CHAPITRE IV
De rétablissement du directoire exécutifà i4^paixcle;Cainpo*E^rniio.
3T octobre 1795 (4 brumalw air IT) — ii œlcftre it^r ( 35 teRd^kiaUre att tl ). >•
instaUfl- Les directeurs étaient tous, à Texceptioa de Camot, dii^o»M^ d'une capacité médiocre ^ mais ils possédaient la résolu- DétiSe* **^" ^* '^^ courage nécessaires dans leur situation difficile. gouvcr- Il û'y avait à cette époque, dans la république, aucun élénement. ^^^^^ d'ordrc ct d'administratiou , Tanarchie et le malaise étaient partout; la famine se prolongeait; les armées manquaient d'habits, d*approvisionnemeuts,etde chevaux ; la convention avait consommé un immense capital représenté par les assignats, et avait vendu près de la moitié 4ù territoire de la république, appartenant aux classes proscrites 9 afin dé subvenir à l'entretien des troupes et du peuple; le papier- monnaie,, arrivé au dernier degré de discrédit , après l'émission prodigieuse de trente-huit milliards, détruisait toute confiance et. tout commerce; le trésor était vide; les courriers souvent ne pouvaient partir, faute d'argent; enfin telle était la pénurie générale, que, lorsque les directeurs entrèrent dans le palais qui leur avait été assigné pour demeure, ils n'y trouvèrent pas un meuble : ils empruntèrent au concierge quatre chaises de paille et une table boiteuse, sur laquelle, après avoir envisagé les difficultés extrêmes de leur situation , ils ré-
' Nous avons donné par anticipation, dans le chapitre précédent, le tableau des Opérations militaires jusqu'à la fin de 1796 , pour ne point interrompre le récit de cette caqQipagne.
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digèrcyoft r<^(e par le(|u«i ito se âédarèrent constitués '. Leur premior soîa fat d'établir leur pouvoir, et ils réus^ Premiers
■^ "^ ^ actes des
siréDt en suivant d'abord avec fraoebise la voie constitu- ^^^^tioDuelie, On vit renaître en peu de temps le travail et le commerce; la dreulatton des subsistances fut assurée, et Ton abandonna ks clubs pour iës ateliers et les champs. Le directoire seoonda de tout son pouvoir k retour vers Tagriculture, Tindii^trie et les arts ; il réti^blit les expositions publiques, créa l'Institut national et les écoles primaires, centrales et normales. L'un de ses membres, la Réveillère- Lepeaux , chargé de la partie morale du gouvernement, voulut alors looder le culte déiste, sous le nom de théo- V^^î^ philanihropiei muisses efforts prêtèrent au ridicule, et p*«furent impuissants» La licence des moeurs s^imla cette époque : les classes riches , si longtemps comprimées par la terreur, s'adonoéreut sans mesure aux plaisirs, et un luxe effréné parut tcmt à coup dans les bals, les festins, les costumes et les équipages. Le voluptueux Barras favo^ risa le premier cette réaction dangermise : chargé de la représentaticm du directoire, son palais était le rendezvous de la socfêté la plus frivole et la plus corrompue. Ce^ pendant les riches furent encore victimes, sous le directoire, de mesures violentes et spoliatrices : les bes<ûns de la république étaient si vastes et si impérieux , que, pour y subvenir, le gouvernement eut recours à un emprunt emprunt forcé; il créa ensuite des mandats territoriaux, qui de- Mandata vaient être employés à retirer les assignats en circulation ^^^^ sur le pied de trente pour on, et à faire fonction de monnaie : ils eurent l'avantage de pouvoir être échangés surle-champ contre les domaines nationaux qu'ils représen-
' Charles BailleuL
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taient^ et fonrnireDt à TÉtat ane ressource momentanée; puis ils se discréditèrent, et leur chute conduisit à la prodigieuse banqueroute de trente-trois milliards.
