CHAPITRE II
Suite du r^e de Louis XV , depuis le commencement du ministère de Fleury jusqu'à la guerre de sept ans.
Louis XY était né avec une forte antipathie pour la représentation, et avait montré dès sa plus tendre enfance un goût exclusif pour les détails de la vie privée. Fleury, son précepteur, eut soin de gagner son affection par une extrême indulgence, tandis qu'il cherchait à s'assurer un long ascendant sur lui en l'éloignant de tout ce qui pouvait élever son esprit et son âme. Le genre d'études du jeune roi, ainsi que celui de ses divertissements ', achevèrent de dessécher son cœur, et contribuèrent, autant que son naturel insouciant et froid, à en faire un mattre insensible. Le régent, soigneux de garder sur son pupille une influence absolue après Tépoque de sa majorité, avait écarté le maréchal de Yilleroi, son gouverneur, homme violent et opiniâtre; Tévêque de Fréjus, plus souple et plus adroit, inspirant moins d'ombrage au prince, était resté auprès du jeune monarque, qu'il instruisait à une dissimulation profonde, et il s'insinuait chaque jour plus avant dans ses bonnes grâces. Il l'avait amené à ne plus voir que par ses yeux, à ne plus agir que par lui; aussi lorsque Louis XV eut déclaré, après le renvoi du duc de
' tes divertissements favoris de Louis XV étaient les jeux de cartes et le spectacle de chasses cruelles dans de vastes salles, où des oiseaux de proie, lâchés au milieu de milliers de moineaux, en faisaient un hideux carnage. (Lemontey, HUtoire de la Régence,)
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106 liBOmàlll BPOQVB.
Bourbon, qu'il n'aurait plus de premier ministre, et que cnSéwi Fleury eut été nommé cardinal , on put pressentir, mal- °>*|^^f^ gré ses soixante-treize ans,, ^oe ce serait lui qui administrerait l'État et qui exercerait la plénitude de la puissance royale. Un de ses preoyiers soifiS' Ait de«iifpriiBer fimfèt du cinquantième , et de fixer la vdeur du marc d'argent, qu'il porta à 51 livres, et qui depuis n'a subi que peu de variations. Fleury s'empressa aussi d ordonner de sages économies ; mais , nullement versé dans la scieneefiflandère, il porta mse nouveMe ^t daAgereuse atteiute au erédit pubKc, en âhnlnuafrt arbitrairement les rentes viagères. Tous les efforts du earâfaal ministre furent mncoDgrèK ployés au maintien de la paix. Un congrès général t'ét&it soto^o^ilf ^ ouvert avec beaucoup de solennité à Soissons en 1728 , et s'était dissous l'année suivante , sans avoir rien pmduft Fleury négoeia tandis que les députés des pwssuiceit discutaient : il rapprocha f Espagne de la France^ et, en 1731, La France ^^ nouveaux traités n^oei^ à Viemie eatve la France, KSïSî l'Empereur, fËspague et la Holkmâe, garantirent à €4«r- OT^a!? les VI l'exécution de sa pragmatique; à don Carlos, la r^mpe- possession àts duchés de Parme et de Plaisance, et la sue-
rcur. '
<78i. cession de la Toscane : l'Empereur promit de révoquer les
privilèges de la compagnie d'Osten^.
Querelles L'Ëurope était paisible, et la trlsle querelle entre les'
^^1^!°' Jansénistes et leurs adversaires les molinittes ' coatfmaît
1700-1758. ^ gçjjQ^j^jjgçf pj^^ ^ lj^ France. Flevry At asMmbter un
concile à Embrun , m fut cité et oondamné Jean SoaMn , évêque de Senez , l'un des quatre derniers évèques ofiposants à la bulle Unigeniius, De nouveaux troubles furent
' On le« nomfiiftft sMi à oaoM^la jéMfle Loai6 Mftlina , tbëelagleii célèbre, dont Hs téoptatent Ves oj^ntons. MHkméuimik m màème siècle.
