‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 33 sur 65 · QUAT«IB1CS BFe(Qlil · texte numérisé non relu

QUAT«IB1CS BFe(Qlil

campa. Joors Tarmée fraU'çaUe passe des berdt de rOe^n aux rives i^apoiton do^ Rhio. NapoléoB franchit ce âeuve le 1"^" octobre 1805, ' ' à la tête de cent soixante miUe boauttes , et s'i^aoce en Aileinagne, taudis que Masséna a^éle le prince Gharfes en Italie. Le Danube est franchi et la Bavière occupée; Nap^^ léon et ses lieutenants rivalisent d'audace et de succès : Murât triomphe à Vertingen , Dupont à Hassiacb , Ney à Elchingen. Étourdi de tant de revers précipités^ le général capitula- autrichien Mack. se laisse investir dansUlm, et metbaa dTiSi. les armes avec trente mille honunes. Cette capitulation ou- '"^ \re aux Français les portes de Vienne, où Napcdéon fait son entrée ie 13 novembre. De là il mardie en Moravie au-devant des Eusses » et les rencontre, avec ce qui reste des armées autrichiennes, dans les plaines d'Austerlitz. napoléon Napoléon établit, le 1*^ décembre, sa ligne de bataille en* terifta^ tre Austerlitz et Brunn; il appuie sa droite au lac de Ménitz , et sa gauche aux montagnes, entre les bas^s de la Schwartza et de la Marche: devant cette ligne est la col- Une de Santon , d'où Napoléon surveille tous le» mouvements de soaarmée. Les Russes et les Autrichiens déb^u*cbent par Wisehnaw, et s'établissent entre la ligne française et le village d' Austerlitz» Napoléon les voit avec Joie dégarnir leur droite, qui counonneles hauteurs, et aggio-* mérer toutes leurs forces à gauche pour couvrir la plaine et déborder son flanc droit : il a tout comlnné pour les éerarser s'ils abandonnent les hauteurs autxquelles chacune âes detui armées s^ppuie une de ses ailes; et lorsqu'il vdtleoffs premiers mouvements vers la giauche , il s'écrie : « Avant demain soir toute cette armée est à moi. » Aux approches 4e la nuit, Tempeceur visite, sans étfe annoncé, les bivouacs de ses soldats; Us le reconnussent, le saluent de leurs acclamations y toute la Hgœ étinoelle de feux : c'est

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LIVBB m* CHAmBB II. %Z9

Taniii vereaire du oooroQaement que se» soldais célèbrent , et ee grand jour foi aj^rte un présage de victoire. Napoléon rentre dans sa tcnli^ el achève ses dispositions pour le lendemain. Bernadadt» commandera le centre, Sonlt la droite, où l'effort éM être déeistf ; Lanoes défendra la gauche et la forte position de Santon , armée d'une baiterie de dix^ huit pièces; Davonst enfin contiendra Taile gaiiicbe des alliés à Bnygem. Toute la cavttlerie est sou» les ordrea de Mnrat ; vingt des meilleurs bataillons formeront la rés» ye.

Le â déeembf^, au moment où le soleil se lève sur cette Batauie plaine fameuse où vont se heurter trois cent mille hommes, ^^^;, et où doit se décider le sort de la monarchie autrichienne, Napoléon parcourt le front de ses régiments, ^ dit : « Soldats, il faut finir cette campagne par un coup de tonnerre. » Dea cris d'enthousiasme lui répondent, et la bataiUe s'engage. Les ennemis, toujours résolus à tourner la droite de l'armée française^ abandonnent, au centre de leur nouvelle ligne, les hautoars de Pratzen. Soult reçoit Tordre de s'en saÉair, et s'y porte auantôt ; Kutusoff , général de l'armée russe, comprend sa faute et veut la réparer, mais tout ses efforts sont impuissants : les Français^occupentces hauteurs qui partagent la ligne ennemie ; et tandis que Davoust arrête lea coalisés à droite dans la plaine, Murât, Lannes et Bernadette emportont à gauche leurs prineipales positions. Mais alors la cavalerie de la garde impériale russe s'ékmoe sur le champ de bataille, renverse plusieurs bataillons des plus braves, et rétablit le combat. Napoléon voit le danger ; il détache l'intrépide Bapp à la tête de la cavalerie de sa garde : après un choe terrible, les Russes sont rompus et dispersés, et Rapp,le sabre brisé, le cheval tout sanglant, accourt au galop annoncer la victoire. Les restes de l'armée ennemie sent acculés au lac, dans un bas-fond, et cer*