i^ernL ^* gocrrc n'était plus soutenue, dans Touest, que par
m^^ni^ quelques chefs, dont les principaux étaient Gharette et Stofflet, affoiblis par leurs divisions. Hoche déploya dans cette nouvelle campagne une habileté profonde ; il changea de système, séparant la cause royaliste de la cause religieuse : il neutralisa ainsi l'influence des prêtres, et les masses de la population ne répondirent plus à Tappel des
^H^t ^^^^ militaires. Hoche battit Gharette, et le fit prisonnier;
a^hti Stofflet, trahi bientôt après, fut livré aux républicains. stofflet. L'héroïque constance de l'un et de l'autre ne se démentit pas au moment du supplice : ils furent fusillés, le premier à Nantes, et le second à Angers. Georges Gadoudal se maintenait encore dans le Morbihan : Hoche tourna contre lui toutes ses forces; il étouffa ce nouveau foyer d'insurrection; la plupart des chefs quittèrent les armes, et cher* chèrent un refuge en Angleterre.
Le directoire était alors à Paris en butte aux violentes attaques des démocrates et des royalistes. Ses membres, après avoir participé aux excès de la convention et aux événements de thermidor, étaient également en horreur aux deux partis contraires, et en opposition directe avec l'opinion réactionnaire qui éclatait de toutes parts. Ils frappèrent d'abord les démocrates , qui avaient rouvert leur club au Panthéon. Un fanatique, émule de Bobescora^t pierre, nommé Gracchus Babeuf, et qui se proclamait lui- ' même tribun du peuple , tenta de soulever la population en demandant la loi agraire, et en promettant d'établir le bonheur commun par la liberté , l'égalité et la constitution de 1793. Les conjurés gagnèrent la légion de police,
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pratHfiièreBt des Jntellig^Dees avec les troupes du eamp ' deGreoelle, et allaient inarcher sur les conseils et sur le directoire^ lorsqu'ils furent trahis et saisis dans leur conciliabule : Gracchus Babeuf paya^de sa vie son audacteuse entreprise. Un autre mouvement avait eu lieu en même temps sur le camQ de Grenelle, et fut arrêté par le commandant Malo; ses dragons sabrèrent les insurgés , dont le directoire fit traduire les chefs devant des commissions militaire». Une con^iration royaliste s'ourdissait en même conspiratemps , conduite par l'abbé Brothier et Lavilleheurnois : royaliste. elle échoua, et les coupables furent condamnés avec indulgence par les juges, élus sous Tinfluence du mouvement insurrectionnel de vendémiaire. La lutte s'engagea dès lors entre le directoire et les autorités librement nommées par les sections : le premier, se voyant vaincu par le pouvoir électoral et réactionnaire, eut recours à l'armée, et donna le dangereux exemple de provoquer son intervention dans les affaires de TÉtat.
Cette année encore la gloire de la Frimce appartint immor. tout entière à ses armées. Gamot avait conçu un plan de cam^-
gnes de
campagne par lequel les armées du Bhin , de Sambre-et- "f^ et Meuse et d'Italie devaient marcher sur Vienne d'un com- ^^^^ mun accord , en s'échelonnant et se soutenant Tune l'autre. Les deux premières étaient commandées par deux généraux déjà célèbres , Moreau et Jourdan ; la troisième fut donnée au jeune vainqueur de Toulon , au défenseur de la convention en vendémiaire, à Napoléon Bonaparte. Cette arniée, privée de matériel, d'habits, de subsistances, n'avait pu profiter de la victoire de Loano^ et se trouvait , au printemps de 1796 , en face des Autrichiens sous Beauiieu , et des Piémontais sous Colli , dans une situation à peu près semblable à celle ou elle s'était vue l'année pré-
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374 Ql»kl%1ÈliB BM)Qllfi;