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LI9U n. OHétwami II. 'iM
«BcMs Jj^r ie mkh Moiérast ê» M. âe V4DltiiràUe, soeeesflnnr ém contoal de NoaiUeS'à Uan^evé^é âb Pans. Une contestation s^^ev&mte loi et le («oi^ des i^oeats, qui prit i^ors le mam dtedee» et que 'soutenait le parleaieat. Le roi refosa d^nteaâre tes magistrats,; im grand QOoiiNre Areat exilés et rapfkelésensaîl^ sans aucun réfultat décisif pear tes ^ax partis. Lts jaosàûstes, dans o^tep^te ^Krre , fiitale à rJÉglise^ pnéseolèF^t à Tappoi de te«r eanse des scèoes étriœges ^daait te eimetière Saiot^Médatd fat le tàiéAtre. Ua diaere jaoséaiste, Domme Pâcis, y avaàt été eatecré en 1727; il fut préeeoisé conupe sahity et Je hnât se mpaa^ït^vll"û se faisait des oaiiactes sur sod taïahesaoL* Une affluesee considérabte s'y perte, et an gcand sombre de naïades éproirvèreat en ee lidu des seasaèians extraordiaaéres; an asnuae ^e la cootagiaa de te i^mpathle et TébrazileiaeBt de rima^aattea produisirMd; ites^letsvéels. « C^stfttuvcedeBieu 1 «disMetiAtes «us ; « C'est « rœavreda désMail » criaieat les autres. Lesinerédutes y pnte^neiit deiMa'vvèlesarBMS'Conitre te foi. Enfin Tarehevèque défendit d^adresKr un homaM^ publie au diaese Paris, soas prétex^te qn'tt n'était pas oaootiisé; des avocats appelèrent de eette senrteaee cetnaîme d'abus, et ie partenoeat admit leur appel. Le éétive fuft porté au cotœUe : le dwUièpe derârt le readez-vaaB générai de te ftinte, (jpu a'y pressait à taule heure, jmq/A œ ^ue te gouvarneinent en aot iGill:déinidre4'eat«ée.
Maigvé leaeflarts da ear^nal de Fieary, te paix fut compœ par aute de te mmt d'Augusite P% éteclear de Saxe ^^^^^ «t roi de WiAognê , nwveaae en 1733. Ce puiaee, fameux «733. par aesprodlgi««aesdébaaiclies, avaM; été porté aor te tpêoe et Felogne, lorsque Cbarles XII af ait cessé d'y «oateair Stanislas Leezioski. Cebû-d, beau-père de Louis XV ^
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108 TlOmfcMS SPOQDB.
conçut l'espoir de recouvrer le sceptre qu'il avait perdu. Il se rend déguisé à Varsovie, où il est aussitôt proclamé roi; mais bientôt le comte de Munich est envoyé eo Pologne par la czarine Anne Tvanovna, nièce de Pierre le Grand et héritière de son trône : Munich fait élire Frédéric-Auguste, fils d'Auguste P'^. Ce prince garantit la pragmatique de Charles VI, qui lui envme des troupes ; la France ne peut faire parvenir que quinze cents Français à Stanislas, assiégé par les Busses à Dantzîg; ils sont d'un secours inutile^ malgré Thérolsme du comte de Plélo, qui se fait tuer à leur tête : Dantzig capitule, et Stanislas, dont la tète est mise à prix , échappe à travers mille périls. Louis XV se venge de l'Empereur en saisissant la Guerre Lorraluc; il s'allie avec l'Espagne et avec la Savoie, dont
pour la » fc»
Pologne. Victor- Amédée a abdiqué le trône, et où règne son fils Charles-Emmanuel III. Berwick et Villars conduisent une armée, l'un en Allemagne, Tautre en Italie. Berwick prend le fort deKehl, Milan tombe au pouvoir de Villars; et Tannée suivante ces deux illustres généraux finissent presque en même temps leur glorieuse carrière.
Le duc de Noailles et le marquis d'Asfeld remplacent Berwick, tandis que le maréchal de Cbigny et le comte , de Broglie succèdent à Villars dans le commandement de l'armée d'Italie. Les deux Belle-Isle, petits-fils du fanseox Fouquet, et le comte Maurice de Saxe , fils naturel d'Auguste P', roi de Pologne, servaient dans l'armée du due de Noailles, qui avait pour adversaire le prince Eugène, et
, sous celui-ci le prince royal de Prusse, âgé de vingt et un
ans, et qui devint le grand Frédéric. Don Carlos, fils de Philippe V et d'Elisabeth Famèse, s'empare de Naples et de la Sicile , et les Français , commandés par le marquis d'Asfeld, prennent Philisbourg sons les yeux d'Eugène.
