‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 39 sur 65 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De la cbuie do intaislère Decazes à la mort de Louis XVni.

20 février 1820—16 septembre 1 824.

Trois monarques absolus^ Tempereur d'Autriche, le czar et le roi de Prusse, avaiait signé «a 1815 un trahé célèbre, sous le nom de la sainte alliance , par lequel ils s'enga- u Minte geaient à fonder leurs relations mutuelles sur les principes ^ ^ les plus sacrés du ehristianteme, et à n'avoir d'autre but dans leur politique que Fintérèt de leurs sujets, le maintiea de la religion, de la paix et de la Justice. Ce traité avait paru à la suite du congrès de Vienne, et son but réel était de comprimer l'esprit révolutionnaire qui se manifestait de toutes parts d'une manière effrayante pour l'ordre social. M. de Metternich , au nom de l'empereur d'Autriche, son maître, convoque pour cet objet à Carlsbad un congrès, où congrès assistent tous les membres de la confédération germanique, carisbad. et où lui-même exerce une influence souveraine. Ce congrès détruit les sociétés secrètes, et établit la censure dans toute l'Allemagne, sans tenir compte des constitutions dont jouissent le Wurtemberg , la Bavière, le pays de Bade et quelques autres États. Peu de mois après, les souverains du Nord se réunissent à Troppau , puis à Laybach, pour congrès se prononcer d'une manière décisive à l'égard des révolu- '^^^^ lions d'Espagne, de Portugal et de Naples. L'Autriche sur- îS^Si. tout redoute pour ses provinces d'Italie la contagion de rinsurrection napolitaine. Les dispositions libérales d'Alexandre ont subi un changement remarquable : M. de Metternich domine l'esprit du czar, et une expédition ar-

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484 QUAtluklIB ifêOjBM*

mée de rAutriche contre Naples est résolue : le vieux roî, Fertteaûd lY, s'est rendu auprès des souyerahis à Laybaoh, et presque aussitôt une armée autrichienne pénètre Bérobi- dans les Abruzzes. Les Piémontaîs saisissent cet Instant PMBont. pour s'iosuiger : un nouvement militaire éclate à Alexandrie, et la constitution des cortès est proclamée à Turin. Le roi de Sardaigne, Victor- Amédée , abdique sur-Iechamp en faveur de son frère Charles-Félix, qui accourt de M odèae à la téta de» troupe» antrichiennes : des corntgi^ bats sanglants s'engagent» rAutrkdte triomphe en PiéoKmt

^^^ comme à Napies : l'armée w^litaine, oommandée par Pépé, ûTvlmi:. ftv^t honteusement ppis la fuite au premier choc. Toute "*'* l'Italie fut aimi abattue soui une domination étrangère. Alexandre apprit alors rinsurrection des Grecs, dont le caractère n'avait ancun ra^^ avec celle des Napolitains ; il ne voulut cependant y reamaattre qu'un nouveau com* plot du carbonarisme, et cimdamna ses malheureux co* Désola, religionnaires. L'héroïque ville de SouU succombait devant j« Grèce, le féroce Ali-Pacha; l'Angleterre venait de vendre au bar* bare^ par un odieux traité, la cité de Parga ; et pour assouvir la vengeance du svltan Mahmoud quatre-vingts prêtres avec le vénérable patriarche de Constantlnople, et une multitude de Grecs , avaient péri dans cette capitale, tivrés à d'ignominieux sl^MPlices. Les klephtes des montagnes, les Grecs de la Moldavie et de la Yalaehie espèiwt en vain dans le cs^as, et eourent aux armes à la voix 4e Botzads, de Maurocordato, d'Ypsilanti; vaincus par le nombre , ils succombent presque tous : le brave Ypsilanti, après des actioni héro)^plea pour la croix et la liberté, touche le sol autriehien ; il est |eté dans les feri^ et n'en sort au haut de quatre ans qua pour mourir. Les souverains exécutaient ainsi m Europe les clauses

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LTY&B Vf. CHAflYll OI. 43^

da traité de lalâaiiite alUaoee, taodit que la Fr«iee rapportait avec doQl^ir les fatales eoiséqueBeef des éleetloiis de 1S19 et du tragique évéûemeat de féurkr 1S20. M. de fticheliea a^t soutenu et £ait adi^ter les projets de loi acci>8 da j^réseatés par M. Decazes, cl dont Taii suspendait ht H- mi^i^ berté iudividueUe, tandis qm l'autre rétabMssait la ecn- ^""^^ ^pre des journaux. En repoussait le premier i^Jet, le gé* nérai Foy fit entendre ces paroles éloquentes : « Faisons, « dit-il» que le profit d'une mort sublfnie ae soit pas perdu (t pour la maison royale et poinr la morale publique ; que la « postérité ne puisse pas nous reprocher qu'aux funéraiiles '( d'un Bourbon la liberté des citoyens fut immolée pour « servir d'héeatombe« » Ses efforts furent impuissftnfe ; les cban^Nres votèrent les deux k)is y ainsi qu'une troisième, Loi éi<>equi trammettait la haute influence, dans les élections, de Adïfpùton la classe moyenne à l'ariatooratie. Cette dernière loi éta- "^vote. ^