efaé ée la Géva^ le rmer^ de U Apesnid dU' eôlé d« 9ô; BeauUev s'étenâtlt de la vallée de la BorttMâ 6t da ool> de Ifontenotte ji^qa^'à la mer, et iotereeptail b roule de 6éiies. )
Arrivée Benaparte atrlia le 27 mars à son* quattier ^éral à naparte Nke; tt troiTva rarmée déatiée de toute resBoarceen ma^
à l'armée / « ,
îr'mara ^^^ ^ ™^^ poorfue de eourage et d*expérknoe* Ses mA^ "^' dats s*étaAeBt aguerri» dans de9 oembats de géloil» ara Atpes et wàx Pyréaées; ils^ avaient pour dàêts Maaséna, Angereau^ la Harpe, Serrurier, Mwat, Jooberl. Les pi^e-^ mt^^es parok» da jeune géuéral promettateot Mi tleCoire : «t Soldats, dit*-il , vous êtes mal Do«K*riB et presque uus : le « gouvememeiit vow doit beaucoup , Éftaie ne peut rîen « pour vous. Votre patimice, votre courage voue bouo^ <« relit, ioale ne vous pr«eurent nî avanitage mï gloire. « Je vi^ vous conduire dans les plus fertiles plnfM^'du « monde; vous y trouvères de grandee villes, de riches « provteees) vous y liMvereKfaotineur, gloire et richesses : « soldats dltaHe, maâquerftts-vous de courage? » Bdtla^ porte, (|tti aTavalt que treeAé'^ix mUlt homoies contre soixante n^ite, comprit d*abord qu*ii faHalt, eomme sofi prédécesseur, séparer les:Réinfotft/flsdes AutrichSeiu;, pour les écrasev tour à Hm. Il transporte son quartier général à Savone , et dirige la divisitou la Harpe le long de ki mer^ attirant de ce c^ ratteatkm et tou9 les efforts de Ten^ ttcmi ; mais, tandis que la gauche des Autrichletis s'Avauee contre la Barpe, leur centre se dlspeise à fondresur far** Dftée françalsépar te col de Montenottë. Douée cents hommes victoire seuiement , sens le oolofiel Bampon , occupaient le paa^ n»lrte sage ; Sampou emipvet^ h péHl de rartnéesi ce point est notte,De- farcé : il s'enferme avec ses braves dans une vieHIe re^
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doute, ieiir ftiit jurer A'y mourir plutAt cpie de se rendre , «9^J^^^^' repoMse troié Ms les efforts de tonte rinfanterie autri- ^^^^J** ehkittie , et éoflne aux ditisloiis françaises le temps d'arriver. Bonaparte replie aassitdt sa droite, qu'il dirige sur Montenotte en faoe de rennemi , tandis que la (Uvision Misséna , tournant la erête de T Apennin , doit le surprendre pur derrière. Ses ordres s'exécutent ; les Autrichiens , saqués, surpris, reculent en désordre , et Bonaparte, maitre du passage et de la crête de l'Apennin , voit devant lui les Airtrichiens qui se rallient à Dego et gardent la route de Lombardie; et à sa gauche les Piémontais, qui occupent les gotges redoutables de Millesimo , la vallée de la BoriBida , el interceptent la route du Piémont. Sans un coup décisif swr les deux armées , le fruit de la victoire de Montenotte était perdu : dès le lendemain l'action s'engage. I^ Harpe et Masséna enfoncent les Autrichiens à Bego , tandis qv'Augemau pénètre avec impétuosité dans les goi^es de Miltesimo; il sépare le brave Provéra , qui les défend, de l'armée pîémon taise, le refoule dans un château fort, où, après une attaque furieuse de deux jours , il le force à déposer les armes avec quinze cents hommes : le défilé est emporté. L'armée autridiienne était déjà en fuite sur la route de Milan; les Piémontais se retirent sur Mondovi.
Bonaparte, vainqueur sur tous les points, avait gagné tfois victoires en troto jours , et subjugué son armée par Fétooneraent et l'admiration. Du haut des Apennins , il contemple avec émotion les riches plaines du Piémont et de l'Italie , arrosées par tant de beaux fteuves; il les mon* tre à ses soldats oomme une aul^e terre promise, et s'é* crie : « Annil>al avait franchi les Alpes, et nous nous les « avons tournées, v Tout le plan de la campagne était dans ces paroles. Le vainqueur s'attache à la poursuite des Pié*
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