‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 15 sur 65 · LIVRE T. CHAPITAB III. 1S · texte numérisé non relu

LIVRE T. CHAPITAB III. 1S

valD essayé de ranimer Tenthousiasme de la nation, chercha l'appui de l'Espagne, où régnait Charles III ; et le 16 août 1761 fut signé par ses soins le célèbre pacte de ^j^^/[.<i« famille. Ce traité, négocié en secret, stipulait des secours *'•** respectifs entre les diverses branches de la maison de Bourbon, et déclarait ennemi de toutes quiconque à l'avenir le deviendrait de l'une d'entre elles. La France avait perdu, dans le cours de la dernière guerre, trente-sept vaisseaux et cinquante-six frégates ; le secours de la marine espa* gnole, alors florissante, balança faiblement ces énormes pertes.

Le 1 6 juillet , quelques jours avant la signature du pacte nw-ues. de famille, les maréchaux de Broglie et de Soubise , ayant opéré leur jonction , menacèrent ensemble le prince de Brunswick, dont ils rencontrèrent Tarmée à Filingsbausen, près de la Lippe ; le défaut de concert entre les deux généraux français leur enleva la victoire. Il s'ensuivit entre eux un grave différend, dont la maltresse du prince se constitua l'arbitre. Les courtisans les plus empressés de madame de Pompadour étaient à ses yeux les meilleurs généraux; et l'on peut juger par ce seul exemple combien la déplorable faiblesse de Louis XV portait atteinte à l'aur torité du trône. Soubise adulait la favorite ; il gagna sa cause : le vaincu de Rosbach triompha, dans le royal boudoir, du vainqueur de Berghen ; le duc de Broglie , cher à Di^pAce l'armée, à la France par ses talents et ses victoires, fût Brogue. banni , et remplacé par le vieux maréchal d'Estrées.

Cependant , pressé par Tarmée des cercles et par les Russes , Frédéric était aux abois : la mort de l'impératrice Pétrowna , survenue le 2 Janvier 1762 , le tira de péril. Elisabeth laissait le trône à Pierre III , son neveu , admirateur passionné du roi de Prusse , dont il se déclara sur-

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leHïhaa^ ledéfeoseur et l'ami; mais, s*aiMiiNbttDaat saos réserve à son goût pour les ioDovatioiis , il blessa les préjugés abisi qœ tes habitudes de ses peaples , et tai détrôné, après six mois de règne, par sa propre feaune Cath^ne â'Allbal^Zerbst, qui monta sar le trône sons le nom de Catherine II; et quelques Jours après le malheureux Pierre III périt assassiné. L'impératrice se déclara neutre entre les divers partis. Des avantages bataneés marquèrent le cours de la campagne de 1762 , et dès lors des préliminaires de paix furent signés entre l'Angleterre , la France, l'Espagne et le Portugal : ils se convertirent en une paix ^pSrif ^^^"'îtiv® *e 1^ février 1763, par le traité de Pwis, hon- 1765.; teux pour la France : cette puissance céda à l'Angleterre une partie de la I^uislane ' , le Canada et ses dépendances, cûnsi que l'île du cap Breton et toutes les autres îles dans le golfe et le fleuve Saint-Laurent; l'Angleterre gardait en Afrique le Sénégal ; les possessions des deux nations dans les Indes orientales étalent remises à ceux qui les occupaient avant la guerre , à condition que les Français n'y enverraient pas de troupes : Tile de Minorque et le fort Saint-Philippe furent restitués à l'Angleterre, et la France rendit encore au roi George son électorat de Hanovre. Les Anglais , qui un siècle auparavant ne possédaient hors des îles Britanniques que Jersey et Guemesey, se trouvèrent , à la suite du dernier traité de Paris , maîtres dans toutes les mers d'une multitude d'îles et des plus fortes stations navales : la marine française était presque anéantie , et dès lors l'empire de l'Océan fut acquis à l'Angleterre. La paix fut également signée entre l'impératricereine Marie-Thérèse, l'électeur de Saxe et le roi de Prusse ;

* Le reste de la Louisiane fut cédé par la France à l'Espagne, pour la dédommager de la cession de la Floride à PÂn^eterre.