Uissait deux eoliéges, l'un d'arrondissement, où une imposition cte trois cents francs donnait le droit de voter; l'autre de département, où n'étaient admis que les imposés à mille francs; eeux-d votaient dai» Tm et l'autre collège. Le nombre des membres de la chambre des dépotés fut porté à cpiatrecent trente, dont deux cent soixante nommes par les cottéges d'arrondissement , et cent soixante et dix parkseoiléges dép^rtcmontaux. Cette toi, soutenue par M. de Serre mourant^ et vivement combattue par Laflayette, Camille Jordan, Eoyer-Collard et toute la gauche* fut adopttée as mffieu ^ sanglant émeutes. Ce fut sous et tels ansj^ces que, le 29 septembre, naquit le duc de Bordeaux , fils posthume du duc de Berri ; et la naissance Naissance de ce royal rejeton fut saluée comme le présage de longues Boraraox et glorieuses destinées prottrîses à la branche afnée des ««^ * Bourbons sur te trtee de France

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f 436 QUATHIÈMt BPOQUE.

. Les élections sniyantes , dans lesquelles les collèges de département firent lears choix nombreux , forent presque toutes favorables aux royalistes; et la majorité échappa aux modérés de ce parti, pour passer une seconde fois aux hommes de 1815. Trompé dans ses espérances, M. de Bichelieu se vît d>ligé d'admettre au conseil MM. de VîN lèle et Gorlnère, qui gouvernaient la droite de rassemblée : ceux-ci ne consentirent à faire partie du ministère que parce qu'ils ^ avaient reconnu la faiblesse, et ils se flattèrent de renverser son chef plus promptement en feignant de marcher de concert avec luié

Mort^ej Le grand capitaine qui avait vaincu en cinquante-deux 8 mai. batailles rangées et disposé des sceptres de l'onivers expirait alors à Sainte-Hélène, au milieu de quelques amis fidèles, emporté après plusieurs mois^'une douloureuse agonie , à la suite d'une captivité de six années : Napoléon descendait dans la t<Hnbe, atteint d'une maladie du foie, dont les progrès furent accélérés par l'influence d'un clicnat malsain, par les odieuses rigueurs de son geôlier sir Hudson Lowe , gouverneur de l'tle, et surtout par la dévorante activité d'un génie qui n'avait plus pour aliment que de poignants souvenirs , après avoir eu pour sphère d'action le monde entier. L'inflexible hi^ire doit dire que dans cette sphère immense , dont il s'était fait le centre , il rapporta trop souvent tout à lui-même. Napoléon méprisait l'humanité; la plupart des hommes n'offraient à ses yeux que des chiffres, dont la valeur était représentée par les services qu'il pouvait en attendre. Il aimait la gaerre comme un Joueur de profession se passionne pour le jeu où son habileté excelle; comme un joueur aussi, il risquait chaque Jour ce qu'il avait gagné la veille , et il dut s'acco*

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ser iQi-méme de la plupart de ses dii^âees. Le rétabtisse- I ment de l'ordre en Franee et les utiles créatioas de son gé« > niesontsesj^nsbeaox titres de gk>h»; mais la comparai- | son du bien qu'il a fait avec celui qu'il aurait pu faire I sera pour sa mémoire un grave sujet de reproche. Son am- ^ bition insatiable ouvrit deux fois son pays aux armées étrangères ; les calamités qui ont suivi ces invasions , et le sang de deux millions d'hommes versé sous son règne dans d'innombrables combats , l6nt appris à la France ce que coûte la gloire d'un conquérant. Tel était le prestige attaché à cet homme prodigieux, qu'à dix-huit cents lieues de l'Europe il la remplissait encore du bruit de son nom : sa puissante image apparaissait de loin sur son rocher so* litaire , au milieu de l'Océan, comme un objet perpétuel de terreur pour les uns, d'espérance pour les autres. Sa mort précipita plusieurs de ces derniers dans des entreprises coupables et désespérées, tandis qu'en délivrant leurs ad* versaires d'un salutaire effroi elle leur permit de s'aban* donner avec moins de réserve à des projets de réacticm impradente ou téméraire.

Dans le même temps une puissance occulte envahissait origine la cour, les chambres et toutes les branches de l'adminis- congréga-

tioxu

tration publique. Depuis dix ans des hommes d'une piété ^ncère, tels que le vicomte de Montmorency et l'abbé LegriS'Duval, avaient formé eu France une société influente, qui n'eut d'abord pour objet que l'accomplisse» ment des bonnes œuvres et des devoirs prescrits par une fervente dévotion. La restauration ouvrit le champ de la politique à cette société, qui, imbue de principes ultraroyalistes, devint 9 sous le patronage de MM. de Polignac et de Rivière, l'obstacle le plus redoutable aux ministères Decazes et Bichelieu. Généralement désignée sous le nom

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4ts , i[2VATtfàn tÊoqtm.

