scène du monde les hotnmes néeesmires'torscpie tourtemps
est venu , et qui, méeonvnie-trop soui^^nf pav euxHHémeB,
les élève, tes dirige etlessoutteotJiiBqti'à'eeqttelmirtoravre
soit aceompMe. La France' appiftudit à la haule fortone éè
I Napohéon, parce qu^elle avait besoinr dehri^ parce qti*apfès
I avoir assuré sa puissance au dehors et beaucoup Adtpoar
sa gloire; ii' sut encore ^vlner ses besoittset contribuer à
I sa prospérité intérieure. Nous avons raconté ses exploit»,
ses conquêtes, ses travaux admiivIstratKii et législatif^;
l'espaee nous manqiM pour exposer ceux^d'un intérêt par-
tlevlier et spécial. Sa vaste intelligence embrassait toutes
clMKses; il passait sans e^rts, avec une faeHitéf mer*
veilleuse, d'un sujetàun autre^ et au^undétttir n'était au-
lïtâieSw ^^^^^® ^ ^^ vigilante sollicitude : tantôt oonsbinant tes
Fcoi^ besoins d*une nombreuse jeunesse avec les intérêts de son
empire guerrier, il créait des écoles pour Tarmée , pour la
marine , donnait une organisation militaire aux prytanéer
et aux lycées, ouvrait gratuitement ces établissements aux
fils des bfaves morts sur le i!ihamp de bataille , et fondait
plusieurs malsons spéciales pour leursfllles'; tantôt, préoe-*
Corn- cupé des intérêts commerciaux et industriels du pavs, il
merce, ^ ^ r .. 7
industrie, créait le conseil général des fabriques et manufactures, accordait d'honorables récompenses aux auteurs des découvertes utiles, proposait des prix pour diverses inventions (m améliorations d'une haute importance, donnait 100,000- francs an chimiste Proust pour sa découverte du sucre de raisin, décorait Temaux de la Légion d'honneur pour la imbrication supérieure de ses draps, et promettidt un million à Finventeur de la machine à filer le lin. Lin* dustrie des laines et des soireries recevait de lui dlmmenses encouragements , et la culture du coton étaft essayée par ses ordres en Corse et en Italie. D'autres sohis importants
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UVSS m. CHAPITRB RI. 371
occupaient son attention tour à tour : citaient Fapprorisionnement dès villes et des armées, l'habillement des troupes, Fassainissementde la capitale, la destnietion de la mendicité.
Outre llbtrilîgence des intérêts matériels^ du pays,» Napoléon avait encore le sentiment des grandes- cliose»^, et la France lui doit Texécutlon, rembellissement ou la» pensée première d^autant de momiments impérissables que tféta- ^SJiâî blissements utiles^ Partout où le besoin s*e» faisait seiitiF il ouvrait des routes, creusait des canaux. Jetait des ponts> élevait des^ fontaines, non-seulement en France, mate daa» les pays étrangers réunis à son vaste empire : l'admirable route du Simplon, le canal de Saint-Quentin, les bassins d'Anvers et de Cherbourg, attestent en ce genre ce qu*it i savait entreprendre. La Bourse, la Madeleine, la colonne meots. de la place Vendôme, Tare de triomphe de TÉtolle^ les ponts d'Austerlitz et d'Iéna, furent, à Paris, exécutés ou conçus sous son r^e. Napoléon enrichit la Bibliothèque nationale, fit continuer les travaux du Panthéon, commanda pour décorer le pont de ta Concorde les statues de ses plu» grands généraux morts au champ d'honneur, et eut l'idée de consacrer à Saint-Denis trois autels expiatoii*es pour les trois races royales qui se sont succédé sur le trône de France. '
Embrassant tout ensemble la politique extérieure, l'administration, les finances / la guerre, il trouvait encore , au milieu de ses immenses travaux, du temp» pour tous, les détails; il se faisait rendre de tout un compte exact, et demandait à ses ministresr des rapports minutieux et^ fidèles sur l'immense personnel de leurs administrations respectives. IF possédait à un degré éminent le don de juger du caractère et de la capacité de ceux qui le ser-
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372 QUATRIÈMB iPOQUK.
valeot; c'est à cette faculté précieuse qu'il fut redevable
de voir ses peosécs presque toujours bieu comprises et
Miiiftm, bien exécutées et de changer rarement de ministres, d'ad>
trateurJ miulstrateurs ou de conseillers. Les hommes qui hor»
^^- des rangs de l'armée eurent la part la plus honorable dans les plus grandes choses accomplies sous sa direction furent : pour les affaires extérieures, Talleyrand et Ghampagny, duc de Cadore; pour les finances, Gaudin, duc de Gaète, Mollien et Barbé-Marbois, dont Tintégrité égalait les lumières; pour Tintérieur, le comte de Montalivet, d'abord directeur général des ponts et chaussées, puis ministre, et qui portait dans l'exercice des affaires la supériorité d'un sens droit et d'une âme élevée; pour l'instruction publique, Font ânes, grand mattre de l'Université, poète distingué, nourri dans l'ancienne école des lettres et des mœurs, et prodigue envers le représentant des temps nouveaux d'hommages ingénieux et trop souvent adulateurs; ce furent encore, dans de hautes dignités ou de grands emplois : Lebrun, duc de Plaisance, Régnier, duc de Massa, Maret, duc de Bassano, Daru enfin, qui unissait à une merveilleuse aptitude au travail un courage à toute épreuve. Le conseil d*Ëtat, auquel Napoléon donna une organisation justement admirée, s'illustra sous son règne par de grands talents : là brillèrent les jurisconsultes Portails et Tronchet, rédacteurs du Godecivil ; Joubert, Allant, Regnault de Saint-Jean d'Angely, et l'immortel Cuvier. La plupart de ces hommes ont laissé des souvenirs durables de leurs travaux. Napoléon, par la vigueuf de son génie, par r ensemble de ses facultés éminentes, savait garder sa supériorité sur tous; et c'est en s'appuyant sur leurs talents, c'est en s'entourant de toutes les illustrations de la France, qu'il était parvenu, en 1810, au plus haut degré d'éclat et
LIYRB III. CHAPITBB UI. 373
de poavoir qu^aucun soaveraio ait Jamais atteint en Europe. Son empire après les dernières réunions comptait une population de cinquante millions, répartie dans cent trente départements.
