‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 27 sur 65 · LIYBB II» CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIYBB II» CHAPITRE IV

dait à TAotridie Mantoue et ane partie de la Lombardie ^i^-^ vénitienne, qa il avait conquise, en échange de la république ^^^ cisalpine , qu'il avait fondée. Le directoire rejeta ces préliminaires, et Bonaparte montra Venise à rAutriche comme dédommagement de Mantoue. Le sort de cette république fut décidé. Les émissaires français soulevaient partout le peuj^e véoitien contre le sénat ; mais à Vérone, ville dépendante de Venise, la garnison française fut égorgée dans une révolte populaire. Bonaparte, qui ne cherchait qu'un prétexte pour légitimer un acte spoliateur, éclate avec fu« reur contre la république vénitienne^ et demande vengeance du massacre de Vérone ; rien ne peut le fléchir. Le général Baraguay-d'flilliers marche sur Venise ; le sénat, épou- chute de vanté à son approche, vote une constitution pour apaiser céS^k la France, et se dissout; les Français entrent dans la ville, che!^i797. et par le traité définitif de Gampo-Formio ils la livrent à Paix de l'Autriche, en échange des États belges et lombards. Man- l£^^toue fut jointe à la république cisalpine, ainsi que le Bo* *^^^lonais et la Romagne. Le congrès de Badstadt s'ouvrit en congrès même temps pour traiter de la paix avec l'Empire. La déli- tâdt. no^ vrance du général la Fayette et de ses trois compagnons t?»?d'infortune, exigée par Bonaparte, fut un des articles de la glorieuse paix de Campo-Formio. Toutes les puissances confédérées, excepté l'Angleterre, avaient mis bas les armes , et la Franee étendit son système en Europe : une grande partie de ses frontières était couverte par des Etats républicains, depuis la mer du Nord jusqu'au golfe deGénes. Mais, avant la signature de cet avantageux traité, Tinévitable dissidence entre le pouvoir exécutif et le pouvoir électoral avait éclaté avec violence à la suite des élections ûe l'an V. Elles furent faites, la plupart, sous l'influence du Élections parti réactionnaire. Pichegru fut porté avec enthousiasme ^17^.

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à la prédidencedu conseil éts cinq cents, et Barbé-Marbois àeelledes anciens. Le sort avait désigné Letourneurcotmne membre sortant an directoire; Barthélenay, ambassadenr en Snlsse, le remplaça. Les conseils, à peine constitués, entrèrent en lutte avec le gonvemement i>es lettres de grâce en ftivenr des proscrits furent précipitamment votées ; Camille Jordan, c^ttté lyonnais, plein d'éloqnenee et ûè coorage, se montra le plus anAoïft panégyriste du clergé, et demanda Tabc^ion du serment civique, qui fut maintenu malgré lui. Les émigrés revenaient en foule; tous les intérêts nés de la révolution paraissaient compromis, et les directeurs se voyaient dans l'impuissance de les défendre. La constitution ne les ayant pas investis du tfroit titîle d*en appeler à Topinion en dissolvant les conseils, ils résolurent de les briser an moyen de la force. Les ^constltiitlonnels de 1791 se réunirent à eux , et opposèrent le dùb aubs de républicain de Salm an chrb de CUehy, fondé par 4es decifchy. royaHstcs : les premiers avaient leur point d'appui dans l'armée , et les seconds dans les consdts. Les directemrs firent approcher plusieurs régimenfis de la capitale, an mépris de la constitution, qui voulait que les troupes n« pussent être appelées qu*«n vertu d'une loi , dans Paris , ou près de Paris, à une distance de moins de douze lieues ; les conseils éclatèrent en menaees; le directoire produise, pour y répondre, des adresses foudroyantes de <^aqife armée aux conseils. La lutte devenait plus violente ; en vain CarnotetBartbélemytentèrentd'agirenpacifieatenrs: leurs collègues. Barras, Rewbei etlaBéveiUère, qui formaient f la majorité du directoire, jugèrent que la cause delà rèvolation et la leur propre neponvail plus être défendue parles moyens légaux : Us se virent menacés eux-mêmes d'une attaque violente , et résolurent de prévenir leurs ennemis.