Jésuites, de cûngné§&têmy die s'ufiUia isx jésottes : ceux-ci» non Mteriiéià résiâer en Fmwe en qutlHé de membres de leur ordre, ^ ftNMtôrant pkisi^rs mafeeDt, ^ ils s'éta- Minnt soi» le iievi de Père$ de la foi. Ih comptaient de pvinMis Mrtieis jatqoe dans la fitmille royale, et LmIb X Vlil j SMailM d'Inataoees en leur ftmur, consentît à les tolérer , mds pourtant reconnaître knr exfstence comme légale. Dès lors lareHgion,8i sainte et si respectée lorsqu'elle n'agit fue dans un but sp^ituel et moral , fat mêlée à tous les intérêts de la politique et de TamMUon ; l'bypoerÉrie, si ftttate anx mœurs à la fin du r^e de Louis XIY , reparut sous celui de Louis XVIII et de son Mcœsseur : des actes extérieurs de dévotion pratiqués par des incrédules forent pour plusieurs un moyen d'arriver aux honneurs et à la fortune; le pouvoir, devenu quelquefi^ le prix d'une bassesse, perdit ainsi beaucoup de son autorité morale aux yeux du peuple ; et les Fraiiçids eurent le malbeur d'accuser la rellgi<m àss scandales de ceux qui i'outrag^ifenl en l'invoquant. Coalition La congrégation redoubla d'effî>rts contre le ministère nnx K Richelieu à Touverture de la session de 1821 . Les libéraux

fies ultra-

jjyj^ crurent alors devoir s'unir aux ultra-royalistes pour renffilueS verser le cabinet , daos Tespoir dangoreux que la majorité , ««««. arrivant à la direction d» affoires, périrait, comme en 1815 , par ses propres excès. L'adresse de la chambre , dirigée par des hommes de celte majorité, fut hostile et eflènsante pour le monarque; et M. de Richelieu ayant demandé de nouvelles rigueurs contre la presse, les royalties, dont riûtérét h plus pressant était de le vaincre, afTectèrent un sèle ardent pour la liberté qu'il attaquait et une grande homeur de la censure : semblables eu ceci^ à uti certain nombre de leurs adversaires, qui naguère

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trombles oomptaJsaots do despotisme impérial s'étaient déguisés à sa chute en intrépides défenseurs des libertés publiques. La position du ministère n*était plus tenable; et il se retira le 15 décembre 1821 , après vingt-trois mois d-existence.

Les membres les plus influents du nouveau cabinet Forma-

tton dn

forent M. de Peyronnet, garde des sceaux, M. de Villèie, '^g»'^ ministre des finances, et M. Corbière, ministre de Tin- «,Jff^ térieur; le vicomte Matthieu de Montmorency obtint le portefeuille des relations étrangères, et le due de Bellune celui de la guerre. M. de Villèie exerçait déjà une grande autorité dans le conseil, et ne tarda point à en devenir le chef. Sa fortune avait été rapide : il Joignait à une capa* cité remarquable une grande connaissance des affaires ; mais il n'avait ni les hautes vues de Fhomme d'État ni la force de caractère suffisante pour échapper à Finfluence de ceux dont il déplorait l'aveuglement ; en un mot, il essaya en vain de lutter, par la ruse et par la corruption, contre les sympathies et les entraînements politiques des classes moyennes. La congrégation comprit qu'elle dominerait malgré lui , et la nomination du pieux vicomte de Montmorency assurait son triomphe : ses affiliés obtinrent les principaux emplois et les postes éminents de chaque ministère. Dès lors fe gouvernement et la chambre des députés marchèrent d'accord à la contre-révolution. Un des premiers actes du ministère fut d'enlever au jury le jugement des délits de la presse , et de frapper celle-ci de deux mesures d'une extrême gravité : l'une faisait consister un délit dans la tendance politique d'une suite toi sur la d'articles, bien que chacun d^eux, pris isolément, ne fftt ^"m^* point susceptible d'être focatiminé; Fantre permettait, en cas de ciiconstances graves, de rétablir la censure:

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cette loi, présentée en 1822» fqt votée à une grande ma<f jorité,