Cependant, sous tant de grandeurs et de prospérités/un cavaes mal profond creusait graduellement un abîme, et ce mal <i«nceétait l'ambition démesurée de l'empereur. S'il n'eût jamais séparé ses intérêts personnels de ceux de la France, il est à croire qu'il eût fini par triompher de toutes les résistances; mais dans les derniers temps ses envahissements perpétuels, soit pour lui, soit pour sa famille, redoublèrent les alarmes et la jalousie des princes étrangers, sans autre résultat pour la France qu'un perpétuel sacrifice d'hommes et d^argent. I^s haines des partis se réveillèrent alors avec plus de force à l'intérieur, et trouvèrent de l'é- a iinté.
■^ ' rieur.
cho dans les classes qui avaient aidé à l'élévation et au maintien du trône impérial. Les ressentiments, d'ailleurs, de Taristocratie et des amis de la liberté ne manquaient ni de prétextes ni de causes véritables : la noblesse voyait toujours en Napoléon un parvenu, né d'une révolution qu'elle avait en horreur, et elle oubliait qu'il l'avait en partie étouffée; les démocrates maudissaient en lui l'homme qui avait renié tous leurs principes, après avoir puisé sa force dans l'ordre de choses qu'ils avaient fondé. La création d'une nouvelle noblesse était également odieuse aux anciens nobles et aux patriotes ; la destruction de toute liberté de la presse rendait Firritation plus vive en la refoulant dans les cœurs ; et quoique Napoléon n'eût pas encore cessé de vaincre, il n'imposait plus silence à ses ennemis par ses victoires, dont le nombre même affaiblissait le prestige. Le vide affreux que faisait la guerre dans les rangs j des jeunes générations s'apercevait chaque jour davantage : I
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A rcxté-
374 QUATHrimi BFC9QUB.
la consommation d'hommes était e^inyante : après chaque grande bataille gagnée on se prépccupait dé{à moins da territoire conquis que du sang versé, et le cri des mèreS'dé^ solées s'élevait au-dessus des acclamations triomphales. A l'extérieur la puissance de Napoléon , plus apparente que réelle, ne reposait sur aucun fondement solide : ses frères mêmes, couronnés de sa main, s'indignèrent de n'être considérés par lui que comme ses lieutenants; ils comprirent qu'en leur accordant le titre de roi sans leur en donner le pouvoir, il avait rendu leur règne impossible : l'un d'eux abdiqua, les autres hésitèrent entre l'abdication et la révolte. Les peuples desr pays réunis étaient accablés du fardeau des conscriptions , des impositions de guerre et des logements des troupes. En vain Tempereur comptait dans son alliance les plus grands souverains : ceux-ci n'oubliaient point qu'il la leur avait imposée par des victoires, et leur honneur blessé leur rendait une revanche désirable; FAutriche et la Prusse avaient de cruels affronts à effacer, de nombreuses provinces à reconquérir. Une grande fermentation agitait en Allemagne toutes les universités , toutes les sociétés secrètes , d'où partaient des cris d'indépendance et de rage contre Toppresseur de l'Europe ; et déjà Napoléon, durant son s^'our à Schœnbrunn, en 1809, avait failli périr sous le poignard de l'étudiant Stabs. L'Espagne , dont il voulait détacher la rive gauche de l'Èbre pour la réunir à la France, le Portugal, qu'il prétendait partager au gré de son caprice , repoussaient son joug : ces deux États, soutenus par l'Angleterre, opposaient à Napoléon une résistance invincible et dévoraient ses armées. Le funeste système continental soulevait contre lui tous les intérêts commerciaux , et l'aveuglait lui-même en donnant un prétexte apparent à ses
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Livnnn cnAWtwn iti. 375
usurpations eontlnutelles. Il comprit que" ce systèno» gi^ gantesqnc imposait nn fardeau si loord, une géoe si craeiie aux peuples et aux souverains, quMi ne pouvait se reposer partout que sur lui-même du soin de son exécution. Après avoir dans ce but réuni à la ÏVance la HoHande et les États romains , et s^étre fait du pape et du cierge d'irré* conciliables ennemis, il hasarda davantage, et le 13 dé- sénatus-
^ " ' consulte
cembre 1810, négligeant comme superflu tout avertisse- ^'^l^^'^ment préliminaire , il réunit, par un sénatus^consulte , à à^f^rôjSîe son empire le Valais, les villes hanséatîques , et les côtes ^dîme'' de la Baltique depuis l'Ems jusqu'à l'Elbe. Les circons- Steîdeia tances, disait Tempereur, commandent une teWe mesure ; et il promettait vaguement des indemnités aux princes dépouillés par cette usurpation nouvelle. Avec une semblable politique il n'y avait plus en Europe sécurité pour aucun sbuveraîn, garantie pour aucun traité; Napoléon se précipitait sur une pente fatale : il fallait ou que la France fftt vaincue par l'Europe, ou que l'Europe tout entière devînt France. Une ambition sans mesure condamnait l'empereur à combattre sans cesse la ligue des dynasties, des peuples, du sacerdoce et du commerce; et lorsqu'il crut avoir tout gagné à ses vues, parce qu'il voyait tout soumis, il se trouva qu'il avait semé partout des germes d'une opposition qui devait éclater d'une manière terrible au jour des premiers revers.
