Loches letduc d'Épemoa» qui venait aur devant d!elle à la tète de sa mais(m et de^ ses- gardée^ et la conduisit à Angoulême. Lorsque enfin la cour «nt comiaiS'' . sance de la faite de Médicis, Lnynes fut d^avis de la poursuivre sur-le-champ à main arnuée; le roi aima misai transiger, et eiugea que s&mère lui sacrifiât d'Épenm; mai&la reine défendit avec énergie leduc son lil)érateiir. Lea négociations continuèrent , et ua adroit conciltateoc se présenta : ce futRicbelieu,qMi, apfès^ avoir obt»».seeKtement l'aveuidu roi, se fit appuyer auprès de Médieis- par le jaloux d'Ëpernon lui-même : la pai^ fut conolue par ses soins. La reine obtint le gouvernement de l'Anjoa, avec les droits régaliens, et trois villes lui furent données comme placée de sûreté. Le roi accorda de& lettrea^d'abo* lition au duc d'Éperaon; et son premier soin fut enaaile