^iSSJ" Cependant les sociétés secrètes s'oi^anlsaient de toutes tiSM: f^^^^ ®* *e carbonarisme étendait ses immenses ramifica^ wïÏÏm; *^<>û* ^»s 'e royaume ; par la création des ventes de di ver» ^S^À ^^^^ " son esprit dai^^ei^ox s'infiltrait rapidement au iSSS». sein des écoles et de l'armée, et déjà une conspiration avait été découverte en 1S20 dans deux l^ons qui tenaient garnison à Paris. Les prévenus, jugés par la cour des pairs, avaient été pour la plupart acquittés. Le capitaine Nantîl, auteur du complot, et condamné à mort, était en fuite. Des mouvements séditieux éclatèrent dans l'école de cavalerie de Saumor : ils furent réprimés j mais ils appelèrent sur ce point les espérances de conspirateurs téméraires. Le général Berton rassembla une troupe de jeunes gens, de soldats et de paysans mal armés , et se mit à leur tête en arborant le drapeau tricolore. Il surprit la ville de Thouars au nom de Napoléon II, et marcha sur Saumur, qu'il ne put emporter. Abandonné de la plupart des siens, il prit la fuite, et tomba bientôt dans un guet-apens. Vers le. même temps éclatait à Béfort une insurrection militaire promptement étouffée, tandis que le ministère prêtait la main aux coupables apprêts d'un piège dont l'ex-colonel Caron fut à Colmar l'imprudente victime. Deux escadrons, dans l'intention de découvrir ses complices, et de le com« promettre, sortent un soir de Colmar etdeNeuf-Brisach, conduits par des maréchaux des logis; des officiers déguisés sont dans leurs rangs : cette troupe parcourt les campagnes voisines, attire Caron et avec lui un maître d'équitation son ami, nommé Roger; elle marche sous

> Le mot vente, pris dans cette «ee€ptioB , signifie une section de société secrète.

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lexm ordres, boit avec eux; et lorsque ceux-ci ^ trompés par ces perfides dénumstratfoiis, poussent le cri de Vive l'empereur/ les soldats se Jettent sur leurs victimes, les garrottent, et les livrent aux autorités. Quelques jours après, Garon périt fusillé, et on fit sur la place publique une distribution de récompenses à six agents provocateurs du crime. Aucun fait plus que \% piège tendu à Caron n'a compromis le gouvernement de cette époque, et n'a disposé les esprits à chercher dans le ministère et dans la police la source et la provocation de tous les troubles.

L'année 1822 vit encore d'autres exécutions pour crimes politiques : Berton fut traduit devant la cour d'assises de Poitiers, et le procureur général Mangin désigna, sans les nommer, comme complices du général les députés les plus influents du côté gauche. Ses paroles soulevèrent dans la chambre d'orageuses discussions, qui, sans rien éclaircir, envenimèrent encore l'aulmosité des partis. Ber- * ton et deux de ses complices portèrent leurs têtes sur Téchafaud ; un troisième s'ouvrit les veines. Paris fut bientôt après le théâtre d'une scène affligeante : quatre jeunes sous-officiers en garnison à la Rochelle, convaincus de car- conspimbonarisme , et accuses de tentetives révolutionnaires, exci- ««nents

^ ' de la

tèrent l'intérêt public par leur âge et par leur fermeté : leur ^^^^^ projet coupable n'avait point été suivi d'exécution; ils fifrent pourtant condamnés à mort , et marchèrent à l'échafaud au milieu d'une population émue de pitié. C'est ainsi que le gouvernement de la restauration crut devoir encore une fois chercher contre des périls trop réels sa force et son salut dans de rigoureux châtiments* ^

Bientôt un nouveau congrès de souverains s'assembla conn^ . dans les murs de Vérone : là fut agitée l'importante ques- ration de la révolution d'Espagne. De grands désordres, ren*

sitoaHoD ém kdvifdiM» par la ftiiblesie et la perfidie de Ferdi- %]^e. Band VII, édati^ent dans la eapHalede eette contrée : des erimes atroces, et entre autres l'assassiDat da dianoine Vinoesa, a^afeot été eonmls, et eompronettaient ht cause révol«tk>iifiafre. En vain Morillo et Ballesleros essi^raie&t de contenir les hommes Tidoits et de rélafMfr le calme ; des combats sanglants s'étaient engagés entre ki mnltitode et les gardes royaux, et rappelèrent les scènes affreuses du 10 août : Ferdinand^ dont la vie était en péril , poussait, dit-on, la dissimutotion jusqu'à signer des arrêts de mort rendus contre ses trop fidèles et impuissants défenseurs. Cependant les moines , en partie ^tepouillés de leurs biens, soulevaient le peuple des provinces, organi- . saient des guérillas, et plusieurs chefe importmits dirigèrent un vaste mouvement contre-révolutionnaire dans la Catalogne. La fièvre jaune , qui désolait la capitale de cette province, avait déterminé le roi de France à établir un cordon de troupes sur la frontière des Pyrénées , sous prétexte de précautions sanitaires, et la présence de ces troupes, qui d*un moment à l'autre pouvaient devenir une armée d'invasion hostile aux cortès , entretenait les espérances de leurs implacables ennemis. Un trappiste fiimeuxy don Antonio Maragnon, avait formé une redoutable bande de guérillas, et marchait à leur tête dans la mêlée, le crucifix à la main. Il avait pris d'assaut la forte place de la Scu-d'Urgel : une régence y ftit établie, formée du marquis deMataflorida, du baron d'Éroles et de Tarchevéque de Tarragone; elle ouvrait des emprunts, et rendait des proclamations au nom du roi, qu'elle supposait captif. En peu de temps die se vit à la tète d'une armée de vingtcinq mille hommes, qui prit le nom d'armée de la Foi, s*empara de plusieurs places dans la Navarre et la Ca-

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talogne, et pénétra dans l'Âragon. Le général constittitionnel Mina la mît en déronte, reprft les places dont elle s'était saisie, et ne laissa ph» d'espoir aux royalistes que dans rintervention française. Tel était Tétat des choses en Espagne, lorsque s'ouvrit le congrès de Vérone.