Entre tous les souverains de l'Europe, c'était Alexandre Refroidisdont Talliance importait le plus à Napoléon : ce prince en J^^^^^Sr effbt était à la fois le plus puissant par ses armées et le ^^f^'''' plbs difficile à soumettre, à cause de la situation géographique de son empire. Depuisiongtemps, pour maintenir la bonne intelligence entre lui et Napoléon, Alexandre avait eu à lutter contre les sdilcitations du gouvernement anglais
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376 QUATfilàMB BPOQOS*
et de ses ancleos alliés da oôntinent, et à combattre l'aristoeratie russe, qui depuis Tadhésion du czar au système contineutal ne trouvait plus dé débouchés pour les produits de ses terres. Alexandre avait obtenu la Finlande, la Moldavie et la Valachie, si longtemps convoitées; il aurait voulu encore que Tempereur des Français se prononçât d'une manière formelle contre toute éventualité d'un rétablissement futur du royaume de Pologne; il se plaignait déjà du refus de Napoléon, lorsque la séuatus-oonsulte du 13 décembre 1810 ajouta un grief sérieux à de premiers sujets de plainte. Parmi les princes dépossédés se trouvait le duc d'Oldenbourg, son beau-frère. Alexandre vit dans le décret qui dépouillait violemment un membre de sa fa* mille un affront à sa personne; il prêta l'oreille à ceux de ses proches et de ses courtisans qui Texcitaient le plus vivement contre la France, et répondit le 31 décembre au sénatuS'Consulte du 13 par un ukase commercial qui fermait la Russie à un grand nombre de produits français, et ouvrait ses ports aux produits coloniaux de l'Angleterre sous pavillons neutres : de nouvelles levées furent ordonnées dans ses États, ses armées se rapprochèrent du Nié* men^ et l'Europe fut dans l'attente de nouveaux et sinistres événements.
NaiKsan* Cependant la destinée réservait encore une éclatante et &t Rome, dernière faveur à Napoléon : il eut un fils en mars 1811^ ""• et la naissance de cet enfant, proclamé roi de Rome au berceau, parut, en lui assurant un successeur, avoir consolidésa fortune. Mais déjà l'orage dont l'ukase du 31 décembre fut le signe précurseur grondait à l'Occident Napoléon avait en vain invité Alexandre à rapporter ce décret : il vit avec inquiétude la frontière russe se couvrir de troupes ; et, fidèle à son habitude de prévenir toujours les desseins hos-
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LIVBl III, GBAPITRI III. 377
tiles de se$ rivaax, il se tint prêt à combattre, concentra ses légions eu Pologne, et se rendit à Dresde, sous prétexte congi^ de s'y réunir en congrès aux autres souverains, et en réa- ^lau. lité pour surveiller mieux les mouvements militaires et se rapprocher de ses armées. Les empereurs de Russie et d'Autriche, le roi de Prusse et un grand nombre de princes souverains de l'Europe se rendirent à Dresde auprès de Napoléon; là, au faite de sa puissance, Jl goûta encore une fois le triomphe le plus doux à l'orgueil : il vit des rois parmi ses courtisans, et plusieurs tètes couronnées s'Incliner devant la sienne; mais il échoua dans tous ses efforts pour rattacher Alexandre à son système, qui fut également repoussé par la Suède.
Bientôt l'Angleterre, la Russie, la Suède, l'Espagne et stxi^e le Portugal formèrent contre la France une sixième confé- •>*<• * aération. Napoléon pour la combattre s'appuyait sur l'Italie , la Pologne, l'Allemagne, l'Autriche et la Prusse ; les deux premières de ces nations , la Pologne surtout , qui attendait de lui son rétablissement , suivaient ses aigles avec enthousiasme; les trois autres étaient entraînées malgré elles à leur suite. « Les Russes , dit Napoléon , les Russes , « que nous avons toujours vaincus, prennent un ton de « vainqueurs; il nous provoquent.... Acceptons comme N une faveur l'occasion qui nous/atï violence, et passons <i le Niémen. » Le 22 Juin , dans une proclamation à son armée, il reproduit le nom d'un État effacé de la carte d'Europe ; car il a éprouvé la bravoure du peuple de cette contrée , et il a besoin de lui désormais comme avantgarde et comme barrière contre le colosse russe. « Soldats, » dit-il, la seconde guerre de Pologne est commencée. La « première s'est terminée à Friediand et à Tilsit ; à Tilsit « la Russie a juré une éternelle alliance à la France et la
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378 QU&TBIÉMB itW^m.
« gtierre- à rAngieterre; eHe' viole anjoordlitif ses ser- » meiits.... La Russie est entintoée par la fetaMté ; ses des- « tins doivent s'accompH^. » Cesfà Nà|Krtéon, plus qu'aux Rosses, qo*il convient d'appliquer ces dernières paroles; la fatalité l'avevgle , et c'est lui qu'elle entraine à t'aceompHBsemeot de ses destinées.
cam I^'e 25 juin , l'empereur entre enr campagne à la tête de ^Mie.*^ qufl^re cent mîFle soldats ; il passe le Niémen avec la moi-
Passage
,.du tié de ses forces, et le 28 il entre à Wilna; là^ par une
Niémen. ' 7 * r
^J^f^ dernière lettre, Alexandre TfAvitc à la paix, et offre èe maintenir leur ailianee si les troupes françaises évacuent le territoire russe ; mais no pas rétrograde serait une tomilfation aux yeux de Napoléon : il refuse, et s'arrête dix-sept jours à Wilna , ééfêA fatal à ses^ armes. Cependant la diète du duché de Varsovie prodarae le rétablissement de la
Députa- Pologne et l'affranchissement de la nation. Une députation
«on de la ° , "^
vifraoAe ^'^^^^^ auprès de rempereurle supplie de déclarer que la ^ ÎXn°" Po^^^gne existe : Napoléon hésite; une partie des ancimnes provinces polonaises est incorporée à l'Autriche et à la Prusse, et maintenant la Prusse et l'Autriche fbnt' cause commune avec la France. Reconnaître l'existence et lindépendance de la nation polonaise , cf.est répandre le feu de l'insurrection jâans les provinces iiworporées ; peut-être cédera-t>iLplus tard aux vœux de la dtète, maintenant son devoir est cb s'abstenir^ et il répond de manière à ne point Batailles donucT d'ombrago à ses alliés. L'empereur poursuit sa slSoiicn^k "^""^^i ^ ** arrive à Witepsk après un glorieux combat; vt'iouli- 1'^'"*^ ennemie se retire devant lui , sous le commune "«;,^J"' ment deBarelay de Tolly ; une sanglante balaiHe se Kvre devant Smolensk, qui est abandonné aux flammes; les Russes reculent , Napoléon marche en avant. Valootina est témoin d'une action meurtrière ; mais la désobéissanœ^'on
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LIVflB'IIi: CHAPITRB III. 31^9
de9 !teutenante iâë Napoléon saDve l'armée emiemte d*ttiie destraetioB totale; elle recak' encore, et les Frawfais là soivent.