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nés au milieu d'un cercle de feu ; écrasés par la mitraille, ils veulent fuir isur la glace, qui se brise et les engloutit : quinze mille Autrichiens et Busses ont péri, vingt mille demeurent prisonniers, quarante drapeaux et deux cents pièces de canon sont les trophées de cette mémorable vie- Pau de toire. Le surlendemain, l'empereur François II vint trou- M^dà ^^^ '^ vainqueur sous sa tente, et demanda la paix, qui fut 1*0». ' signée le 26 décembre à Presbourg : par ce traité la maison d'Autriche céda les provinces de Dalmatie et d'Albanie au royaume d'Italie, le Tyrol à l'électorat de Bavière et quelques autres de ses possessions à l'électorat de Wurtemberg : ces deux électerats furent transformés en royaume. L'armée russe avait obtenu de rentrer en Bussie sans être inquiétée; et la journée d'Austerlitz, la plus belle peut-être de la vie guerrière de Napoléon, mit fin à la troisième coalition.

L'année 1805, si féconde pour la France en triomphes sur le continent, vit la ruine complète de notre marine. Les flottes combinées d'Espagne et de France, sous le commandement de l'amiral Villeneuve, battues le 22 juillet au cap Bataille Finistère , perdirent, le 21 octobre, la célèbre bataille de i2JS&e T'^^f^^Ç^^' Trente-deux vaisseaux franco-espagnols furent mariBe ^^^^^ P^^ vIngt-huit valsscaux anglais, commandés par 'et etp^ Nelson : treize vaisseaux seulement échappèrent au désasff & tre de la flotte combinée. Cette immense victoire, qui coûta "^' la vie à l'amiral anglais, assura la souveraineté des mers à l'Angleterre, et ce ne fut plus sur cet élément que Napoléon tenta d'ébranler sa puissance.

Les trophées d'Ulm et d'Austerlitz adoucirent les re- %uu? grets donnés par la France à sa marine. Napoléon revint ^pSbu^ ^ Paris, après sa brillante campagne de trois mois, et y ^^ excita un enthousiasme universel. Enivré de sa fortune.

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LIYRB m* CHÀPITBB II. 341

il s*occape d'abattre les derniers vestiges des instltoticms révolutionnaires. Le calendrier républicain est définitivement remplacé par le calendrier grégorien , qu*un décret dote d*un nouveau saint en ordonnant que le 15 août la Saint* Napoléon sera célébrée dans l'empire ; un autre décret destine la basilique de Saint-Denis à la sépulture des empereurs, le Panthéon est rendu au culte catholique, et le tribunat cesse d'exister. Napoléon, qui vient .de créer, par la paix de Presbourg, les royaumes de Bavière et de Wurtemlierg, déclare que la maison de Naples a perdu la u maison couronne en châtiment de la part qu'elle a prise dans la bon perd" dernière coalition, et il transmet le sceptre napolitain à son ^^^^^yj^ frère Joseph : il érige en royaume la république des Pro* vinces-Unies, en faveur de son frère Louis , et nomme le u

Hollande

prince Murât, son beau-frère, grand-duc de Glèves et de ^^^^ Berg. Une seule république restait encore de toutes celles qui sous le directoire avaient entouré la France; c'était la Suisse, et Napoléon s'en déclare le médiateur. Il cherche à rétablir le régime militaire hiérarchique des temps féodaux, et transforme diverses provinces et principautés en grands fiefs de l'empire, qu'il donne en récompense à ses ministres et à ses généraux les plus illustres. Ainsi furent érigés en duchés : la Dalmatie, Tlstrie, le Frioul, Cadore, Bellune, Gonégliano, Trévise, Feltre, Bassano, Vi- Grands cence, Padoue, Rovigo; et en principautés : Neufchétel, rêmpire. Bënévent, et Guastalla. Deux ans plus tard Napoléon porte le dernier coup aux Institutions républicaines en créant une nouvelle noblesse héréditaire, dans laquelle les anciennes illustrations prirent rang pour la plupart après les célébrités du jour. Un Montmorency fut fait comte en même temps que Fouché, ministre de la police , devenait doc : c'était se jouer du bon sens public, c'était se poser

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342 QUâTMàm i»o<^nB.

Mîméme eômme priseipe et sowrce d'un BOtt¥el ordre social , revéta néanmoifis de tomes afteiewics. C'étaU ne peint teûk eompte de la conséenitiOD que les aorns illustres ont vécue du temps et de Thiitolre; e'étaii emprunter en ua mot ses iBStHutioM au passé, sans respeeter ee qui eo fait la forée ; mais alors le blâme était nmei ^ : Napoléon n'avait à craindre que ses adulateurs, et les laiiràers , eu «ouvrant ses fautes, les faisaient pardonner.