MM. de Châteaubriabd et Matthieu de Montmorency représentaient la France à Véron#, pendant que M. de Vil- m. 4e vulèfe obtenait à Paris la présidence du conseil. Lord Wel- si^fTa lîngton était au congrès le représentant de l'Angleterre. Le *•»• suicide de lord Castelreagh et Télévation de M. Canning à la tête du ministère anglais faisaient pressentir que la politique extérieure de cette puissance allait subir de grandes modifications ; aussi, lorsque rintervention française en Espagne eut été proposée, lord Wellington s'y montra contraire, et fut soutenu par M. de Chateaubriand, dont alors M. de VîUèle approuvait la conduite ; mais la chambre voulait la guerre, et, par les soins de M. de Montmorency, elle devint inévitable. La contagion de la révolution espagnole sembhiit à redouter pow ta France , et surtout pour l'Italie, aux yeux des royalistes , de M. de Metternich et des trois souverains alliés; ils furent unanimement d'avis de |a réprimer. Les ambassadeurs de •Russie, d'Autriche et de Prusse quittèrent aussitôt Madrid; celui de France, le général Lagarde, ne fut point encore rappelé : M. de Chateaubriand avait remplacé M. de Montmorency ^aux affaires étrangères.

Le mouvement qui emportait le gouvernement français dans une voie contre-révolutionnaire triompha des dispo* sitions pacifiques de M. de Yiilèle. Louis XVIII, accablé par les infirmités et encore plus par l'âge, ne régnait déjà plus que de nom : Monsibue gouvernait, et désirait la guerre; la chambre des députés marchait d'accord avec

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444 QUATBlin iPOQUI.

lui, et signala son zèle par des violenecs dans la discussion qui s'ouvrit sur le vote des subsides pour l'expédition. Elle rejeta de son sein Manuel, député de la Vendée, iiomme très-hostile aux Bourbons, et qui prononça un discours où. la majorité crut reconnaître la justification du régicide : elle rinterrompiti et vota son expulsion de la chambre. Expui. Manuel déclara qu'il ne «iderait qu'à la force ; le président Manuel. Ravcz appela les gardes nationaux du poste, et le sergent Mercier, leur chef, s'étant refusé A exécuter l'arrêt, les gendarmes saisirent Manuel sur son banc, et l'entraînèrent hors de l'assemblée. Tout le côté gauche le suivit; ses. membres déclarèrent qu'ils se regardaient tous comme frappés et exclus dans la personne de Manuel.

Les crédits extraordinaires sollicités pour la campagne d'Espagne furent accordés , et dès lors la guerre parut inévitable : une armée nombreuse se rassemblait déjà sur la frontière des Pyrénées; le duc d'AngouIéme en prit le commandement à la fin de mars, ayant sous lui le gênécampa- rai Guillemiuot pour chef d'état*major. Rien n'était suffipagne, sammcut préparé à son arrivée^ ni pour les transports ni pour les subsistances; un banquier célèbre offrit de pourvoir à tout comme munitionnaire général, et le prince signa d'urgence, avec lui, des marchés onéreux, dans lesquels sa bonne foi fut indignement surprise. L'armée entra en campagne le 6 avril; et sur la frontière, au passage de la Bidassoa, elle rencontra^un bataillon de réfugiés, portant le drapeau tricolore : des Français compromis dans les conspirations militaires , et , entre autres, le capitaine Nantil et le colonel Fabvler, marchaient en tète : ils s'avancèrent au-devant de nos soldats pour fraterniser, au cri de Vive Vempereur! vive la France! Le général Valia dispersa le rassemblement à coups de canon, et le succès

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LIYBB iV. CHAPITBB UI. 444

de la campagne fut assuré. L'armée, en eUèt, (dléissait aux Oudiuot, aux Moncey, aux Molitor, andeiis héros de Tempire, et les guérillas espagnoles, si fatales à nos vieux bataillons, combattaient cette fois avec la France : la victoire ne pouvait être douteuse.

