‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 25 sur 65 · QUAT&IBMS BPOQUB · texte numérisé non relu

QUAT&IBMS BPOQUB

montais; il triomphe encore à Mondoyi, il attiint Gheraseo, position importante au confluent en Tanaraetde la Stura , et âéjà il menace Tnrin , dont 4ix llenes seule- Armtetice ment le séparent. Le roi Victor- Amédée III tremUe pour ^mén ^ <^Apîi^l^ 6^ pou^ ^ couronne : il demande la paix , et Piémont. Bonaparte signe un armistice qui lui donne les places de Goni, Tortone, Alexandrie , avec les immenses magasias qu'elles renferment, et ouvre par le Piémont ses communications avec la France. De nombreux drapeaux , eio* quante-cinq pièces de canon, cinq victoires, quinze milfe prisonniers , dix mille hommes tués ou blessés , la paix avec le Piémont, étaient le résultat d'une campagne de quinze jours. Paris fut dans l'enthousiasme , et les deux conseils votèrent par trois fois que l'armée d'Italie avait bien mérité de la patrie.

Bonaparte poursuit ses succès : il trompe Beaulieu par de fausses manœuvres , passe le Pô, et met à contribution le duc de Parme : la Lombardie est devant lui, et il va la soumettre; mais d'abord il fout qu'il achève d'écraser Beaulieu , et il tente de couper son armée , dont une partie ^naijar- occupc Lodl 8ur l'Adda. Il se porte rapidementspr cette ^pwt^dc" P**^^i ^"'^* enlève. Les Autrichiens se replient sur la rive ^^^' opposée. Douze mille fantassins , quatre mille cavaliers et une artillerie formidable défendent le pont, qu'ils ont franchi : cet obstacle semblait insurmontable ; mais le jeune général fait passer son ardeur dans le cœur de six mille grenadiers , dont il forme une <;olonne qu'il précipite sur le pont, à travers une grêle de boulets et de mitraille, tandis que sa cavalerie passe le fleuve à gué au-dessus de Lodi , et prend les Autrichiens à revers ; ils fuient eo désordre : désormais l'armée dltalie sera invincible. Beaulieu effectue sa retraite , abandonnant derrière lui Crémone ,

LIYBB II. CHÀPIXIS IV. 277

Milan ) Pavie, Corne et Cassano; les Frasçais entrent c<«q«éte dans ces places , et Bonaparte se saisit aussitôt de la ligne J^^^^; de TAdige, fleuve qui sort des Alpes Rhétiques pour tom- ^i^^ ber dans TAdriatique, et qui protégeait la Lombardie contre TAutriche. De cette ligne importaute, et des places vénitieunes de Vérone et de Porto-Legnago , que Venise, épouvantée, lui permet d'occuper, Bonaparte revient sur ses pas ; le moment est venu de faire sentir la puissance de la république aux gouvernements de Fltalie : le vainqueur reçoit les soumissions de la ville de Gênes et d*fler- spanis-

' • sion de

cole d'Esté, duc de Modène : ce prince donne dix millions, ^^^ else retire à Venise. Le général Vaubois s'empare deLi- ^\?"i2*" vourne, où six cents Corses étaient réfugiés : Bonaparte m^uïS^ecles envoie dans leur fie , pour s'insurger contre les Anglais, u côrs^. et ceux-ci en sont chassés. La cour de Naples, dominée par la reine Caroline , sœur de l'infçrtunée Marie- Antoinette, et agitée d'une haine ardente contre la France, avait annoncé un armement formidable; mais elle tremble au bruit des victoires de Bonaparte : elle conclut un armistice, et se soumet à la neutralité. Le pape, qui avait laissé impuni, à Rome, le meurtre de l'ambassadeur français, et prêché une croisade contre la république, est réduit à se soumettre : Bonaparte lui impose pour conditions depaix vingt et un millions et cent chefs-d'œuvre de ses musées.