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et, après sept campagnes sanglantes, tout liit rétabli entre les trois puissances sur le même pied qu'avant la guerre. Frédéric censenra la Silésie et le comté de Glatz , en promettant sa Toix au fils de Marie-Thérèse, Tan^hidac Joseph , qui fut élu roi des Romains, et succéda à Tempire, le 18 août 1765.

Les dernières années de cette guerre furent marquées par TabollHon de l'ordre des jésuites dans le royaume. Ils avaient pour ennemis les philosophes, et les parlements, qui épiaient une occasion de leur porter une mortelle atteinte, ^

et qui la trouvèrent dans la banqueroute du jésuite La Valette, évaluée à plusieurs millions. La société, légalement sommée de répondre pour lui, s'y refusa. Les procureurs généraux, et surtout la Chalotais, procureur général du parlement de Bretagne , lancèrent de foudroyants réquisitoires contre les membres de l'ordre; ils se défendirent bdblement On ordonna de nombreux séquestres; et leur constitution, examinée en détail, fut vivement attaquée sur tous les points. Une assemblée d'évéques, convoquée par le roi, se prononça pour le maintien de cette société , que les parlements sécularisèrent en 1763. Leduc de Cboiseul Aboutioa

'^ , » /% de l'ordre

soutmt avec vigueur la magistrature, et Louis enfin sa- f|*j^{; crifîa les jésuites à son repos. Leur ordre fut aboli dans le "^"y^JJ^®* royaume par un édit de 1763, qui leur accorda la permission de vivre en France comme simples particuliers. Toutes les cours des Bourbons se déclarèrent à la même époque «ontre cette société fameuse : les jésuites furent successivement chassés de Portugal ^ d'Espagne, de Naples et de Fanne; et l'abolition totale de Tordre fut vivement sollicitée à Rome par le duc de Choiseul, qui promit à cette oondition la restitution du comtat Yenaissin au saint-siège. Befiné par Oément XIll, ce bref fut accordé eu 1773 par ^^^'

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136 TROISlàME ÉPOQUE.

Tordre '® célèbre Ganganelli, pape sous le nom de Clément XIV; «77». ' Il détruisit en cet ordre le plus ferme soutien des droits de la cour de Rome. Deux souverains non catholiques , Frédéric II en Prusse, et Catherine en Russie, furent les seuls qui offrirent à la société des jésuites asile et protection dans leurs États.

1764. Madame de Pompadour avait été cause de la funeste part que prit la France à la guerre de sept ans ; elle mourut dans Tannée qui suivit la conclusion du traité de Pa- ^ ris, et fut bientôt après remplacée auprès de Louis XV par une courtisane de bas étage, qu'une alliance infâme décora du nom de comtesse du Barri, et que le roi introduisit avec impudeur dans sa cour et au sein de sa famille. II perdit durant les quatre années suivantes le Dauphin , la Dauphine, son beau-père Stanislas Leezinski , bienfaiteur des Lorrains , et qui périt par accident dans un âge avancé ; la reine Marie Leczinska ne survécut que deux années à son père.

Réunion Par la mort de Stanislas, la Lorraine avait été incorde" J*^ porée à la France. La Corse, deux ans plus tard, fut égale- Lorraine *^ , , ^ "^ ^ pÂnle ™®°^ reunie à la couronne. Gafforio avait chassé les Génois

RéuSôn ^® *'^*®ï ^* mourut assassiné en 1753. L'intrépide Pascal corie. Paoli lui succéda à la tête du parti de riodépendance. Les "^' Français, descendus en Corse dès Tannée 1756, sous prétexte de prévenir les projets de l'Angleterre sur cette île, obtinrent d'en garder comme médiateurs les places maritimes ; Gènes céda, en 1 768, tous ses droits sur la Corse à la France, et M. de Chauvelin y proclama aussitôt Louis XV roi : les habitants, indignés, coururent aux armes à la voix de Paoli ; mais leur courage fut impuissant contre une armée française commandée par le comte de Vaux. PaoU s'exila , et la Corse se soumit : elle obtint d'être régie en

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pays d*ëtats , et conserva le droit de régler ses subside».

