X.1V&B I. CHAPITRE XI
l'aotreBranehant; tontes deux savaient disputer lepou« voir et en user.
Bronehaut unissait à un génie actif et vaste des passions S^^Slc. indomptables ; elle voulut à la fois punir sa rivale et main- ^^^ tenir les Ânstrasiens sous son pouvoir : ceux-ci, voisins de la Germanie, berceau de leurs aïeux , étaient alors le peuple le plus indiscipliné de la Gaule : Bruuehaut aimait la civilisation romaine, elle désirait établir dans les États de son fils la centralisation du pouvoir monarchique et le système du gouvernement romain pour la levée des deniers publies; mais les grands d'Aostrasie supportaient avec impatience le joug de l'autorité royale , la fiscalité romaine leur était surtout odieuse : ils regardaient l'impôt comme un tribut honteux qui ne devait être acquitté que par les vaincus ; ils se liguèrent contre Brunehaut, et furent ses plus dangereux ennemis. Les rois francs étaient Jusqu'alors dans l'Usage d'établir uii de leurs ieudes audessus des officiers de leur maison , comme intendant des ddmaines royaux : celui-ci , qui avait le titre de major domus ou major dome^ ftit nomme plus tard maire du palais des rois, et n'était que leur premier domestique.* mais après la mort de Sigebert, les grands d'Austrasîe, jaloux de Tautorité de Brunebaut , élurent eux-mêmes un de leurs maires dû palais ; et ajoutèrent aux attributions de sa charge celle de les présider et de veiller sur le jeune roi. Brunehaut voulut en vain s'opposer à cette aristocratie hautaitfé, qui prétendait partager la tutelle de son fils ; elte se contint jusqu'à ce que Childebert fût d'âge à gouverner par lui-même ; elle lui inspira une dissimulation profonde, et voulut qu'en s'éxerçant à vaincre d'abord des ennemis plus éloignés, il acquit la force nécessaire pour dompter ceux qui l'entouraient.
â4 PRBMIÀIMÏ ÉPO^ir».
proj^ès Ce m'était pas seulement en Aas1ra^e<ia'v»eréaetiâii l'^ntorité s'annonçait contre les descendants de Mérovée» La royauté n'était plus dans toute la Gaule ce qu'elle avait été jadis dans les forêts sauvages de la Germanie ; une mulUtade de causes avaient concouru à ses progrès ; la eonqoôle âe vastes contrées , la possession de nombreux dofidatn^ et de grands trésors, fruits d'inunenses dépouîUes, la rareté des plaids nationaux par suite de la dispersion des coaquérants, enfin ^ ies traditions de la m^e^sté de rem{»ire romain et du pouvoir absolu de l'empereur, tout servait l'ambition des rois issus de Clovis ; ils se crurent les légitimes successeurs des Césars, et ils usurpèrent graduellement sur leurs propres compagnons d'armes , sur l'aristocratie franque, une autorité arbitraire et despotique» âriJtocra- Cependant l'aristocratie résista ; elle avait perdu de sa .tique. j>^^^^ ^^ gg disséminant, elle en acquit en devenant propriétaire de biens territoriaux : mobile jusqi^'alofs, elle se fixa, elle acquit de la perpétuité avec la propriété elle fut le recours d'une multitude d'hommes libres ,,qui cherchèrent son appui contre les exactions du fisc et des officiers royaux auprès de patrons puissants.: le patronage s'étendit malgré les défenses des rois^ l'Église elle-même, après avoir d'abord favorisé les progrès de Ts^itorité royale, se lassa d'un despotisme qui ne respectait plos ses immunités et ses privilèges, et les évêques se Uguôreat avec les principaux leudes. .