Cependant les Autrichiens avaient fait un nouvel effort ; Mouveet Tarchiduc Charles , frère de remperenr, s'avançait vers armécsdu

, Rhin et d«

le Rhin à la tête de soixante et dix mille hommes. Alors , ^^îjJ^^J; en exécution du plan de Carnot, les armées du Rhin et Siigiï;" de Sambre-et- Meuse, sous Moreau et Jourdan , s'ébranle- "***• rent d'un commun accord , et franchirent le fleuve , dans le but d'envelopper l'ennemi par ses deux ailes, et de marcher

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37» QCJAfmiàMl iPOQOl.

ensalte, de concert avec Farmée d'Italie , au centre de la monarchie autrichienne. L'énorme cisfmice qui séparait les deux armées, dont i'one effeetna le passage à DusseK dorf et l'autre à Strasbourg , Félolgiiement où elles allaient se trouver chacune de leur base d^opératiods , et les obstacles qu'elles renconfreraient dans un pays difficile et ennemi, rendaient ce plan fort ImsaKlenz; pourtant il parut d'abèrd réussir. Moreau livra baille à l'archidQe Charles à Radstadt, entre le Rhin et les montagnes Nohnes : vict^ la victoire fût vivement disputée; mais enfin les Francaii jiS^dt ^y^"^ réussi à s'emparer des hauteurs et des déboodiés dans la vallée du Necker, l'archiduc craignit de se voir séparer des États héréditaires de la monarchie autrichienne ; Reb^ite et pour les couvrir il se replia rapidement sur le Danube, ^Su5^ entre Ulm et Batisbonne , laissant Moreau s'avancer sur ^l^ne dJ? I«îi par la vallée du Necker, et Jourdan par celle du Mêle. ^""***'- Ainsi, vers le milieu de Tannée 17M, nos armées, mattresses de l'Italie et d'une moitié de rAllemagne Jusqu'au Danube, menaçaient d'en envsdiir le reste. dîÎAÏtrt. Cependant le vieux maréchal autrichien Wurmscr ren- <*J^ trait dans le Tyrot à la tête d'une nouvelle et formidable ^mte^ armée de soixante mille hommes, et s'apprêtait à forcer ^'mi les lignes de TAdige, à débloquer Mantoue, et à écraser notre armée d'Italie, de moitié inférieure à la sienne, et enfermée dans un éffoit espace entre le lac de Garde aa nord, l'Adige à l'orient, et le Pô au midi. Trois routes s'offraient à "Wurmser : la première franchissait l'Adige àRoveredo, au-dessus du lac de Garde, et tournait der* rlère ce lac en suivant sa rive occidentale, où le seul obstacle qu'elle eût à frandiir était la position militaire âe Salo; la seconde route passait entre le tàc et l'Adige, en longeant les hauteurs de Montebaido, qui les séparent et

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LiVftA 1». GttâHTlt IV. 9T9^

que défendant lis impottMkn pmMêM de la Corona et de Bivoll; la trotalènie eoân, sniWMt ka rive gaache et l'Adlge, déboadiait dans la plidoe yen Vérone^ et aboutissait suF le front de notre ligne défénsiiw. Jamais l'armée ^Italie ne s'était vne dans un péril si imminent, et déjà* tous les partisans et sujets de Venise ou de l'Autriche, (pii Tograient avec douleur notre drapeau national eu Lombardie, répétaient cet ancien et redoutable adage, que /'/fo/fe éiaii le tombeau des Frmçais. Wurmser fait wn;gjï' filer Ttegt mille hommes sous Quasdanotitch sur les der- *^^^^ rlèrts du lae de Garde, et lui-môme s'avance avec cpia- ^fSlïïîS. rante mille hommes entre le lâc et TAdige. Bonaparte, d^^' dont le quartier général esX à Gastel-Novoy à la pointe ^*^^*' OM^ridionale du lac, apprend bientôt que les positions de Sale, èà la Corona et de Rivoli, qtd en défendent les deux rives, sont forcées, et qu'il va être enveloppé. Tous ses généraux, Augereau seul excepté, opinent pour une prompte rrtralte : Bonaparte résiste, il s'inspire de son génie, et volt un coup décisif à frapper, avant que les deux colonnes ennemies aient pu se rejoindre ; noais il doit agir sor-lechamp et avec toutes ses forces : il sacrifie Mantoue, qui, faote de vivres, allait se rendre, et rappelle à lui en tonte faAte la division Serrurier, employée au blocus de la place. n importe d'abord d'arrêter Quasdanovitch , qui allait dâ^oaeher dans la plaine à l'ouest dulac, et coupait déjà la retraite des nôtres sur M Han. C'est de ce côté que se victoires

deBo-

dfrige Bonaparte : il franchît le Mincio, et se transporte à ^f^^ Lonato avec le gros de ses forces. Déjà les colonnes au- %^i^^ tridifennes débouchent de ce côté; un combat sanglant sTengage , Tennemi est repoussé, les Français reprennent rimportante position de Salo à fouest du lac. Quasdanovitch s'arrête, et une division suffit pour le contenir. Bona-