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LIVBB T. GHAPITftB II. 109
Ces succès furent suivis de la fournée de Parme* où CoiiniY Journées
• . , .. , de Parme
fut vainqueur, et de celle de Guastalla, glorieuse pour le G^,ÎSi. maréchal de Broglie. La paix proposée en 1735, époque '^^jf de la ^ort d'Eugène, fut conclue aux conditions suivan- *^^'"^' tes : Stanislas renonçait au trône de Pologne, et recevait en dédommagement les duchés de Lorraine et de Bar, ré- La France
«■«««<• acquiert
versibles à la France en pleine souveraineté : le duc de ^ ^^^7?*-
, * ' ne et le
Loraine, François- Etienne, échangea ces duchés contre ^'"J^*/*
celui de Toscane; don Carlos, renonçant à Parme et à "^''
Plaisance , obtint de l'Empereur la cession de Naples et de
la Sicile, où il s'était fait couronner roi; Charles Y£
rentrait en possession dcMilanet de Mantoue, et la France,
par un article formel, accepta sa pragmatique, s'engageant
solennellement à la maintenir envers et contre tous. Ce
traité ne fut signé qu*en 1738, et TEspagne n*y accéda
qu'en 1739. Pendant les négociations à ce sujet, de grands Troubte»
troubles éclatèrent dans Tile de Corse, possédée par Gênes, i^^-
et préparèrent sa réunion à la France. La cruelle tyrannie
des Génois souleva cette île, où un aventurier de West-
phalie, le baron de Neuhoff, se fit proclamer souverain,
et régna quelques mois sous le nom de roi Théodore !
Jeté par la tempête dans le golfe de Naples, il y fut fait
prisonnier : les Corses appelèrent alors à leurs secours les
Français, qui envahirent Ttle et bientôt après Tévacuèrent,
avant d'avoir tiré aucun profit de leur conquête.
L'empereur Charles YI mourut en 1740, dans la ferme Guerre / . ., ^ ^ , européen-
espérance que sa pragmatique, garantie par toutes les ^\:^^^^
puissances, serait exécutée, et que sa fille Marie-Thérèse, "JI^L^J;!
reine de Hongrie, hériterait de ses États; mais à peine ^^i^^
em-il fermé les yeux, qu'une foule de princes élevèrent *^**'*'***
des prétentions sur son vaste héritage, et vérifièrent cette
parole d'Eugène : « que la meilleure garantie, en pareil
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110 TmaMK BVDfm.
cas, umk «n Armée de cent miHe bmmon. ¥aMBi ou •
'ggy- inriBees m éMngoait en preaiière ligne Gharles-41bert, électeur de Bavière, ^ Téleeteor de Saxe Augoete IH, q$i véclQHiaieQt l*hérlU^ eelîer, celoi-^à «orame deseeMdaat d'une filte de FerdioMid i^', celoi-ei «omise épeax de la fille alfiée de rerapereur Jwepà. Le rei d'ËepaigBe, Philippe y, faisait fevhrre*des dvoHs evraméi sortes royamnes de Hongrie et de Brivème, dans Fespalr d*fll)te&lr, au moyen de transadioiis, des établissemeails en ItaHe poor les enlHits qo^il avait cas de sa aecooie femme, étisfll>eth F^raèse. Le rei de Sardaigae, ChaHes^Ëmmaouel, réclaaaM le duché de MMu ; et eafia l'Utastov^ Frédéric II, roi de Prusse, convottaît la Silésie, ifcd affMnrteni^, disait-il, par droit de réversion, wax ékcteiirs de Braiidehearg. Passessear d'an i«ehe trésor^ chef d*une armée nomlnreaâe «t parfaitement éiseiplinée, et fort de son génie, Frédéric lança d*abord ses hsMIions «ar cet«e provteee ; pais il enjdgnitÀ Marie-Thérèse de la lai céder, M promettent sou appai en échange de son consentement. Marier-Thérèse
Frédéric refusa : Frédéric poursuivit ses avantoges, prit Breshia,
'luEF ^S^a en 1741 la hatafille de Molv^ttît, et soumit la ma-
2? MM. i^^ P^^ ^ ^ Silésie.