Complot ^^® conspiration redoutable fut ourdie par eux, durant lendes et ^^ minorité de Clothairc II ^ contre les rois d'Austrasie et évèl^M. de Bourgogne, Childebert.et Gontran. Ils.désicaient unj ^deV^ roi qui fût entre leurs mains un passif instrument , et ils
Seuples , \ , /». . ' I
Q Midi jetèrent les yeux sur un fils naturel et noii reeaima de
devaid. ciothaire l^'', nommé Gondevald. Celui-ei, redoutant i
rombrageiMe jAlopsie des rois ses ftèr«B » avait cherebé im refiiige à GoostaDtiDople auprès de remperear M anriea ADenalifMaMaie n'était plus pr^pre^ par bob nom et parsott caractère, àaevvir lea projets des anibitieax daiia la Gaatei Un seigneur austraaieii^qiie sea perfidies oat rendu honteusement célèbre^ Contran Boson, fot député, par les lendes de Boargogneftd'Anstra6ie, auprès de Gondevald^ pour Je sédaire par i'appât d'une part brillante dans Thé» ritage de Glothake T', son père ; il flatta en même temps l'empereor Maurice de l'espérance de recouvrer une partie des droits impériaux sur les Gaules , en fkvorisant l'en* treprise de Gondevald ; et ce dernier (jpiittaConstantinopte avec d'immenses richesses qu'il reçut en don de l'empereur. Mais les trésors qui dans sa pensée^devaieni aider à ses succès, préparèrent sa ruine : ils tentèrent la cupidité du traitée Boson, qui les déroba,, retourna en Ans* trasie, et acheta son pardon du roi Ghîlddbert*
Gondevald fut cependant accueilli avec enthousiasme dans le midi de la Gaule. Les Aquitains et les Provençaux^ ehex qui larcivîlisation romaine s'était le mieux conservée, smffiortaient impatiemment le joug barbare des Francs : ils tenterait de s'attiranchir après la mort de Chilpéric, et l'jomirrecti0n s'étendit jmrtout dans les parties de i'Aqui«* taine soumises-aux roâs de Neustrie et de Bourgogne. Les homoses les plus puissants de ces. contrées embrassèrent la cause do Gondevald : il vit à la tête de ses armées Didier, duc de Toulouse, Bladast, due de Bordeaux, et le lameux paMsuMummole^qui^jad» général du roiGontran, était devenu iM^n «manH.Gondevald s'aunonça comme héritier de Cl#thaice V^y d^s les pai'ties de l'Aquitaine dépendaitfes de la Neastrieet de^la Bourgogne; mais il respecta ks irmts de Ghildebert II dans l'Aquitaine austrasienne.
&6 ' PKBMliBfi 'EPOQUE.
Bordeaux, Toulouse et d'autres grandes nltès oeviirent leurs portes à Goudevald , et la plus grande paiiiîe de lj5i Gaule au sud de la Loire fut gagnée ou eoiïquise'. 4>es députés se rendirent alors auprès du roi Contran , et le sommerait de donner à Gondevald la part du royaume qui lui était due : « Autrement il viendra, dirent-ils, avec son armée, il te livrera bataille, et Dieu jugera s*tl est ou non le fils de Clothaire. » Gontran , pour réponse, les livra aux tortures; puis, effrayé des progrès de l'insurrection , il fit inviter son neveu Ghildebert II à s^nir avec hiicon* tre Gondevald, et l'entraîna danisrsonallîsmceen Fadoptant pour son héritier, chuie de A l'approche des formidables armées de Bourgogne et valu! d*Austrasie, lesdéfeetionseoramoicèrent en Aquitaine; le duc Didier donna l'exemple : Gondevald, abandonné par une grande partie des Aquitaine , est réduit à chercher un refuge dans la ville de Comminges (citÀ des €on* vènes), et s'y enferme avec Mummoles et une troupe de vaillants guerriers. Cette ville, bètie sur une roche escarpée, était défendue par la nature, par de formidables remparts, et surtout parle génie de Tinv^ncible Mummoles. Les assiégeants comprirent qu'ils ne dompt^alent point par les armes le vainqueur des Lombards- ; et , «après avoir inutilement employé contre hii la force. Ha l'attaquèrent avec succès par la séduction. Mummoles pronrit de livrer Gondevald. Il se rendît avec les prfaacipaux chefs auprès du prince, et M dit : « Sors de la ville, va àu-devant de tes frères, et sois sans crainte.» Goiïdtivald sévit perdu, et répondit en versant ddslarmes : c Je suis venu dans les Gaules à votre prière, j'y suis venu avec d'immenses trésors : ils m'ont été ravis, et , sauf l'aide de Dieu, j'ai placé en vous toute mon espérance ; ^ne Dieu soit juge entre vous et moi. »
layfts I. châpitbb ii. 57
tfiraimoles et les chefs ftirent îDflexibles ; ils condafsireiit Gondevald hors delà yilie • et le livrèrent à 01 !on, comte de Bourges, et à ce même Gontran Boson qui l'a* YBit dépooHlé de ses trésors. « loge éternel , dit Tinfortimé prince, vengeur de l'innocence, venge-moi de ceux qui m'ont livré innocent à mes ennemis I ... « Il descendît vers l'armée des assiégeants , rangée dans la plaine : « Voilà , dit le comte Olion, celui qui se dit le fils et le frère des rois ; » et aussitôt il l'abattit d'un coup de lance. Comme il se relevait , il flit renversé de nouveau, et frappé à mort d'un fragment de roche lancé par Boson. Ainsi périt Gondevald , après avoir durement éprouvé l'inconstance des hommes et les plus extrêmes vicissitudes de ta fortune.