Bientôt nos colonnes furent aux partes de Madrid : les cortès avaient quitté cette capilale, emmenant avec eUes Ferdinand YII à Séville, puis à Cadix, après l'avoir dé* claré déchu du trône, comme atteint d'aliénation mentale. Cette mesure audacieuse et coupable pouvait prolonger la guerre : des négociations furent entamées avec les généraux constitutionnels modérés, tels que Ballesteros, Morillo, l'Âblsbal; et vers le même temps le prince généralissime ' forma, dans un esprit de conciliation , une régence espagnole à Madrid, sous la présidence du duc de Tlnfantado, avec rintention de Topposer aux membres de rancienne junte de la Seu-d'Urgel, dont la violence aveugle, excitée par le fanatisme de Tarmée de la Fol, menaçait l'Es* pagne de la réaction la plus sanglante. Cette armée et la> populace n'attendaient que l'arrivée de nos troupes pour se livrer à des actes d'une cruelle et bisse vengeance; les Français n*en permettaient pas l'exécution , et ils furent bientôt regardés avec haine et défiance, comme des ennemis par ceux même qu'ils étaient venus secourir. Ce fut dans le dessein de prévenir ces scènes de brigandage et de meurtre que le duc d'Angoulême rendit la célèbre ordon- ordonnance d'Andujar, qui défendait aux autorités espagnoles ^Knût de faire arrêter personne sans l'autorisation des officiers «>«>• français, et plaçait les éditeurs des feuilles périodiques sous la direction des commandants des troupes. Cette ordonnance était pleine de sagesse, et conforme en tout & la conduite du prince pendant cette campagne : elle Qt-

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446 <}U4TaIkMl BPOQOI.

AsDsa vlTeuMiit la régence de Madrid, et ne rendit pas les membres des oortès de Cadix plus traitables : cenx-ci, par- Mtement fnstrrrlts dn caractère de Ferdinand , n'eurent Mcnne confiance dans les promesses dn dnc d*Angoulême, qni s'engageait à obtenir pour ejxx, de leur roi, des institutions Iil>érale8; Ils rcg'etèrent tontes les propositions, qm le désespoir cependant aurait dû leur faire accepter. Nos soldats s'fllustrèrent alors par quelques beaux faits d'iarmes : ils attaquèrent les formidables batteries de nie ée Léon : le Trocadéro fat emporté, Cadix se soumit, et cet expidt eut pour résultat l'immédiate délirrance de Ferdinand VU.

Fin delà La guerro était flnic, les supplices commencèrent. Fer- J^-^ dfoand choisit ses ministres parmi les hommes les plus vfo- •i» lents et les plus exaltés; rexécutlon de Riégo signala son retour au trône, et l'intervention des Français en faveur des victimes fut impuissante : rien n'avait été prévu, en effet, an congrès de Vérone pour améliorer le sort de l'Espagne, en la préservant d'une réaction sanguinaire. Les frais immenses de la guerre demeurèrent à la charge de la France ; die recueillit pour tout fruit de cette campagne brillante et onéreuse llngratitude de ceux pour qui elle s'était imposé tant de sacrifices. Cependant tel est parmi nous le prestige qui s'attache toujours à la victoire, que dans les premiers moments qui suivirent le triomphe de nos armes en Espagne l'impression de ce succès fut très-favorable au parti ultra-royaliste, seul auteur de la guerre. Il remporta dans la plupart des élections partielles qui suivirent la campagne , et IT. de Villèle conçut la pensée d'asseoir sa puissance sur Faccord du ministère et d'une chambre élue pour sept ans, on septennale.

Outre l'opposition du côté gauche, il s'en était formé

UTSB IT« CBAPmiB III. 447

dâQ8 rassemble me antre, mua moins hosUle au minis- oonue

oppo8i~

tète, qu'elle aceosait âe tiédeur pour la cause royaliste : ^^^^ MM. âe la BonrâOQaayie el DelakH; ta dirigeaient avec ^rigueur : tooa detx, et fwrtout le premier, indépendants de rii^kienoe cte la coagrégaUcm , étaient iml>us didées plusaristoerati^ies encore que mmiarehiques , et demandaient qu'une liaute influmice dans la direction des affaires CM le partage de la grande propriété ; ils accusaient M. de Yiilèle avee ^violence de amn^s^r à cet égard à ses engagements antérieurs; et edui-ei espérait, en convoquant use diambre nouvelle «mis l'impression récente de la campagne d'Espagne , qu'elle serait toute dévouée à ses vues : il eomptait ainsi réduire h l'impuissance une double et fatigante opposition. Le roi et son conseil partagèrent l'avis du ministre : la chambre fut dissoute, et l'on disposa tout oissoiu-

, , . *ioû de la

pour une élection générale. chambre.

Bien ne fat ï^us scandaleux , plus funeste à l'autorité fej^^'JJ morale du gouvernement, que la manière dont les élections *'*^de 1824 furent ordonnées et accomplies. Des circulaires menacèrent les fonctionnaires de la destitution , s'ils ne soutenaient de toutes leurs forces tes choix ministériels : un grand nombre , pour répondre aux vœux du conseil , eurent recours à la fraude, et firent preuve de la plus basse servilité : tracasseries de toute espèce à l'égard des électeurs libéraux , radiation et inscription arbitraires sur la liste électorale, délivrance de fausses cartes, tous ces abus farent permis, tous furent encouragés, récompensés même par un ministère qui se faisait un Jeu de la corruption, qui ne comprenait point que l'ascendant moral est la première de toutes les influences qu'un gouvernement doive rechercher pour son propre avantage dans un État libre. Quelques hommes éminents prirent une part active à ces dé*

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44S QUATllàlCB BFOQOE.