L^armée française* arrive eoflD, le 5 sepfemtte, dans les champs de Borodino, à quelques lieues de MOseon, près des bords delà Moskowa, et découvre en face toute rarméerusse, dont le -vieux KutUsef a pris le commandement. Une bataille générale est résolue pour le surlendemain, et dans la matinée de ce jour mémorairte Napoléon , sortant de sa tente, dît à ses officiers : Voilà un beau soleil^ &est le sffleil cTAustêrlitz! puis, dans une proclamation à ses soldats, il leur dit : « Yollè la bataille que vous avez tant « désirée ; conduisez- vous comme à AnsterHtz, à Friediand, « à Witepsk, àSmolensk, et que la postérité la plus recu- « lée cite avec orgueil votre conduite dans cette journée ; « que Ton dise de vous: Il était à cettegrande bataille dans « les plainesde Moscou! » L'action s'engage presque aussi- i^tame tèt, elle est terrible; Ney, Murât, Eugène, Davoust, Gé- **y®*^j;^rard, Poniatowski, font des prodiges d'héroïsme : Auguste *•** Gaulaincourt est frappé à mort en s'emparant au galop, à la tête de ses cuirassiers , d'une redoute formidable ; les Russes fléchissent enfin, après la lutte la plus acharnée. Napoléon retient sa garde, et laisse échapper Tennemi , qu'il pouvait écraser : vingt-deux mille Français et cinquante mil le Russes sont tués ou blessés dans cette journée meurtrière ; un grand nombre de nos généraux ont perdu la vie, mais la victoire nous reste, et le maréchal Ney est proclamé prince de la Moskovra sur le champ de bataille. Un nouveau combat se livre à Mojaïsk , à une demi-lieue de Moscou ; les Russes sont encore vaincus, et leur armée n'entre dans cette ancienne capitale de leur empire que pour Tabandonner. Des hauteurs du mont du Salut, qui domine Moscou,
380 QUATllftlIB ^POQUB.
les Français aperçoivent cette ville fainense, ro<4tié asiatique, moitié européenne, avec ses huit cents églises, ses mille clochers, ses coupoles dorées, qui étincellent au soleil : à cette vue nos soldats sont saisis d'étonnement et d'admiration : Moscou I Moscou 1 s'écrieot-ils, et Napoléon cède un moment à cet enthousiasme ; un éclair de joie illumine son front, un cri de bonheur lui échappe : Moscou! voilà le prix de tant de travaux glorieux , le terme de tant de fatigues ! On arrive enfin : les Français pénètrent dans les rues silencieuses de la ville immense , et s'étonnent de la solitude'qu'ils rencontrent ; ses murs sont déserts, leurs ha. bitants les ont évacués. Napoléon entre sans résistance dans la citadelle du Kremlin. Moscou, dans sa pensée, sera le terme des fatigues et des souffrances de son armée : il y trouve d'immenses ressources; c'est là qu'il établira ses inoendie quartiers d'hiver, et il jouit en espoir de sa conquête. Mais eoo?~ pendant la nuit un affreux incendie éclate. Rostopchin, itis. gouverneur de la ville, s'était décidé, en l'évacuant, à un immense sacrifice pour sauver sa patrie : la Russie est perdue si les Français trouvent un refiige dans Moscon ; à un signal convenu , et sur Tordre dé Rostopchin , des forçats se répandent dans la ville, la flamme à la main, et mettent le feu en mille endroits. Moscou embrasé s'écroule, et n'est bientôt plus qu'un vaste monceau de cendres et de débris. L'hiver approche, et les Français n'ont plus d'asile contre ses rigueurs. Napoléon se flatte encore de l'espérance de la paix; Alexandre prolonge à dessein les négociations, pour endormir son ennemi dans les ruines de Moscou, tandis qu'il signe un traité à Bucharest, avec le sultan Mahmoud, successeur de Sélim, égorgé par les janissaires; ce traité rendait toutes les forces de la Russie disponibles Retraite contrc la France. Tout est rompu enfin ; Napoléon ordonne
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LIVBB III. CUAPITBS III. 381
la retraite, et quitte la \ilie à ia tête de ceot mille combat- deRoMfe. taots, après quarante jours dluutile attente. « Votre guerre « est finie 9 avait dit le vieux Kutusof aux Français» et la « nôtre commence. » L'hiver arriva subitement avec une rigueur peu commune, même au cœur de la Russie. Nos soldats y que le froid paralyse, sont poursuivis et harcelés dans leur retraite par d*innombrables ennemis, et couvrent les routes de leurs cadavres glacés. Cependant l'armée marche en assez bon ordre jusqu'à la Bérésina, qu'elle doit traverser en présence du Kutusof , de Wittgenstein » de Tchitchagof et de leurs trois armées, qui occupent et défendent tous les passages. Le fleuve est dégelé , il charie; il faut construire des ponts sous le feu de l'ennemi et se battre sans relâche. Victor et Reggio protègent le passage : là sont encore accomplis des prodiges d'héroïsme ; mais nos forces, trop inférieures, fléchissent sur la rive droite devant l'armée de Wittgenstein ; une batterie russe foudroie Pansage les ponts, et bat en brèche un mur vivant formé d'une Bér6»ioa.' masse compacte de tratneurs et de malheureux désarmés qui encombrent le passage. Victor fait enfin reculer cette terrible batterie; mais lui-même, enveioppéde tot^tes parts, est presque écrasé ; alors s'élancent à la tête de la cavalerie Fournier et Latour-Maubourg : ils enfoncent le centre ennemi , et dégagent Victor. Cependant les ponts sont obstrués par une innombrable multitude de soldats de toute arme et un matériel immense ; ils cèdent , et la Bérésina engloutit des milliers d'hommes dans ses flots. Enfin, après des efforts inouïs, l'armée franchit cette redoutable barrière; mais l'énergie morale de la plupart de nos soldats est abattue comme leurs forces physiques : le froid sévit de nouveau avec fureur, et la retraite n'est plus qu'une vaste et effroyable déroute.