Tout sourit à ses vœuK dam l'aniiée 1806 : Pitt , son irréeoDcilkJile ennemi, était mort, et Fox, chef de l'oppo* ^ion parlementaire , lui avait sueoédé. Des négociations pacifiques furent aussitôt entamées entre les deux puissanees, et aetivement suivies par le ministre Talleyrand. Mais Torgueil aveuglait déjà Napoléon ; une ambition mal ^entendue pour la grandeur de sa famille lui fit commettre, dès cette époque de son règne, des fautes capitales : il voulut déposséda entièrement du trône napolitain la maison de Bourbon, qui, chassée du continent , refait «Eieore en Sicile : il exigea que oette ile fût réunie aux États de son frère Joseph; e^ pour que TAngleterre ne s'opposftt point à cette nouvelle conquête , il lui ofMt en échange la restitution du Hanovre , cédé à la Prusse. Cette prétention, que rien ne justifiait, était trop contraire aux intérêts

' Toute liberté de la pem»ée fut coniprimée «oas Fempire. Napoléon pour séYir à cet égard n^attendait point les seotences des tribunaux ; les formes judiciaires lui paraissaient trop lentes, et il infligeait, de son autorité privée , la prison ou fexil aux écrivains qui avaient osé rofTenser : 1^ plus célèbres 4e virent pM'ticniièrenent en botte à ses ressentiments , et plusSeors , pour t'y souUraire , furent obligés de fbir jusqu'en Russie. De ce nombre était madame de Staël , Tiliustre auteur de Corinne, ainsi que le spirituel écrivain qui obtint à cette époque tant de brillants succès sur la scène française, M. Alexandre DuTid.

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UVmft UU CHAPltftl II. B48

eommerciatix et à lliatNieor de TAnglet^re pmv être acceptée. Fox lui^oiéme, nmigré son peoehatit poar la paix, n'airait pa, en la signant à ce prix, coni|)ter sur l'aveu du parlement, et bientôt ]ts négoelatioDS furent suspendues. Cependant Napoléon, pœreuivant ses projets iHiimtés de dominatfmi en Europe, aefaevait d'organiser son empire miitoire en plaçant sous sa dépendance l'aocien corps ge^ , manique. Le 12 Juillet 1806 quatorze princes du midi et de l'ouest de rAilernagne se réunissent en confédération confcdéàu Rhin, et reconnaissent Napoléon pour protecteur, <*»^1J' L'acte de confédération établissait qu'il y aurait entre ^«^£« l'empire français et les États confédérés une aUfance en ",',1;^^' vertu de laquelle tout guerre continentale que l'une des parties contractantes aurait à soutenir deviendrait immé* diatement commune à toutes les autres ; il conférait aux princes signataires les droits de la souveraineté sur la multitude de princes et de comtes que nourrissait le territoire germanique , et qui , en qualité de membres de la nûèiesse immédiate, ne relevaient auparavant que de Tempereur d'Allemagne et de l'empire. La confédération affaiblit la Prusse et rAutrfehe autant qu'elle ajoutait à la puissance de Napoléon : elle fortifia son empire en le cou- , vrant, sur la rive droite du Rhin, d'une ceinture d'États d'autant plus dévoués à ses intérêts que lui seul pouvait garantir à leurs princes la conservation de ce que seul il leur avait donné. La paix de Presbourg avait rendu la voix de Napoléon toute-puissante en Allemagne , et celui qui avait le plus à perdre par la confédération du Rhin, l'empereur François II, était dans rirapoissance d'y mettre obstacle : il se soumit à la destinée qui avait prononcé à Austerlitz ; il abdiqua le titre d'empereur d'AUemagoe , et conserva, sous le nom de François l^', le titre d'empereur

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344 QUATRIÀMB EPOQUE»

d'Autriche y qu'il avait pris en 1804. Aiuii fiait l'Empire germanique , après mille ans d'existence.

Cependant le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume, irrité contre Napoléon, qui , après lui avoir garanti la possession du Hanovre, avait voulu restituer cet électoral à l'Angleterre pour la faire consentir à la paix S était en outre alarmé avec raison des envahissements de la France et de son ascendant toujours croissant en Europe : il se décide à former en Allemagne une confédération des États du Nord, afin de l'opposer à la confédération du Rhin ; et il envoie à l'empereur un ultimatum où il pose comme condition première du maintien de la paix la retraite en deçà du Rhin de toutes les troupes françaises cantonnées en Allemagne. Napoléon s'indigne d'une condition où il voit une insulte ; il ne permettra point que la Saxe et les villes hanséatiques entrent dans la ligue du Nord ; il rejette l'ultimatum de la Prusse, et Frédéric-Guillaume se Qoatriè- décide à la guerre. Ce prince envahit la Saxe; l'ambassa- Ttio?* deur français est insulté dans Berlin, et la jeune et belle reine de Prusse parcourt cette ville à cheval, en costume militaire, pour exciter l'enthousiasme belliqueux de la population : « II semble, dit Napoléon en parlant d'elle, voir « Armide, dans son égarement , mettant le feu à son pa- « lais. » Ces paroles sont prophétiques. La France écrasera cette quatrième coalition, formée par la Russie, la Prusse, la Suède et l'Angleterre. La mort de Fox, survenue peu après celle de Pitt , avait détruit tout espoir de concilia-