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Le 18'liroetiâw M ÛKé çomr VexéevA.\m do eoup d'État, coup à-È- Peacbnt la fniU4oi]Be miile heniraes entrèrent dans Paris, frucudor sofis ieoimiiniaDâein^ntd'Augereau, etdèsle matin cestrou- * ^^p^* pss €t quaraiDte pièces de caaon ceroèrent les Tuileries. Les grenadiers de i« garde législative se Joignirent à Augerean, q«î arrêta de sa raaîn les généraux Pichegra , Willot et le eomnandant Eamel dans la salle des séances ; un grand nombre démembres des conseUs furent éeon-^ doits , oti saisis par la fwee armée , mi moment où ils se rendaient aux Tuileries. Les directeurs fixèrent l'Odéon et rÉeole de Médecine po«r le nouveau lieu de rassemblement dés eoBseiis mutilés. Ils publièrent en même temps une , lettre deMinreau, qui révélait la trahison de Plchegru; €t, après avoir rendu compte de leur propre condnite, ils firent nemtter ane commission chargée de présenter une loi de saint public. Par cette loi, vo^ée d'wgenee, quarante- prosciipdeux membres du conseil des einq*cents, onze membres "**"*' de celui des anciens , et deux directeurs, Gamot et Barthélémy, furent condamnés à être déportés à Cayenne. Parmi ceux qu'atteignait cette odieuse mesure on distinguait Piehegru , Roissy d'Anglas, Camille Jordan, Pasioret, Siméon, Barbé-Maiix)is, Lafon-Ladébat, Portalis et Tronçon du Coudray. Les directeurs sacrifièrent en outre les rédacteurs de trente-cinq journaux à leurs ressentiments ; ih firent rapporter les lois en faveur des pi êtres et des émigrés, et cassèrent les élections de quarante*huit départements. La journée du 18 fructidor ruina le parti royaliste, releva le parti républicain, donna h l'armée le secret dan- ^eax de sa force dans le gouvernement de FÉtat, et substitua la dictature au régime légal. Merlin de Douayet François de Neiifcbâteau remplacèrent Carnot et Barthélémy. Le traité de CampoPormio, qui suivît cette révolu-

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tion, avait été signé par Bonaparte, contre le voen formel des directeurs : ils ne virent pas sans alarmes on Jenae général , porté au premier rang par une seule campagne, décider arbitrairement de la guerre et de la paix; mais l'opinion publique exaltait ses triomphes, et le directoire, n'osant le désavouer, voulut paraître s'associer à sa gldre, en lui accordant à Paris des honneurs qui n'avaient Jus* ^qu'alors été rendus à aucun général.

triom^. Il fit préparer une fête triomphale pour la remise do Luxem- ^^iXé de Campo-FoTmio. Cette imposante cérémonie eut ^^^' lieu dans la cour du palais du Luxembourg. Les directeurs, revêtus du costume romain, si^eaient au fond de la cour, sur une estrade, au pied de l'autel de la patrie. Autour d'eux étaient assis les ministres, les ambassadeurs, les membres des deux conseils, les chefs des administrations; et sur leurs têtes flottaient d'innombrables drapeaux enlevés à Tennemi. Tous les cœurs étaient dans l'attente, lorsque , au son d'une musique guerrière, au bruit répété du canon et des acclamations de la-foule , s'avança celui qui avait signé cette paix glorieuse, après l'avoir conquise. Bonaparte parut, accompagné de Talleyrand, ministre des affaires étrangères : la taille grêle et délicate du jeune Tainqueur offrait un contraste avec l'idée que ses exploits gigantesques avaient fait concevoir de sa personne; mais son œil ardent, son visage pâle et romain, dont tous les traits portaient l'empreinte d'une volonté forte et du génie, produisirent, dit-on, sur l'assemblée une sensati<m indéfinissable. A sa vue les cris de Vive la république/ Vive Bonaparte! se confondirent. Talleyrand, dans un discours concis, loua la modestie du vainqueur, qui rapportait toute sa gloire, non à lui, mais à la révolution, aux armées, à la grande nation. Bonaparte prit ensuite la pa-

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rôle : « Citoyens , dit-il, vous êtes parvenus à organi- « ser la grande nation , dont le vaste territoire n'est cir- <c conscrit que parce qoe la nature en a posé elle-même les

« limites J'ai Thonnenr de vous remettre le traité signé

« à Gampo-Formio, et ratifié par sa majesté l'empereur- « La paix assure la liberté , la prospérité et la gloire de la «^ république. Lorsque le bonbeur du peuple français sera « assis sur de meilleures lois organiques, l'Europe entière « deviendra libre. » Des acclamations unanimes suiviren ce discours ; Barras y répondit : il montra TAngleterre au jeune béros, comme un cbamp fécond en nouveaux lauriers. Un hymne patriotique du poète Ghénier fut ensuite chanté ai choeur, avec aeeompagnement d'un magnifique orchestre et du canon ; puis Joubert e^ Ândréossy s'avancèrent, portant un drapeau, hommage de la république à Tarmée d'Italie. Ses exploits, ses conquêtes y étaient gravés. Là étaient rappelés en lettres d'or les cent cinquante mille prisonniers, les sdxante-six drapeaux, les onze cents pièces d'artillerie enlevés à l'ennemi, les nombreux traités imposés mx souverains de l'Italie , le tribut des chefs-d'œuvre de ses grands maitres , enfin soixante-sept combats glorieux, et dix-huit victoires en bataille rangée.

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