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302 QUATAISMB iMOqVE.
^tt^dS' PA'^^fiit re&té Wïgt et QD jours sans nouvelles à» ÏAmffîf/ pereur .et lie la gcande arxnée ; et uu.prisouoiery le géoé- ?8?f^ rai Maliet, sippposaut dans cette capitale la mort àe JNapoléoa, avait été sur le .point d'y susipendresoa gouveroejDent. Xi'fivipereur comprend ^ue s^ présence est indlspoi- .sableii Paris pour d^oœr les complots .et créer de nonveUes ressources militaires* Il quitte le 5 décembre smi armée défaillant^, dont il donne le commandement au roî de Naple», et qui arrive, dénuée de tout , à Wilna. Ney cherche à la oanimer par son héroïque exemple ; il pr^- 4igue sa vie pour elle, et se retire le dernier, foiawitifoce à Teimemi tour à tour comme soidat et comme ^néral. oéfec- Mais avec nos revers les défections commencent. Lès Pru&siens, qui couvraient la droite de l'armée française «tn retraite, abandonnent Maodonald à Tilsit ; les Autrichtois, commandés par Schwartzenberg, suivent cet exemple, traitent avec Tennemî, et laissent notre gauche à découvert; Murât lui-même, chef de l'armée, abandonne son poste, et déserte. Eugène prend le commandement, et rétablit Tordre. La France a £ait un nouvel effort ; elle a donné encore une armée.à Napoléon, qui marche à sa tète à ia rencontre d'Eugène. L'Autriche, saisie de crainte, renouvelle ses protestations de fidélité , pendant que la Prusse traite à Kalish avec la Russie, et que l'ADgleterre, pcoa^ne d «'^'^^^^^ ^^ Norvègc à la Suède, obtient l'active coopéra- ^Jfl; tion de Bernadotte contre la France. Napoléon, menaeé ^de^iff' ^ toutes parts, retrouve à Lutzen, le 30 avril 1813, En- BlûtzeS -gène et ks débris de sa gcande armée : il remporte wtc \v urs- des conscrits , contre les vieilles troupes de l'Eunope , les "^ itis. brillantes victoires de Lutzen , 4e Bautzen et .de Wur^ ^°^^ chen ; puis il négocie de nouveau pour la paix. Un coognès jStaïïfj. s'quvre à Prague le 4 juin, et Napoléon accepte la média-
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LIVAB Ul« CAAPITBB III. 383
ti<m de l'Aiilricbe) qui demande que reai|iire français- soit restreint auRhin,auxAlpeset àlaMeuse. L'empereur hésite ; le congrès e^ suintement dissous sans résultat, et T Autriche déclare la guerre à la France. Les alliés ont cinq cent-mille hommes sous Schwartzenberg , filûcher et Beroadotte, prince royal de Suède ; Nopoléon n'a que trois cent mille soidats , formant onze corps d'armée , qui obéissent à Yandamme, Victor , Bertrand, Ney, Lauriston, Marmoint, Reynier, Poniatowski, Macdonald, Oudinot, Saint-Cyr ;la cavalerie est commandée par le roi de Naples , par Latour- MaubouTg, Sébastianl et Kellermann ; Mortier et Nansouty conduisent la garde : ces forces sont le dernier espoir de la France. Partout où Napoléon combat en personne, il est vainqueur; il livre bataille sous les murs de Dresde, et victoire triomphe; le général Moreau, son ancien rival degioire, ^^^^^^i esti)les$é à mort dans les rangs ennemis. Mais Yandamme *<>*^éprouve un échec terrible à Kulm ; il est fait prisonnier, et perd dix mille hommes. Les trois souverains , Alexandre, François et Frédéric- Guillaume, négocient à Tœplitz une triple alliance , et Tempereur d'Autriche donne lui-même convenrendez- vous dans le camp de son gendre , qu'il nomme l'en- Tœpim. nemi commun. Les armées alliées grossissent chaque jour ; «uiàncc. plusieurs combats malheureux se livrent à forces inégales : Oudinot est battu à Grosberen , Ney à Dennei^itz ; Macdo- Déraites nald , à la Katzbach ; le roi de Bavière déclare la guerre à Fraies. Napoléon, et les Français, cernés de toutes parts, se retirent sur Leipsick. L'empereur subissait ainsi les funestes conséquences de son système oppresseur : victorieux, l'Europe, comprimée parla crainte, s'était tue quelque temps devant lui; vaincu, toutes les classes dont il avait blessé les préjugés ou les intérêts se révoltaient en masse, et se disposaient à l'écraser.
