‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 14 sur 65 · CHAPITRE ilL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ilL

Depuis le commencement de la guerre de sept ans jusqu^è la mort de Louis XV.

La guerre qui éclata en 1756 entre l'Angleterre et la France embrasa bientôt toute TEffrope^ et ses ravages ^étendirmt dans le monde entier. Marie-Thérèse regrettait la Silésie, cédée à la Prusse; et, dans l'espoir de recouvrer cette province, elle s'unit à Éffsabeth Pétrowna, impératrice de Russie; à Auguste III, électeur de Saxe et roi de Pologne, et au roi de Suède Frédéric- Adolphe. Louis XV, longtemps allié du roi de Prusse contre Marie- Thérèse» Vavait à IVgard de ce prince aucun motif de ressentiment; mais c'était surtout l'appui de la France qu'espérait la reine de Hongrie; eite sut flatter madame dePompadour, qu'offensaient les railleries de Frédéric, et qu'elle traitait en amie : sa conduite habile jdéeida Tal- Engage- Hancc dcs deux couronnes. Elles s'engageaient à se four* tïll'îd^to nir réciproquement un secours de vingt -quatre mille *taic^r ^**"*°^*s> P^^^ repousser les attaques dont chacune pour-. 1786. rait être menacée : bientôt toutes les forces du royaume

furent mises à la disposition de l'Au^iehe. Cette guerre funeste et déplorable, conw de la guerre de sept ans, s'ouvrit sous d'h« pour la France : le duc de Richelieu fit un moment oublier

Guerre de Cette gucTrc funcstc ct déplorable, connue sous le nom

sept ans. • « -

i7tfc-i765. de la guerre de sept ans, s'ouvrit sous d'heureux auspices

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ses icftodalet et tes vicfts par la eoB({tté*e de Ifiaorque et par ta briHante prise da fort Saint-Philippe, citadelle de Port-MaiMNi. L^amiral ByngarrivaR avec ta âette, oom- ^^^^^J^^ posée de quatorze Yaiseetvx de ligne ^ au secours de la Mtnoniue vilk : arr^ par ramiial la Salittoimîèffe , qui od fermait le port , il livra uae bataille, la perdit , et ramena sa flotte endommagée à Gibraknr. Cette victoire navale, la plus importante qve les Français eassent remportée depuis cinquante an», eoâta la vie à Tamiral Bjag^dont la conduite avait été irréproefadole : les Anglais imputèrent sa défaite à latraliisoa ; raminat fut déclaré covpable, et fasillé.

Frédéric II n^attendit point l'attaque de ses ennemis : ^ J^Pf ^^ à la nouvelte de la ligne formée contre lui , il se hâte d'en- "f^g^^^ vahir la Saxe, et prend Dresde, d*on fait le roi de Pologne. ^\^^; Il rencontre presque aassisôt, à Lo¥fosit£ , le maréchal Br»wn à la télé de cinquante mille Autrichiens, et avec des forces inférieures de moitié il le contraint à repasser l'Éger; il vole ensntte à Pirna, on l'armée saxonne était Moquée , et l'oblige à capitnler. Ontre les vingt-quatre mille honnnes promis à l'Antriche et commandés par le prince de Soubise, soixante mille Français entraient en Allemagne sous le maréchal d'Estrées, et menaçaient l'électorat de Hanovre. lyEstréesbatCnmberland à Hastemberg, au moment où une cabale de coiur Ini donnait pour saeeesseur le maréchal de Rkhelieu , qni suit ses plans de campagne, accule les Hanovriensprès de Stade sur TEIbe, et force Cumberland à signer la capitulation de Closter- ^«jU^Ja' seven, qui renvoie une partie de l'armée dans ses foyers , ^'®v*e^f**=' condamne l'autre à Tinaction , et nàet Télectorat de Ha- *'*'• ûovre sous la main de la France.

Frédéric , vainqueur du prince Charles de Lorraine à la sanglante bataille de Prague, venait d'être battu ensuite