' Napoléon avait lieu d'être lui-même mécontent de la Prusse, qui , malgré les dispositions favorables dont elle Tamusait, n^avait cessé de négocier avec ses ennemis et se serait infailliblement tournée contre lui s'il eût perdu la bataille d'Austerlitz au lieu de la gagner. Voff, VHist du Consul et de VEmp,, par M. Thiers, livre XXIH.

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LIVAE III. CHAPITRE 11. 345

tiou entre cette dernière puissance et i^empire français. Napoléon entre en campagne le 28 septembre, et le 14 victoires

de If&po*

octobre le sort de la Prusse est décidé par deux glorieuses ^l^^^^J^ victoires : l'empereur triompbe à léna, et son lieutenant jÇi'jgJSs Davonst est vainqueur le jour même à Averstadt ; Lubeck tîdVe"*à est pris , toutes les forteresses de la Prusse capitulent : en ^^^^' quelques jours cette monarchie despotique et militaire est anéantie. Napoléon parcourt le champ de bataille de Rosbach, où sa présence efface l'affront subi par les armes de la France dans le dernier siècle; il visite à Potsdam le tombeau du grand Frédéric, et s'empare de sa glorieuse épée; puis il use des droits du vainqueur, et ses décrets disposent des couronnes. L'électeur de Hesse, avant la guerre, avait refusé de désarmer à sa demande; et, sans se déclarer ouvertement contre Napoléon, il n'avait attendu qu'un revers des armes impériales pour joindre ses troupes aux armées prussiennes : Napoléon le punit en le dépossédant. L'électeur de Saxe^ prince digne d'estime, et dont les États, depuis 1756, formaient une province de la Prusse, avait été forcé de suivre la fortune de cette monarchie : c'est à regret qu'il avait pris les armes contre la France, et après la guerre il adhéra à la confédération du Rhin; l'empereur déclara ses États indépendants de la Prusse, et les érigea en royaume.

C'était peu de SQumettre le continent à sa puissance ; la victoire, quelque glorieuse qu'elle fût, n'avait encore aucun résultat durable si l'Angleterre n'était contrainte à la paix : cette puissance l'eût acceptée si Napoléon eût sincèrement voulu imposer quelques sacrifices à lui-même ou aux princes de sa famille, et céder des territoires dont la possession, sans offrir aucun avantage réel pour la France, était en ses mains une cause perpétuelle d'humiliation et d'outrage

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pour les souTeraios de l'Europe; il préféra recourir à un

despotisme nouveau, à une eoneeption ioouîe, pour réduire

Système l' Angleterre. Le 21 novembre parut à Berlin le décret &-

continen-

CTrt'di ™*^^ ^^^ ^ blocus des Iles-BrHanniques. Ce décret établit (£%. ^'abord la violation du droit des gens par l'Angleterre) ^^' l'abus du droit de conquête qu'elle étend sur mer aux bà- 'UoeT' timents et marcbandises de commerce, celui du droit de blocus par lequel cette puissance empêche à son gré les communications maritimes entre les peuples; puis, dans ses dispositionsprincipales^ildédareleslles-firitanniquesellesmémes en état de blocus; il interdit avec elles twit ooibmeroe, toute oorrespondance; il ordonne la saisie des personnes et des marchandises anglaises qui seront trouvées dans les pays occupés par la France ou par ses alliés. Toute nation qui n'adhérait point au système établi par le décret de blocus était considérée comme ennemie de Tempire français. Ainsi fut établi le système nommé continental^ parée que les ol>ligations qu'il Imposait devaient peser sur le continent tout entier. Tl froissait les intérêts de tous les peuples, et cachait un vice profond que Napoléon ne sut point assez reconnaître : prétendre, en effet, repousser les marchandises anglaises de tous les ports de l'Europe , c'était obliger les Anglais à fermer, par représailles, la mer, dont ils étaient les maîtres, aux vaisseaux de toutes les nations; c'était vouer à la misère les populations du nord et du midi, pour lesquelles le commerce avec l'Angleterre était une nécessité vitale ; c'était enfin semer les germes d'une résistance opiniâtre et d'une haine implacable. Ce système fit sans doute un tort immense à l'Angl^erre; il la jeta dans des dépenses qui grossirent oiAre mesure sa dette, d^ prodigieuse : mais il ne mit point cette puissance à la discrétion de sa rivale, comme l'espérait Napoléon, et il ea-

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LIYBK m. eSAPITBfi II. 347

traka, ancoatraire, eelai-d à une suite de mesures violentes et d'opérations gigantesques, qui précipitèrent sa chute.