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280 <^CATBI£MB EPOQDIE*

parte foit a»ssit6t changer de front à son armée^ et revient sur les divisions qui ont tourné le lac par l'autre rive : il fond sur elles comme la foudre, et les disperse ; mais, quoique vainqueur, sa tâche n'est pas achevée : Wurmser, qui avec vingt mille hommes a débloqué Mantoue , rallie ses soldats et s'apprête à nous accabler. Les deux armées appuient une aile chacune au lac de Garde, et Taotre aux hauteurs de Castiglione. C'est dans les célèbres plaines de ce nom que va se décider le sort de l'Italie. Bonaparte devine que Wurmser, dont Ift droite touche au lac, fera effort de ce c6té pour se rapprocher de Quasdanovitch, toujours contenu à Salo ; et il ordonne à la division Serrurier de faire un détour pour commencer l'attaque sur les derrières de l'ennemi. L'action s'engage, le 4 août, dès la pointe du jour; Bonaparte laisse Wurmser affaiblir sa ligne en s'é* tendant par sa droite; et à peine a-t-il entendu le canon de Serrurier derrière les Autrichiens, qu'il lance sur leur centre les divisions Augereau et Masséna, Les ennemis, pris en- Retraite trc deux fcux, rcculcnt, et Wurmser ordonne la retraite : diiens. ' il rentre dans le Tyrol après avoir perdu vingt mille hommes et toute l'Italie.

Peu satisfait d'avoir vaincu Wurmser, Bonaparte veut

le détruire, et s'attache à sa poursuite. Yiugt Jours de

repos suffisent à son armée, qui entre aussitôt après dans

1/ss montagnes du Tyrol ; mais Wurmser a reçu des renforts»

et reprend l'offensive. Les deux armées se rencontrent à

Bonapar- Rovcredo, et Bonaparte triomphe encore; toute l'artillerie

rÔv»«£ Au^i'îchienne et quatre mille prisonniers tombent en son

Bj^no. po^v^^'''* Wurmser se dérobe avec trente mille hommes,

et descend la vallée de la Brenta pour forcer TAdige et

se jeter entre l'armée française, engagée dans le Tyrol, et

Mantoue, de nouveau bloquée. Bonaparte devine son des-

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LIVIB H. CHAPITBS IV. 281

«in : il laisse dix mille hommes sons Vanbots à la garde lu Tyrol ; il en prend vingt mille avec lai, suit Tennemi lans le basfrïn de la Brenta, l'attaqne à Fimproviste) et remporte une nouvelle victoire à Bassano avec les immor- Lelles divisions Augerean et Masséna. Wurmser. qa'H wunMer

8 enferme

espère réduire aux abois entre la Brenta et i'Adige, passe ^^j^^^ ce fleave à Legnago, force la division de blocus devant Mantoue, et s'enferme dans cette place avec quinze mille hommes. Bonaparte avait de nouveau tué ou pris en quelques jours vingt mille Autrichiens; c'était la troisième armée qu'il détruisait; GoHi, Beaulieu, Wnrmser, avaient tour à tour été vaincus, écrasés par lui depuis quatre mois; un immense matériel était tombé en ses mains, et son nom, d'une extrémité à l'autre de l'Italie, était répété avec admiration et terreur.

Cependant en Allemagne alors avaient lieu des événements non moins importants, mais funestes pour nos armes ; et il était à craindre que les revers des armées de Sambre-et-Meuse et du Rhin ne fissent perdre à la France les résultats inouïs de la campagne d'Italie.

Moreau était arrivé sur les bords du Danal>e dans les premiers jours du mois d'août, et Jourdan suivait d^à la Naab, affluent de ce fleuve. L'archiduc Charles, après seue ma-

nœoTre

s'être fait battre par Moreau à Néresheim, concentra ^^r»toutes ses forces sur le Danube, et conçut un plan qui lui £^^f^ apurait le gain de la campagne. Il résolut d'empêcher la J^^St jonction de Jourdan et de Moreau, et de les accabler tour sîmbl^à tcfur l'un après l'autre avec des forces supérieures. L'ar- ^en Âuê^

magne.

mée de Sambre-et-Meuse, scys Jourdan, était la plus faible. L'archiduc se porte d'abord au -devant d'elle, repousse son avant-garde commandée par Bernadotte, et l'oblige à la retraite. Jourdan s'arrête, et livre bataille A Wurtz-

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28t QCATlltÈMii iPOQim.

