‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 13 sur 65 · TB€»SràH£ BPOQVE · texte numérisé non relu

TB€»SràH£ BPOQVE

ses services antérieurs forent oubliés à son retour dans sa patrie j et une lettre de cachet le jeta à la Bastille, où il languit trois années, sans avoir pu faire entendre sa justification.

OMniMi^t Le déplorable combat du col d'Ëxilies en Daupfainé, où *^ ^mJ^' ^® chevalier de Belle-Isie, père du maréchal , fut tué avec quatre mille hommes, en voulant forcer une position im* prenable, fut Imlancé par la nouvelle et brillante victoire Batauie remportée à Lawfeld par Maurice de Saxe sur le duc de Lawfeid. Cumberlandy et qui ouvrit à ce grand général le chemhi de la Hollande. La conquête de plusieurs villes, entre autres celle de Berg-op-Zoom, fut le fruit de cette gforieose journée : le général Low^endahi emporta cette dernière place , qui avait résisté au duc de Parme et à Spinola. Les Anglais portèrent alors un coup terrible à notre marine : la flotte française, dans une lutte héroïque de quarante vaisseaux contre cent vingt, fut écrasée en vue du cap Fi- Combat nistère, au combat de Belle-Isle. La France soupirait pour Beile-lsle* la paix, ct M auricc de Saxe n'en voyait la conclusion possible que dans la ville de Msestricht : il se hâta de l'investir, ^ presque aussitôt les préliminaires de cette paix tant dé- Paix sirée furent signés à Aix-la-Chapelle. Le roi de Prusse dech^a^êiiV. meura en possession de ses conquêtes. Don Philippe, frère de don Carlos, obtint les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla; enfin, les Anglais furent rétablis dans rinde sur le pied où ils se trouvaient avant la guerre : ils restituèrent Louisbourg et le cap Breton, et se firent accorder toute l'Acadie. La France rendit la Savoie au roi de Sardaigne, les Pays-Bas à Timpératrice Marie-Thérèse, et aux Hollandais toutes les places conquises sur eux. Un artide secret interdit s(m territoire à Charles*Édoaard , qui en fut expulsé par ordre du gouvernement ; et le dernier

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UYSB y* GHAFITSB II. 121

résultat cpi'eat pour elle eette guerre sanglante et injnste, qui avait duré tant d'années, fut Ténorme charge de douze cents millions dont elle accrut sa dette.

Quelques édits salutaires parurent dans les années qui édits suivirent la paix d'Aix-la-Chapelle. De ce nombre est Tédit im-»s6. de main morte, qui interdit au clergé la faculté d'accumuler de nouveaux biens : ce fut le dernier que scella l'illustre d'Aguesseau. D'Argénson, ministre de la guerre, fils de l'ancien garde des sceaux de ce nom, institua, en 1751 , l'École militaire pour cinq cents gentils-hommes sans fortune^ et Machault, contrôleur général , fit rendre la fameuse ordonnance pour la lil>erté du commerce intérieur des grains, jusque là soumis à mille entraves funestes à l'agriculture. Machault, homme intègre et habile administrateur, fut sans contredit le plus grand entre les quatorze contrôleurs généraux qui se succédèrent sous le règne de Louis XV. Ce fut lui qui établit l'impôt d'un vingtième, destiné à fonder une caisse d'amortissement. Vivement frappé de tous les maux qui résultaient de l'inégale répar- Projetsde

XI*. j . A* *. j . .1 ' i .i. j j Machault

tition des impôts et des privilèges abusifs des deux pre- p^^H^}.^ miers ordres, il se proposait de rendre perpétuel Timpôt du JJniîJJt. vingtième , et de le substituer, en lui donnant une grande extension , à la taille et aux autres perceptions inégales et onéreuses. Machault avait déjà vaincu d'énergiques résistances opposées à des vues si sages par les parlements, les pays d'états et le clergé, lorsque la maîtresse du roi, la marquise de Pompadour, dont Machault n'avait point su ménager l'amour propre dans une circonstance importante^ le fit renvoyer. Le clergé conserva le privilège dont il jouissait de discuter ses charges, et se maintint dans la liberté de n'acquitter sa part des impôts que sous forme de don graluit.