"H?,: La France ne se déelaratt pas^neore : elle s'était solean^iement engagée à eiéeater la pragmatique de Charles VI ; mais Loais XY, tout «ntier oeeupé de ses phdsrrs, et lecardiina) de Fieury , accaMé par fftge, «t d'alHears fort peu scrupuleux sar la foi due aux traités, avaieat lalaié FambMeax comte de Beile-Isie prendre la plus grande Influence dans le conseil. Geflai-d allégua poar prétexte . PétemeHe crainte que la poissance autrlchlenoe ne devint trop redoutable; et le conseil du roi, par un hootoax détour, onit ooneilier ses engagements avec ses projets
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iMStiles : U neidédftm f«s âiBectemeHt4a gHerreà la ôUe de CiuHrles VI, ams M eoBciut «o titaiilé avae l'électeur de Saviècc, frinoifal fréteedanC à la sveeesaîMi de Gkactes et À la cmpmmt impériale. L'Espagne, qaà néelaflMhit les pefieessioMs aoÉriohieaiieft d'Italie, entra daae o^te alliance, à lacpwUe se joègnireait sueaessîvement \m roîAde PrtMfie, ie Sardaî^ie etde Poto^e. Les partîmes étateat aiBsî «églés : à Charles, étectëur de Bavière, la eottumoe i»périaie, le rayaame de Bc^éme, la haute Aatriehe et le Tyiol ; à fdeetenr de Sà%e, la ftforavie et la k&u4e Siléste; le reste de cette deralère province au rei de Frwse.; eaûa, les possesBîODS autridiieraDes d'ilalie au rai d'iepagae, fo«r y former un étaMisseraent à l'infant dan Phiyppe. On laissait à Marle-Tliârèse, qui avait épousé François de Lorraine, grand-duc de Toseane, la Hongrie, les Pays-Bas et la basse Aoitriclie. Cette prinoesse n'avait d'autre allié q«e Geoffge U, électeur de Hanovre, et le toi d'Angleterre. Beux aroiées iraneaises^ fortes chacune de qiuarante mille Premiëhamiaes, entrent en Allemagne. Le camte de Belle- Iste, ^^^<^^«^i^ deveMi maréchal, en >eei»mafide une ; Fautive est eobfiée "*o. au maréchal de M aiitebois, qui arrête trente mille Anglais envoyés à Marie-Thévèse par le ooi George et forée dans cette caiBfmgne l'Angleterre à la aeutralité, en l'inquiétant à regard du Hanovre. De grands saoc^ peur les puissances alliées marquent les débuts de cette guerve : l'électeur de Bavière et les Français menacent Yleima; Maurice de Saxe , alors lieutenant géiiéral aa service de France, et le célèbre Chevert, s'emffaiitent de Prague, où Téleeteur de Bavière est prodamé roi de Bohême; un mois après, il est ëlu^mfereor à Francfort^ sous k nom de Ckiirles VIL Cepfndant Marie^Tliâràse ,. défaussée par tans, ne s'a-
112 TBOISIÈME ÀPOQUS.
bandonne pas elle*ménie : elle convoque les états de Bon- ' Marie- grie , s'y présente en tenant dans ses bras son fils , âgé seo« ^deHon? ^^'^^^^ ^^ quelques mois, et demande leur secours, u Je succèT * r^DQCits en vos mains, dit-elle, la fille et le fils de vos rois, înùS. "* ^^ attendent de vous leur salut. » Son discours, qu'elle prononce en latin , idiome des états , électrise tous les cœurs ; les nobles hongrois tirent leurs sabres, et s'écrient : « Mourons pour notre roi Marie-Thérèse ! » De prompts effets suivent ces paroles ; une armée se lève pour elle , reprend l'Autriche, envahit la Bavière, force le marquis de Ségur à capituler à Lintz , et l'électeur est dépouillé de tous ses États. Déjà le roi de Sardaigne s'était détaché de la ligue, et déclaré défenseur de Marie; le roi de Prusse traite à son tour avec elle, en obtenant la cession de la Silésie; et les Français se voient réduits en Bohème à trente mille hommes, serrés entre deux armées. Prague est bloquée par les Autrichiens. Le maréchal de Maillebois, envoyé au secours de cette ville, ne peut pénétier jusqu'à elle; il est destitué, et remplacé par le duc de Broglie, qui s'échappe seul de Prague pour aller prendre le commandement de l'armée. La défense de cette capitale est confiée au maréchal de Belle-Tsle : celui-ci , hors d'état de la conserver, l'évacué à la tête de douze mille fantassins et de trois mille cavaliers, et opère une brillante retraite sur Égra , au cœur d'un hiver rigoureux. Chevert , demeuré à Prague avec six cents malades, dérobe sa faiblesse à l'ennemi , et obtient une honorable capitulation.