La trahison ne profita point aux trfiîtres : l'armée aiistro-hourgulgnonne pénétra dans la tilîe, qu'elle livra aux flammes : habitants , prêtres , soldats , tout périt par le fer et le feu. Mummoles ne fut point épargné : sa rébellion avait effacé ses services. Gontran le fit mettre à mort. Ce puissant chef périt assassiné au milieu de l'armée victorieuse par fui seul , et avec lui s'évanouit la grande cons* piratlon qui avait feit trembler sur leurs trônes les rois de Bourgogne et d'AustrasIe.
Ces deux princes conclurent ensuite un nouveau pacte piain dans le plaid solennel tenu à Andelot; les intérêts com- ^uS?^' muns des royaumes de Bourgogne et Austrasie y furent réglés, et le survivant des deux rois y fut reconnu pour rhéritîcr de l'autre. Afors le roi Childebert , fort de ses succès en Aquitaine, de l'appui de Gontran et du génie de sa mère Brunehaut , secoua fe jong de ses leudes, et en fit périr plusieurs dans les supplices. Un complot contre ^teFâe' sa vie fut découvert : un puissant seigneur, le féroce Scrui'
^8 PASMISBE £POQUB«
Banking , devait le frapper de sa mais ; il est laïuidé devant ChUdebert , et ie trouve eaviroDoé de ses gardes ; le roi le prévient, et le fait tuer soué ses yeux. Dans une autre occasion , il convie sa cour et Magnovald , le plus redoutable des grands , au spectacle d'un combat d'anlmajax ; et tandis qu'un taureau expire dans l'arène , un j;uerrier y lance d'un coup de hache la tète de Magnovald. Enfin , le fameux Gontran Boson avait mérité la mort par ses crions , et il fat» au plaid même à'Andékat, condamné par les deux rois. Gontran exécuta cet arrêt : il fit incendier^. comme la retraite d'une béto féroce, la maison d'un évéque où Boson s'était réfugié : le eQiipiJ>le en sortit Tépée à la main ; il expira sur. Icipfe^il, pereé d'une grêle de flèches, et, tout mort qu*il était,. U «fe^ meura debout, cloué à la rauiraille : les actes delà justice lie se distinguaient pas alors de ceux de lavioleçce, ils étaient aussi barbares que j^ crimes qu'ils 4e valent véprimer ou puuir.
Mort de ChUdebert, dirigé par sa mère Brunehaut^ étendît sa Contran. .^^g^^^Q^^ g^p ^^^ g^g cnnemls; et tandis qu'^l signalait son règpoie en Anstrasie par des actes sanglawts^ le v^gini roi Gontran terminait en Bourgogne le sien par. des. revers : ses armées furent battues dans la Septirof^nie on Languedoc par les Visigoths^et reculèreiU dans la Novempopulanie devant lea Yascons» farouches monta-* gnards des Pyrénées : le vieux roi mourut ea &93 ; bernû Childebert II, son &h adoptif, recueillit tout son héricioihaire ^g^ ^ ^^ Comprenait les royaumes de Paris y d'Orléans et de Bourgogne.