Frédérie-Guillaume, quoique vaincu et dépossédé, n'avait pirint perdu toute espér»ice : l'armée russe accourait ; et elle eAt attaqué les Français de eoncert avec loi, si les mouvements rapides de l'empereurne l'eussent prévenue. Napoléon, vainqueur des Prussiens aux champs dléna et d'Averstadt, alla à la reneontredes Russes dans les plaines de Pologne. Accueilli avec enthousiasme par les Polonais, et surtout dans le duché de Posen, il méditait de réparer la grande iniquité du dernier siècle et de rétablir l'antique royaume de Pologne : il ne se dissimulait pas néanmoins les nombreux oifficui-

tés pour

périb de cette entreprise; trois puissances, la Russie, la ^^^: Prusse et l'Autriche, étant intéressées au maintien de l'acte ^y\"u Je^ de partage et de Tordre existant. Les Polonais eux-mêmes potogne. paraissaient divisés ; la haute noblesse de Varsovie semblait peu d'accord avec la noblesse des provinces, et ne se fiait qu'avec crainte et réserve à la durée des dispositions de Napoléon ou au succès de ses efforts ; elle voulait, avant de s'engager et de provoquer un mouvement populaire , que l'empereur consentît à proclamer l'affranchissement de la Pologne, et qu'il lui donnât un roi de sa famille ; l'empereur, au contraire, exigeait que l'insurrection en masse de la population précédât la déclaration qu'il ferait de son indépendance : n'ayant pu l'obtenir, il crut prudent de renvoyer à d'autres temps raccomplissement de ses desseins sur cet ancien royaume'.

Les Russes s'avancèrent en deux grands corps, sous les ordres de Benningsen et de Buntofden. Napoléon disposa

* Voyez dans V Histoire du Consulat et de V Empire, par M. Thiers, de sages considérations sur les difficultés du rétablissement de la Pologne en 1806 et 1807. (Tom. VllI , liv. XXVI , pag. 272-280. )

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tout pour les vaincre; et le â décembre, anniversaire da couronnement, il adressa ces paroles à son armée : « Sol- « dats, il y a aujourd'hui un an, a cette heure même, que « vous étiez sur le champ mémorable d' Auiterlitz. Les ba- « taillons russes, épouvantés, fuyaient en déroute, ou, en- « veloppés, rendaient les armes à leurs vainqueurs. Le len- « demain ils firent entendre des paroles de paix; mais elles « étaient trompeuses. A peine échappés aux désastres de la « troisième coalition, ils en ont ourdi une quatrième; mais « rallié sur la tactique duquel ils fondaient leur principale « espérance n'est déjà plus. Ses places fortes, ses capitales, « ses magasins, ses arsenaux, deux cent quatre-vingts dra- « peaux, sept cents pièces de bataille, cinq grandes places « de la guerre sont en notre pouvoir... Tout a foi à votre ap • « proche. C'est en vain que les Russes ont voulu défendre « les capitales de cette ancienne et illustre Pologne : Taigle « française plane sur la Vistule... Nous avons conquis sur A FElbe et l'Oder, Pondichéry, nos établissements des In- « des, le cap de Bonne-Espérance et les colonies espagnoles. <« Qui donnerait le droit aux Russes de renverser de si justes « destins? Eux et nous, ne sommes-nous pas les soldats « d'Austerlitz ? » Cette proclamation si fière annonçait qu'entre l'Angleterre et Napoléon aucune paix n'était possible.

La bataille de Pultusk, glorieuse pour nos armes, et une multitude de combats partiels, où les Français eurent presque toujours l'avantage, marquèrent les premiers jours de cette campagne. Les deux armées , enfin , l'une sous Benningzen, l'autre sous Napoléon, se heurtèrent en masse ^fl^ dans les plaines célèbres d'EyIau : la mêlée fut sanglante^ nnl effroj'able; une neige épaisse, égarant les divisions françaises, ajouta aux horreurs de cette journée, et rendit

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longtemps la yictoire încertaioe. Soult, Avgereau, DavoQSt rivalisèrent d'héroïsme avec les généraux russes ; enfin Davoust écrase la gauche de l'ennemi, dont la déroute allait être complète, lorsque le corps'prussien du général Lestocq arriva sur le champ de bataille, malgré les habiles manœuvres du maréchal ?)ey , chargé de le contenir. Lestocq n'arracha point la victoire des mains de Napoléon, mais il sauva l'armée russe et protégea sa retraite. La guerre n'était point finie ; et Napoléon prit ses quartiers d'hiver en Pologne.