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par le maréchal Daun à ChotzemitZy et de perdre vingt* cinq mille hoioames^ lorsqu'il apprit plusieurs défaites consécutives de ses généraux, et enfin la fatale capitulation de Closterseven. Mais un échec était pour lui le prélude d'une victoire; il multipliait en quelque sorte ses troupes, en les faisant voler d'une extrémité de ses Ëtats à l'autre ; vaincu et poursuivi , il se représentait en force là où il était le moins attendu. Cette guerre mémorable mit le sceau à sa renommée ; il eut à combattre à la fois , et seul, les Français, les Autrichiens et les Russes , commandés par d'habiles généraux ; il vit des armées deux fois plus fortes que les siennes envahir et percer ses États ; il perdit sa capitale, et fut souvent enveloppé lui-même : mais^ puisant dans les périls même ses plus étonnantes inspirations, il sortit vainqueur de tontes ces épreuves, et sa puissance se trouva mieux établie que jamais après une lutte où elle aurait dû, selon les prévisions humaines, être anéantie. Dans cette terrible campagne de 1757, accablé par les revers de ses généraux, et encore plus par la capitulation des Anglais a Closterseven, cerné dans la Saxe par plusieurs armées et tenu en échec par le maréchal Daun , Frédéric paraissait sans ressources, et lui-même se crut un moment perdu ; mais son génie ramène la fortune t il échappe au maréchal avec un art admirable, et va audacieusèment reconnaître l'armée française commande par Soubise, et celle des cercles, qui, réunies, avançaient pour Tenvelopper; il manœuvre habilement devant eUe& en paraissant vouloir les éviter, et va camper dans une àeFréûé P^^^^'^" avautagcusc à Rosbach. Soubise tente de le sur- Ro?bach. prendre, et veut tourner son camp; mais tous ses mouve- *^^^' raents sont devinés : Frédéric change de front à Tiusu de Tennemi, dont il laisse approcher les colonnes; et lorsque

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les Français et les Impériaux arrivent à la portée du canon, les tentes de Frédéric s'abaissent, et l'armée prussienne apparaît en ordre de bataille entre deux collines d*où part un feu meurtrier. Les assaillants sont frappés de stupeur, et les troupes des cercles s'enfuient sans combattre ; leur exemple entraine l'infanterie française , qui se retire en désordre devant six bataillons prussiens, laissant derrière elle trois mille morts et sept mille prisonniers. Le marquis de Castries , à la tète de la cavalerie, et deux régiments suisses, firent seuls leur devoir dans cette journée, presque inouïe dans les fastes militaires de la France. Frédéric ne prend aucun repos après cette victoire inespérée : il vole dans la Silésie presque perdue, et gagne sur le prince Charles et sur Daun la saoglante bataille de Lissa, près de Breslau. Les Anglais rompent alors la capitulation de Closterseven, et Tarmée hanovrienne reparait sous Ferdinand de Brunswick, son nouveau chef, qui se dit étranger à cette convention militaire. Tels furent sur le continent les principaux résultats de cette première campagne, pendant laquelle le maître d'un royaume qui comptait à peine un demi-siècle d'existence soutint presque seul le choc de la France et de l'Autriche , et mérita le surnom de Grand en battant les armées des deux plus redoutables puissances du continent.

Le comte de Clermont perdit l'année suivante la ba- Batauie

de Cre-

taillade Crevelt contre Ferdinand de Brunswick : le comte veit.

fut remplacé par le marquis de Contades. Soubise, et sous lui le duc de Broglie, réparèrent en partie, à Sundershausen et à Lutzelberg, les malheurs de cette sanglante journée. Les Français rentrèrent en Hanovre ; mais en 1759 Brunsyrick , battu par le duc de Broglie à Berghen, Batauies battit à son tour* le maréchal de Contades à Minden en ffl»^ ^

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190 tBOISIÈSB iPOQtm.

^de"n"" ^^^P^fi^c- Frédéric hittait alors avec des succès variés «''»• contre les Aotrlchiens et les Russes : faction la pins meurtrière de la campagne précédente fut cdle de Zomdorf ,où trente-trois mille hommes, dont yingt^eux mille Russes et onze mille Prussiens, restèrent sur le champ de bataille. Pertes de Pftt, dcpuls lord Chatham , ministre de George II , diri* rîqufet ^^^^ ^ cabinct anglais. Il porta son attention sur les co- S^'SU. ïonies, et donna une vigueur nouvelle aux opérations maritimes : TAcadte^ malgré les efforts du marquis de Montcaim , demeura au pouvoir de TAngleterre; Québec fut pris après la bataille livrée sous ses murs^ où périrent les deux généraux en chef, Wolf et Montcalm ; et les Anglais enlevèrent en 1760 le Canada tout entier à la France. Nos armes n'avaient pas été plus heureuses en Afrique, où nous perdions le Sénégal; et en Asie, où le général Clive, célèbre fondateur delà puissance anglaise dans rinde, s'était rendu mattre, en 1757, de rétablissement français de Chandernagor sur le Gange. Les succès de Clive causèrent la disgrâce de D upleix , qui fut rappelé en France, où il mourut pauvre et oublié, après avoir commandé dans Tlnde en souverain. Le comte de Lally , Irlandais d'origine, homme de talent, mais d'un caractère violent et despotique, reçut de Louis XY la mission de venger nos défaites en Orient. 11 s'empara, pour premier exploit, du fort Saint-David sur la côte de CK)romandeI , et en fit raser les défenses. Des différends survenus entre lui et son chef d'escadre, le comte d'Aché , devinrent funestes aux intérêts de la France.