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Batattie Une bataille meurtrière s'engage sons les murs de Leip- Leipsick. sick : cent trente mille Français y luttent contre trois cent itis. mille ennemis ; ils sont abandonnés et trahis par les Saxons, dont le vieux roi demeure seul ûdèle à la France. Cette défection compromet le salut de Farmée : Napoléon ordonne la retraite, qui s'effectue par l'unique pont de TËIster. Tout à coup un ordre, mal compris et trop tôt exécuté, fait sauter le pont avant que l'armée ait achevé son passage : ce désastre décide du sort de la campagne. Vingt mille hommes sont faits prisonniers, deux cents pièces de canon et un matériel immense tombent au pouvoir des alliés; une multitude de braves et l'héroïque Poniato^ski trouvent la mort dans les flots. Napoléon , poursuivi par l'ennemi, Tarréte encore une fois, et le culbute au glorieux combat d'Hanau; puis il établit son armée sur le Bhin, tandis que les alliés prennent leurs cantonnements en face, et choisissent Francfort pour leur quartier général. Ujj"«|î L'Espagne, à cette époque, nous avait échappé sans red«f" ^^^^' H^txiTi grandes batailles perdues, celle des Arapyles ^^T^- par Marmont en i 812, et celle de Vittoria par le roi Jo-
aui
Vittoria. seph en 1813, portaient Wellington sur les Pyrénées;
"""*'**' Soult, nommé depuis lors commandant en chef dans la Péninsule, avait soutenu la guerre à la tête de soixante mille hommes contre des forces trop supérieures, et l'empereur à la fin de 1813 ne possédait plus en Espagne que le petit port de Santona. Eugène se maintenait avec peine en Italie, tandis que Murât lui-même se tournait contre Napoléon.
La France se voyait menacée dans ses anciennes limites, comme en 1789 ; mais sa population n'avait plus cet élan, cet enthousiasme qui sufftrent alors pour affranchir son territoire : tous ceux qui avaient applaudi ou consenti à
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LIYAB 111. CHAPiT«fi UI. 98â
râévatiOD de Napoléon $e, séparaient do lui : les conscriptions, le blocus, les droits-réunis , étaient devenus intolérables au peuple. Bonaparte aimait la France; mais au temps de ses plus bautes prospérités il avait abusé d'elle et méconnu ses voeux : au jour des disgrâces la France s'é* loigpa de lui. A la, fia de 18i3 il fit des préparatifs pour une nouvelle campagne : le sénat, toujours docile, lui avait accordé trois cent mille hommes ; le corps législatif osa pour la première fois résister. M. Laine fit au nom d'une com- Résistanmission choisie par ce corps un rapport très-hostile à la l^f^\ marche du gouvernement , et demanda Tabandon des con- '^\Vi3. quêtes et le rétablissement de la liberté. Une adresse à Tempereur fut votée dans le sens de ce rapport à une trèsgrande majorité. Napoléon , irrité de cette opposition inattendue et dangereuse en face de Tennemi , fit fermer les portes du Corps législatif^ ordonna sa dissolution, et le congédia lui-même avec des paroles hautaines et courroucées. Dès lors commencèrent les défections intérieures , et l'Europe comprit par cet imprudent éclat de Napoléon que la France ne faisait plus , d'une manière indissoluble, cause commune avec lui.
Toute la population virile de Test est appelée sous les armes ; trente mille hommeç de la garde nationale de Paris sont mis en activité f les dernières ressources de la nation campasont employées. Marie-Louise est déclarée régente^ et Na- i^rfad. poléon entre en campagne le 25 janvier, après avoir confié le commandement de la capitale à son frère Joseph. Les Anglais s'avancent au sud '^ cent cinquante mille hommes, sous Schwartzenberg, débouchent en France par la Suisse ; cent trente mille Prussiens , commandés par Biucher , arrivent de Francfort; enfin, cent mille Suédois et Allemands pénètrent en Bel^que sous Bernadotte : le général
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Maismi au nord, AQgeremi à Lyon, Soalt aux Pyrénées, sont chargés d'arrêter l'ennemi; rémperenr marche en Gwmpagne contre Schifartzenberg et Btfkeher, tnn^ qn'Engène Itrtte eneore en ftelie , et qu'un congrès ocrvfe cooRTès des confêrenees pour la pân à Châtiikm. Napoléon, m mon' présence de tant de périls, retrouve les pli» brdlaiita ' inspirations de son génie, et redouble d*audace et d'activité : jamais il ne fût plus pmfond dans ses combinaisons stratégiques, ou plus habile à les exécuter; peu s'en làut qu'il ne détruise lès deux plus formidables armées e^ne^viotoires mies ctt Ics isolant et les attaquant tour à tour : il écrase
de Na-
poj^n *Blûcher à Champ- Aubert, à Montmirail, à Château^ àMoit- Thierry ; puis il se jette sur les Autrichiens de Schwartzen- "MonVe-^ berg, et les culbute à Nangis et à Montcreau. Ce sont eiH Pév!m4. cote les prodiges de la campagne d'Italie; mais la gloire et l'éclat de ces nouveaux triomphes sont les clartés viv«B et trompeuses du flambeau qui va s'éteindre. Ces merveil^ leux succès deviennent funestes à Napoléon par la confiance qu'ils loi donnent; il ne peut se résoudre encore à accepter les propositions des alliés , et consentir que la France rentre dans ses anciennes Kmftes r il révoque les pleins pouvoirs qu'il a donnés au duc de Yicenee pour conclure la paix à ChAtfllbn« Mais Pennemi trioflffpbe partout où Napoléon n'est pas : les Anglais entrent dans Bordeaux, qui se prononœ pour les Boutbons ; les Autrt-* diicns occupent Lyon, et les alliés marchent de concert sur PaHs. Napoléon alors souscrit aux denutudes du ma* gr^ : ii est trop^ \éTà; les conférences sont rompues. Jo* seph a reçu Pordre de défendre Paris jusqu'à la dernière extrémité; rempereur compte sur lui, et eonçoit ranidacieux projet de fermer la retraite aux Mes , en se portant rapidement derrière eux à Sidnt-BiEler. Cette marche l«f