L'une des plus fortes places de la monarchie prussienne, ^^^^^^ et celle que sa position rendait la plus importante , Dant- ^^^"^àt zig, n'avait point encore succombé : le maréchal Lefebvre, '^'* chargé d'en presser le siège , redoubla d'efforts pour la réduire ; et, malgré ceux que firent les Russes pour la délivrer, elle capitula le 2i mai 1807. Le général Benniogzen réunit alors toutes ses forces, et ouvre une nouvelle campagne à la tête de cent trente mille hommes. Napoléon marche à sa rencontre ; ses généraux triomphent dans les combats de Spanden et de Gustadt ; et, après la bataille indécise d'Heilsberg, le sort de la guerre se décide dans les plaines de Friedlaud.

Le 14 juin, anniversaire de Marengo, l'armée russe dé- victoire bouche par le pont de Friediand sur l'Aile, et présente la Napoléon bataille. Napoléon l'accepte ; il assigne leur place à ses lieu- ^^1^^^ tenants et aux divers corps de son armée : à la droite est le *\JSr^^ maréchal Ney, soutenu par la cavalerie de Latour-Maubourg, au centre le maréchal Lannes, à la gauche Mortier et la cavalerie de Grouchy : la garde impériale et le corps de Victor forment la réserve. Les Russes appuyaient leur gauche à' Friediand, et leur droite se prolongeait au loin dans la plaine. Napoléon ordonne d'enlever la ville : ce suc-

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cè8 permettra d'écraser les Russes de front et de flâne ; la prise de Friedtand sent le gain de la bataille. Une triple salve donne le signal de l'action ; le corps de Ney , à Taite droite, s*ébranle vivement, tandis que les antres se bornent à contenir l'ennemi ; les dragons de Latour- Manbourg chargent , et dissipent la cavalerie ennemie ; Ney avance malgré nne résistance désespérée; il entre à la suite des Busses dans Friediand; l'incendie annonce son succès. LanneSi Mortier, Victor, chargent alors avec vigueur; l'ennemi, attaqué par eux de front, est enveloppé à sa gauche par la division victorieuse du maréchal Ney; il fuit en désordre : rejetés sur les bords de TAlle , une multitude d'hommes périssent dans les flots : dix mille mprts, treisse mille prisonniers sont les principaux résultats de cette grande journée, qdi mitfln à la guerre.

Alexandre , vaincu , demanda la paix , et exprima le désir de voir son vainqueur. Un radeau fut construit près de Tilsit, sur le Niémen , pour l'entrevue solennelle du czar et de l'empereur, et celle-ci eut lieu en présence des deux armées en bataille sur les rives du fleuve. Les deux souverains s'abordèrent avec les marques d'une estime mutuelle ; ^Tiuit.^ ils convinrent d'arrêter les bases d'un traité de paix et de ^ \w7^ s^ourner à cet effet quelque temps ensemble à Tilsit. Le roi et la reine de Prusse y sont appelés; mais Napoléon se montre peu touché de leur infortune : tons ses efforts tendent à amener à ses vues le jeune Alexandre , dont il stimule l'ambition, et qu'il fascine par le triple ascendant de son génie, de sa gloire et par Tappât de quelques provinces depuis longtemps convoitées. Alexandre, ébloui, sacrifie tout autre intérêt au désir de voir Napoléon sanctionner un jour l'incorporation à la Russie de la Finlande ' , pro- « M. Cliarleà Lacretelle, dans son Histoire du Consulat et de VEm-

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viDce suédoise; de la Moldavie et de la Yalachie, provinces de Tempire turc ; il défend faiblement la cause de son malheureux allié le roi Frédéric-Guitlaume , et Napoléon tient rigueur à ce prince , qu'il regarde comme le provocateur de cette guerre sanglante; il ne lui rend que la moitié de ses États, et frappe les contrées qu'il lui laisse d'une énorme contribution de guerre. La paix est signée le 7 juillet à Tilsit. Alexandre et le roi de Prusse souscrivent à Térection en royaume de la Saxe et de la Westphalie, accrues, ^j*\^*^ la première du duché de Posen et de Varsovie , la seconde a^f/lé^s de la Hesse et des provinces prussiennes de la rive gauche ^" ^^^y*" de l'Elbe. Ils reconnaissent comme grand-duc de Varsovie l'électeur de Saxe , déjà couronné roi par l'empereur, et comme rois de Naples, de Hollande et de Westphalie, les frères de Napoléon , Joseph , Louis et Jérôme. La confédération du Rhin s'étend désormais jusqu'à l'Elbe : Alexandre enfin, après avoir obtenu de la bouche de Napoléon quelques paroles favorables à ses projets ambitieux , adhère pleinement au système continental fondé par le décret du 21 novembre.