Le maréchal de Noatlles reçut Tordre de surveiller sur le Mein l'armée anglaise et hanovrienne , commandée par lord Stair, et où s'étaient rendus le roi d'Angleterre George II et son fils le duc de Cumberland. Les Anglais s'étaient enfoncés Jusqu'à Aschaffembourg, au-dessus de
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LIYBB y. CHÀPIXBB II. IIS
Hamni , entre les montagnes du Spessart et le filein , dont leeoars, en amont et en aval, était au pouvoir des Français. Lear armée, déjà tourmentée par la disette et sur le p(^Qt d*étre enveloppée de toutes parts, revient sur ses pas ; ie maréchal de Noailles l'observe de l'autre côté du Mein , où il se trouve , et suit tous ses mouvements. Il fait passer la rivière à des corps nombreux , en face du village de Det- Déiaitedu tiogenet d'un étroit déûlé que Tennemi doit traverser : là. ^ <>« ^
- J ^ ' Noailles à
le due de Gramont , neveu du maréchal, caché avec toute ïx*»»"»»» la maison du roi dans un ravin profond, où il fallait que Tarmée anglaise descendit , devait l'y attendre et lui fermer le passage, tandis qae des batteries étaient disposées sur Taotre rive, de manière à foudroyer le corps de bataille. L'armée anglaise allait être détruite; la témérité de Gra* mont la sauva : avant qu'elle fût complètement cernée et que le maréchal eût ordonné l'attaque, Gramont quitte son poste, fond sur les Anglais, qui Técrasent par leur artille* rie, avantageusement postée sur une colline; il s'élance poor s'en emparer, mais en vain, et masque l'ennemi aux Iwtterles françaises , qu'il oblige à cesser leur feu. Tant de botes sont irréparables : le maréchal emploie pour d^ger son neveu les ressources qu'il avait réservées pour anéantir l'ennemi, et fait passer son armée de l'autre côté du Mein, dans un champ resserré, incapable de la contenir. £^, après trois heures d'nne mêlée sanglante et sans résultat, il ordonne la retraite, et le champ de bataille reste SQX Anglais.
Cependant le maréchal de Broglie n'avait pu se soute- Q^aor le Danube devant le prince Charles de Lorraine, Wttdu grand-duc François ; la Bavière fut évacuée, et H fot impossible au maréchal de Noailles, wptès la retraite de Broglie , de se maintenir dans la Franconie , où il avait.
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114 • tBOItlÈMB BPOQim.
pendant éeux mois, oontemi l^cmée des alHés. Telle (Et la ùa iiifilhearei»e de la eamps^oe de 174B , (fui reporta la goerre sur les Ih^otières de la Franee. L'èmpemar Cfaarto» VII n'emàx plw d'Étals, et cet kifortané pHaee signa un traité par leqoel il icDODçalt.àtxratasses prétenlions sur FAnlri^e, s'engageant, ainsi que l'Ëm^n», à dcoieiirer nevtre pendant la eontlmnKtion de la guerre, et laissant jusqu'à la paix générale ses États héréditaires de Bavière entre -tes mains de Mtorie-Tiiérèse, qn*il s'était prooiîs^ dépouiller, et qni, par le traité de Wornwy resserra son alliance avec rAngleterre et le roi de Sardaigne.