La succession du roi Gontran doublait les forces de l'Austrafiie; la reine Brunehaut crut le moment favorable pour se venger de son ancienne ennemie, et bientôt l'ar-
I LIVftB lé .CXA»|T1» II. 59
I mé% BmaÈFBsAemm mareha eaotre la NensUie , où régnait le jeoBe C^thaire II, son» la directioD de sa mère Fré-
I d^nde el dtt maire du palais Landerie» Frédégoade firé<vint sa rivale ; elle s'empara de Soissoas, et présenta la j^t^ii^ balaiile dans les champs de Truecia, près de Château- iwlSltk Tbien^. L'armée de Childebert fut tout à coup saisie ^"S^ &eit<Â à Taspeet d'une forêt monvante qui semblait marcher vecs ell» : c'était l'armée ^s Nettstriene,. qui por-: talent devant eux. des branches d'arbres revêtues de feuillage, aân de cacher leur nombre : les Austrasieas prirent la ftiite^ et dbildebert accN^la une paix ^i ne- pouvait . être qu'une courte trêve. Il survécut peu 4 sa défait?, et mouryt^ après d'autre expéditions guerrières, en ô96, Mort de laiaiHiBt deux filu §n bas âge , Théodebert et Thieriy. beA il
On vit alors j^ trois royaumes des Francs reconnaître pour rois troÂa enfonts : Clothaire II régnait en Neustrie; ciouiatre Tbéod^rt II, en Auj^trasie ; et Thierry II, en Bourgogne : ]^ff * le premier sous la tutelle de Frédégonde, les deux autres '"î^^ sous eeUe de Brune}>aut. La haine implacable de ces deux ^' f«iiraes raliluma les hostilités ; et^ daos une grande bataille Uiiïéc^à Jaitrfao>près de gens, par Frédégonde et Lan?dency 9IVÇS. enfoats de Cbildebert» les Austra^leiis et les SMrgiiigB(9ps prit ent ia lutte : Ffédfgpnde reatra vioto^ rieuse dans Paria; die reconstitua, dans son intégrité, raneiea roya^jne- de. Neustrie, et mourut ^près avoir Monde triomphé de toua ses enn^nis par le fer et par le poison, goodl'
Leg entre^^nae^. de ^unebaat étajlent. beaucoup plus diffîcîka que. ne l'avaient été celles de sa rivale, et. sù^ génie F^cofttra toujours d'invincibles obstacles : les grands d'Aujfttrasie,, quelque temps domptés par Ghildebert, voulurent aeren^ie indépendants durant Tenfance de son fito }.et se. ligi^rent encore une fois contre l'autorité
BW.
60 PftEMtÈftB BPOQim,
royale : en vain Bronehaut, peor s'attacher Théodebert^
lui avait fait épouser une jeune esclave qu'elle croyait
dévouée à sa personne; cette femme s'unit contre elle a[iix
Fuite de grands : Brunehaut, pour sauver sa vie, quitta en fugitive
^In le palais de Théodebert et l'Austrasie, et ohereha un asile
Boorgo-
g«e. en Bourgogne, où elle fut accueillie avec de grands bonjieurs par son autre petit*fils le roi Thierry et par les seigneurs bourguignons. On dit qu'elle eut recours «u crtme, et qu'elle corrompit les mœurs du jeune prince pour mieux le soumettre à ses volontés. Irritée contre Théodebert, qui avait secondé ou permis les violences auxquelles elle s'était vue en butte en Âustrasie, Brunehaut ajourna sa vengeance sur lui jusqu'à ce qu'il eût assouvi sa haine sur le fils de Frédégonde. Animés par leur aïeule , les deux frères , Théodebert et Thierry, firent alliance contré Clothaîre^II : Défaucs les armées réunie^ à'Austrasie et de Bourgogne rencônufairMi trèrent les Neustriens à Dormeilie ^ dans le pays de Seus. memfet Clothaîrc fut vaincu , le carnage fut effroyable : an avait %fs vu , disent les chroniqUeuis du temps , l-ange exterminateur agiter son glaive deTeu au-dessus ûe& deux armées^ Deux ans plus tard, Bïunehaut, à ta téi» des Bourguignons, remporta une nouvelle victoire à Étampes sur les Neustriens; Clothairè allait tomber en ses tnâins, tors^ qu'elte apprit que le roi d'Austrasie , Théodebert , avait traité à Gompiègne avec l'ennemi commi]n> qti'il pouvait écraser : cette paix sauva le fils de Frédégonde et remplit de rage l'âme de Brunehaut, qui ne songea plus dès* lors qu'à punir Théodebert : elle attne Thierry contre son frère, et, après une guerre sanglante de plusieurs années ^'dls'^*' entre les Bourguignons et les Anstrasîens, les armées des in'oTà deux peupleà se rencontrent dans les champs déjà fameux "eii-^ * de Tolbiac. La mêlée fut hofribie : les combattants > dit
I^rfTBB I. CHANTRE II. 61
Frédégaire, étaient tellement pressés, que les morts n'avaient pas de place ponr tomber, et restaient debont les ans coBitre les autres y comme s'ils eussent été vivants. Théodcbert, vaincu, prit la fuite; mais il tomba aux mains Mort de de son frère, qui fit égorger son jeune fils sous ses yeux. ^1î' Théodebert lui-même périt massacré par Tordre de son -ntinj implacable aïeule; Tbierry mourut subitement Tannée •»• suivante.