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ftitt pitâfd uB teittpsr {Hréefeox; vtm^ parr «116 Napolém,
È*i\ tàt été secondé, pouvait saaver sa (stHirotiûe. Les deux Marche
combinée
grandes arméei^etiAétiitesofft Opéré lew Jonction, ets'ap- ^^^S:* procfaent de la capitak ; il fellait Fa défendre Jtfsqn'à i'arrî- J^^pfjg tée de rempereur pour assorer fe suecès de ses halriles ma* oœavres : des conseils timides assiègent toi régente Marie^ Louise, et t'exhortent à se retirer scrr la Loire; en vain Tàlffeyrand! et Montaltvet expriment «û avis cotirageux, ot représeniletit à l*impératriee que te salut de fa France est defns Paris; eo vain le roi de Rome, âgé de trois ans, unit sa voix enfantine à celle de ces sages consdilers, et s'écrie avec larmes, comme inspiré par un douloureux presseoCilnent, qu^il veut rester â Paris. La peur est seule éeocrtée : Marie* Louise quitte là capifate, et transporte la régence à Blois. Cependant Napoléon retient sur Paris â sataïue iMairehesfbrcées, il approclie; il n^est plus temps. Les ma- somars réehaux Marmont et Mortier ont Hvré le 30 mars une glorieuse bataltle sous les murs de la ville, avec vingt noMie hommes, contre toutes les^ forces des ennemis; mais Hs ignorent que Tempereur est à queiqties marches. Joseph ordonne de capituler ; H abandonne son poste, part capitulapoor Orléans, et les troupes alliées sont reçues le 31 mars PaV^ dans Paris. Napoléon accourait au secours de la capitale, *^**^ lorsqte le 1" avril il reçoit cette terrible nouvelle : il se rej^ie aussitôt sur Fontainebleau, où son armée prend position. Là il apprend que le sénat, jadis coupable à son ^nrd de tant d*adulation, l'a proclamé tyran, et que, oéciaradirigé par Tatleyrand , il a déclaré « Napoléon déchu du ^nat - ti-ône, le drott dliérédfté aboli dans sa famille, le peu- Jpl^jf;, * 1^ français et l'armée déliés envers îui du serment de ^^'^' «riMéHté.»
• L'enaperevr, à la téie de eittquante mflfe hommes que la
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Sgg QUAIllàMB âPOQUB.
coalition n'a pu vaincre, et occapant sur les derrières 4e l'ennemi une position formidable, est encore en mesure de résister; il peut rejoindre les armées du vice-roi, d'Augereau et de Soult; il songe, tantôt à manœuvrer autour de ^aris, tantôt à marcher sur la Loire ; mais autour de lui règne ud silence précurseur des défections : la lassitude de la guerre ou la trahison a détaché de lui un grand nombre de généraux. Ceux qu'il a le plus comblés d'honneurs et de richesses veulent jouir, après tant de fatigues, du sort qu'il leur a fait : Napoléon devine leurs secrets sentiments, et se résigne à abdiquer; mais il dictera les conditions de sa déchéance, et son fils héritera de sa couronne. Il envoie pour plénipotentiaires aux souverains alliés trois hommes d'une fidélité à toute épreuve, Ney, Macdonald et Gaulaiooourt, duc de Vicence ; il leur adjoint Mar* mont, duc de Eaguse, son ancien aide de camp, dont il disait : C est mon enfant, élevé sous ma tente ^ et à qui il a confié le poste avancé d'Essonne, par lequel Fontaine- Défection hleau est couvert ; etMarmout, déjà, trcdtaitavèc Schwarti^nt,âuc zenberg, alléguant pour prétexte que l'armée était déliée ^^ par le sénat du. serment de fidélité envers l'empereur. La défection de Eaguse et de son corps dicte la réponse d'Alexandre aux plénipotentiaires; il prononce l'abdication absolue de Napoléon ; et le jour même, 6 avril, le gouvernement proyisoire et le sénat aillent au trône Louis-Stanislas-Xavier, frère de Louis XVI, et publies^ une constitution nouvelle, dont raeeeptatlon sera la condition de l'avènement de ce prince à la couronne.
L'empereur, trahi par Marmont, abandonné par un grand nombre d'anpi^s compagnons de sa fortune, songe à quitter la vie, et veut se soustraire par un suicide à r<Migation de>igner sa déchéance et celle de ses descendants.
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Mais le poison qu'il emploie, et qu'il portait sur lui depuis Moscou, est sans force : le temps a amorti sou venin ; un long assoupissement dissipe les douleurs, et efface les symptômes d'une mort prochaine. On dit qu'en s'éveillant Napoléon, étonné de vivre, demeura quelques instants pensif: « Dieu ne le veut pas! » s'éeria-t-il ; et, s'abandonnant à la Providence, il se soumit à ses nouvelles destinées ^
Dès lors il ne résiste phis, et signe le 11 avril à Fon- ^leitalnebleau le traité qui le déclare déchu , ainsi que ses ^^^l^ ^€tescendants,du trône de France. Cet acte est ainsi conçu: ***** (c Les puissances alliées ayant proclamé que l'empereur « était le seul obstacle au rétablissement de la paix en « Europe, l'empereur Napoléon , fidèle à son serment, dé- « clare qu'il renonce, pour lui et ses héritiers, aux cou- « ronnes de France et d'Italie, et qu'il n'est aucun sacri- « fice personnel, même celui de la vie, qu'il ne soit prêt à. « faire dans l'intérêt de la France. »
Cette abdication et la déclaration du sénat n'étaient pas encore parvenues aux armées du midi lorsque celle des Pyrénées, après la bataille d'Orthez, livrée le 16 février, se montra encore une fois digne de son glorieux drapeau et de son illustre capitaine, Soult, duc de Dalmatie. Cette petite armée, forte de trente mille hommes , s'était retirée jatoiue sous les murs de Toulouse, en présence de quatre- vingt jj^îîîii mille Anglais, Portugais et Espagnols, commandés par '**^ Wellington. Quinze jours suffirent à nos soldats pour former un vaste camp retranché autour de la ville et sous les yeux de l'ennemi. Wellington, le 10 avril , ordonna l'attaque : ses troupes, repoussées d'abord de toutes parts,
' Manuscrit de 1814, par le baron Fain , secrétaire particulier de Napoléon.