Bcaodftleax, n'eut qa'uoe âdble part iiiix sages éispositkis

de soQ conseil. Madame de Pdiopadour exerçait sur hii

«fie înflaeiiee SMveraiae : ce fat elle qui , en flattant

ses boBteax eaprices, eon^osa en partie l'inHine séimil

flétri seos le nom de Parc^aœ^-Cerfs, et dont les dépenses

absorbèrent des sosMoies énormes. Lavis XV eape&daat

se moBtralt scrapnknx dans raecompHasement des fra-

tiqnes extérienres de la déyotkm, et prenait une put

active anx querelles reUgienses qui a^tatent la Frasae.

Elles se renouvelèrent avac scandale par Tnlalérance de

M. de Beaumont, archevéqne de Paris: œ prélat panasa

?a haine du Jansénisme jusqu'à ordonner que l'extrénie-

onction fât reAisée anx mourants non-senlement conv^^n-

eus, mais simptement suspects d'adhérer anx opinions

condamnées par la bulle Vnigenitus. On exigea des biUeits

de confession des malades, et leur orthodoxie fut estioMe

Querelles d'sprès le nom de lenrs directeurs. Le parlement, soutema

entre le

v^S^t^^^ Topinion publique, pratesta contre ces mesiKes; fl m^ déclara qu'il y avait Uea d'interjeter appel commed'a

i7if i7«f. ^f ^fêeréta d'accusation le curé de Saint-Etienne pour refus de sacrements. Le conseil du roi cassa ces arrêts, et enfjoignit de respecter la balia, comme loi de l'Église et de l'Etat. De violentes discussions s'ensaivifent entre le pai^ lement et l'archevêque; et, sur le refus de sacrement à nne religiense, le tempordi d« prélat lut saisi , lui-niêaie cité à comparaître , et la cour des pairs canvaquée, le mi ùéîdaèit aux pairs de se rendra à cet appel , ordooKa as parlement de surseoir à tante poursuite, refusa d'attendre

Exti du ses remontrances , et l'exila* On étiMil , ponr remplacer le

parle- , ' ^ ^ . r ^

ment, partcment proscrit, une ehamiire royale, composée da * " cooseillers d^État et de maîtres des requêtes; mais le

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LIVBS Y. GHAPIXAS H. IStô

Châteletne ree<m&iil point sajorUlietioDt; les flvoeats, l€8 prDCttieitfs, ks gF^ers, refasèrevt lear service, et le eow» de la jttitîee M ainsi interrompu pendanl; quatorze

Le r^ sentU gu'il fallait transiger ; et le 23 août 1754, an miUe« ds» réjooiseBnces oeca^onnées par la ni^ssanee dn dne de Berd, qai M Tinfortuoé Louis XVI, le parlamBBï raj^é à Pada, y rentra aux acclamations des son rapjanséustea, des jdulosopbes et du peuple. L'archevêque et ^VtJÏ!^^ phisienra cwka signalèrent alors, avec plus de violenee encore, leur zèle io<|uisiteur. Admonestés par le conseil, ils se firent gloire d'appeler simt eux le martyre , et rarche" véque , à son tour, fut exilé a^ec deux antres prélats et le fongueux enré de Saint-Étienne-dn-Mont Le procurenr général appela comme d'abua de la bulle Unigenitus elle^ même, et le conseil du roi censura de nouveau le parlement Celui-ei osa supprimer un bref modérateur du pape Benoit XIV : sa hardiesse eroissant avec sou irritation, il refasa d'enreg^atrer les édits pour de nouveaux impôts an début d'une guerre avee les Anglais ; puis il se ligua avec les antres parlements du royaume contre jes atteintes du grand conseil, cherchant à former de toutes ks cours supérieures de la magistrature française un seul corps, pactagé en différentes classes^ imposant par sa force, et en état de résister aux entreprise^ arbitraires de la cour. Le chancelier de Lamoignon insista, dans le conseil du rM, sur le danger de ces résolutious hardies ; et le 13 décemlure 1756^ dans un lit de justice, le roi fît enregistrer trois édits, dont les dispositions priacipales renouvelaient rin jonction de respect à la bulle, privaient de voix délibérative tout magistrat avant dix ans de service, ordonnaient FeuM^^ement des édits après les remontrances