Les prêtres seuls élevèrent dans ce temps la voix pour flétrir tant de forfaits, et leur pieux courage mit souvent leur vie en péril. Les crimes de Frédégonde arrachèrent à Prétextât , évêque de Rouen , quelques paroles ehrétiennes et hardies; elle le fit assassiner au pîed de Tdutel : d'autres hommes évangéliquès reprochèrent à Brunebaut , presque sexagénaire, de honteux débordements; l'un d'eux , saint Didier, fut lapidé par ses ordres. Un autre , nommé Coiamban, qui Jouissait d'une grande réputation de sainteté , refusa, en présence de Brunehàut, de bénîr les* bâtards du roi; il brisa les coupes du festin qu!M'était offert /et en répandit le vîn à terre, en signe de réprobation des turpitudes royales; il fut exilé : chargé de la colère deis prîDces et de là bénédiction des peuples , sa marche vers la firontière fut un triomphe.
ITiîerry laissait quatre flis, dont Sigebert, le plus âgé, cioihairc avait à pefaie onze ans ; Brunehaùt entreprit de le faire »8f};«>"t couronner seul , et de maintenir l'unité des États de son ®"* père, en éludant la coutume des partages : cette tentative excita une rébelHon ; les gmnds appelèrent le roi de Neustrie, GIotbair« tl, poirr se donner à loi; déjà Glothaire était sur la Meuse , et ifiârcMit sur le Rhin. Brunehaùt se rend à Wdrms avec ses arrière-petits-Ôls , et, cherchaiit son appui dans les peuples de la <ïermanie, elle envoie
63 VKEMUOià iPOQIJIU
en Thurifige le jeun^ roi SIgdmrt, sou» la eMduUe de Warnaehaire , maire du palais en Bourgogne. Warnachaire découvre bientôt qu'il est lui-méaie an butte aux <^jj^p^»-^upçonsdela reine;. il conipire anssâtAfc contre elle, et d^îSu^. détourne les Germains de lui porter secours. Une partie ^Brail^^ des leudes austrasiens avait ôfyk passé dans le camp de *•»!' Clothaire; les autres, à la. tète de i^rmée austrasienne, s'unissent aux Bourguignons, conduits par Brunehaut et orig^ine le jeune Sigebert. Parmi les principaux coms^rateurs, se c»7ôîin. distiDgpuërent deux puissants seigneurs d'Austrasie, dont gienne. j^ eufauts devinrent^ en s'unissant, k tige de la seconde dynastie royale de Fr^ce : ce» furent Arnolpbe,i depuis oanonisé comme évèque de Metz , et. Pépin de Landen ou le Vieux. Us conc^rurent Vjq,xl et l!auAre| , sm^us Tigatorité de Warnad^aire ^ au succès du complot fameux qui avait pour but le renversement de le^ EeinQ^i*^!^®!^^^^^- . Les armées réunies d^Àustrasie et de Bour^g;()e rencontrent Içs Neustriêns sur les; b^rds 4e l'Aisne en Champagne. Les C99î9irés se déclarât alors; Glott^ire II est salué comme. roi de tous les Francs, et trois de& fils de Thierry lui sont livrés : il fait égorger le jeune rcH Sigebert avec un de ses frères^ il en exile on Mitre eaNeustrie; le quatrième lui échappe, et ne réparait plus; £nfin, Taltière Brunebaut elle-même toinba dana les mains du fils deFrédégonde, qui se vçBgea.comnAe l'eât lait sa mère* Bj>unthaut , filie; femme « sœur et mère de rois, fut Brune- abandonnée pendant trois jours aux bourreaux , puis pro- «*» menée demi-nue dans le camp, sur -un ehameaiiy et exposée aux outrages de la soldat<ssq«e : enfin , on l'attacha vivante à la queue d'un eheval^sa^^age ^ qui iHit son corps en lambeaux. Elle avâU été quarttnte-bnit ans la terreur de seseoneipis, et suûcomba enfin pour avoir voulu, im-