L'Angleterre vit avec douleur la Russie échapper à son

pire, a flétri en ces ternies l'accord secret des deux souTerains au sujet delà Finlande : « En échange de la Poméranie, qni ne lui appartenait pas, Alexandre demanda et obtint la possession de la Finlande. Grand sujet de surprise et de scandale pour l'Europe et pour tous les hommes qui veulent chercher dans les principes de droit public quelque conformité avec ceux de la morale. Elle ne pouvait être plus grièvement offensée. Ainsi Alexandre s'adjugeait, sans se donner la peine de le conquérir, Tundes joyaux les plus précieux d'un royaume infertile, 6*emparant de la dépouille d'un roi son allié, son ami... Une transaction diplomatique de cette sorte trouve à peine un modèle dans celles de la France et de l'Italie au quinzième siècle. »

Chap. XV, t. lV,p. 45.

352 QUÀTBIBMB ÉPOQUE.

inflaence. Voulant garder à tout prix un pied sur la mer Baltique , elle exigea du Danemark une alliance offensive et défensive, et pour garantie la remise de sa flotte, ainsi que de sa capitale; le roi refusa, et Copenhague subit le Bombar- 2 septembre 1807 un effroyable bombardement, qui mit decopSa- en cendres trois cents maisons : la flotte danoise, compo-

hagiie. *

>^^pt- sée de cinquante- trois bâtiments de guerre, tomba au pouvoir des Anglais. Victime de cet acte de violence inique et barbare, le Danemark se vengea en adhérant sur-le-champ au système continental, à l'exemple de la Russie. La Suède, seule dans le Nord, avait gardé les armes après le traité de Tiisit; son faible roi, Gustave IV, se déclarait le vengeur de l'Europe contre Napoléon; mais, abandonné de T Angleterre ^ dépouillé par la Russie, naguère son alliée, il vit enlever sons ses yeux Stralsund et Tile de Rugen , perdit la Poméranie sans retour, et s'aliéna , par son fol orgueil , Faffection de ses sujets : tout le littoral de la Baltique subit le joug de la France. L'Angleterre avait en vain essayé , quelques mois auparavant, de soumettre la Porte Ottomane, alors en guerre avec la Russie et alliée de la France ; une flotte anglaise , après avoir franchi dans ce but les Dardanelles, s'était vue repoussée par de formidables batteries , improvisées par l'ambassadeur français Sébastian!. 11 ne restait à la fin de 1807 sur le continent qo*un seul État qui fût soumis à l'influence directe de la Grande-Bretagne , c'était le Portugal ; et Napoléon , qui , par le décret du blocus continental, s'était arrogé le droit de disposer à Traité de SOU gré du sort de tous les peuples, signa le 27 sepiïrto"*e *®'^^**® ^^^-^ » * Fontainebleau , un inique traité avec l'Esgïi!*s5t' P^S^^j P*** lequel 1« Portugal, en châtiment de son alliance IM7. ^y^Q l'Angleterre , devait être partagé presque tout entier entre le roi d'Étrurie et Godoï, prince de la Paix^ qui goo-

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LITBB III. CHÂPITBB II. 3ô3

vernait la monarchie espagnole : ce traité reconnatâsait le roi d'Espagne, Cliarles IV , pour suzerain des deux États formés par le démembrement du Portugal. Une proolamation annonça, le 13 décembre 1807, que la maison de Bragance avait cessé de régner. Ving^huit mille Français, , sous les ordres du Junot , furent chargés d*exéenter cette sentence; et avant leur arrivée à Lisbonne le prince régent de Portugal s'embarqua pour le Brésil, abandonnant à l'armée d'invasion sa capitale et sa flotte. Ce rapide succès et les scandaleuses divisions des mem- Divisions

'de la

bresde la famille royale d'Espagne enflamment l'ambition J'^^^^f^ de Napoléon, et il s'habitue à regarder la Péninsule comme Espagne. sa conquête. Le faible Charles IV, entièrement subjugué par Godoï, prince de la Paix, favori de la rehie, s'était rendu méprisable aux yeux de tous ses sujets , dont Ferdinand , son fils, prince des Âsturies, était devenu l'idole en se déclarant l'adversaire de l'odieux favori. Napoléon, au faite de sa fortune, objet de l'admiration et des respects de Charles IV et de son fils, avait déjà été pris pour arbitre de leurs différends, et le prince des Asturies avait sollicité l'honneur de s'allier à sa famille : l'empereur pouvaitexercer sur l'Espagne, par des voies pacifiques, une influence souveraine, et profiter avantageusement pour son système de la haine que de nombreux désastres maritimes avaient inspirée aux Espagnols contre les Anglais : il voulut davantage, et, tandis que tous les regards de la famille royale espagnole sont tournés vers lui avec espérance, une armée française passe les Pyrénées sous Murât, grand-duc de Berg; et tout à coup le bruit se répand à Madrid que les places de Barcelone, Figuières, Pampelune et Saint-Sébastien sont occupées militairement par les Français. Bientôt après, inTa«ion Napoléon, oubliant le traité de Fontainebleau, demande ç^i» en

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^54 QUAXmiÉMB BPOQUI.