La gaerre de sept ans avait ajouté treote-qaatre millioDs J^^ de rentes annuelles à la dette publique. Tous les ans le» ^l^. dépenses excédaient les recettes de trente-huit millions, ^^^i et les impôts y prodigieusement accrus pendant la guerre, n'avaient point été diminués à la paix. Le parlement de Paris négocia pour obtenir un allégement des charges publiques : celui de Besançon refusa d'enregistrer les édits royaux'; plusieurs, magistrats opposants furent exilés; bientôt tous les parlements du royaume prirent fait et cause pour celui de Besançon, et le parlement de Paris soutint énergiquement, au grand déplaisir de la cour, que toute la magistrature du royaume ne formait qu'un seul corps , divisé en plusieurs classes. Louis XV , dans une séance royale tenue en 1766, interdit aux parlements Tassodation qu'ils prétendaient former, et proclama ces maximes : Nous ne tenons notre couronne que de Dieui au roi seul appartient la puissance législative y sans dépendance et sans partage. 11 résulte de ces faits que le roi voulait établir en droit la monarchie absolue, et que les grands corps Judiciaires, avec des idées plus ou moins vagues sur le but de leurs efforts , tendaient à faire reconnaître une monarchie parlementaire , dans laquelle ils auraient tenu le roi et la nation en tutelle. Des troubles éclatèrent dans plusieurs provinces , et surtout en Bretagne , où le duc d'Aiguillon, gouverneur de la province, se rendait odieux par son administration dure et despotique. Le parlement de Rennes prit qpnnaissance des plaintes élevées contre lui, et, n'obtenant aucun appui de la cour, 1a plupart de ses membres donnèrent leur démission. Le vcnécaprocureur général la Chalotais, qui s'était prononcé avec «JJ,^»*!^ véhémence contre le gouverneur, fut arrêté, et conduit "•» "«^

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13« TfiOWnMS BPOQUS.

avee son flto et trois coweifiers dans ia eitaéeUe et Saint- M alo. On forma mie eomiBis^oii pmir Juger les prisoaaiers, qn'on accusait d*ayolr tenu des assemblées illicites, répandu des libelles diffamatc^res contre le gouTemement , et pofté Taudace Jusqu'à faire parvenir au m hil-ménie des billets anonymes nf urienx à sa personne. On r^[»était à Louis XY que les Bretons étaient une race tnrbuleute et rebelle, et qufl fallait un exemple pour les contenir : cependant le parlement de Paris agissait aree énergie en fateur des accusés, et ie duc de Cbolseut, qui se déclarait le protecteur de ia magistrature ^ se hâta de suspendre les pouToirs de ia commission de Saint-Malo et de renvoyer l'affaire devant ses juges naturels. Les accusés récusèrent le parlement de Bretagne, sous prétexte quil notait plm assez nombreux , et forent transférés à la Bastille : enân, en décembre 1766 , on interdit toute poursuite contre eux, et on les reconnut innocents; néanmoins ils furent exilés- Le pariement réclama contre ce châtiment arbitraire, qni assurait le triomphe du duc d'Aiguillon : et cdui-ci redoubla de violence ; il poussa la hardiesse jusqu'à présenter à l'approbation des états de Bretagne un règlement qui lenr enlevait le droit de fixer et de lever les impôts. On se récria de toutes parts , et un rapport adressé au roi provoqua le rappel du due d'Aiguillon et le rétablissement du parlement de Bretagne dans son intégrité, sauf la Chalotais, qui ne fut pas rendu à ses fonctions. proc^ da Le premier soin du parlement rétabli fut de faire son (?ara"tèrê P">c^ ^^ ^wc d'Aiguillon, accusé d'abus de pouvoir et *du*Sa*ittî d® crimes énormes. Le roi avait récemment élevé à la mê^U. dignité de chancelier Maupeou, premier président du parlement de Paris. Cet homme, audacieux et souple, était capable de prendre des résolutions hasardeuses, et d'en