mwt'di P'^^'^^Wes^mnoBuvres; et ua mandeme»! de M. le cardl- ^rdinai nal de Clermoût-Toaiierre , arehevéqiH» de Toaloiue , détJS^^. ^^^^^ ^^ bu^ où elles teodatent, en tràfaissant Tespoir et la ^'^ pensée intime du parti victorieaz. L'ardMsvéf«e réclamait les anciens privilèges de FEglise de France, la r^abilitation de toutes Tes fôtes solennelles , le droit du clergé td qu*il existait autrefois , et le rétablissement de i^UBieurs ordres religieux ; enfin , il exprimait le vœu que l'état civil fût remis entre les mains des prêtres. Ce mandement téméraire fut supprimé par le conseil d'État, d'après l'avis de M. Portails ;41 réveilla les anciennes querelles du clergé et de la magistrature ; et de ce Jour commença l'qppositicm des cours royales aux empiétements d'un parti trop ardent et aux exigences du cabinet.

Le résultat des élections dépassa les espérances des

royalistes : dix-neuf députés libéraux seulement furent élus ;

ils luttèrent avec talent et persévérance pour une cause qui

paraissait alors celle de la partie la plus considérable de la

nation en France.

septenna- La première loi proposée eut pour but de rendre la

mV. chambre septennale, au mépris de l'article de la charte,

qui déclarait formellement que les députés ne seraient élus

que pour cinq ans : l'objection fut écartée, sous prétexte

que cette disposition n'était point fondamentale , et les

deux chambres adoptèrent la septennalité. M. de Yillèle

Projet de présenta ensuite l'important projet de la conversion des

conver- » •»

ston des rentes, qui tendait à convertir l'intérêt des rentes cinq pour cent, qui s'élevait à cent quarante millions , en trois pour cent, au taux de soixante-quinze francs : des banquiers s'étaient engagés à fournir au trésor les fonds nécessaires pour rembourser au pair ceux des porteurs de rentes cinq pour cent qui ne consentiraient pas à l'échange proposé. Ce

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projet, atile ao gouvernement, mais cpii blettait les intérêts de la classe nombreuse des rentiers» souleva de vio« lents orages , quoique sa conception parût être étrangère 4 toute pensée politique. La chambre des députés l'adopta : il fut rejeté par la chambre des pairs, et l'opposition tadta de M. de Chateaubriand eut de Tinfluence sur ce vote. M« de Yillèle solHcita sur-Ie-chmnp la destitution de son collège ; il l'obtint^ et par ce coup violent il hâta sa propre R<>nvo( chute. Un certain nombre de députés influents, amis du ^^^^^^3ministre disgracié, et qui se disaient dévoués à la charte '"^^^ ***** comme au roi , se jetèrent dans Topposition , et formèrent sci^uon le noyau d un nouveau parti constitutionnel royaliste, que ^Jll^^ les partisans de l'absolutisme désignèrent sous le nom de '*'**• parti de la défection. Le Journal des Débats fut le puissant organe de cette fraction de la chambre, et commença aussi* tôt contre le cabinet une polémique ardente et implacable* M. Hyde de Neuville, ambassadeur à Lisbonne, tint à cette époque une conduite hardie à la suite d'une émeute contre-révolutionnaire. Le 30 avril l'infant don Miguel, souièfesoutenu par la reine- mère, s'était mis dans cette capitale ^^^f^'à la tète des troupes, et retenait le roi Jean YI , son père , prisonnier dans son propre palais. Il avait fait jeter dans les prisons plusieurs ministres et un grand nombre de personnages éminents, annonçant hautement l'intention de rendre à l'autorité royale ses anciennes prérogatives. M. Hyde de Neuville s'entendit avec l'ambassadeur d'Angleterre, et, de concert avec lui, il entraîna Jean VI sur un vaisseau anglais mouillé dans le Tage, et d'où le roi, libre sous la protection do pavillon britannique, réus-* sit à soumettre les séditieux et à ressaisir le pouvoir. Don Miguel fut éloigné du Portugal ; et Jean VI, d'apràs l'avki de l'ambassadeur anglais, Invoqua le casusfcsderis, et

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4S# QlTântiltB iPOQITS.

demanda des woonrs à rAngteterre pour eonsollder son trtae. Six miBe HanoTriens reçurent anssit6t Tordre de se tenir prêts à passer ea Portngal ; M. Hyde de Neotille eoeounit , par sa| conduite , la censure da parti royaliste, et Ton reconnut, dans cette circonstance surtoat, les diffienités extrêmes de la situation : la presse libérale blâmait avec force la toidance contre-révolutionnaire du gouvernement , tandis que les journaux du parti opposé accusaient amèrement sa lenteur à remplir toutes ses promesses , et taxaient sa conduite de trahison.