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m jn^riieni FAYAotage qu'à la faveipr du BtmJbra ; uoe jetde rodovte ^ofiaba «n tour j^uvoii*; Ifiur porte fut de
saulemeot, «tia Doit eépairi^ 1m «.rioéoi.
Mais qu^ pouvait rb^rmque e(&r( dequelquaainiitors 4e eamiialitaiils l^lé» d« Jeiurs &èras d'arme»^ brsqoe 4^ le 4Êkfite av«tt pmeopoé ^VM^re leur «odporeMr? Le sfuer ifice était consommé, et le 20 avril, dans les murs dç Tmi- (dan palalf de FoiKUlQeblaaa, Napoiàm «e fépara de sa iurave aram. Sagvrde pr^id les araios^ eti;e 4rmig« en bataiUeduas la e^mr du pal9i9. I^'empereur traverse «4s^ «l^aiïtaipeota) et 4M4»v« sur «on i^asaage te duc de Baammy ifB» généraux Belltard et«,Foul€r, iebarw Fain^ aoa aacr^Mfa » et qudqiies f ffkMMrftAupérûsuni» dendera msÊe» de4a conr la plua nombr^uine H M V^ briUante de TEuh r«pieu II leur leod la maîA, dcaçe^d viviemeot i'eseaJMr^ et ^'svaofaiit vers sa gsyrde» U jet^be «• regard émi sur Adieuxde ces vieux guerriers, et hmrdtf: ; « SoMati de i»a vidlle
Napoléon
*M Krii*' • gitfte» je vous fato 0W» adieui^ ; dep^iis vmgt ans Je vous «•i4- n ai taroHvés eoastaiymiQnt mt le cheiniQ de la ^re* Jtes « ^ea derniers teo^s, e^maie dama oeax de mtre provpé- K rUé, voua n'aves ee^é 4'^e des ooodèies de Jbraifouve « et defidélM. Aveedet bemiae^ tels q«e voua, mtre «> cauae n'était |Afi|«rdue; mate la fuerre était Ifitonoâ- « nable: c'^tétéia gu<^rre«iviie, et la FraïKie n'en seaU(t « deveQHe'q«e plue malbeiireiise : j'aidpac sacrifié lotte « «09 intérêts à cmj^ de la peitrie, ja pars* Vous, mes aoili, « continues de servir la France; son bonbenr éitàit «Mm « nniqne pensée, ilscm loujowrsVol^t de «nés voeux 1 Ne <« f^lai^^a pas mon Aont; aï j'ai consenti à vous survivte , « c'est pour servir encore à votre gloire : je veux écrire « les grandes choses que nous avons faites ensemble»«»«».
LIYWI Uh CS4FITJI« 111. ^M
<< Adioa, mesaiiftiDUlj* V4>udr-«U vous pr«98«rtoa« sur <c Bio«cmir;qiie.j*MDbrasfteattfiiQiAs votredrapeaul......
A ec« iaot&, ie géaéral Petit, saisissaDt i'aJgle, s^ayance : MapoléenlMâte la drapeau ; ses soldata édateot mx sanglota : reflap«reiir»éBHi« fait un edart, «t reprooci d'uue voix pUia tdrme : « Adieu encore ute fols, mes vieux ooiapagiioiisl « Que ee dernier baiser paasedans vos cœurs! » U s'élanoe aiKsitôt da^s sa voiUire, et i^rt pour File d^GIbe, qui lui était aooardée eu toute sou veraîaeté par le traité de Fou* taMMeau, et où les généraux Sârtraud, Brouet, Gam^bronoe, et jquatne cents booMnos de sa garde suivent sa lortune.
Aiuf i tomba une preinièro fois ce colosee de puissance »«-
flexions
gii avait geuverné la France quatorze années, et vu pen^ r^ide ébttfc quelque temps le eontia^t tout entier soQoybi à ses ^'^^^^ lois. Il ne fut doiuié À aucun bomine d'atteindre à des des- V tinées plus éclataptes, et nul ne remua plus profondément , l'Europe : grand capitaine et grand bomme d'État, il \ donna par ses étonnantes victoires^ aux yeux des étrangers, un éclat merveilleux à la France; mais il fit plus pour elle par ses travaux pacifiques que par ses conquêtes : il rétablit l'ordre dans son sein, et c'est par le Gode civil, c'est par la réorganisation des pouvoirs judiciaires, c'est par la centralisation administrative qu'il lui imprima un grand caractère de force et d'unité, et la mit en état de ' .supporter sans se dissoudre les plus terribles secousses. Napoléon était doué d'une étonnante force de volonté; et j comme Louis XIV, aussi longtemps qu'il cbercba les ins- [ pirations de son génie dans les besoins et les vœux de la | nation, elles ne produisirent que des résultats beureux et ! durables. Mais son activité dévorante prenait sa source . dans une ambition sans mesure ; et il est digne de remarque
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89t QUATHIÈMB iM>Qt».
qae chaque fois que ses conceptions s'écartèrent da bot avoué par la morale ou indiqué par les véritables intérêts de la France, elles lui devinrent funestes à lui-même, et préparèrent ses disgrâces. Le supplice du duc d*Enghien souleva contre lui un cri d'indignation, comprimé d'abord par la crainte, mais qui devait trouver d'efÂrayants éebos au lourdes revers; l'usurpation perfide de la couronne d'Espagne ouvrit cette contrée aux Anglais , et coûta ses meilleurs soldats à l'empereur; le ^stème oppresseur du blocus le condamna à la nécessité fatale de vaincre toujours ; trop confiant enfin dans son génie et dans sa force , il s'isola de l'opinion publique, et s'abusa sur les ressources que lui offrirait la nation au temps de l'adversité. Au point où cette histoire est parvenue, Napoléon e^ tombé; mais son rêle n'est pas fini ; le géant se relèvera, et de sa seconde chute il ébranlera encore une fois le monde.
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UTBB IT. CH4PITBB I^ d93