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irer le sueeès par nue fermeté foébrantable, unie à la fisesse crn'exigeBt les détottrs de nntrigae. Â{>rès avoir mentré du cffiraetère dans m exif de sa eonpagoie , ii préféra bleuté le diemin de la fortune à tout autre , et a'aHira k mépris des magistrats, qui le regardaient comme TeiMhi à la eour. Déroré à la fois par Tambltion et par le désir de la ^Fengeanee, il avait résolu d*humiKer, de soumettre la magistrature; et les efrconstanees secondèrent ses projets. Le rot, guidé par lui, ordonna que le duc d'Aiguillon serait Jugé par la eour des pairs, et que les séances, auxquelles il voulait assister , se tiendraient à Versailles. Quelques mois plus tard , en 1770, Louis XV, cédant à de nouveaux conseils, convertit une séance des pato en lit de justice , et, justifiant le duc d*Aigtt!llon, il ordonna que toute la procédare fttt anéantie. Il s'ensuivit on arrêt du parlement, qui entacha le duc d'Aiguillon dans son honneur : le rot le cassa, fit enlever du greffe toutes les pièces du procès , et, dans un autre Ht de Justice ( 7 décembre ) , il défendit au parlement de se servir du nom de classe en parlant des autres corps de la magistrature, de suspendre le service pour quelque cause que ce fftt, et enfin de donner sa démission. Les remontrances faites au sujet de cet édit rigoureux furent méprisées, et le pariement cessa ses fonctions. Une révolution de cour lui enleva tout à coup son plus puissant protecteur. Le duc de Choiseni ne s'était Jamais abaissé Jusqu'à fléchir devant la nouvelle favorite, madame du Barri : irritée de ses mépris , elle perdit te ministre dans l'esprit du rd, en lui reprochant surtout de vouloir entraîner la f^nce dans une guerre contre TAngleterre , en faveur des cohHiies américaines, disposées à riosurrection. Louis XV, idolâtre d'un repos plein de scandales, céda aux exigences

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140 TBOISISME ÉPOQDS*

Diyâce delà favorite : le dac de Clioisealfat disgracié avec son ^"lii^de^^ parent M. de Prasiin, et exilé dans sa terre de Ghanteloup, ^^^l^^ C'est alors que, pour la première fois depuis la Fronde, une partie de la cour et de la hante société manifesta publiquement une redoutable oppositi(m au gouvernement* Tout ce qu'il y avait de plus grand en France se fit bon* neur d'aller féliciter le duc de Choiseul dans sa retraite, et donna l'apparence d'un triomphe à sa disgrâce. Le ren- Ministëre voi de M. dc Choiseul fut suivi de la nomination du due

et tiium«

Manieîl ^'Aiguillon aux affaires étrangères , et peu après de l'abbé foi* rt*dê Terray au contrôle général des finances. Ces deux hom-

^mif' mes formèrent avec le chancelier Maupeou un triumvirat célèbre par la révolution qu*il opéra dans Tordre judiciaire. Le 19 janvier 1771 tous les membres du parlement sont réveillés par deux mousquetaires qui leur présentent l'ordre de reprendre leurs fonctions , et de signer leur consentement ou leur refus par un seul mot, oui ou non. La plupart refusent, et le petit nombre de ceux que l'étonnément ou la crainte a fait consentir se rétractent le lende-

ti^7e8 ^^^^' ^^ °^^^ suivante ils reçoivent notification par huis^

^in?.* ^^^^ ^^^ ^^^^ charges sont confisquées ; des lettres de cachet les exilent civacun dans un lieu différent. Maupeou nomme à leur place des conseillers d'État et des maîtres des requêtes, qu'il installe lui-même en traversant une

Forma- foulc irritée. Le chancelier s'occupa ensuite de former une

tlon et *^

tion^d^'un <^o>^P^gQÎ6 QUI parût moins semblable à une commission "Jïrie-" judiciaire; il la composa des membres dugrand conseil , et d'hommes pris dans différents corps, dans différentes classes. Ce sont eux qui formeront désormais le parlement. Maupeou les convoque le 13 avril 1771 , dans un lit de justice préparé en secret; et là sont enregistrés deux édits qui abolissent T^ncien parlement*et créent le nouveau. La

ments. '

ment.