Espagne. |a réttttèMi à i'empire des provinces de la riTe gaache de rÈiire. Charles lY et la reine sont frappés de stapenr; Godo! leur conseille d*imiter te prince régent de Portugal, et de s'embarquer ponr aller régner en Anaériiine ; son avis est écouté : tout se dispose ponr le départ; mais Ferdinand y met obstade ; il appelle aux armes la population d'Aranjnez, WA dénonce comme de nouvelles perfidies les lâches conseito de Oodoï. Un soulèvement éclate, les trou- Entrée pes y participent, et Ferdinand le dirige: il (eAt arrêter

des Fr&n-

^^A Godol, tient son père captif, et le contraint à abdiquer, ''lïSîr P^ '^ ^^^^ ^^°^ &(adrld une entrée triomphale en qualité de roi des Rspagnes. Mais le lendemain, 23 mars. Murât, sans attendre l'ordre de Tempereur, entre dans cette capitale avec son armée. Charles lY proteste contre son abdication forcée, et Mnrat refuse de reconnaître la royauté de Ferdinand ; Napoléon seul prononcera entre eux. L'empereur vient à Bayonne, où il invite le roi Charles et son fils à se rendre, afin qu'il décide comme arbitre suprême Abdica- de leurs différends et de leurs destinées. Ils arrivent;

tlon de

chariejiv Napoléou, mattrc de leur personne, se prononce pour le "%Joî?**roi; Il contraint Ferdinand à renoncer au tréne, â rendre sa conronne à son père, et il obtient que celui-ci la lui cède à lui-même. Charles lY reçoit pour habitation le château de Compiègne, et son fils est retenu captif dans celui de Yalençay. Ainsi fut consommé, au moyen d'une ruse perfide, un acte odieux d'usurpation, dont les résultats devinrent funestes à son auteur, et portèrent la première atteinte à sa fortune. Oif urat cependant tenait Madrid en son pouvoir ; et, dominé par l'influence firançaise , le conseil de Castille demanda pour roi d'Espagne Joseph, frère aîné de Napoléon.

Une assemblée de notables fut aussitôt convoquée à

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LITBI ni. CSAFITafi II. S^S

Bayonne, où Tempereur organisa une Jante chargée du gouTernement proYisoire. Joseph «ède à /oaehim Mura$ josepii ia couronne de Naples ; il quitte sor-le-champ cette capi- ^[J^j'i taie, arrive le 7 juin à Bajonm, et est reeoMm roi d'Es- g^^â. pagne par le duc de Tlefantado et par une députation des ^^ *^'' grands et des divers corps de l'Etat. L'assemblée de Bayoone vote une constitution, à laquelie Joseph prête serment, et 9e % juillet il est en marche pour i'Espa^ie. Mais d^à 1^ Espagnols, indignés et furieux, avairat pris les armes: le clergé donnait l'exemple de la révolte, monU'ant le ciel intéressé dans la cause de Ferdinand, et désignant Napoléon comme l'Antéchrist ; Tarmée tout enttère s'était swilevée; une junte provisoire de gouvernement, astemidée à Séville, combat et annule les actes de la junte de Bayonne. Le jour de la Saint-Ferdinand de nouvelles vêpres siciliennes sonnent contre les Français dans toute l'Espagne; lew escadre est prise à Cadix, les équipages sont égorgés : tes Espagnols signalent leur vengeMM*e,dans un grand nombre de places , par des massacres ^ des atrocités; ils déclarent une guerre à mort aux Français, et les Portugais suivent Guerre leur exemple. Cependant Bessières est vainqueur à Me- ^^^^^^^^ dina de Rio-Secco : sa victoire ouvre les portes de Madrid «»08-«8i4. au roi Joseph, qui fait son entrée dans cette capitale le âO juillet ; mais presque aussitôt le général Dupont capitule honteusement à Baylen , et met l)as les armes avec vingt- capituiasix raille soldats. Ce terrible échec ébranle l'autorité des l'armée

, française

Français dans la Péninsule, et redouble I audace des Es- Jj^^fùet pagnols; Joseph est obligé de quitter Madrid huit jours ^''^^ après son entrée solennelle.

Le Portugal se soulevait, une armée anglaise y débarque sous le commandement de sir Arthur Wellesley , qui fut depuis lord Wellington. Junot , avec dix mille hommes

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