Défaitede botvr* ffials fl«t Taineu , et Tardiiduc le ramène en déwurte. sdrdfe sur te Rhio, à son point de départ. Tootea ies forces se portent alors sur Moreaa, qui, an lieu de le suivre el de le prendre entre denx feux, avait eoBtiniié une mtpehe savante sur le Danube : ee général approchait de Mnuich, et occupait un innuense terrain, lorsqu'il ap* prit le* derniers revers àè Jourdan, qui seul aurait pu Tailler à s'y maintenir. L'areiiiduc revenait sur lui à mar^^che» forcées; l'armée du Rhin, privée d'appui, était en péril, et devait se retirer à son tour : Moreau ordonna la re- Célèbre traHB^ et secenvrit de gloire en Fexécutant : il traversa plus

retraite -, ^, ® , « .

de Mo de eent lieues de terrain en présence d'une armée formn

reau. ■■

dabley au milieu d'une population ennemie, et rentra eo Victoire F^^aqoe après »voir gagné dans les montagnes IXoires la

de Mo* • oc

J^ \. i>ataille de Biberach, et sans s'être une seule fois laissé

Bioeracn. '

entamer.

Cette retraite laissait l'armée d'Italie seule en butte aux elforts des Autrichiens^ et l'exposait à un grand danger. Dftvidovtteh avait réuni environ vingt mille hommes dans le Tyrol , et Alvinzl s'avançait avec quarante mille du Frioul sur la Piave. Bonaparte, pour résister à cette troisième armée de soixante mille soldats, n'en avait que trente-six mille, dontdouze mille dans leTyrol sous Vau* bois , dix mille sur la Brenta et l'Adige sous Masaéna et Aogereau, et le reste autour de Manioue : tous ces corps, accablés ées fiatlgues d'une campagne si laèorieQse, étaient e» quelque sorte épuisés par leurs propres victoires. Les renforts promis par le directoire et impatiemment attendus n'arrivaient pas , et Alvinzi approchait Le plan des Autrichiens était d'attaquer à la fois par les montagnes du Tyrol et par la plaine. Davidovitch avait ordre de chasser Yaubo4s de ses positions, et de descendre le long des deux

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uvai II. cmunEME xw. 2M

'iVM4e rJk^ge jusqu'à Vérotte : AMiid ctovatt^ de son !6té> paflwr la Piavect li^BreiHa : piris m réanir à Vérone ivecHavIioiritoh, poQrmardiwrdeooiMert à la déHTranoei ie Maateue et de WoritMr. Ce plan réOMit d'abord : Vaaboifl, battu par DarMoTttish, atait reaalé Jusqu'aux poaitiiiiade la Goronaet de Rivoli, et ees rereni avaient focoé Bonaparte, quoique vainqueur d'AlvinBi sur la Brouta, à se replier dans Véroue. Alvtnzi se bâta d*oeea* pertu&ee de aette ville la redoutable position deCaMIero; Bonaparte veut en vain remporter : après la sunglanfte et malheureuse liataiUe de Caldiero, son armée, réduite à Échec des

FniDGàlsà

qiaiorae mille hommes eoatre quacraote n^le , est de non- cauiero. veaa ramenée dans Vérone. Ses braves soldatsmurmorent: qvel fruit leur revient-il de toutes leurs victoires? quelle P^npeetive pour eux que d'être ramenés en ftegilils sur les Alpes? Bmiaparte partage leur doidenr; il éerit au direotttMre : « Tous nos offidets supérieurs, tousi nés gè* «néraux d'éUle sont bors de combat; ramée d'Italie, « rédaite à une poignée d'hommes , est épuisée. Les tiéros « ée MUlêsimo, de Lodi, de CastlgUoi», de Bassano, sont " n#rts pour leur patrie, ou sont à ThôpitaL II ne reste plue

* ftQX eorps que leur réputation ou leur orgueil. Joubert^

* LsQQQs, Vi(4^, Murât, Bampou, sont Messes : nous « sommes alMmâonnés au fond de lltaiie ; ee qui reste de. " braves voit la mort inMIlible avec des forces si inférieu* ' 1^ Peut-être rbeure du brave Augereau, de Fintrépide

* Maiséoa, est près de sonner : alors, alors, que devien* ' ^t ces brtMres gens? Cette idée lue rend réservé; je " i^'s6e plus affronter la mort^ui serait un si^et dedéeou* "i^ieneut pour ceux qui sont Tobjet de mes sollicitudes,.. > °^<Mparte demuide de nouveau des renforts , il termtne* FWees meÉs : < Aujourd'hui repes aux troupes; demain

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284 QUATllSU BPOQ0B.