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colère publique éclata contre on ministre qui enleyait À ta France, dans la personne de magistrats indépendants, les dernières garanties contre Tarbitraire. Lambert, doyen du grand conseil, s*bonora entre tous par son courage. Contraint par lettre de cachet à venir siéger dans le nouveau parlement, il vint ; mais il dit : « Je ne puis faire ici aucun acte de magistrature; j'abandonne au roi ma fortune, ma liberté, ma vie, mais je garde ma conscience : je ne reparaîtrai point dans cette enceinte. » Le soir même il fut exilé. Tous les princes du sang, à Texception du comte de la Marche , et treize pairs du royaume, protestèrent par écrit contre des actes où ils voyaient le renversemeot des lois de l'État. Les parlements de province firent des remontrances courageuses; un grand nombre de bailliages, dont les membres n'avaient que leurs places pour subsister, refusèrent obéissance aux remplaçants des anciens magistrats ; à l'instant où le conseil d'État siégea dans la salle du parlement, les avocats cessèrent de paraître au barreau , et la plupart des plaideurs refusèrent d'être jugés. Les remontrances les plus remarquables furent celles de la cour des aides; elles étaient l'ouvrage du vertueux Malesherbes, et cette compagnie fut cassée. On réorganisa le Châtelet à Faris; les parlements de province et la noblesse, surtout eelle de Normandie et de Bretagne , élevèrent des plaintes , auxquelles M aupeou répondit par des lettres de cachet pour l'exil ou pour la Bastille. Un grand nombre de voix demandèrent alors les états généraux. Cependant Maupeou triompha de toutes ces résistances : les anciens magistrats s'étaient aliéné les philosophes par plusieurs arrêts empreints de fanatisme et d'une révoltante barbarie, tels que ceux de Calas et du chevalier de la Barre. Maupeou rappela ces jugements iniques et cruels,^ et s'efforça d'atténuer les rcs-

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142 TBMeUoW KPOQUl.

MutteMÉ» et r^pinicMi, m ffomtltmit la réinetiMi âe rimBMBte veMort du pariemeot de Parit » l'adoïkiiitraUaD graMte de la Justice , l'i^oMtkm de la véaalîlé des ehappa el lamlSfDledeaMa ertai&ctte». Il aflMNta ainti TeséesliMi desea iwtle pMjat, et oMiot de bfaaoaiip^de mevbffei dea parkmcnlt de ptoninee rewN^iiftmiient des édite fgé le» SttpprimaievI, airee renboanemeat de leww ebaigea, et de eeox (|Qi let réissIallaieDl eaivite das» kwra fooetfans avec gages et appeiotements. A la fia de 177i^d»M Tespace àe moms d'aoe aaoée, le nouvel ardre Jadiclaiee ùàt e» aet^ vîté sur UMite la snrfaee du M^aiooM, et Maiipeafi se nanta d*avoi« retiré la omronMe du greffe.

Finances. Tandis qae Maupeea reiieHvelait.si YiolaiiiiieQt la nsa^ gtetratare firançaîse, ral>bé Tercay procédait ea fiaaaee d'une manière non mcràns arbitraire et despotique. Jamaia il ne conçut ua plan de finances : il dierchait seulement à se dispenser de payer, à se procurer des ressources; et ses moyens d'exécution étaient la mauvaise foi et la rapacité. Aucune économie ne porta sur le luxe de la ceur , et Louis XV ne cessa d'épuiser le trésor par ses prodigalités : les ré^ formes frappèrent les rentes sur l'État, et furent une vérî^ table et honteuse banqueroute. Le taux des cmitrU)Utiane fut en même temps élevé outre mesure, et Terray détruisît l'œuvre la plus glorieuse de Macbault , le règlement peur la libre circulation des grains dans l'intérieur du royaume. Terray l'abolit, pour se livrer à d'infâmes spéculations dont les alarmes et la misère du peuple garantissaient le succès '.