Le gouvernement eut alors recours aux dispositions de la loi qui permettaient dlncriminer la tendance des journaux ; il leur intenta plusieurs procès devant fes cours rojales, et presque partout la magistrature fit cause commune avec la presse contre la cour et le cabinet. Le ministère rendit plus vive Virrltation des magistrats, en blâmant LyMjl»- leurs arrêts : la loi de 1822 permettait de rétablir la cenluSrté^ snte dans le cas où des circonstances graves rendraient cette ^^. mesure nécessaire : les ministres reconnurent un grave *^' danger dans les arrêts d'acquittement prononcés par les »*^j«- cours royales ; ils rétablirent donc la censure , en se fon- JSsme. dantsur cet unique motif, et se déclarèrent ainsi eux-mêmes * •** en opposition directe avec la magistrature. La congr^tion profita du silence forcé des journaux pour obtenir du gouvernement plusieurs actes ftivorables au clergé : un ministère des afhires ecclésiastiques fut institué ; on te confia à un évêque, à M. de Frayssinous, et l'on mit la éireellOB de l'Instruction publique au nombre de ses atlrlbutlMis.

A délMt de la presse périodique, une muttltuée d*écrits, et au premier rang les pamphlets de Paul Louis Courier et les chants de Bérioiger, incriminaient la conduite du œl-

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nlatère et de ladiaiibMdctdépgités;toitt,eB appiiaiit la baiao et le néfris poMie sar la marche éa pouvoir, iMènat à la ehole du eahinetel préparèrent celle 4e la djTMMrtiectdvtrADe.

Le roi toochait mi tombeau : le dfasaiwhe 10 septembre r^emen

* moments

il ne reçirt pastel la nonToUede ton ag^e se répandit dkns \}^^{^ la capitale : quelques Jours plus tard il était sur son lit de ^p^-*^^*mort, entouré des membres de sa famâle. Il donna l'ordre à ses ministres de travaUler avee son fi^ère ; et dans le dernier entretien qu'il eut avee Momsibub il lui dit : « J'ai « louvoyé entre les partis c<Hmne Henri lYy et j 'ai par-des* « sus kiiqueje meursdans men litaux Tuileries : agissez «c comme je l'ai fait» et voos arrivcrei à cette fin de paix « et de tranqiyiltté. Je vous ptrâoime les cbagrins que vous « m'avez causés , par i'eq^ranee q^e fait naître dans mon « ei^it votre conduite de r^. » Le vieux monarque appela «isuite sur tous les siens les bénédictions du eiet, et, posant l€6 mains sur le duc de Bardeaux , fedble et dernier rejeton de sa race, il dit d'une vole émue, en regardant son frère : <^6 Charles X ménage la cûuranne de cet enfant f II ren- sa mort. dit le dernier soupir après «ne longue agonie, et Charles X ' «««^ fut roi.

Depuis plusieurs années Louis XVIII ne marchait plus : atteint aux jambes de maux incurables, et tourmenté par lesdonleiu's de la goutte, il sentit, longtemps avant d'expirer, s'affaiblir ses fiteultés intettectuelles , et abandonna malgré lui la direetioA des affaires publiques à son frère. C'estàl'époque où finisaait la guerre d*Espagne que la santé du roi éprouva les plus ttofaeuses atteintes ; et ce n^est fioint à lui qu'il faut attribuer la ccmdulte générale des affaires après les élections de 1824.

Louis XVIII ne fut pas exempt d'une prédilection in- fa?tèK.

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tioM et toute natarelie pour l'ordre ée dioses sons lequel il était Bé ; mais il sat appréder les beioUia de la France , et la charte à laquelle il attacha soo mmi a fondé parmi nov la liberté politique. Ce monarque ue partageait pc^t k ferveur religieuse de la plupart des membres de sa famille; cependant il accompliisait aTce régularité certains actes extérieurs du culte, et la religion était pour lai une institution respe^able et nécessaire. Ce prince recherchait l'entretien des hommes versés dans la connaissance de la littérature ancienne et moderne; son esprit était judieieni, et l'on cite de lui plusieurs mots lieureux. Lorsqu'il avait assigné une heure pour une audience ou pour une eéré' monie, il évitait toujours de se faire attendre. « L'exactitude, disait-il» est la politesse des rois. » Il assista presque jusqu'à la fin aux grandes réceptions de la cour; et couHne on l'engageait à s'épargner cette fatigue, il répondit : « Un « roi de France doit mourir ddxmt » On lui reprocha d'être peu sensible, et le sang de quelques-unes des victimes de nos dissensions est reprodié à sa mémoire; toutefois, en permettant qu'elles fussent immolées, il fit moins à ses yeux acte de vengeance personnelle que de nécessité politique. Attaché par conviction au pacte constitutionnel qu'i adq^ta comme son ouvrage» il faut lui tenir compte des puissantes influences de famille contre lesquelles il eut à lutter pour le défendre. Appuyé sur la charte , il travem les temps les plus difficiles, et sut échapper à de nombfeox écueils; mais peut-être en s'attachant à elle comme à une ancre de salut ce prince eut - il pins à cœur le soin de son repos et de sa propre grandeur qn'une véritable sollicitude pour les libertés» la gloire et la prospérité de la France.

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