Désastres L* Angleterre était alors menacée d'une descente par sur mer. ^^^^ armécs ft'ançaises sous Chevert et le duc d'Aiguillon ; deux escadres devaient protéger cette expédition : la première, sous M. de la Clue , fut détruite par l'amiral Bo6-

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cawen , à la baoteor da cap Saiat- Vincent ; et deux mois plus tard la seeoade^ commandée par le maréchal de Conflaos , subit le m^am sort en vue des eôtea de la Bretagne. Une division de cette flotte, ayai^ pris la fuite , entra dans la rivière de Vilaine, d'où eUe ne put sortir : Tignominie marqua sa défaite , et cette journée fut honteusement conmie sous le nom de la bataille deM.de Canfians.

Le duc de Choiseui, ami des gens de lettres et des phi- ^^^uv&-^ losophes, qu'il protégeait, et soutenu par madame de Pom- D»térieis. podour, était entré dans le ministère comme successeur de l'abbé de Berins aux affaires étrangers; M. de Silhou^te avait le contrôle général. Ce dernier débuta par quelques mesures utiles; Tune d'elles drane à connattre les prodigieux profits des/ermiers généraux : M. de Silhouette en retrancha la moitié, et créa soixante-douze mille actions de mille livres chacune, auxquelles il attribua le bénéfice de l'autre moitié : toutes furent enlevées sur-le-champ, et le contrôleur général <^tint soixante-douze millions en vingt- quatre heures. Comblé d'éloges par toutes les bouches, bientôt il fut décrié, lorsqu'en 1759 ses réformes attaquèrent les droits des classes élevées. Il ût enregistrer en lit de justice, le 22 septembre, un édit de subvention ^erriiariale, qui soumettait à l'impôt, sans exception, tous les corps qui avalent eu jusque là le privilège de s'y soustraire. La réprobation fut générale, et la magistrature réclama la première avec une telle violence, que ce sage édit ne put être exécuté. M. de Silhouette fit alors suspendre une partie des payements exigibles sur le trésor, et invita les dtoyens à porter leur argenterie à la monnaie. L'Angleterre, instruite de cette pénurie, crut la France sans ressources, et refusa de traiter avec elle.

La campagne de 1760 fut glorieuse en Allemagne pour

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Campa- le maréchal de Broglie : il battit le prince héréditaire de

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1760. Brunswick à Gorhach, près de Cassel, dont il prépara la prise : un des corps de son armée, commandé par le marquis de Gastries, s'établit à Gtostercamp, près de Rimberg, sur la rive du fleuve ; attaqué par le prince, il remporta une victoire qui délivra Wesel. Un dévouement sublime Dévoue- immortalisa cette journée. Le chevalier d'Assas , capitaine d'Assas. au régiment d'Auvergne, envoyé pendant la nuit à la découverte, est surpris, à portée de voix de son camp, par les Hanovriens : vingt baïonnettes sont aussitôt sur sa poitrine; s'il parle, il est mort : « A moi, Auvergne! » s'écrie-t-il, « c'est l'ennemi. » Il tombe aussitôt percé de coups ; mais le camp français ne fut pas surpris. Frédéric échappaît alors, dans la Saxe, à plusieurs armées qui le cer~ naient ; il bat tour à tour Lauddon à Lignitz , Daun à Torgau, et reprend la Silésie.

1760-1761. Pondichéry tomba cette année aux mains de l'Angleterre : cette ville comptait quatre-vingt mille habitants, que le gouverneur Lally s'était aliénés par sa hauteur et son despotisme. Le comte d'Aché, appelé avec son escadre au secours de la place, ne parut point, et sept cents soldats seulement restèrent .chargés de sa défense : la ville fut Prise de prise, et ses fortifications rasées. Lally revint en France, jChéryj^j et, accusé à tort de trahison, paya sa défaite de sa vie : le

"^* digne vengeur de sa mémoire.

Ghoiseul, ministre de la guerre après la mort du ma* réchal de Belle-Isie, offrit la paix à George III, qui venait de succéder à George II sur le trône anglais. Lord Bute, premier ministre, adhérait à ses vœux ; Pitt s'y opposa, et son avis prévalut. Le duc de Ghoiseul, après avoir en

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ceS^ parlement le condamna, et on poussa Toutrage envers lui "iuy. jusqu'à le conduire bâillonné au supplice. Il laissa un fils.

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