é^ng?- ^^ ^^ d'Aiguillon , ministre des affaires étrangères, et res. ^ troisième membre de ce triumvirat, laissait alors troie

' Terray défendait r exportation dans telle province , les blés y tombaient de prix ; il en achetoit, et en rerenduit dans telle antre provinee -quMl avait atfamée en y excitant Fexpertatiw.

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paimicei porter one grave aUekite aoxdrdtoâes peuples et à l'équilibre européen. Le dernier électeur de Saxe, voi et Félogiie, était mort ca 1743. Les 4îssensioiis des Polonais doonèreat à Catherine II et au roi de Prusse une grande inHoeace dans réieetk» suivante ; et Stanislas- Auguste Poniaiowski, Tan des anetens favoris de Timpératriée, fatéta mi sons les baioMiettes fusses. Les deux âanveraiés étcangers avaient éearté de concert tous les CineorrtDts les plm indi^peodaiits et ks plus redoutables , ^ protégère&t hautement les Polonais disstdeots cootre le farti catholique etâonûnantqui les avait exclus du vote : ^elques sénateurs opposés au vœu de Cirtlierine furent enlevés et transportés en Sibérie. Indigné de ces violences, in parti polonais s'empara de Craeovie et de Bar ; et dans confédé. cette dernière ville une eoi^édéradon se forma en 17S8 de Bar. poar délivrer la patrie du joug de Tétranger. Les confédérés implorèrent Tappcd de la France, cful ne leur envoya qu'un insignifient secours de quinze cents hommes , commandés par Dameriez , si célèbre par la suite. A la même époqoe, et à rinstigation de rambassadear français, comte de Veiigennes , la Porte-OttomMie fit à la Bussieune guerre malheureuse , dont les résultats furent la destruction de la flotte torque, la prise de Bender, et la conquête de la Crimée par les armées russes. Forte de ses sueeès, de son accord avec Frédéric If et Marie-Thérèse, fltde l'aptfthique indolence de Louis Xy,Ci^erine H signa Premier en 1772, avec les cours de Prusse et de Vienne, un traité „ «e u

' > ' Pologne»'

peut le démembrement du royaiume de Pologne : ce pre- "^ mier partage enlevait un tœrs de cette contrée , et amena d*a«tres traités qui efùicèreut la Pologne du nombre des natiotts imlépendantes. Cette même année le roi Gustave 1)1 opéra en Suède la révolution qui substituait la

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volonté propre du monarque à Fautorité souveraine àes états.

Louis XV, insensible au milieu de ces graves événements , continuait à donner à tous le spectacle de ses honteuses débauches , et l'exemple plus dangereux encore de n*en pas rougir. Cependant, lorsqu'il apprit le partage de la Pologne , il s*indigna un instant de n*étre compté pour rien en Europe : « Âhl dit-il , si Choiseul eût été Ici, « les choses se seraient passées autrement. » Puis il alla oublier sa honte et sa colère dans de nouvelles orgies , au milieu de scandales jusque là sans exemple. Il fit pul)liquement présenter madame du Barri à la cour, et lui donna une place distinguée à la table où il réunit, pour la première fois après leur mariage, son petit-fils le dauphin €t sa jeune épousé, Marie- Antoinette d'Autriche. Il joignait une avarice sordide à ses goûts dépravés, et se faisait un trésor particulier, qu'il grossissait par des moyens coupables ; enfin, dévoré d'ennui , blasé sur les plaisirs, dégoûté

Mort de de toutes choses, il mourut de la petite vérole, le 10 mai 1774. 1774, dans la soixante-cinquième année de sa vie et après un règne de cinquante-neuf ans, l'un des plus déplorables dont l'histoire ait gardé le souvenir.