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permises, défendaient d*interrompre le cours de la jnsticd, sous peiné de désobéissance , et supprimaient la majeure partie des chambres des enquêtes et requêtes, foyer ordinaire des résolutions les plus violentes. Ces actes du pouvoir royal, et surtout les derniers, frappèrent le parlement de stupeur. Le peuple , que les remontrances contre les impôts iptéressaient fortement à la résistance des magistrats, encourageait leur opposition par les bruyants témoignages de sa faveur. Il s'enflammait pour la cause «du parlement, se répandait en invectives contre les prodigalités et les scandaleux désordres du roi ; et son exaspération fut portée au comble lorsqu'il apprit que tous les magistrats, à Texception de trente et un membres de la grand*chambre, avaient donné leur démission. Telle était la situation des esprits dans la capitale, lorsque, le 5 jan- Assassi- vier 1757, un malheureux nommé Damiens assassina le

nat du '

j[f^ roi aux portes du palais de Versailles. La blessure était fort légère; mais on craignait que le fer régicide ne fût empoisonné; le roi lui-même, saisi d'effroi , crut toucher à son dernier moment. L'opinion de 4a cour attribuait ce crime à l'effervescence allumée dans le peuple par la violente opposition du parlement : les magistrats frémirent de leur péril ; la plupart des démissionnaires coururent offrir leurs services à Versailles , et protestèrent de leur dévouement. Les débats du procès donnèrent lieu de penser que l'assassin n'avait pas de complices. La cour des pairs , formée des pairs du royaume et des magistrats qui étaient restés sur leurs sièges , jugea le coupable, et le condamna à l'effroyable peine des régicides : il eut le poing droit brûlé au feu de soufre, on le tenailla avec un fer ardent, on versa du plomb fondu sur ses plaies ; puis enfin il fut tiré vivant à quatre chevaux ; les lambeaux de son

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lIVaE V. CHÂPITBB II. 125

corps farent consumés , et leurs cendres jetées au vent.

Louis XY, à la suite de cet affreux procès, s'efforça de concilier les esprits : la plupart des magistrats furent rappelés, et le parlement reprit ses fonctions habituelles. La marquise de Bompadour, éloignée du palais pendant que le roi s'était cru en danger, y revint triomphante. Le ministre Machault , qui avait contribué à sa disgrâce momentanée , et d'Argenson , qui s'en était hautement réjoui , furent sacrifiés : ces deux ministres étaient les plus capables du conseil, qui demeura, privé de talents et de forces, sous l'influence directe de la nnarquise.

La guerre avait alors éclaté entre FAngleterre et la France; et depuis longtemps elle était imminente. Les limites de plusieurs îles et possessions d'Amérique, et en particulier celles de TAcadicou Nouvelle^-Écosse, mal définies par la paix d'Aix-la-Chapelle, avaient donné lieu à de longues controverses, puis à des hostilités ; et les deux nations s'observaient en ennemies, lorsque les Anglais p»^. poussèrent, en 1755^ une expédition au delà des Apala- ^^^ ches, et construisirent divers forts dans le voisinage du J^^,^ fort Duquesne, élevé par les Français sur TOhio : ceux-ci Am&i^e leur envoyèrent, comme négociateur, un officier nommé *'**" Jumonvilie; il fut tué par un détachement ennemi que commandait le major Washington, qui devait plus. tard affranchir son pays. Les Français tirèrent vengeance de cet attentat, et Washington, attaqué par eux, fut réduit à capituler ; mais des forces imposantes menacèrent bientôt le fort Duquesne ; le général Bradock dirigea contre lui une nouvelle expédition, à la tête de six cents hommes. Ce corps, surpris dans un défilé par deux cent cinquante Français et cinq cents sauvages , fut mis en déroute et taillé en pièces. Les Anglais saisirent aussitôt, sans aver-

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nf$ TBOISlèKE BPOQCnS.

^ura- tlssement préalat)le, trois cents bâtiments marchands ap- Se Pûrtenant à !a F ranee. Henri Fox et lord Hotland repoustLre eua Surent les réclamations adressées à ce sujet au parlement d'Angleterre, et la guerre fut déclarée.

France.

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