« nous agirons. » Cependant, c'est dons le auNosent même qu'il aetnbk oonsldm^sa position eemme désespérée cpie tout à eoop son génie se réveille , et lui inspire nne de ces pensées fécondes d'où dépeodeirt l'issne de tonte nne cam* pagne et le sort des États. Des nsarais environnent la place de Vérone au delà de rAdige, et ils sont traversés par deux ckaussées qui aboutissent de Ronco à quelques lieoes au sud de Vérone, sur les positions occupées ps»r l'ennemi* En combattant sur ces chaussées, le nombre ne peut rien, le courage et Taudace peuvent tout : ce champ de bataille est le seul où une poignée de braves puisse vaincre une Victoire armée , c'est celui que chdsit Bonaparte. Il sort de VéparteT roue le li novembre, par la porte du Sud, passe l'Âdige à RcmcD, revient au nord par les chaussées, et ses ce* lonnes s'apprêtent à déboudier sur les derrières de l'ennemi ; nmis eHes sont arrêtées au pont d'Arcole sur l'AIpon , et Bonaparte voit en frémissant une partie des ré* sultats de son habile manœuvre lui échapper. L'oiiwmi, averti par une vive fusillade, accourt de Caldiero; une formidable artillerie défend la rive opposée : Augereau saisit un drapeau, le porte sur le pont à la tète de ses braves ; mais une décharge épouvantable le ramène en arrière. Bonaparte voit toute la ligne ennemie s'ébranler, il faut à tout prix enlever le passage : il s*élance au galop, se Jette à bas de son cheval , et , s'adressant aux soldats taf^s sur le bord de la chaussée, il s'écrie : « Êtes- vous encore les « vainqueurs de Lodi? » Puis, saisissant lia -même un drapeau , il ajoute : « Suivez votre général !» Et il se précipite sur le pont, au milieu d'un^têie de balles et de boulers. Ses ^émux l'entourent : Lannes reçoit sa troisième blasure en le couvrant de son corps ; Muiron , aide de camp de Bonaparte, tombe mort à ses pieds. Une nouvdle dé**

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charge foudroie le pont ; les soldats emportent leur général dans l^rs bras : il faut renoncer à surprendre i*armée ennemie avant qu'elle soit tout entière en ligne dans la plaine. Cependant le général Guyeux a trouvé un gué au-dessous d' Aréole; il passe i'Alpon , et emporte le village par l'autre rive; alors le pont est franebi, et aussitôt commence une terrible bataille de deux jours. Masséna, Augereau, et l'immortelle trente-deuxième demi-brigade, rivalisent d'audace etd*efforts; les Autrichiens, à demi détruits, sont mis en fuite. Bonaparte les fait poursuivre, et rentre à Vérone en triomphe; il court sur-le-champ au-devant de Quasdanoviteh, qui a enlevé les positions de la Corona et de Bivoli, et poussé Vaobois jusqu'à Castel-Novo ; il l'attaque de toutes parts , et le ramène en désordre dans les gorges du Tyrol. La France, l'Italie, forent de nouveau saisies d'admiration à la nouvelle de ces exploits presque fabuleux ; et les deux conseils, en déclarant , selon l'usage , que l'armée d'Italie avait encore une fois bien mérité de la patrie, décernèrent à Bonaparte et à Augereau une récompense digne d' tin âge héroïque : ils leur donnèrent, pour être conservés dans leurs familles, les drapeaux por* tés par eux au pont d'ArcQle.

Cette immortelle campagne, qui en comprenait déjà quatre, à les compter par le nombre des armées détruites, n'était pas encore terminée : T Autriche savait que Wurmser était sans ressources dans Mantoue ; et livrer cette place, c'était abandonner la Lombardie à la France. Enhardie par les succès du prince Charles contre les armées du Rhin et de Sambre-et-Meuse, elle résolut de disputer encore une fds l'Italie à Bonaparte. Tandis qu'elle rendait une autre mrmée au général Alvinzi , elle pressa le pape d'envoyer la sienne au secours de Mantoue, et lui donna

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