L'ancien ordre de choses croulait de toutes parts autour d'un trône avili par des scandales que ne rachetait aucun éclat, aucune vertu. On voyait s'éclipser etdépé-

considé- rir ensemble les grands corps qui pendant si longtemps géaéra°â. firent la force de la monarchie et contribuèrent à sa splendeur : le clergé avait soulevé contre lui les murmures des gens éclairés et l'indignation de la classe moyenne, par ses violences contre le jansénisme, par ses cruelles rigueurs au sujet de la bulle Unigenitus, et par les vices d'un grand nombre de ses membres; la haute noblesse

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perdait de plus en plus tonte sa puissance anx yeux de la nation, par son état de servitude dans une cour que FopinioD flétrissait, tandis que le honteux trafic des lettres d*andblissement contribuait à déconsidérer la noblesse de province ; enfin , les anciens parlements , qui avaient si longtemps défendu avec bonheur les droits de la couronne, et qui jadis fortifiaient le trône lors même qu'ils résistaient momentanément au] monarque, venaient d*être détruits par Fautorité royale. Les finances du royaume étaient dans un état déplorable, et le trésor présentait un déficit de quarante miMiôns ; la misère du peuple , accablé d'impAts et de vexations, était excessive : une foule d'habitants des campagnes abandonnaient la culture pour se livrer à la contrebande, et la France semblait reportée à cette époque de spoliation dont elle avait été délivrée par Henri IV et son ministre.

Au milieu de tant de calamités et de signes de dissolu- phuoso. tion, grandissait, non sans danger, l'esprit d'examen et Ërature.* d'analyse. Montesquieu, Jean-Jacques Rousseau, Voltaire, diefs d'une puissante école, flétrissaient , avec la magie d' un talent redoutable, les excès du pouvoir arbitraire, et appelaient les Français à la jouissance des droits politiques : une foule d'honames distingués surgirent tout à coup des rangs populaires , et combattirent sous le même drapeau : d'Alembert, Diderot, Helvétius, Gondillac, Mably, et nombre d'autres , ébranlèrent tous l'ordre de choses existant. La plupart, à l'exemple de Voltaire, confondirent trop souvent le bien et le mal dans leurs attaques audacieuses : c'est ainsi qu'ils tentèrent d'ébranler le christianisme dans ses plus nobles fondements, après avoir frappé le sacerdoce dans ses abus.

La critique domina toute cette époque; on la retrouve

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dans les prodoetioDg dM genres les plus divers, sons la plume des poètes comme so«s eelle des philosophes» et jmqpe dans les ehefs-d'œavfe de la scèae où régiuût Vbi* Deaox- taire. Les arts comptèrent pea d'hommes illustres : parmi "^ ceux-ci, les plus célèbres soot les compositeurs Grétry et Mousigny , les peintres Watteau , Boucher et Joseph Y émet, et l'architecte Soufflot, qui fit l' Hètel-Dlea et le Panthéon. 5eieiiees. Mais ces temps furent fécimds en découvertes de la selenee. Buffon et Saussure s'immortalisaient dans les sciences naturelles : le premier réunissait en hii au même degré le génie du grMid naturaliste et celui du grand écrivain ; La* volsier créait la nouvelle chimie ;-Hauy allait mettre au jour la véritable théorie de la composition des cristaux. Plusieurs savants et philosoj^es projetèrent de recueillir toutes les connaissances humaines dans un immense ouvrage qu'ils entreprirent sous le nom d'Encyclopédie : Diderot et le mathématicien d'Alambert prirent la part la plus étendue à ce prodigieux travail, conçu dans un esprit de haine pour les imdennes croyances. Depuis plusieurs siècles la France n'avait pas vu de règne aussi funeste que celui de Louis XY , et jamais plus de lumières ne pa* rorent à la fois pour éclairer les vices d'un gouvernement : une révolution sociale et politique était imminente , et s'annonçait par des présages infaillibles.

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LIVJEUS V, CHAPITBS IV. 147

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