posar à im peuple demi-eMvege le goQvenieiftetit dfoae civilisation avancée. Les esprits grossiers ta Fnbicb ne oompreMâent pas les avantagea de I*nai4é diva vaste em* pire, et, lors BDéme qu'ils les aaralsnt compris» ils amraieftt rclusé de leur sacrifier leur ambition individuelle et leor farouche indépendance. Brunebant ainait les arts^ elle fit r^rer quelques chaussées romaines et restanner phi'sjeurs beaux mcMUunents : son aèle religieux priedigua des sooH&es iiTOBciw^ au etergé, et.bélU un^nanbrs prodi^ gieux d'alises et de oioiiastères. Toicfci ce. que fit cette lemefiuneuse reçut d'elle mie emprelnte«g%anteaque; son kttg règne fut souillé de beaueotp de focflats , mais- il né s'éeonla point sans une oertiine grandeur ni sans quelque gloire. . >
Après kl mort de Brundmur., Glotbaire H timàt soua ^^^^^''^ son seeptie toute la pienéreUe des Fruiés , cft ii |^t bien^ ^"' tât reconnaître qoe runitéde-soni vaste empire n'était qu'apparente : les grands d'AuG^asîe, en renversanis Sige^ bert y avaient beaneoup moins songé -à élever Glothaii» qu'a s'agrandir eux-mêmes ; ils voulaient un prince qui résidât auprès d'eux , afin de le diriger à leur gré ; ils forcèrent le roi à s'associer au trône son fils Dèigobert , et à le leur donner pour souverain. DagjC^rt était à peine sorti de Ten^ince, et il régna sous la tutelle d'Amolphe, évéque de Metz. ^
Le plus célèbre évâiemc^t du règne de detbftire Uest synode le concile ou synode assemblé à Paris en €>t5^ dans le-- ^1^,^^' quel sidèrent les deux aristocraties , celle des évèques et <*» celle des seigneurs* L'édjt fameux que cette assemblée promulgua lisit époque dims TbistCHre. Il manqua le succès de la réaction des grands contre les rois^ en éhtfaatant le sjstème de gouvernement arbitraire qu'ils avaient voui^
64 PRBMIBRE ÉPOQTO.
jfbnder. Par cet édit , les élections canonlqaes furent réta* blies, les clercs demeurèrent indépendants de la justice séculière, défense fût faite au iisc de saisir les successions ab intestat, et d'augmenter les impOts; les Juges et les officiers du roi furent rendus responsables : Fédit ordonna la restitution des bénéfices enlevés aux leudes , naît les ridies veuves, les religieuses et les vierges à l'abri des caprices et des violences du prince, et décréta la mort contre les infradeurs. Un des prineipaux articles établissait que les Juges ou comtes seraient toujours choisis entre les propriétaires des lieàx où s'exercerait leur juridiction» Défait lors, la dlgtilté d^HOmte appartint presque toujours au j^tw ricke propriétaire dé diaque pays , et le ch(rix royal eut d'étroites limites. On sait peu de chose d'ailleurs sur le règne de Glotbaire II : des guerres sanglantes éclatèrent eajirelui et son fils Dagobert, dont i\ M forcé de reconnaître l'Indépendance. La' vie de ce prince s'éteignit au milieu des troubles civils; il mourut 'en 03», avant d'avoir pu assurer l'établissement de son second ^Is Caribert»
Règne de Dagobert T". .
osàffobert Le sceptre de Dagobert s'étendit sur les trois grands caribert royaumcs de la monarchie franque, la Neustriê, i'Austrasie 6M. et la Bourgogne : il en détacha l'Aquitaine , c'est-à-dire, le territoire qui s'étend entre la Lolre> le Rhône et les Pyrénéesy et il le laissa en partage à son frère Caribei*t. Celui-ci mourut Uentôt, et son fils aîné périt assassiné, dit-on^ par une &etion dévouée à Dagobert. Ce prince reprît pos-