La France avait perdu tons ses alliés dans une Intte dont elle n'avait aucun, avantagea attendte. Fieary venait de mourir, ègé de plo&de qnatre-vingt-^ix ans; il s'était opposé à cette guerre onécenae, et avait eu la faiblesse àt rester en apporeaoe à latétedu gaavernement,.après avw perdu le pourvoir de maintenir la paix. campa- L'asnée 1744 vit toute l'Europe prendre part à la ^744!^ guerre : fEspagoe, qii étant déjà en l«tle avec l'Angle^ terre pew des intéréte de eommeree, imit sa marine à celle de la Fffanœ ; et Tes deux âottea réunies, fortes de trente vaisseaux «nk les ordres de l'amiral Court et de Joseph de Navaro, aitaquèreot l'amtol Matâiews, qui avec trenle-cpiatre vusseoux bloquait le port de Toalon : la victoire fut balancée. Vers le même temps» vingt^-qna* tre vaisseaux français sortaient de Brest pour transporter en Angleterre vîogt-quatre miUe hommes et le prince Charles^Édouard, héritier des Stuarts : une tempête dispersa cette flotte, et l'expéditioQ n^eut ancun soecès.
Gênes, spoliée par letraité de WormS| se déclara contre l'Autriche; et Frédéric II, Inquiété pour la possesidw de
LIVAB Y. WMiFlWWi II. .il 6
kL SiAM«,proniit4erriprettdpe'le&aniiM. Diaprés le jfkA dstOiB^fBgseado^ipBrJa Fraaot, kprioBe de Caiiti de^ valft camauttider éiois les Alpes, et y seoOBder don Plûi- ]if^ et ks Ëap«gi»oto:;>te matéelml de Coigny., dooieaper 6àt la déffoatve en Al»aee; et tout Teffort de la guérie dire porté mit letPays-Ba», eà le maréehiA dis Neidlles avait oréié d^ittnéger lee places ^rtts , tandis Que ee» epénati^M «étaient, eewertes .par le comte Mamrice de Saxe, récemment nommé maréobal de France. Le roi se rendit -k Tarmée : ea«t milAe Français fouirent air les Pays-las, «t d^ une grande paitie de la FlMidre était conqaise, iaraqu'on apprît que le prkiee Charles , è la tète de qualrervingt miibe hommes,, avait passé le Min à Spire, qu'il «'était empavé des iignts de WissemlKNirg , et avait repoussé le HMirécbai de Goigay, trop faiUe peur lui téstoler. Il fellut ehaneor de j^an de casipagne, porter tes frino^es ibrees en Alsace, et se tei^ur en Flandre sur la .défeiMlve. MauBioade Saxe n'y conserva qae quarai^eeinq miUe hommes, tandis qu'avec le reste de Taffmée iemaréohalde Noailies se dirigea sur leBhin : leroi voulut ïy suivoe ; mais une maladie dangereuse le retint à Usta.
Uéjh , depuis plusieufs arûms , Louis XV , cédant à ses «^^^ pencÂants déréglés etauxperfi^s conseils de ceux qui x^ spéoulaientetir ses viees , s'aiMindonaait aux voluptés smw ceteone : quatre sœurs, du nom de Nesle, furent sucoes* «ivement ses maitreaaes ; la dernière de cette famille reçut de lui le titre de duebesse de Châteâuroux , et Tavait acoattpagné à Mets. Pendant que le rôi était en danger^ et ^uele peuple, ^ Tal^eetionniât et le neaamait eneore le Bien- Aimé , adressait au ciel dans les temples des vohix iGrvenla|)anr<so&«Qteiifà lasanié, l'évé<|pieâeFita«James, eserçai^ digiMOMAtMi jaioisitère, exigea et obtint TéM-
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116 TBOI8làMB BPOQCB.
