I.IYRE II. CHAPITRE III
rant plus rien de ralHance daroi, redevint son ennemi. Louis, cependant, fat victime à son tour d'une ruse des Normands : sur l'invitation qu'il reçut d'eux , il se rendit à Rouen, et l'accueil qu'ils lui firent acheva de l'abuser. La ville de Bayeux avait alors pour gouverneur un ancien roi danois du nom d'Harold, expulsé de ses États par son fils; ce Harold demanda une conférence au roi Louis, qui, avec une suite peu nombreuse, alla sans défiance à sa rencontre, au gué de Herluin. Là, au signal du chef barbare, une troupe armée tombe à l'improviste sur l'escorte royale , la disperse et la met en fuite; l'écuyer du roi meurt pour le défendre, et Louis, emporté à tra* Ters champs par un cheval rapide, regagne seul les murs de Rouen, où, au lieu d'un refuge, il trouve une prison. Les habitants, complices de la perfidie d'HaroId , s^noé^' se saisissent de la personne du roi et le font prisonnier. Touu^
^ d'Outre-
Le comte de Paris feignit de s'intéresser au sort du mo- Mer à
° Rouen.
narque captif; il intervint en sa faveur, et demanda comme otages ses deux fils à la reine Gerberge, leur mère. Gerberge n'en voulut livrer qu'un; Hugues le fit accepter par les Normands en échange du roi Louis, et celui-ci fut remis par eux en ses mains. Hugues alors leva Je masque , et voyant le monarque en sa puissance , peijdic il faussa sa parole, le retint captif, et repoussa la puis- ^^^«^^ santé intervention d'Edmond , roi des Anglo-Saxons , en faveur de son neveu '. Hugues abusa indignement de ses avantages, il accabla de reproches le malheureux prince, et le contraignit à lui céder Laon, sa meilleure ville, pour sa rançon.
* La mère de Louis d'Outre-Mer était sœur des rois anglo-saxons Mhelstane et Edmond.
126 PRSMISRE ÉFOQUE.
Délivré à ce prix, le roi se rendit à Gonspiègne, où l'attendait sa femme , la reine Gerberge, eélèbra par ses vertus, et où s^étaient réunis plusieurs évéques et quelques amis fidèles; là, en leur présence, il ne put contenir sa
SSfoh' douleur: «Hugues! Hugues! s'écria-t-il, que de Wenstu « m'as enlevés, combien de maux tu m'as faits! Tu t'es « emparé de la ville de Reims, tu m'as surpris celle de «Laon. Dans ces deux villes, je trouvais accoeH, elles « étaient mes seuls remparts. Mon père captif fut délivré « par la mort de malbeors semblables à ceux qui m'acea- « bient; et moi, réduit aux mêmes extrémités , je ne rap- <t pelle de la royauté de mes aïeux que l'apparence. J'ai le « regret de vivre , et il ne m*est pas permis de mourir M » Louis , dans sa détresse, implora contre Hugues et obtint II est le secours de son beau-frère l'empereur Othon le Grand,
imr rem- roi dc Germanie , et de Conrad le Pacifique , roi de la
"^ûrandf Bourgognc transjurane et de la Provence. Avec le secours de leurs armées, il reprit la ville de Reims, où il rétablit l'évéque Artaud sur le siège archiépiscopal , puis il investit la ville de Laon , et s'en empara par surprise.
concile Un concile , où parurent les rois de France et de Gerbëllua.' manie, se rassembla àingelbeim, sous la protection des armées impériales; le principal but de cette assemblée était, d'une part, de suspendre les hostilités du comte Hugues contre le roi, et, d'autre part, de décider le trop fameux différend entre l'évéque Artaud et son compétiteur : celui-ci fut déposé, et le pape Agapet confirma cette décision. Le concile fit défense à Hugues de marcher désormais en armes contre le roi son seigneur, et le eomtt, refusant d*obéir, fut excommunié.
* Richer, Histoire de son temps.