gnement de la dachesse. Le roi se rétablit, Tévéqira Ait disgracié , la favorite rappelée ; et Louis, plDs surpris que touché de l'allégresse de la France, demanda avec raison ce qu'il avait fait pour être autant aimé. Cependant, tandis que le roi était encore en danger, il lui échappa de nobles paroles; il fit informer de sa situation le maréchal de Noailles, opposé au prince Qiarles : « Écrivez-lui , dit-il, « que pendant qu'on portait Louis XIII au tombeau le « prince de Gondé gagnait une bataille. »
Frédéric entrait alors de nouveau en Bohème et en Moravie, et en douze jours il fit capituler à Prague une gar* nison de dix-huit mille hommes. Le prince Charles quitta le Rhin en toute hâte, et fut secondé par une diversion que fit le roi de Pologne sur les derrières de l'armée prossienne"; mais leurs efforts réunis ne purent empêcher Vévacuation de la Bavière par les Autrichiens , et Tenvahlssement du Piémont par le prince de Conti et don Philippe, aprè$ d'héroïques exploits dans des défilés impraticable». L'empereur Charles VU était rentré pour la troisième fois dans Munich , sa capitale , consumé par le chagrin et les Mort de maladies. Ily mourut l'année suivante, âgé de quarante- ^r^ sept ans, laissant cette leçon au monde, dit Voltaire, '774tt!'' ^^® '^ P'^^ ^^^^ àegré de la grandeur humaine peut être aussi le comble de la calamité. Son fils Maxlmilien-Joseph, instruit par les malheurs de son père , trompa Tespoir de ceux qui se flattaient de l'opposer à Marie-Thérèse ^ il traita avec elle, et lui promit sa voix pour le grand-doe François , son époux , qu'elle espérait faire élever au tr6iie impérial. Louis XV, irrité de cette prétention, continua la guerre.
^Mûè ^'^^î^ ^Q Flandre et en Italie qu'il résolut de porter les i7«^. plus grands coups; son armée devait se tenir sur la dè-
LIVBB y. CHÂPITAK II. 117
feDSive en Allemagoe. Le maréchal de Saxe investit Touroay, défendu par une garnison hollandaise; Tannée anglaise, sous les ordres du due de Cumberland, s*é^ . branla pour secourir cette place. Le comte de Saxe se victou-e forme aussitôt en ligne de bataille au delà de l'Escaut : le ^diS^dt village de Fonteuoy est devant son centre, celui d'An- «"oy^jj^y toing à sa droite , et le bois de Bari à sa gaudie. Tous ces postes sont défendus par de formidables l>atteries. Le 11 mai Tarmée ennemie se porte en avant, pour attaquer les Françids dans cette forte position : les Anglais occupent Je ceidre, les Autrichiens tiennent la droite sous le comte deKcenisberg, et les Hollandais forment la gauche sous le priiK^ de Waldeck. Les deux armées comptent chacune environ quarante-cinq mille hommes; mais le maredial de Saxe est malade , incapable de monter à cheval^ et se fait porter en litière dans les lignes. Louis XV est à l'armée avec le dauphin, et son quartier général est établi dans le village d'Antoiog. Après une longue canonnade sans résultat, les Anglais marchent en avant, et s'élancent pour emporter le village de Fontenoy sous le feu terrible . qui les protège. Mal secondés par leurs auxiliaires, ils changent de direction , et s'avancent seuls contre les lignes françaises, qui s'étendent entre Fontenoy et le bois de Bari; ils se resserrent, pour offrir moins de prise à Tartilleriey en une formidable colonne, qui renverse les faibles corps qui lui sont opposés. Deux lignes d'infanterie française étaient percées; encore quelques moments, et la colonne, hors de la portée des batteries, pouvait tourner sur la gauche et emporter Antoing, occupé par le roi , à qui déjà l'on conseillait la retraite; mais il s'y refuse , et le maréchal, qui survient, garantit la victoire. La colonne ennemie, sillonnée par nos boulets, avait fait des pertes
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119 TBémèifi époQOB.
énormes ;qutttr&pièee84id-rj«erve smtp«M;ées emitr&M^^ et fbnt dftBS se^rangs-iHivide élteaK* : la «a^eiie fhiBçftlse s^'préefpite sri g»lap , ^eotoorela *m\e(vm ô» tmtev pari», et en baAaye te» ââ>ri8.devaiit el^te; oeuf nallle Att* gfaîs , ttiéa-ovièlesBés, demmireat sur le* champ 4e batiMe. Quelques jours après , Touraay est pris, prescpie toote i» FHmdfeestoeeiipée, et ses prii^lpales places deviennent' le prix de eette importante' viotolne.
Les armes'fraDfafses ifétaientp8S«Birfn9h«wreiise8«^F9 en^ Italie , wm te marédial de NoaiHés et l'infant 4od Philippe t toQtes le» posseseloDS aniridiaeiinea dltalle laneot! conquises, à Fexeeption de qn^qnes farteressoffi; et le roi' dé Sardaigne «e vit rééi^à sa^eapilale. Mais en AIIO'* magne les Antriehlens tinrest tète aux Fraaiçals, et cou^ Trirent Francfort; où, le 15 «epltminre» le grand*4iic Fraw* cois fut prodateé empereur. Le roi de Prusse aurait, trohi mois auparavant, remporté une- grande victoire à Friedl>erg : la cession du comté <^ Glatz, qm fut Joint à la Si» lésie, rendit cemotHurqùe à la neotâraUtô. Succès et CharleS'Édoitard , déharqné en Éisosse , prodattié régent, préten" par son père, et vaincpieor à Prestonpans et à Falktrk , i7«-i74«. ftdsait, à la même époque, treinMer George II. LatléflKftte du prétendant à Gui loden , par le duc de Cumberland , raina ses espérances et celles des sontiens de sa cause : après des maux inouïs , il revint en France, alwmdoooa»t pourtoujouTS TAtigleterre, où sa<redofital>ie.apparition futla cause et le prétexte âWrtWes emaulés à l^rd de ses mailieureux partisans.
L'Allemagne, Ir Flandre, ritaiieetita France étAient toujours le théâtre d*uoe guerre acharnée. Les Airtrlehiens» chassèrent les Français <dQ Rément, s^emparèrent â& Gênes ^ et envahirent la Provenee. Gènes, soumittepar eux
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èuB jmgéeteti^ le teeoua héwiiqtnwttt rjttaiégéedeiioo* veso , B0«^fiter» et ensnile BleiieHeu voftèrent à son seea«rs el afiraffèreutjflân saint. Le Bmrécfaftâ de Belle^lsle ^taïue
de Ro-
força les Autrichiens à évacuer la Provence , et Maurice de j^^^^^ Saxe, TrâipeurdsL prime Gharies à Bocoax , fit la eon- e^Sme qnétedoBiabMit. ^^^
L'Oriest était ébnmléécs oonlse-eonp» dé oette guerre op^ra-
" tions ml-
saiD^iDte. La Bmrdonrarjre» gouverneur des Iles de France ^^^^|^^ et de Bourbon, eatreprit de porter «ne atteinte funeste Bo^Jd^. aux intérâts^coennerdmix de TÂn^ernB dans les Indes : ""^te?* )( «rme^ sans le seoomrs du goweroeiKeHt, neuf bâtiments msrehamls^ assiège et prend Madras^ dieMieu des établis^ seooeoto anglais sur la o6te de Goromandel, et, ayant reçu l'ordre de ne garder aucune conquête, it rend la ville nMyemiantdix millions^ A la mène époque, Dopldx, directeur général du comptoir de la compagnie des Indes Orien^les et gouvera^ir de Peodlchéry, déptoyait dans cefrcontrées les briHantee resiourcea d'un génie supérieur. Tiraot ai^iotage de la dissetatioa où ^it tombé l'empire . dm Megol, il «tentade faire pour sa compagnie ce qui depuis foi réattfté par la compagnie anglaise des Indes : il voulut rendre territoriale sa puissance, jusque-là uniquement cammereaste. 11 refusa dératiser le traité iHgné par la Boordonnaye, et s'empara de liiadras, qu'il conserva pour la^ Frameeé 11 plaça un prince iadien sur letrôkie de Déean, se ût céder par>Uif un immense territoire entre leKristwa et ie cap Gomorin, et jeta ainsi dans les Iodes tes : foi^e« nMnts>d^ empire français ; mais il ne fut sout^m ni par* sa cempagnie ni par son gonvernemeat, etsueeombadans QM li^le inégale, a^rès uoe liéroifque r^i6taneeu;SoiiriTal ]m 'Boordonnaye ne^fat pas plus heureux. : axsousé de triAf -r . seBparDopIdx, pour avoir rendu IVfadras.*aux Angkds^ tous>
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